ANTIMOINE
L’antimoine est un métal solide , blanc bleuâtre, très-brillant, très-cassant, facile à réduire en poudre; frotté entre les doigts, il leur communique une odeur sensible; sa texture est lamelleuse. C’est ce que les anciens, chimistes appelaient régule cl antimoine.
L’antimoine est une des substances métalliques les plus tourmentées par les chimistes. Les praticiens en ont aussi tiré grand parti. Ses préparations sont très-employées, et elles sont utiles quand elles sont placées à propos. Ce sont les alchimistes qui , espérant par son moyen fixer leur grand œuvre, en ont tiré une grande quantité de différentes préparations. 11 y a eu ^ pendant un certain temps, un arrêt du Parlement qui défendait les préparations antimoniales : cet arrêt a été levé par la suite.
Les anciens connaissaient l’antimoine, qu’ils nommaient stibium , et ne l’employaient qu’à 1 extérieur. Basile-Valentin, Paracelse, Kunckel , alchimistes et médecins , ont beaucoup travaillé ce minéral , et l’ont les premiers donné à l’intérieur ; et comme ils l’essayèrent sur des moines, et que ces expériences ne furent pas heureuses, on donna à la substance métallique dont il s’agit, le nom à' antimoine.
Dans la nature, on trouve l’antimoine sous quatre états : i°. à l’état natif; 2°. à l’état d oxyde, rarement à l’état d’oxyde sulfuré; ^°\ lr^.s“ souvent à l’état de sulfure. Soumis à 1 action du feu, le sulfure d’antimoine , après avoir perdu la plus grande partie du soufre
qu’il contenait , forme ce qu’on appelait autrefois’ chaux grise d'antimoine. Le feu se continuant , on obtient le verre d’antimoine ( oxyde d' antimoine sulfuré vitreüx ), etc. C’est cette action , plus ou moins prolongée du feu , qui établit les différences entre le sulfure oü foie d’antimoine, le verre d’antimoine et l’antimoine diaphorétique. L’antimoine diaphonique , lavé et mis en poudre , est ce qu’on nomme materia perlata. Il y a une autre manière d’obtenir ces préparations , c’est par la détonnation au moyen du nitre; mais de cette manière, ces préparations ne sont pas aussi pures, elles contiennent presque toujours du sulfate de potasse, dont on les purifie par des lavages répétés. Ces lavages établissent , dans ces préparations antimoniales, des différences essentielles pour la pratique , surtout à l’égard de l’antimoine diaphorétique. On peut encore ôter le soufre de l’antimoine par le moyen de substances métalliques, comme le fer, le cuivre, l’étain , etc. , qui ont plus d’affinité avec le soufre , qu’il n’en a avec l’antimoine. Le régule (i) qu’on obtient par ces intermèdes métalliques , se nomme en général régule des métaux, et on lui donne en particulier le nom dont on s’est servi dans l’opération, comme régule d'antimoine martial , jovial , etc.
C’est avec ces régules que l’on compose le lilium de Paracelse , ou teinture des métaux .
(i) On sait qne les anciens chimistes donnaient le nom de régule aux substances métalliques pures, c'est-à-dire, séparées des matières étrangères avec lesquelles elles sé trouvent mêlées ou combinées.
Voici la manière de le préparer , selon M. Baume :