RÉFORME GRÉGORIENNE
gné par pridie, par exemple, pridie idibus martiis, pour le 14 mars, dans lequel les ides commençaient le 15° jour.
On a gardé longtemps, après la chute de l'Empire Romain, cette division des mois, ainsi que la manière de désigner les jours; elles sont encore en usage dans Certains livres ecclésiastiques, comme le Martyrologe,
De même aussi, les Bulles des Papes sont encore datées d’après les notations du calendrier romain, On se sert toutefois du calendrier actuel pour les autres actes pontificaux, tols que les Brefs et les Rescrits.
La réforme julienne fut adoptée par l'Eglise au concile de Nicée, en 325; on y prit certaines mesures qui constituent ce qu’on appelle maintenant le vieux style.
103. Ere chrétienne ou vulgaire, — A l’origine du christianisme, les fidèles suivaient les calendriers en usage chez les peuples au milieu desquels ils se trouvaient. Ce n’est qu'au commencement du VI: siècle après J.-C, qu’un prêtre scythe, nommé Denys-le-Petit, proposa de choisir l’année de l’Incarnation de N. 8. J.-C. comme origine de l'ère chrétienne. Mais, dans l’usage ordinaire, on a fait commencer l'ère vulgaire au 1* janvier qni suivit immédiatement la naissance de N, S. J.-C., laquelle avait été fixée, par Denys-le-Petit, au 25 décembre de l'an 753 de Rome. Le commencement de Père vulgaire se trouve donc fixé au 1" janvier de l’an 754 de Rome,
On s'accorde à admettre que Denys-le-Petit s’est trompé dans ses calculs et que la naissance de Jésus- Christ doit être reculée de 4 années, de sorte qu'il faudrait ajouter 4 ans à toutes les dates chrétiennes,
104. Rétorme gsrégorienne ou nouveau style, —La reforme julienne était insuffisante, parce que Sozigène, l'astronome de Jules César, avait donné à l’année tropique une valeur de 365 j 25, durée qui surpasso de 11 minutes celle de l'année réelle, qui est de
365j., 24. Cet écart constitue une différence de trois jours environ en 400 ans.
Le commencement de l’année civile retardant sans cesse sur celui de l’année solaire, l'écart des deux années était de 10 jours à la fin du XVI° siècle.
Le pape Grégoire XIII, en 1582, résolut de réformer le calendrier et de corriger cette erreur de 10 jours accumulés depuis l’époque du concile de Nicée. Il commença par supprimer 10 jours à l'année 1582 et décréta
ue le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 serait le vendredi 15 octobre.
Cette correction ne fut faite en France qu'au mois de décembre suivant, sur l'ordre du roi Heari IL, et le dimanche 9 décembre 1582 eut pour lendemain le lundi 20 décembre.
Pour prévenir la même errour à l'avenir, le pape dut retrancher 3 jours en quatre siècles, et décida que, sur quatre années séculaires, une seule aurait 366 jours. C’est ainsi que, des années séculaires 1600, 1700, 1800, 1900, la première seule a été bissextile.
Une année non séculaire est bissextile lorsque le millésime de l’année est divisible exactement par 4; les années séculaires sont bissextiles lorsque, après avoir retranché les deux zéros à droite, les chiffres qui restent à gauche sont divisibles sans reste par 4.
Cette réforme du calendrier, due au pape Grégoire XIII, porte lenom de réforme grégorienne ou nouveau style ; elle est adoptée maintenant par toutes les nations chrétiennes, excepté par les Russes et les Grecs qui ont gardé le calendrier julien ; aussi les dates du calendrier vieux style sont en retard sur les nôtres de
13 jours.
La réforme grégorienne fut adoptée en 1584 par l’Allemagne catholique, en 1600 par la Suisse, le Danemark et la Suède, et en 1752 par l'Angleterre.