‹ Cours élémentaire de culture des bois créé à l'École forestière de NancyChapitre 21 sur 118 · Qualités et usages. — Le bois d'orme est · texte numérisé non relu

Qualités et usages. — Le bois d'orme est

très dur. On peut l'employer à la charpente, quoiqu'il soit, pour cet usage, inférieur au chêne et au châtaignier. 11 sert dans les chantiers de la marine, pour la carène des vaisseaux, pour les pompes et pour toutes les parties qui sont sous l'eau.

L'orme est un des meilleurs bois de trava^il. Le tortillard est surtout recherché pour le charronnage et pour tous les ouvrages qui exigent de la solidité. L'artillerie l'emploie, de préférence à tout autre bois, pour les affûts de canon, les voitures, etc. L'ébénisterie en tire un excellent parti pour les meubles; son grain est fin, sa couleur agréablement nuancée, et il prend un beau poli. Sa fibre, très serrée et coriace, le rend utile à tous les ouvrages exposés au frottement, tels que les vis de pressoir, les écrous, les roues d'engrenage. On en fabrique aussi des arbres et des roues de moulin.

Toutes ces qualités sont celles de l'orme à petites feuilles. L'orme à larges feuilles ou de montagne ne fournit qu'un bois mou, peu résistant etpeu durable; il en est de même de l'orme difTus.

Cohfinie chaufTage, l'orme est asse^ estimé lorsqu'il est complètement sec, mais il n'est pas de première qualité : il en est de même de son charbon.

La cendre de l'orme est une de celles des arbres forestiers qui fournissent le plus de potasse.

Les feuilles peuvent être employées comme fourrage ; les bêtes à cornes et les bêtes à laine les manl?ent volontiers.

ARTICLE V

Le Frêne.

149. Il n'y a qu'une seule espèce de frêne qui soit indigène dans nos forêts : c'est le frêne commun ou élevé (fraxinus excelsior, Linné), On le trouve ordinairement parsemé entre les autres bois, et ce n'est que par exception qu'on le voit former l'essence dominante.

150. Glimati situation, exposition. — C'est dans les climats tempérés que le frêne prend le plus bel accroissement, mais il réussit aussi dans les climats froids.

On le rencontre dans les plaines et dans les vallons, dans les pentes et sur les plateaux d'une élévation assez considérable. Toutefois, les deux premières situations, et surtout les vallées ombreuses et fraîches, sont celles qu'il préfère.

Les expositions méridionales sont défavorables à sa croissance.

151. Terrain. — Les sols profonds, frais et assez divisés sont les plus convenables au frêne ; aussi, est-ce dans les prairies et sur le bord des ruisseaux qu'on le voit prendre les dimensions les plus fortes. Cependant il ne se plaît pas dans les terrains maré« cHgeux. L'argile compacte ot le sable pur lui sont

contraires; on le trouve parfois en assez bon état de croissance dans les sols secs.

152. Floraison et fructifîaation. — La floraison est polygame. Les fleurs paraissent avant les feuilles, vers la fin d'avril et quelquefois môme plus tôt. Les fruits sont des samares munies d'une aile allongée; ils sont répandus au loin par les vents, et mûrissent vers la fin d'octobre. Leur dissémination s'opère en novembre et en décembre , et n'a fort souvent lieu qu'au printemps suivant.

La semence du frêne réussit abondamment presque chaque année, et l'arbre devient fertile de bonne heure.

153. Jeunes plants. — Quoique les jeunes frênes ne soient point délicats, ils demandent cependant à être abrités la première année, et l'ombrage continue même à leur être avantageux jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans.

154. Feuillage. — La feuille du frêne est composée ; ses folioles sont petites. Le feuillage est léger et ne donne que peu de couvert.

155. Racines. — Les racines, menues et très nombreuses, tracent et pivotent fout à la fois. Elles s'enfoncent jusqu'à 1 mètre 50 centimètres et plus, et s'étendent horizontalement à 6 et à 7 mètres. Cette dernière disposition rend le frêne fort nuisible dans les champs et les prés; cependant on l'y plante fréquemment, mais on remarque que, même à une assez

78 DBS CUMATS,

grande distance, il enlève la nourriture aux plantes qui Tavoisinenl.

Le frêne drageonne, moins abondamment toutefois que l'orme.

156. Croissance et durée. — Dès sa première jeunessie, le frêne aune croissance très rapide qui se soutient jusqu'à 70 et 80 ans. A cet âge, Tarbre a souvent de 30 à 33 mètres de hauteur et un diamètre de 66 centimètres à sa base. Il peut atteindre des dimensions bien plus fortes encore, car il vît deux siècles et au delà.

157. Qualités et usages. — Le frêne peut être employé avec avantage à la charpente, lorsqu^on le place à couvert ou entièrement sous l'eau. Mais oh le voit fort rarement servir à cet usage, car, dès que les pièces sont un peu fortes, elles acquièrent une valeur très grande comme bois d'ouvrage. Le frêne sert à la menuiserie, à l'ébénisterie et à la boissellerie ; il est surtout recherché pour le charronnage (particulièrement pour les timons et brancards) à cause de sa fibre souple et coriace. Les sabotiers et les tourneurs en font grand cas; on l'emploie aussi dans les manufactures d'armes. Son chauffage et son charbon sont très estimés et valent ceux du hêtre.

L'écorcepeut servir au tannage ; on en retire une couleur bleue.

Les cendres fournissent beaucoup de potasse ; enfin, les feuilles, soit vertes, soit sèches, sont em-

ployées dans les pays pauvres en fourrage, à la nourriture du bétail qui en est très friand.

ARTICLE VI

Lei Srablei.

158. On rencontre communément trois espèces d'érable dans nos forêts. Ce sont :

V érable sycomore (acer pseudo-platanus, Linné);

V érable plane {a^cer platanoides, Linné) ;

Et V érable à petites feuilles , ou érable champêtre (acercampesfre, Linné).

Comme les frênes, les érables ne forment presque jamais l'essence dominante des bois.

159. Climat, situation, exposition. — Sous le triple rapport du climat, de la situation et de l'exposition , les érables ont à peu près les mêmes exigences que le frêne. Le plane et le sycomore supportent mieux , toutefois, les grandes élévations ; dans les Alpes, on a trouvé ce dernier à 1 ,700 mètres au-dessus du niveau de la mer.

160. Terrain. — Les sols profonds, frais et divisés sont ceux que les érables préfèrent ; mais ils s'accommodent très bien des terrains de moinâ bonne qualité, tels que ceux qui conviennent, par exemple, au hêtre, avec lequel ils croissent souvent en mélange.

L'argile compacte, les sables secs elles marais leur sont entièrement contraires.

161. Floraison et fructification. — La floraison est hermaphrodite, accidentellement et par avortement, polygame. Les fleurs de l'érable plane paraissent vers la fin d'avril, et celles du sycomore et de l'érable champêtre seulement dans le courant de mai. Les fruits sont des samares doubles, dont chacune est munie d'une large membrane en forme d'aile ; elles mûrissent en octobre et se disséminent aussitôt.

162. Jeunes plants. — Le tempérament des jeunes plants est assez robuste, mais un premier abri leur est nécessaire.

163. Feuillage. — Les feuilles du sycomore et celles du plane sont fort grandes ; celles de l'érable champêtre le sont beaucoup moins ; mais le feuillage des trois est abondant et procure un couvert épais.

164. Racines. — Les racines des érables tracent et pivotent à la fois. Leur extension horizontale est beaucoup moindre que celle des racines de frêne, et une profondeur de 30 à 60 centimètres leur suffit pour porter de fort beaux arbres. Il est rare qu'elles drageonnent.

165. Croissance et durée. — L'érable sycomore et le plane croissent rapidement dès leur jeunesse ; le premier l'emporte cependant sur son congénère. A l'âge de 60 à 70 ans, ils ont, en sol convenable, une élévation de 20 à 25 mètres, et un diamètre de

66 centimètres à la base. Ils peuvent atteindre des dimensions bien plus fortes encore; ils vivent en effet 150 à 200 ans, et même au delà.

L'érable champêtre, qui est tantôt arbre et tantôt arbrisseau, croît plus lentement. Dans le premier cas, il peut s'élever de 10 à 15 mètres au plus. Il vit, comme les deux autres, 150 à 200 ans, mais sa croissance se ralentit déjà beaucoup avant qu'il ait accompli le siècle.

166. Qualités et usages. — Les érables ne servent point à la charpente, quoiqu'ils y soient propres, lorsqu'ils sont garantis des variations de l'atmosphère. Le plane et surtout le sycomore sont extrêmement recherchés pour la menuiserie et l'ébénisterie ; ils prennent un beau poli , sont agréablement veinés et d'un beau jaune pâle. Les charrons, les tourneurs et plusieurs métiers encore, en font aussi très grand cas. L'érable a la propriété de ne point se tourmenter et de n'être pas attaqué par les vers.

Les qualités de ce bois pour le travail rendent nécessairement très rare son emploi comme chauffage ou comme charbon, quoiqu'il soit supérieur, pour ces usages, à la plupart des autres essences.

Les cendres des érables fournissent beaucoup de potasse.

Leurs feuilles peuvent servir à la nourriture des bêtes à laine ; la sève du sycomore, ainsi que celle du plane, contient du sucre, mais pas assez sans doute pour que l'extraction en soit avantageuse.

82 t)ES CLIMATS,

ARTICLE VII

Le Bouleau.

167. Sous le nom générique de bouleau, on réunit, en langage forestier, deux espèces : le bouleau blanc (betula alba, Linné) et le bouleau pubescent (betula pubescens, Ehrhardt). Les caractères distinctifs de ces deux espèces sont surtout botaniques; leurs qualités, leurs tempéraments diffèrent peu, et il n'est pas nécessaire, par conséquent, de les séparer Tune de l'autre dans la pratique.

Quoique très répandu dans les forêts, le bouleau y forme, rarement l'essence dominante. Ce n'est guère que sur les grandes sommités, dévolues surtout au bouleau blanc, et quelquefois dans les marais tourbeux, que recherche particulièrement le pubescent, qu'on le rencontre seul. Dans d'autres localités, s'il occupe exclusivement le terrain, ce fait est d'ordinaire le résultat d'une culture particulière, et non l'ouvrage de la nature.

168. Climat, situation, exposition. — Le bouleau supporte les climats les plus froids ; en s'élevant sur les montagnes, on le voit dépasser de beaucoup la limite extrême de toutes les autres essences , et c'est, vers le pôle du Nord, le dernier arbre que Ton

bES SOLS, DES ESSENCES. 83

rencontre. Les étés chauds et prolongés ne lui sont pas favorables, et, dans le Midi, il ne réussit que sur . les grandes sommités. Dans les Pyrénées, on trouve encore des bouleaux à près de 2,000 mètres audessus du niveau de la mer. Les régions tempérées n'en sont pas moins celles qu'il préfère, et où il prend le plus bel accroissement. Dans ces régions, il prospère particulièrement aux expositions du Sud-Est et du Sud-Ouest, quoique les autres ne lui soient point absolument contraires.

169. Terrain. — Le sol qui convient le mieux au bouleau est un sable gras; mais cet arbre se contente d'ailleurs d'un terrain médiocre et d'une nature quelconque, pourvu qu'il ne soit pas trop compacte. Le bouleau blanc ne se plaît pas dans les sols marécageux, dont le pubescent, au contraire, s'accommode très bien.

170. Floraison et fructification. — La floraison est monoïque et amentacée pour les deux sexes; les fleurs paraissent en même temps que les feuilles, vers la fin d'avril. Le fruit est un cône et mûrit dans les derniers jours du mois d'août ou au commencement de septembre. Les semences se disséminent immédiatement et tombent avec les écailles qui se détachent de l'axe ; elles sont très petites , munies d'une membrane légère, et sont répandues fort loin par les vents.

Le bouleau devient fertile à un âge peu avancé, et sa graine réussit presque tous les ans.

76 DES CLrMATS>

ARTICLE V

Le Frêne.

149. Il n'y a qu'une seule espèce de frêne qui soit indigène dans nos forêts : c'est le frêne commun ou élevé (fraxinus excelsior, Linné), On le trouve ordinairement parsemé entre les autres bois, et ce n'est que par exception qu'on le voit former l'essence dominante.

150. Climat, situation, exposition. — C'est dans les climats tempérés que le frêne prend le plus bel accroissement, mais il réussit aussi dans les climats froids.

On le rencontre dans les plaines et dans les vallons, dans les pentes et sur les plateaux d'une élévation assez considérable. Toutefois, les deux premières situations, et surtout les vallées ombreuses et fraîches, sont celles qu'il préfère.

Les expositions méridionales sont défavorables à sa croissance.

151. Terrain. — Les sols profonds, frais et assez divisés sont les plus convenables au frêne ; aussi, est-ce dans les prairies et sur le bord des ruisseaux qu'on le voit prendre les dimensions les plus fortes. Cependant il ne se plaît pas dans les terrains marécageux. L'argile compacte et le sable pur lui sont

contraires; on le trouve parfois en assez bon état de croissance dans les sols secs.

152. Floraison et fructification. — La floraison est polygame. Les fleurs paraissent avant les feuilles, vers la fin d'avril et quelquefois môme plus tôt. Les fruits sont des samares munies d'une aile allongée; ils sont répandus au loin par les vents, et mûrissent vers la fin d'octobre. Leur dissémination s'opère en novembre et en décembre , et n'a fort souvent lieu qu'au printemps suivant.

La semence du frêne réussit abondamment presque chaque année, et Tarbre devient fertile de bonne heure.

153. Jeunes plants. — Quoique les jeunes frênes ne soient point délicats, ils demandent cependant à être abrités la première année, et l'ombrage continue même à leur être avantageux jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans.

154. Feuillage. — La feuille du frêne est composée ; ses folioles sont petites. Le feuillage est léger et ne donne que peu de couvert.

155. Racines. — Les racines, menues et très nombreuses, tracent et pivotent tout à la fois. Elles s'enfoncent jusqu'à 1 mètre 50 centimètres et plus, et s'étendent horizontalement à 6 et à 7 mètres. Cette dernière disposition rend le frêne fort nuisible dans les champs et les prés; cependant on l'y plante fréquemment, mais on remarque que, même à une assez

On doit, autant que possible, placer les bois de robiniers dans des situations abritées des grands vents, car cet arbre se casse très facilement.

Les expositions chaudes sont celles qu'il préfère.

178. Terrain. — Le robinier prospère dans les terrains légers, mais substantiels, et principalement dans les sables gras pourvus de terreau. Les sols arides, ou mouilleux, ou trop compactes lui sont contraires.

179. Floraison et fructification. — Le robinier fleurit au commencement de juin; ses fleurs sont hermaphrodites. Les semences sont petites, rondes et sans ailes; elles sont renfermées dans une gousse à laquelle elles demeurent adhérentes en tombant, ce qui donne plus de prise au vent pour les emporter. Elles mûrissent au mois d'octobre, mais la dissémination n'a lieu que pendant l'hiver ou au printemps suivant.

Le robinier devient fertile fort jeune; ses années de semence sont fréquentes.

180. Jeunes plants. — Les jeunes plants ne craignent point les ardeurs du soleil, mais ils ont besoin, dans les premières années, d'un abri contre les froids trop vifs.

181. Feuillage. — Les feuilles du robinier sont composées; leurs folioles sont petites et légères, et ne donnent que peu de couvert.

182. Racines. — Les racines s'enfoncent jusqu'à 33 et 66 centimètres, lorsque le sol le permet; mais

elles tracent surtout et s'étendent fort loin. Elles sont nombreuses, munies d'un chevelu très abondant et très disposées à drageonner.

183. Croissance et durée. — La croissance du robinier est des plus rapides. A Tâge de 40 ans, il a souvent une hauteur de 12 et même de 18 mètres sur 66 centimètres de diamètre à la base. Sa durée ne semble pas pouvoir se prolonger au delà de 80, 90 et 100 ans au plus.

184. Qualités et usages. — Le bois de robinier résiste fort longtemps à la pourriture, et cette qualité, jointe à une grande dureté, le rend très propre à la bâtisse, dans les places où les pièces de bois sont le plus exposées aux variations de la température et aux injures de l'atmosphère.

En Amérique, on s'en sert même pour des constructions maritimes, quand on en trouve des échantillons convenables.

Comme bois de travail, on l'estime beaucoup; il prend un très beau poli, est agréablement nuancé, et sert à la menuiserie et à l'ébénisterie. Les échalas de vigne fournis par le robinier ont plus de durée que ceux d'aucun autre bois. En Angleterre , il est l'essence préférée pour les gournables, parce qu'il se durcit beaucoup en vieillissant.

Sa qualité, comme bois de chauffage, passe généralement pour assez médiocre; cependant, d'après les expériences de T. Hartig, il donne beaucoup de

chaleur rayonnante, ce qui le rendrait très propre au chauffage à foyer ouvert.

Ses feuilles fournissent un fourrage excellent.

ARTICLE IX

Le Charme.

185. Le charme commun (carpinus betulus, Linné) est un des bois les plus utiles et les plus répandus de nos forêts. Ordinairement, on Ty trouve mélangé avec ' le chêne, le hêtre, le tilleul, le tremble, etc.; mais, souvent aussi, il occupe des étendues considérables comme essence dominante.

186. Climat, situation, exposition.— Le charme supporte les climats rigoureux, mais il prospère davantage dans les tempérés. Aussi est-ce dans les plaines, sur les coteaux et les montagnes de moyenne hauteur qu'on le rencontre le plus fréquemment et qu'il prend l'accroissement le plus beau. Il s'accommode à peu près de toutes les expositions; néanmoins, sa végétation est peu satisfaisante sur les pentes entièrement méridionales.

187. Terrain. — Les sols argileux, divisés par le gable ou par de petites pierrailles et riches en terrcjau , sont ceux que le charme préfère; mais il croît aussi dans les fonds de moindre qualité, fussent-ils même un peu humides. Les terrains secs et arides, ou trop compactes, ou marécageux lui sont contraires.

188. Floraison et fructification.— La floraison est monoïque et en chatons cylindriques pour les deux sexes. Les fleurs paraissent en même temps que les feuilles, au commencement de mai. Le fruit, qui mûrit en octobre et se dissémine immédiatement après, est un petit gland ovale, muni de côtes saillantes et renfermé dans une cupule foliacée. Cette cupule est assez grande pour favoriser la dispersion de la graine par les vents.

Dès l'âge de 30 ans, le charme devient fertile, et la semence réussit abondamment presque chaque année.

189. Jeunes plants. — Les jeunes charmes supportent mieux les froids rigoureux que les gelées prin tanières, et ils se trouvent bien d'être garantis, pendant plusieurs années, des ardeurs du soleil.

190. Feuillage. — Les feuilles sont de moyenne grandeur, d'un tissu assez serré et très abondantes ; elles donnent un couvert épais, quoique moindre que celui du hêtre.

191. Racines. — On ne remarque point chez le charme un pivot bien caractérisé; mais ses racines ont toutes une tendance à s'enfoncer obliquement dans le sol, où elles pénètrent souvent jusqu'à un mètre et plus de profondeur; elles sont nombreuses, s'étendent au loin et drageonnent facilement.

192. Croissance et durée. — Sous le rapport de la croissance, le charme égale le hêtre jusqu'à l'âge de 30 à 40 ans; mais, après cette époque, il est d'or-

dinaire dépassé par ce dernier. Ce n'est toutefois qu'à 70 ou 80 ans que son accroissement commence à se ralentir, et on le voit végéter en très bon état jusqu'à 130 et même 150 ans.

193. Qualités et usages. — Le bois de charme est d'une densité très égale; il est très dur et sa fibre est coriace. On l'emploie peu à la charpente, parce qu'il résiste mal à l'action de l'humidité et aux variations de la température, et que, d'ailleurs, ses dimensions en grosseur et en hauteur sont rarement convenables pour cet usage. Sous le rapport de la grosseur, le charme offre, en effet,. cette particularité, que son tronc n'est presque jamais rond comme celui des autres bois; il présente des cannelures nombreuses, irrégulières, souvent très profondes, qui rendent difficile, par conséquent, son équarrissage.

C'est surtout comme bois de travail qu'il est précieux. Il est employé par les charrons; on en fait des roues d'engrenage, des leviers, différents instruments aratoires, et, en général, toutes espèces de pièces exposées à un frottement continu ou à une forte pression • Son chauffage et son charbon sont de première qualité et supérieurs à ceux du hêtre.

Les cendres du charme fournissent beaucoup de potasse, et son feuillage, vert ou sec, sert à la nourriture des bestiaux.

DES SOLS, DES ESSENCES. 9l

ARTICLE X

K Alisier.

194. Nos forêts présentent communément deux espèces d'alisier, que Ton trouve mélangées parmi les autres bois. Ce sont :

1"* L'a/mer 1)\anc ou allouchier (pyrus aria, Ehrhardt) ;

2° V alisier torminal (pyrus torminalis, Ehrhardt).

195. Climat, situation, exposition. — L'alisier torminal et surtout l'alisier blanc supportent les climats froids de nos hautes montagnes, mais leur croissance y est lente; la plupart du temps, ils y dégénèrent en arbrisseaux. Ce n'est que dans les régions tempérées qu'ils ont une belle végétation, et tous deux prospèrent principalement dans les plaines et sur les coteaux.

Les expositions entièrement méridionales ralentissent la croissance des alisiers, qui paraissent se plaire principalement à celles de l'Ouest, de l'Est et du Sud-Est.

196. Terrain. — Les alisiers réussissent dans toutes sortes de terrains; mais ils semblent surtout préférer les sols calcaires ou argileux, assez profonds et mélangés de terreau. Ils ne supportent ni les sables secs, ni les fonds humides ou marécageux.

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