On doit éviter de se servir, pour dessiner, de règles
INSTRUMENTS
lb
avec un chanfrein eu biseau, afin de conduire avec plus d'exactitude et de foeililé l’instrument à tracer, le long de leurs côtés. Ces sortes de règles ne doivent être employées que dans le cas où l’on aurait un cadre à tracer, pour que l’cncre , qui s’échappe de la plume ou du tire-ligne et qui sc répand le long du bord de la règle, ne vienne point à souiller le papier (539).
lb. — Équerre, espèce de règle en bois composée d’un triangle rectangle , en sorte que deux de ses côtés sont perpendiculaires l’un à l’autre, d’où résulte un moyen simple et facile de mener une perpendiculaire à une ligne donnée. Il suffit , pour cela, do faire coïncider l’un des côtés d’une règle avec la ligne à laquelle on veut mener une perpendiculaire ou avec tout autre qui lui serait parallèle , puis , faisant reposer sur le côté de celte règle l’un des côtés de l equerre perpendiculaires entr’eux , toute ligne ainsi obtenue sera perpendiculaire à là ligne donnée. De là , aussi , le moyen de mener des parallèles : puisque toutes ces droites sont perpendiculaires à une même ligne, donc elles sont parallèles entr’elles. Il ne faudra, par conséquent , que faire glisser lequerre le long de la règle , et tracer autant de lignes que l’on voudra , toutes ces lignes seront parallèles cntr’elles (280 et suivants).
16. — Nous ferons remarquer, à cet égard , que ce dernier cas est peut-être le seul dans lequel on doive faire usage de l’équerre, attendu que, quoique les côtés de cet instrument aient été tracés ou aient dû être tracés perpendiculairement entr’eux (1 b), il y a de très-grandes présomptions qu’ils ne le sont pas réellement ; car, telle équerre parfaitement juste (12), il y a quelques instants , ne l’est peut-être plus le moment d’après. Celte variation est due aux influences atmosphériques qui , déterminant la contraction ou la dilatation du bois , le font
INSTRUMENTS
gauchir et déjeter, et détruisent pur conséquent la justesse de l'instrument. Il en résulte ainsi que telle perpendiculaire tracée avec une équerre , sera souvent fort loin de l’être réellement , surtout si elle doit embrasser une grande longueur. Aussi , dans le cas où l’on veut se servir de cet instrument dans ce but, il ne faudra y recourir qu’autant que la perpendiculaire devra être de petite dimension.
17. — L’équerre est percée d'un trou circulaire,' destiné, non point , comme se l’imaginent le plus souvent les élèves , à la suspendre quand on la veut mettre en place , usage, après tout, auquel il peut être aussi affecté, mais particulièrement à faciliter le maniement de cet instrument lors des opérations graphiques. Ce trou, en effet, sert à recevoir l'index de la main gauche , et à lui permettre de faire mouvoir, à volonté , l’équerre le long de la règle contre laquelle elle doit glisser , tandis que la main droite opérera le tracé des lignes.
18. -r- Quant aux dimensions do ces instruments, elles sont fort variables. En général , les équerres doivent présenter un côté assez grand pour tracer des lignes d’une certaine longueur ; aussi est-il bon d’en avoir de plusieurs grandeurs variées. On doit encore, autant que possible , être muni d’une équerre dont les deux côtés perpendiculaires soient égaux cnlr’eux , formant ainsi avec l’hypoténuse, ou grand côté, des angles de 45°, d’où son nom d 'équerre à 45°, attendu quelle trouve un emploi fréquent dans le dessin , particulièrement pour la détermination des ombres et des traits de force (269). L’épaisseur des équerres doit toujours , autant que faire se peut , pour plus de commodité dans les opérations , être égale-à celle des règles , afin de ne point offrir de ressaut quand on devra opérer avec chacune d’elles simultanément (12).
INSTRUMENTS. , 17
VÉRIFICATION UE i/ÉQUERRE.
19. — Pour s’assurer de la justesse d’une équerre, on opérera d’une manière analogue à la vérification de la règle (13), c’està-dire , qu’après avoir appuyé le long d’une règle l’un des côtés de l’équerre perpendiculaires entr’eux, on tracera, à l’aide de l’autre côté perpendiculaire, une ligne très-fine, puis, renversant lequerrc de sorte que l’angle droit Vienne occuper la même position , si la nouvelle ligne tracée alors se confond avec la première , il en résulte , comme précédemment pour la règle , la preuve de la justesse de l’instrument.
T — Voir planchclle à dessiner (22).
20. — Pistolet, espece de règle en bois très-mince , affectant une foule de formes contournées, et destinée à tracer les courbes irrégulières que l’on ne peut décrire avec le compas. Son nom lui vient de sa forme primitive approchant de celle d’un pistolet.
Pour s’en servir, on commence d’abord par esquisser au crayon la courbe que l’on veut dessiner ; puis , on approche de cette courbe, la courbure du pistolet qui coïncide le mieux avec celle-ci , et le reste de l’opération a lieu comme pour la règle et l’équerre.
21. — Pour être moins sujets à se tourmenter, tous ces divers instruments doivent être de bois bien sec , tel que : le pommier, le poirier, le cormier, le comouillier et l’ébène. Le sapin serait aussi employé avec avantage s’il pouvait se travailler avec pureté , car il se tourmente moins que les autres ; mais les fibres qui s’en détachent sont un obstacle incessant à la marche du tire-ligne. On ne s’en sert que pour les grandes règles à tracer les cadres.
22. — Planchettes a dessiner , planches sur lesquelles on colle les feuilles de papier destinées à recevoir le dessin. Leurs
INSTRUMENTS
dimensions soijt en rapport avec les différentes espèces de papiers (38 et suiv.). Elles doivent être en bois léger et surtout très-sec, avec cmboitures en chêne. Les côtés de ces planchettes sont dressés avec soin , afin de pouvoir se servir au besoin du T, règle en bois, en forme de eette lettre, d'où lui vient son nom, et dont la principale propriété consiste à tracer des parallèles. Cependant, nous engagerons les élèves, autant que possible , ô ne point faire usage de ce dernier instrument , attendu le peu de précision qui résulte de son mécanisme , si l’on n’apporte une très-grande attention dans les opérations. Aussi, n’en ferons nous point ici une plus grande mention et n’en parlonsnous que pour mémoire.
23. — La planchette à dessiner peut être remplacée , au besoin , par un carton ; mais il faut alors que celui-ci ait une forte épaisseur ; sans cette condition , le papier collé dessus le fuit tourmenter et bomber de manière à en rendre l’emploi impossible.
24. — Compas, instrument servant à mesurer les distances d’un point à un autre, ou la longueur des lignes, et à toutes les opérations relatives aux lignes courbes.
Il est composé de deux tiges métalliques appelées branches ou jambes , lesquelles sont terminées en pointe à l'une de leurs extrémités, et à l'autre , jointes par une charnière qui permet d’ouvrir plus ou moins l'angle quelles forment et «le comprendre ainsi, entre leurs pointes, les longueurs à mesurer ou qu’on veut employer comme rayons pour décrire des cercles ou des portions de cercles.
L’espace compris entre les branches prend le nom d’envergure.
25i — Pour se servie de cet instrument , une main seule suffit, quelque tendance qu’aient les, élèves à recourir aux deux à lit
INSTRUMENTS
fois. S’il s’agit de mesurer une distance, (fig. A) , quatre doigts serviront à faire mouvoir le compas: le pouce et l'index seront placés chacun sur une branche , en dehors ; le médium et l'annulaire dans l’envergure, sur les faces intérieures de ces branches. On commencera, d’abord, par placer la pointe de la branche tenue par le pouce et l’annulaire, sur une des extrémités t de la ligne lia mesurer, et avec ce point d'appui , l’on augmentera progressivement l’envergure (24), en faisant mouvoir la branche opposée, à l’aide du médium, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’autre extrémité l de la ligne. Si , au contraire, l’ouverture doit être diminuée , l’index, en appuyant sur sa branche respective, rétrécira d'autant l’envergure.
Fig. A.
Lorsqu’il faudra décrire un cercle ou une portion de cercle
INSTRUMENTS
(fig. B) , trois doigts seuls suffisent : le pouce , l'index et le médium, appuyés contre la tête du compas qu’ils pressent en la faisant tourner, l’extrémité de la branche tenue par le pouce servant encore de pivot , (435).
( Fig. B.)
26. — On distingue plusieurs sortes de compas: le compas à pointes sèches; ses deux pointes sont à demeure et ne peuvent s’enlever ; il sert particulièrement à déterminer les mesures ; le compas à pointes de rechange et à rallonge ,
INSTRUMENTS
(fîg. A et B), l’une des pointes de ce compas est fixe et l'autre
mobile. Les pointes de rechange se composent d'un portecrayon et d’un tire- ligne que l’on introduit, au besoin , dans la place de la pointe mobile, en les y fixant au moyen d’une vis de pression. La rallongée st une autre branche mobile recevant à ses extrémités un porte-crayon ou un lire-ligne. On s’en sert pour décrire des courbes d’un très-grand rayon.
27. — Nous ne parlerons point ici du compas à spirale, du compas à verge, (156), du compas de proportion, (461) , du compas d' épaisseur , etc. ne voulant mentionner, comme nous l'avons déjà observé, (11), que les instruments d’une nécessité absolue.
27 bis. — Toutefois, nous ne pouvons passer sous silence une certaine addition au compas à pointes de rechange (fig. B) (26), espèce de pied mobile p , destiné à remplacer la pointe sèche fixe s, lors du tracé des cercles, et à remédier à l’inconvénient que présente celle-ci, par suite de sa pointe triangulaire, de former dans le papier, à l’endroit du centre, un trou souvent fort prononcé , surtout lorsqu’on a plusieurs cercles concentriques à tracer.
Ce pied consiste en un petit manchon m triangulaire coudé, auquel est ajustée une branche mobile, de même longueur environ, portant, à son extrémité, un petit conduit cylindrique destiné à recevoir une aiguille très-fine remplaçant l’extrémité de la pointe sèche. Il s’adapte à la branche fixe du compas , au moyen d’une vis de pression , et son aiguille est maintenue , de la même manière , dans son conduit.
On ne saurait trop recommander l’emploi d'un semblable instrument , toutes les fois qu’on aura à tracer dès cercles , soit concentriques, soit ponctués.
L’on se sert encore , dans celte circonstance , de petites
INSTRUMENTS
rondelles en corne , désignées sous le nom de pucerons ou punaises , portant, à leur partie inférieure, trois petites pointes servant à les fixer sur le papier, à l’endroit du centre, et sur la surface supérieure desquelles vient reposer la pointe du compas. Mais , on ne fait souvent qu 'échanger ainsi un inconvénient contre un autre, et au lieu d’un trou qu’on voulait éviter, il en résulte parfois (rois , assez prononcés , provenant de la pénétration des pointes de ces rondelles dans le papier. L’emploi des punaises n’est donc avantageux qu'aulant que leurs pointes sont tellement fines qu’elles laissent à peine des traces. Lorsqu’on n’a que des portions de cercles h tracer, comme, par exemple, dans la détermination des traits forts des surfaces arrondies, il est un moyen bien simple de suppléer à l’emploi des pucerons , c’est de se servir, à cet effet , d’un coin du rapporteur, en corne (52), dont est munie toute boite de mathématiques, et de le maintenir, d’une main, fortement sur le papier, tandis que l’autre fera mouvoir le compas.
58. — Tire-ligne , instrument pour tirer des lignes à l’encre ou de couleurs. 11 est composé de deux lames en acier qui se rapprochent ou s’éloignent , au moyen d’une vis de pression , et sont fixées sur un manche ordinairement en bois d’ébène. On remplit d’encre l’intervalle entre ces deux branches , en trempant tout simplement le bout de celles-ci dans un godet, et c’est cet intervalle, que l’on augmente ou que l’on diminue à volonté , qui détermine la grosseur du trait. On évitera , avec soin , de se servir, pour introduire l’cnerc dans le tireligne, de petits couloirs ou conduits en papier, comme le pratiquent souvent les élèves, ce qui, indépendamment d’un double emploi , peut offrir l’inconvénient de mêler à l’encre r quelques molécules de papier, détrempées k la longue jiar l’imbibition.
INSTRUMENTS
29. — On doit, chaque fois que l’on cesse de se servir d’un tire-ligne, avoir extrêmement soin de l’essuyer, en passant un morceau de papier bien collé entre les branches ou jolies, afin d’éviter que les lames ne s’oxident.
50. — PiQtoiH, aiguille très-fine , servant à piquer les dilïé rente mouvements des lignes d’un dessin dont on veut avoir la copie (295, 425 et suivants). Ce piquoir fait ordinairement partie du grand lire-ligne. Il est fixé à l’extrémité inférieure du manche de cet instrument, dans un petit manchon en cuivre taraudé, au moyen d’une vis de pression qui permet de l’enlever et de le remettre à volonté. L’extrémité supérieure des lames du tire-ligne est garnie aussi d’un autre manchon en cuivre taraude, qui sert d’écrou à la partie inférieure du manche où est fixée l’aiguille, et en meme temps de logement à celle-ci.
51. — Double-décimètre, prisme triangulaire en bois ou en cuivre, sur lequel sont gravées les divisions et subdivisions du mètre. 11 est d’un grand usage dans la pratique du dessin. C’est l’étalon qui sert à la construction de' toutes les échelles (525 et suivants).
On le désigne assez généralement sous la dénomination de Kulsch , du nom de son auteur.
On appelle double décimètre talonné , celui dont les extrémités sont garnies d’une petite plaque métallique ayant pouf objet d’empêcher l’usure de l’instrument ; ce dernier est , sans nul doute, préférable.
52. — Rapporteur, instrument servant à la mesure et à la construction des angles sur le papier. C’est un demi-cercle en corne ou de cuivre, de 1 à 2 décimètres de diamètre, et divisé en 180° marqués sur le bord ou limbe du rapporteur.