‹ Cours élémentaire de culture des bois créé à l'École forestière de NancyChapitre 78 sur 118 · DES MARCOTTES · texte numérisé non relu

DES MARCOTTES

810. On peut appliquer le procédé du marcottage, à toutes les essences résineuses ou feuillues ; mais c'est surtout pour la propagation de ces dernières, et notamment dans les taillis, qu'il mérite Tattention du forestier.

Lorsque les brins ou les rejets qui doivent être marcottés sont faibles, et, par conséquent, flexibles, on peut les coucher sans difficultés dans de petites rigoles, faites à cet effet, que Ton comble ensuite de bonne terre. Mais quand ce sont des perches assez fortes déjà qu'il s'agit de faire servir de cette manière, il faut procéder avec plus de précaution. Pour le repeuplement des bois, ces dernières sont plus avantageuses ; on en obtient des sujets plus nombreux, d'une reprise plus prompte et d'une croissance plus vigoureuse.

Afin de réussira ployer ces perches jusqu'à terre, on leur fait, à l'endroit où la plus grande flexion devient nécessaire, une entaille qui peut pénétrer jusqu'au centre du bois et qui doit être placée sur la face convexe de la courbure. Au moyen de cette entaille, on amène la tête de la tige sur le sol, légèrement labouré au préalable, et on l'y fixe par des crochets en bois qui la saisissent immédiatement audessous des branches inférieures et vers l'extrémité delà cime. De fortes mottes de gazon, placées sur les différentes branches principales, sont destinées à les maintenir contre terre. Cette première opération faite, on recouvre tous les rameaux de 16 à 22 centimètres de bonne terre, de manière à n'en plus laisser passer que les extrémités, sur quatre ou cinq boutons au plus. Au moyen de la terre dont on les entoure, ou bien à l'aide de molles de gazon, on donne à ces petites ramilles une position verticale. L'entaille faite à la perche doit, au moins pendant les premières années, être recouverte de molles de gazon. •

Après trois ou quatre ans, il s'est formé, au-dessous de tous ces menus rameaux, des racines qui leur sont propres, elqui sont suffisantes pour pourvoir à leur nutrition. Dès lors on peut donc les sevrer, c'està-dire, retrancher la perche courbée qui les unissait à la souche mère *

* M. Heyer assure que les sorbiers, les érables et quelques autres arbres encore, étant traités comme on vient de l'explî-

612 DES REPEUPLEMENTS

Le procédé que nous venons de décrire^ est rap^ porté par plusieurs auteurs forestiers de TAllemagne, comme très usité dans différentes localités de ce pays. Dans le Hanovre, on l'emploie avec beaucoup de succès pour repeupler les clairières des taillis de hêtre. A cet effet, on réserve, lors de l'exploitation, un certain nombre de tiges sur lo l)()rd de ces clairières, et Tannée suivante on en opère le marcottage ; ces tiges ont souvent 10, 12 et même 13 centimètres de diamètre à la base.

811. Lorsque les perches couchées font partie d'une cépée, il faut éviter de laisser d'autres perches debout sur la même souche. La sève ayant plus de tendance à monter droit qu'à circuler dans les branches courbées, abandonnerait celles-ci pour se porter avec affluence dans les autres, et la perte des marcottes en serait la suite. On doit donc supprimer tous les rejets, et, pour empêcher qu'il n'en repousse d'autres jusqu'à l'entière reprise des branches marcottées, on fera bien de couvrir la souche de 15 à 20 centimètres de terre fortement tassée en forme de petite butte. Dès qu'on opérera le sevrage des marcottes, on

quer, s'enracinent dès la première année. Il ajoute que, en général, le bois de deux ans, des branches couchées, s'enracine plus vite que les pousses de l'année, et qu'on hâte d'ailleurs la production des racines, si, au moment où l'on procède au couchage d'une branche, on lui enlève sur la face inférieure une petite plaque d'écorce jusqu'à l'aubier, avec un couteau bien tranchant. Autour de la blessure, il se forme un bourrelet sur lequel les racines ne tardent pas à se présenter.

pourra découvrir la souche qui ne tardera pas à fournir de nouveaux rejets.

812. Le marcottage réussit mieux au printemps qu'en toute autre saison.

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