Mais, si favorable que soit l'expédient qui
vient d'être indiqué, il est facile d'entrevoir cependant (et l'expérience d'ailleurs en a donné la preuve) qu'il ne suffit pas pour balancer la production du régime nouveau ^vec celle de l'ancien. Ce résultat ne saurait être obtenu qu'exceptionnellement et à l'aide d'une combinaison analogue à celle que nous avons exposée à propos de la conversion des taillis simples [670], et qui consiste à fiiire marcher des exploitations de taillis parallèlement aux coupes préparatoires.
On déterminera donc immédiatement la révolution de futaie ; on la partagera en périodes égales auxquelles on fera correspondre, sur le terrain, des affectations composées comme nous l'avons dil[670]. La différence consistera dans la présence des arbres de réserve qui concourront à la régénération avec les rejets de souches. Cette ressource qui fait défaut dans les taillis simples, permettra souvent de réduire à une seule période la durée des coupes préparatoires de chaque affectation, et m5me, dans certains cas [672], de commencer immédiatement les coupes de régénération.
La marche de ces dernières coupes se trouvant déterminée à l'avance parle plan général d'exploitation, il deviendra facile de régler le balivage des coupes de taillis sous futaie, suivant le rang des affectations où elles seront assises. C'est ainsi qu'on s'attachera à multiplier partout les baliveaux et les modernes, à supprimer un certain nombre d'anciens, et à ne
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point laisser subsister de vieilles écorces hors de l'affectation de la 2* période. On conçoit dès lors que , dans certains cas , les produits se maintiendront au niveau de ceux de l'ancien taillis sous futaie.
Entre les deux modes que nous venons d'indiquer pour la conversion des taillis sous futaie, la préférence paraît devoir être donnée au dernier, parce que son application permettra d'étendre immédiatement ces transformations à de grandes surfaces, et de préparer au pays les ressources les plus précieuses, sans cependant lui imposer de grandes privations. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que, pour se guider dans ce choix, il faudra tenir compte des considérations que nous avons développées plus haut [658].
679. A l'expiration du temps consacré soit aux coupes préparatoires, soit- à l'entière régénération des peuplements, nos successeurs trouveront évidemment la forêt dans un état meilleur que celui où nous l'avons prise. Il leur appartiendra d'en régler la jouissance, en fixant définitivement la révolution de la futaie, la nature et l'ordre des exploitations à y faire, etc.
ARTICLE m.
ConyerBion]deB taillis boub futaie irrégnliers.
680. Le mode de conversion indiqué dans l'article précédent [678] peut s'appliquer aux taillis irréguliers,/sauf quelques modifications consistant principalement dans la nécessité d'effectuer ou de compléter la régénération successive des affectations, par voie de repeuplements artificiels.
Mais ces taillis se présentent quelquefois dans des conditions particulières qui commandent de recourir à des procédés de conversion plus expéditifs.
En effet, nous avons essayé plus haut [674] de caractériser leur état en faisant connaître la cause de leur irrégularité, et nous avons, ramené les divers peuplements qu'ils présentent à quatre types principaux, savoir :
a. Anciens et vieilles écorces plus ou moins nombreux constituant, seuls à peu près, la réserve, et dominant un sous-bois incomplet, composé presque exclusivement de bois blancs ou de morts-bois ;
b. Une réserve abondante de toutes catégories, avec sous-bois en grande partie dans un mauvais état, soit à cause des essences, soit à cause de la végétation ;
c. Un taillis en bon état, mais presque entièrement dépourvu de réserves, et enfin,
d. Quelques parties régulières.
Il suffit de considérer un tel ensemble pour reconnaître que le seul moyen de le régulariser et de le restaurer, c'est de le régénérer le plus promptement possible par la semence, de manière à y ramener les essences d'élite en profitant, pour cela, des ressources qu'offre encore la réserve.
Toutefois, il s*agit ici, comme dans les méthodes de conversion que nous avons précédemment étudiées [676 à 678], de réaliser, en les conciliant, deux conditions essentielles : il faut d'abord éviter un abaissement trop brusque des produits, et, en second lieu, constituer une gradation d'âge en rapport avec le traitement et la révolution auxquels, régénérée j la forêt doit être soumise.
681. Pour atteindre ce double but, on déterminera immédiatement la révolution de futaie. Supposons, comme plus haut [670], qu'elle soit fixée à 90 ans et partagée en trois périodes de 30 ans. Sur le terrain, on chercherait à constituer les affectations ainsi qu'il suit :
1" affectation. Les peuplements désignés sous la lettre a ;
2"" affectation. Les peuplements désignés sous la lettre b ;
S*" affectation. Les peuplements désignés sous les lettres c et d ^
< On conçoit qu'il ne sera pas toujours possible d'arriver à un
Les exploitations à faire dans chacune de ces affectations seront :
Première période.
1" affectation: Coupes de régénération, en faisant intervenir le repeuplement artificiel partout où les bois existants ne suffiront pas pour assurer le repeuplement naturel.
2"" affectation. Coupe par trentième de surface, du sous-bois, avec extraction des vieilles écorces dépérissantes et avec réserve, dans le taillis, de toutes les perches de bonnes essences susceptibles d'être associées à la futaie, dans Tintérêt du repeuplement futur.
3' affectation. Coupes préparatoires, à commencer immédiatement ou à une année quelconque de la période, selon Tâge des taillis qui composeront cette affectation. Dans ces coupes, il sera procédé, à Té* gard des réserves, comme il est dit plus haut [675 et 677].
tel résultat et qu'il faudra souvent modifier la composition des affectations, soit en raison de la situation respective des divers peuplements, et pour éviter le morcellement de la surface affectée à chaque période, soit parce qu'une ou plusieurs natures de peuplement (a^ b^ c^ d,) occuperont des contenances ou trop grandes ou trop petites, comparativement aux autres. Aussi, n'entendons-nous donner ici qu'un exemple, en choisissant le cas le plus simple, afin de ne pas compliquer inutilement la démonstration, et de mieux faire comprendre la méthode.
A rexpiratioii de la première période, les peuplements se composeront comme il suit :
V affectation, Gaulis et fourrés ;
2'' affectation. Futaie irrégulière, plus ou moins clair-plan tée, mais susceptible d'être mise en coupe de régénération ; — taillis dominé ;
3* affectation, Perchis avec vieux arbres.
Deuxième période.
1'^ a ffectatioîi. Coupes d'amélioration.
2"" affectation. Coupes de régénération, avec essouchement du taillis, à moins qu'on ne juge utile de le conserver (hêtre, par exemple), pour protéger le jeune repeuplement. Dans ce cas, il sera extrait, après la réussite de celui-ci, par forme de nettoiement.
*6^ affectation : Eclaircie, avec extraction, s'il y a lieu, de quelques vieux bois.
A l'expiration de la deuxième période les peuplements seront :
V*" affectation. Perchis ;
2^" affectation. GauUs et fourrés ;
3° affectation. Massif de futaie sur souches, '
Ainsi, dès la troisième période, la futaie sera constituée avec une gradation d'âge convenable, et il est évident, d'un autre côté, que, pendant les deux premières périodes, qui, de fait, forment seules lîji révo-
lution préparatoire, la production n'aura pas été sensiblement abaissée.
682. Quand le mode de conversion que nous venons d'exposer devra s'appliquer à une forêt comprenant plusieurs séries de taillis composés, on trouvera la plupart du temps plus de facilité à en réunir deux ou trois pour former une même série de futaie [672], parce qu'il y aura, dans ce cas, d'autant plus de chances de rencontrer les différentes natures de peuplement que fious avons décrites, sur des surfaces assez étendues pour constituer les affectations \
■ Voir rAppendico.