‹ Cours élémentaire de culture des bois créé à l'École forestière de NancyChapitre 46 sur 118 · Pour favoriser la reproduction des taillis, il · texte numérisé non relu

Pour favoriser la reproduction des taillis, il

• Une précaution très utile aussi, en pareil cas, consiste à laisser subsister sur la souche, comme tirants de séve^ quelques-uns des rejets dont la conservation a déjà été recommandée à d'autres titres [571].

convient, en général, que les bois soient façonnés et entièrement vidés avant que les rejets ne paraissent.

Très souvent on voit Taire d'une coupe couverte de stères et de fagots, au milieu desquels les rejets s'élèvent et dépassent quelquefois les piles de bois. C'est ce qui arrive dans les taillis situés en sol très fertile ou humide, et dans ceux peuplés d'essences à végétation rapide. On conçoit que, dans de pareilles coupes, le séjour de bois façonnés et surtout le retard de la vidange ne peuvent manquer d'occasionner du dommage.

Il y en a moins à craindre pour les*taillis situés en fonds maigre et aride et dans ceux que peuplent des essences d'une végétation lente, parce que les rejets de la première année sont ordinairement peu élevés.

580. La vidange avant le temps de la sève pourra presque toujours avoir lieu dans les coupes dont on commencera l'exploitation en automne. Elle sera possible encore dans les coupes de peu d'étendue, lors même qu'on attendrait la fin de l'hiver pour y mettre la cognée. Il n'est pas nécessaire, au surplus, que les bois soient transportés hors de l'enceinte de la forêt ; l'essentiel est que la coupe en soit débarrassée, et il est rare qu'on ne trouve pas de places où le produit de l'exploitation puisse être momentanément déposé. Par le moyen de ces places de dépôts, on pourra hâter la vidange des coupes,

1 Quand les coupes > ainsi que cela doit être, aboutissent

quand même on n'aurait commencé à les exploiter qu'après les fortes gelées.

Ce qui favorise le plus la célérité des vidanges, c'est le bon état des chemins. Il est telle forêt où la sortie des bois n'est possible que lors des grands froids ou des chaleurs de l'été, et où la difficulté des transports diminue considérablement la valeur des coupes. Dans ce cas, on est forcé de consentir à des prorogations de délai de vidange, quel que soit l'inconvénient qui en résulte. De bonnes routes forestières doivent être mises au rang des améliorations les plus utiles, de celles, surtout, qui augmentent le revenu des forêts et qui permettent d'apporter, dans les exploitations, la promptitude et l'ordre désirables.

ARTICLE VIII

Examen des dispositions que renferme le cahier des charges

des adjudications de coupes.

581. Le cahier des charges régissant les adjudications des coupes qui se font annuellement dans les forêts de l'État, des communes et des établisse-

toutes sur une ou plusieurs laies sommières ou routes , les accotements de celles-ci deviennent les places de dépôt les plus naturelles et les plus avantageuses.

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ments publics, contient les dispositions suivantes i :

A. « L'abatage des bois sera entièrement terminé » le 15 avril qui suit la date de radjudication.

» Les bois à écorcer, en vertu de l'acte d'adjudi- » cation, seront coupés avant le 15 mai.

B. » A moins de clauses contraires, les bois » seront exploités à tire et aire et à la cognée, le » plus près de terre que faire se pourra, de manière » que Teau ne puisse séjourner sur les souches. Les » racines devront rester entières.

C. ))• Les coupes seront nettoyées, savoir : en ce » qui concerne le ravalement des anciens étocs el » l'enlèvement des épines, ronces et autres arbustes » nuisibles, avant le terme fixé pour l'abatage ; en » ce qui concerne le façonnage des ramiers, avant » le l''''juin.

» A l'égard des ramiers provenant des bois qui » auront été écorcés en vertu du procès-verbal » d'adjudication, ce dernier délai est prorogé jus- » qu'au 1" juillet suivant.

D. » La vidange sera entièrement terminée le » 15 avril qui suit l'expiration du délai d'abatage.

E. » Si des circonstances locales nécessitent d'au- » très termes que ceux fixés par l'abatage, le net-

' Pour plus (le facilité dans renseignement, nous avons classé ici les dispositions du cahier dos charges, dans l'ordre où les dillurentcs parties de l'exploitation dos taillis ont étô traitée» dans le présent chapitre.

» toiement et la vidange des coupes, il en sera fait » une clause spéciale de l'adjudication. »

582. Par le dernier paragraphe que nous venons de rapporter, le cahier des charges a prévu que des modifications pourraient être nécessaires, et il permet de les arrêter par des clauses spéciales, qui doivent être proposées par les agents forestiers locaux et soumises à l'approbation de l'administration.

Nous allons examiner les conditions générales et en signaler les parties susceptibles d'être modifiées, lorsque d'ailleurs les circonstances rendront ces changements possibles.

a. Labatage doit être terminé au 15 avril.

Ce terme est trop reculé pour un grand nombre de locahtés, eu égard aux inconvénients de la coupe en temps de sève.

D'après ce qui a été expliqué plus haut [577], il faudrait, selon les différents climats, fixer, non seulement la fin, mais aussi le commencement de Tabatag'e, et faire en sorte d'éviter les exploitations d'automne et d'hiver qui, hors des contrées méridionales et d'une partie de celles de l'Ouest situées dans le voisinage de la mer, ne sont pas toujours sans danger 1.

* Malheureusement, il existe souvent des obstacles presque insurmontables à une telle amélioration, par suite de l'extrême difïiculté que l'on rencontre, dans les mois de février et de mars, à se procurer des ouvriers. A cette époque de Tannée, en

Mè^

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Mais, s'il est désirable que le délai d'abatage puisse être raccourci pour les taillis en général* il est certain que celui que le cahier des charges assigne aux bois à écorcer, pourrait être prolongé avec avantage, et sans qu'il en résultât aucun inconvénient pour la reproduction.

En effet, sauf dans les régions particulièrement favorisées sous le rapport du climat, la sève n'est entièrement en mouvement que dans la seconde quinzaine d'avril, et souvent même plus tard encore. L'écorcement ne peut donc guère commencer que dans les derniers jours de ce mois ou dans les premiers jours de mai. Or, cette opération, assez longue par elle-même, pour 'peu que la coupe soit étenduCf est sujette en outre à de fréquentes interruptions, amenées tantôt par un refroidissement subit de la température, tantôt par un vent sec, qui suffisent pour augmenter l'adhérence de l'écorce au bois et arrêter le travail.

En augmentant le délai dont il s'agit de 15 jours, on faciliterait singulièrement la récolte d'un produit de première importance pour l'une de nos principales industries, et très profitable au propriétaire,

effet, les habitants des campagnes, tous à peu près, sont occupés aux travaux agricoles, auxquels, en général, ils ne renoncent à aucun prix. En automne et en hiver, au contraire, leur temps, dans une grande partie de la France, appartient tout naturellement à Tabatage et au façonnage des bois qui deviennent ainsi une ressource précieuse pour ces populations*

sans compromettre, plus qu'on ne le fait actuellement [576], la reproduction des souches qui, en tout état de cause, ne saurait avoir lieu que sous Taction de la sève d'août.

b. Les bois seront exploités à la cognée le plus près de terre que faire se pourra.

Ce mode d'abatage, tien que généralement applicable, souffre cependant quelques exceptions, comme nous l'avons fait voir [578]. Par exemple, si, malgré le peu de disposition du hêtre à repousser de souche, on est forcé par les circonstances de le traiter en taillis, il sera prudent de le faire couper au-dessus du nœud de la précédente exploitation, car ce n'est que du jeune bois que l'on peut espérer des rejets.

C'est par ce mode que, dans l'ancienne Lorraine, on a soutenu, pendant assez longtemps, l'existence de quelques tailUs de hêtre; et lorsque les agents forestiers, pour obéir aux règlements, se sont décidés à faire couper ces taillis rez-terre, les yieux bûcherons ont prédit la mort des souches et ne se sont pas trompés.

Une mesure très utile pour assurer la reproduction des taillis, et dont nous avons déjà parlé plus haut [671 et 578, note], consiste à conserver les rejets traînants, soit que l'on compte sur le mouvement des voitures et des hommes dans la coupe, pour les enterrer, soit, ce qui est mieux, qu'on les fasse coucher en terre, plus soigneusement, par des ouvriers. Quoi qu'il en soit, dans l'un et l'autre cas, on peut obtenir

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par ce moyen une multitude de jeunes tiges. 11 serait donc à propos, en pareille circonstance, de ne pas exiger que l'exploitation se fît trop près de terre, et de recommander au contraire aux bûcherons, tout en coupant en talus, de respecter les traînants dont il s'agit.

c. Les coupes seront nettoyées , savoir: en ce qui concerne le ravalement des anciens étocs et V enlèveinent des arbustes nuisibles y avant le terme fixé pour Vabatage; en ce qui concerne le façonnage des ramiers^ avant le i^^juin.

Les ramiers devraient expressément être façonnés dans le plus bref délai possible. Si le terme de cette opération n'est fixé qu'au l"juin, les adjudicataires peuvent les laisser éparpillés dans les coupes pendant tout le mois de mai et, par conséquent, dans le moment où la sève produit déjà des rejets. D'une part , il en résultera du dommage pour le recru des souches; de l'autre, les agents et les gardes seront empêchés de visiter toutes les parties en exploitation, ce qui pourra favoriser la fraude. Les bûcherons devraient être partagés en deux brigades : l'une chargée d'abattre et de façonner le bois de corde, l'autre de relever et de fagotter les ramiers. Cette dernière travaillerait au fur et à mesure de la chute des arbres et de l'abatage des cépées. Dans tous les temps, une coupe doit être accessible et ne présenter aucun obstacle à la surveillance journalière. Quant aux anciens étocs, c'est-à-dire, aux sou-

ches qui sont mortes en tout ou en partie, il vaudrait mieux les extraire et leur substituer de jeunes plants bien venants, que de se contenter de les ravaler.

d. La vidange sera entièrement terminée le \o

avril.

Cet article des conditions générales donne aux

adjudicataires une année entière, à partir de l'abatage, pour le débit et l'enlèvement des bois de leurs ventes, et doit, par conséquent, contribuer au succès des adjudications. Il est à regretter, toutefois, que cette manière d'augmenter les revenus actuels des forêts nuise à leur conservation, et Ton ne peut qu'émettre le vœu bien formel de voir adopter des délais de vidange plus favorables à la reproduction des taillis, dans toutes les localités où le bon état des chemins et une concurrence suffisante entre les marchands de bois permettront de le faire san« un trop grand sacrifice pécuniaire. « •

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