‹ Cours élémentaire de culture des bois. Complété et publiéChapitre 9 sur 147 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

les parties entre elles, les constituent en corps de doctrine et en forment un édifice didactique. Dans la troisième phase enfin, la théorie doit se compléter, se perfectionner sans cesse, soit au fond, soit dans la forme, en s’enrichissant d'observations et de faits nouveaux.

est cette troisième phase que la sylviculture francaise nous parait avoir atteinte désormais, quoique, à la vérité, elle ne s’y soit avancée que bien timidement jusqu'alors et, presque, d’un pas chancelant. Ce n’est pas cependant que ses nombreux adeptes, répandus aujourd'hui sur tous les points du territoire de l’Empire, ne fussent en mesure de fournir un riche butin, si chacun d'eux, se croyant tenu de quelque obligation envers la science, avait à cœur d’acquitter sa dette, ainsi qu'on le voit dans d’autres corps administratifs, par exemple dans ceux des mines et des ponts et chaussées. Qu'il nous soit permis de regretter que l'administration ‘des forêts n'ait pas suivi la voie tracée dès longtemps par ces corps d'élite.

On se tromperait pourtant si l’on prenait ce que nous venons de dire pour un reproche adressé au personnel forestier. Cette pensée est loin de nous. Les circonstances, nous le savons, ne lui ont pas permis de faire plus qu'il n’a fait, et nous connaissons d’ailleurs, autant que qui que ce soit, quelle est sa valeur, et ce que l’on peut attendre de lui. Nous n'avons voulu que constater un

“fait : c'est que, après avoir parcouru, depuis le milieu du siècle dernier jusqu’à nos jours, les deux premières phases de progrès dont nous avons parlé, la sylviculture francaise est aujourd'hui presque stationnaire; parce que, en raison du point où elle est parvenue, c’est surtout aux praticiens de tout ordre et de tout degré qu’il appartient de produire les matériaux qui puissent la faire avancer dans sa marche ; mais, faute de certaine

PRÉFACE. XXII conditions favorables à leur émission, ces matériaux restent trop généralement enfouis dans la mémoire ou dans les cartons de ceux qui ont consacré une partie notable de leur laborieuse carrière à les rassembler.

En vain dirait-on que c’est principalement aux hommes voués à l’enseignement d’une science qu'il appartient de la faire progresser. Ce serait là une idée tout à fait erronée, lorsqu'il s’agit d’une science d'application qui ne peut être assise solidement que sur le terrain de l’expérience. Les hommes d'enseignement sont évidemment moins bien placés que les praticiens proprement dits pour observer et recueillir les faits de toute nature que la culture et l'exploitation de nos forêts présentent en si grand nombre. Et d’ailleurs, ils ont une autre mission, non moins importante : celle de garder et de nourrir la théorie, ce fonds commun de tous, en faisant passer au creuset de leurs méditations les travaux de la pratique, afin de ne les admettre dans l’enseignement élémentaire qu'après les avoir soumis à l'épreuve d'un raisonnement rigoureux, et, s’il y a lieu, d'une expérimentation Sa vante.

Nous le disons donc en toute sincérité : cette troisième édition de notre livre serait et plus complète et meilleure siypendant la longue période qui s’est écoulée depuis la publication des deux premières, les forestiers (et par là nous entendons tous les hommes qui s'occupent de sylviculture, qu'ils appartiennent ou non à l’administration publique) avaient eu, autant qu'il l’eût fallu, la volonté ou la faculté de rendre compte de leurs travaux.

Espérons mieux de l’avenir. Sous un gouvernement qui veut sérieusement le développement de toutes les forces du pays et qui se glorifie, à juste titre, de féconder: toutes les sources de la prospérité nationale, sous un tel régime, on ne saurait manquer d'apprécier à leur valeur

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