COULEURS
61 . — Les seules couleurs véritablement utiles et indispensables , sont : l’encre de Chine déjà décrite (46) , le carmin (62), la gomme gutte (64), et l'indigo (63). Avec ces quatre couleurs , et les tons qu’on obtient par leur mélange , on peut exécuter le lîtvis le plus détaillé (67).
62. — Cahmin , matière colorante , d’un rouge éclatant. Pour être bonne , cette couleur doit être d’un pourpre clair, donner des teintes unies, pures , et de la plus grande transparence. 11 faut donc rejeter le carmin foncé en couleur et tirant sur le sang de bœuf.
63. — On emploie le carmin de deux manières : en pain tout préparé, que l’on délaie comme l'encre de Chine , ou en poudre.
Le carmin, en pain , est préférable, en raison de la facilité avec laquelle on le conserve , et de la commodité de son emploi. Celui en poudre est souvent plus beau ; mais pour s’en servir, il faut le détremper dans de l’eau gommée; d’un autre côté, il se conserve plus difficilement et noircit assez vite.
OBJETS USUELS
li existe aussi du carmin , (nul préparé , en bouteille ; mais on s’en sert principalement pour les écritures et rarement pour le dessin , ou le lavis, attendu qu’il offre l'inconvénient dp s’épaissir au bout d’un certain temps, et de ne pas fournir une teinte toujours égaie. - .»•
04, — . Gomme guttk , substance végétale exotique , résineuse et colorante, d’un très-beau jaune. On la fabrique en pan»; mais on la trouve aussi, dans le commerce, en gros morceaux bruts qui, souvent, donnent un plus beau ton que celle travaillée: Elle est d'un prix excessivement modique ( 68 )*
. OS.— Indigo, matière colorante, d’un bleu foncé. On Ja trouve en pain toute préparée. EHe offre beaucoup de. choix 4 souvent elle est trop noire pour permettre de sc passer d’autre bleu ; il faut donc apporter beaucoup de soin dans son acquisition.
66 . — Toutes ces couleurs sont ordinairement en petites tablettes de 28 millimètres de longueur, sur 13 millimètres de largeur et 3 millimètres d’épaisseur environ. Les plus estimées, sortant des fabriques françaises, sont celles de Hubert, de Lambertie et de Gohin.
67. — Les couleurs ci-dessus suffisent généralement , comme nous l’avons déjà observé précédemment (61), pour le lavis des cartes et plans; mais cependant, au besoin, on peut y en ajouter d’autres , si l’on veut éviter le travail des mélanges et des tâtonnements. Ce sont : la sépia, couleur brun-clair ; le vermillon, d’un rouge très-vif ; le bleu de Prusse , d’un bleu clair; la terre de Sienne , d’un brun foncé, etc., etc.
68 . — Pour faire usage de ces couleurs, en général, on les délaie, comme l’encre de la Chine (30), dans un godet, avec de l’eau; puis, la teinte ainsi obtenue, on l'étend avec des pinceaux. Un mode différent est employé pour la gomme gulte en morceaux seulement. Pour la délayer, on frotte le
OBJETS USUELS
pinceau mouillé , sur le morceau brut ; puis , la teinte qui en résulte est plongée dans le godet , en pressant le pinceau le long du bord de ce vase, et l'on continue ainsi jusqu’à ce que la teinte ait acquis l'intensité désirable.
69. — Nous bornerons ici la description des divers objets en usage dans la pratique du dessin; seulement, nous ferons observer, quant aux instruments, qu’on ne peut apporter un trop grand soin et trop d'attention dans la manière judicieuse de s’en servir. C’est donc aux élèves, dans la pratique, à s’exercer fréquemment pour parvenir à saisir toutes celles qui offrent le plus d’aisance et de commodité dans l’emploi de ces instruments, car le moindre avantage qu’ils en puissent retirer, c'est d’économiser le temps. Or, le temps est un élément d’un prix inestimable et dont la perte ne peut jamais se réparer.