‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 90 sur 169 · PRESSION ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

contact intime entre leurs bords, et à faire le vide dans l'espace compris à leur intérieur. Pour cela, l'un des deux hémisphères est percé d'un conduit, dont l'extrémité est garnie intérieurement d'un filet de vis, à l'aide duquel on peut le fixer au centre de la platine d'une machine pneumatique. On manœuvre la machine; l'air contenu à l'intérieur des deux hémisphères sort par le conduit ; et quand on juge que le vide est suffisamment opéré, on ferme un robinet adapté à ce conduit, afin d'empêcher que l'air ne rentre, quand on aura détaché les hémisphères de la machine pneumatique. Si alors on cherche à séparer les deux hémisphères l'un de l'autre, on éprouve une frrande difficulté ; ils sont comme collés ensemble, et ce n'est qu'en leur appliquant un effort considérable qu'on peut parvenir à les disjoindre. Avant qu'on eût fait le vide, chaque hémisphère était également pressé par l'air, intérieurement et extérieurement. Mais quand le vide a été opéré, les pressions intérieures ayant disparu à peu près complètement, les pressions extérieures produisent tout leur effet; elles appuient fortement les deux hémisphères l'un centre l'autre, et l'on ne peut les séparer qu'en exerçant sur chacun d'eux des forces de traction capables de vaincre ces pressions. Cette expérience a. été imaginée par Otto de Guéricke , bourgmestre de Magdebourg , inventeur de la machine pneumatique ; c'est pour cette raison que les deux hémisphères creux qui servent à la faire, portent le nom d hémisphères de Magdebourg .

Nous indiquerons enfin une troisième expérience que tout le monde peut répéter avec la plus grande faciUté. On prend un verre à boire, qu'on remplit complètement d'eau ; puis on le recouvre d'une feuille de papier, et on le retourne sens dessus dessous, en ayant soin de soutenir le papier avec le plat de la main , pendant ce mouvement, pour le maintenir en contact avec les bords

Fig. 323,

du verre. Lorsque le verre est retourné, et que la feuille de papier est dans une position bien horizontale, on relire la main qui la soutenait: on voit alors le liquide se maintenir dans le verre, sans tomber, /îj;. 323, et la feuille de papier reste adhérente aux bords du verre, comme si elle y était collée. Si l'eau ne tombe pas, c'est que la pression atmosphérique la soutient, en agissant de bas on haut, sur la face inférieure do la feuille de papier. Celle feuille est nécessaire pour faire Toxpériencc; sans elle, la pression de l'air, qui ne s exercerait jamais avec une parfaite régularité sur toute la surface inférieure de la masse d'eau, déterminerait «ne déformation de cette surface, et tandis que l'air monterait d'un côté, Icau tomberait de l'autre côté.

§ 244. Baromètre. — Supposons que l'on introduise une cloche de verre dans un baquet plein d'eau, en la couchant sur le côté, pour qu'elle se remplisse, et qu'il ne reste pas d'air à son intérieur; puis qu on la relire en partie de l'eau, en la plaçant de manière que son ouverture, tournée vers le bas, reste tout entière

au-dessous de la surface du liquide dans le baquet, fig. 324, on verra que , dans cette nouvelle position, la cloche restera complélem.ent pleine d'eau. Les anciens physiciens, qui regardaient ce fait comme étant en opposition avec le principe de l'équilibre d'un liquide dans des vases communiquants (§228), l'expliquaient en disant que la nature a horreur du vide., -On voit, en effet, que la portion de la cloche qui est au-dessus de la surface de l'eau dans le baquet serait vide de matière, si l'eau s'y abaissait jusqu'au niveau de cette surface , puisque l'air ne pourrait nullement y pénétrer.

C'est la pression atmosphérique, s'exerçant sur la surface de l'eau dans le baquet , qui s'oppose à ce que l'eau de la cloche descende pour se n)ettre de niveau avec cette surface. S'il n'y avait pas de pression appliquée à l'eau du baquet, le principe de l'équilibre d'un liquide dans des vases communiquants exigerait bien que le niveau de l'eau fût le même à l'intérieur et à l'extérieur de la cloche: mais

Fig. Î24.

la pression atmosphérique modifie ce résultat, en obligeant le liquide à monter dans la cloche, au-dessus du niveau qu'il prendrait sans elle.

On conçoit cependant que la pression atmosphérique ne peut faire ainsi monter l'eau que jusqu'à une certaine bauteur. Si la cloche avait des dimensions verticales extrêmement grandes, l'eau ne se maintiendrait pas dans toute son étendue; elle s'abarsserait jusqu'à ce que la différence de niveau, à Tintérieur et à l'extérieur, fût en rapport avec la grandeur de la pression qui an est la cause. Si, au lieu de prendre de l'eau, on prend un liquide plus dense, la différence de niveau déterminée par l'action de la pression extérieure sera plus petite, et d'autant plus petite que la densité du liquide sera plus considérable. Aussi ce résultat peut il être vé- • rifié très facilement à laide du mercure. Pour cela on prend un tube de verre droit, fermé par un bout, et ayant une longueur d'environ 90 centimètres; on le remplit complètement de mercure, puis, en mettant le doigt sur l'extrémité ouverte, on le renverse en plongeant cette même extrémité dans un vase contenant du mercure. Si alors on enlève le doigt qui empêchait le mercure du tube de communiquer avec celui du.

vase, et qu'on maintienne le tube verticalement, de manière que la plus grande panie de sa longueur se trouve au-des sus de la surface libre du mercure dans le vase, on recônnaîtque le tube ne reste pas complètement rempli. Le liquide s abaisse à son intérieur, en laissant un «"space vide au-dessus de lui, et il s'arfète au moment où la différence de ni • veau dans le tube et dans le vase est

J'environ76 centimètres, fig. 325.

§ 245. Celle expérience, faite pourla première fois par Torricelli, en 1643, va nous conduire à évaluer numériquement la pression atmosphérique. Si nous examinons en effet ce qui se passe à l'inlérieur du mercure contenu dans le vase, nous verrons que les pressions doivBnt être les mêmes pour tous les points situés sur un même plan horizontal, soit à l'intérieur du tube, soit à l'extérieur, si le plan renfontre ce tube. Il en sera encore ainsi pour le plan horizontal qui forme la surface libre du mercure dans ce vase: en sorte que la pression exercée en un de ses points par l'atmosphère doit être égale à colle qui est exercée au même niveau, à l'intérieur du tube, par la colonne de mercure située au-dessus de ce niveau. La pression que l'atmosphère exerce sur ^ centimètre carré de la surface libre du mercure dans le vase sera donc égale au poids d'un cylindre de mercure ayant pour base ^ centimètre carré, et pour hauteur 76 centimètres. Le volume de ce cylindre est de 76 centimètres cubes ; et comme le centimètre cube de mercure peso 1 3«',6, il en résulte que la pression exercée par l'atmosphère sur 1 centimètre carré est de 4 033 grammes, ou 4^033.

Il est aisé de voir main tenant jusqu'à quelle hauteur l'eau serait maintenue par la pression atmosphérique, dans une expérience analogue à la précédente, dans laquelle on remplacerait le mercure par l'eau. Le cylindre d'eau dont le poids mesurerait dans ce cas la pression atmosphérique , devant peser autant que le cylindre de mercure dont nous venons de parler, les hauteurs de ces deux cylindres seront inversement proportionnelles aux densités des liquides qui leur correspondent: en sorte que la hauteur du cylindre d'eau sera égale à 0'",76 X ^ 3,6 ou bien égale à \ 0™,33. La différence de niveau de l'eau, à l'intérieur du tube et à l'extérieur, dans une expérience faite comme celle que nous venons d'indiquer, serait donc de4 0-,33.

Si Ton répète l'expérience de Torricelli, à diverses époques, et en divers lieux, et qu'on mesure bien exactement la hauteur de la colonne de mercure qui produit la même pression que l'atmosphère, on ne trouve pas toujours le même nombre ; la pression atmosphérique est donc variable d'un moment à un autre, et aussi d'un lieu à un autre lieu. Mais quand le lieu où se fait l'expérience n'est pas très élevé au-dessus du niveau delà mer, la hauteur de la colonne de mercure n'est jamais très différente de 0'",76. C'est cette hauteur de 0'",76 que l'on prend comme étant la pression normale: c'est à elle que l'on compare toutes les autres , pour se faire une id(M? de leurs variations.

Toutes les fois qu'un gaz exerce, contre les parois qu'il touche.

ÈAROMÈTRÈ. 359

une pression égale à celle qu'exercerait une colonne de mercure de 0™,76 de hauteur, on dit que cette pression est d'une atmosphère. La pression est de 2, de 3, de 4,... atmosphères, si elle équivaut à celle qui résulterait d'une colonne de mercure ayant une hauteur de 2 fois, 3 fois, 4 fois,... 0'",76. Le mot atmosphère est employé, dans ce cas, pour désigner une pression que l'on prend pour terme de conoparaison, et qui constitue ainsi une unité particulière, à l'aide de laquelle une pression quelconque pourra être évaluée en nombre. On devra se rappeler qu'une pareille pression d'une atmosphère est de i ^'jOSS par centimètre carré.

§ 246. L'appareil représenté par la fig. 325, que l'on vdispose en opérant comme nous l'avons dit, et qui fournit une mesure de la pression atmosphérique, se nomme un baromètre. On obtient encore un baromètre, en prenant un tube fermé par un bout, et dont l'autre bout est recourbé, fig. 326 ; renfl plissant ce tube de mercure, puis le retournant, pour le placer comme l'indique la figure, lextrémité fermée vers le haut. Aussitôt que le tube est retourné, on voit le mercure baisser dans la grande branche, jusqu'à ce que l'équilibre soit établi, entre la pression atmosphérique, qui s'exerce sur la surface libre du mercure dans la petite branche, et k pression due à la colonne de liquide située dans la grande branche, au-dessus de cette surface libre. Ce baromètre, fig. 326, est désigné sous le nom de baromètre à siphon, à cause de la forme du tube à sa partie inférieure; celui de la ^gf. 325 est un baromètre à cuvette.

Les changements qu'éprouve, d'un moment à un autre, la différence de niveau des surfaces hbres du mercure dans un baromètre, se traduisent par un mouvement de chacune de ces deux surfaces Lorsque cette différence de niveau, que l'on nomme la hauteur de la colonne barométrique, vient à augmenter, le mercure monte dans le tube, et baisse dans la cuvette, ou dans la petite branche ouverte Fig. 326. qui la remplace dans le baromètre à siphon; si la hauteur de la colonne barométrique diminue, le mercure descend dans le tube, et monte dans la cuvette. La somme des deux déplacements que prennent ainsi en sens contraire les deux surfaces libres du mercure est égale à la quantité dont la hauteur de la colonne barométrique augmente ou diminue ; mais ces déplacements peuvent être très différents runderautre,suivantquelesdeuxsurfaceslibresaurontdesétendue3 plus ou moins grandes, l'une par rapport à l'autre. Supposons que

le lubo barométrique soit peu largo dans l'endroit où se trouve lex- Irémilé supérieure de la colonne de mercure, et qu'au contraire la cuvello permette à la surface libre du liquide qu elle contient d'occuper une assez grande étendue ; un abaissement du mercure dans le tube no fera passer dans la cuvette qu'une petite quantité de

liquide qui, se répartissant sur une étendue horizontale assez grande, ne fera monter la surface libre dans la cuvette que d'une hauteur insignifiante. Si les deux surfaces libres, dans le tube ei dans la cuvetle, eont d'égale étendue, l'une d'elles baissera autant que l'autre montera. Si enfin la surface libre était beaucoup plus grande dans le tube que dans la cuvette, un abaissement du niveau du mercure dans le tube déterminerait une élévation beaucoup plus grande dans la cuvette.

. Les variations qu'éprouve la hauteur de la colonne barométrique ayant un certain rapport avec les changements de temps , on a fait du baromètre un instrument destiné à indiquer si le temps se dispose à devenir beau ou mauvais Dans ce but, on emploie habituellement le baromètre à siphon.

lig. 326, et l'on donne à la petilc branche ouverte, qui joue le rôle de cuvette, un diamètre pi us grand que celui du tube. Dé cette manièro les changements de grandeur do la colonne barométrique' donnent lieu à des déplacements très appréciables de la surface libre dans b tube; et cette surface, faisant fonction d'index, vient ainsi correspondre aux diverses indications que l'on a marquées d'avance à côté du tube. Pour rendre plus visible la variation qu'éprouve la hauteur de la

Vis. 327.

colonne barométrique , on a imaginé le baromèlre à cadran , dans lequel les changements de niveau du mercure dans la petite branche ouverte donnent lieu au mouvement d'une aiguille sur un cadran, fig. 327 et 328. Voici quelle est la disposition de cet appareil. Une poulie à double gorge est fixée à un petit axe horizontal avec lequel elle peut tourner très facilement. Deux petits cylindres d'ivoire sont suspendus aux extrémités de deux lils, dont chacun est attaché en un point de l'une des deux gorges de la poulie ; ces deux fils, enroulés en sens contraire l'un de l'autre dans les deux gorges, descendent ensuite verticalement, et sont tendus par les poids des deux cylindres d'ivoire. Un de ces deux cylindres, plus lourd que l'autre, pénètre à l'intérieur de la petite branche du baromètre, et vient reposer sur la surface du mercure qui y est contenu. Si le mercure s'abaisse dans la petite branche, par suite d'une augmentation de la hauteur barométrique, le petit cyHndre d'ivoire qui se trouve dans cette branche, n'étant plus soutenu par le liquide, s'abaisse également en faisant tourner la poulie, et faisant en même „. temps monter l'autre cylindre d'ivoire. Mais si le mercure monte dans la petite branche, il soulève le cylindre d'ivoire qui le surmonte, l'autre cylindre descend, et la poulie tourne en sens contraire. Une aiguille, fixée à l'extrémité de l'axe de la pouHe , se meut avec elle , et vient correspondre successivement aux diverses indications que porte un cadran concentrique avec la poulie. L'aiguille doit être construite de manière à avoir son centre de gravité sur l'axe de la poulie, afin que son poids ne tende pas à faire tourner cet axe dans un sens plutôt que dans un autre.

§ 247. D'après les notions générales que nous avons données précédemment sur l'atmosphère de la terre (§ 242), il est bien évident que, si l'on transporte un baromètre en des points de plus en plus élevés dans cette atmosphère, la hauteur de la colonne barométrique devra diminuer, en raison de la diminution progressive des pressions. L'expérience en a été faite pour la première fois, à l'instigation de Pascal, en 1 648 ; un baromètre ayant été transporté du pied au sommet du Puy-de-Dôme, la hauteur de la colonne barométrique a éprouvé une diminution de 84 millimètres. Le raccourcissement de la colonne barométrique étant d'autant plus grand que la hauteur à laquelle on s'est élevé est plus considérable, on conçois que l'observation du baromètre, faite en divers points, puisse faire connaître les différences de niveau de ces points. C'est ce qui arrive

362 PRINCIPES RELATIF*^ A L'ÉQUILIERB DES mnDES.

en effet; et c'est sur ces considérations qu'est basée.Ia mesure de la hauteur des montagnes par le baromètre.

Dans les circonstances ordinaires de température et de pression atmosphérique, au niveau de la mer, l'air pèse environ 770 fois moins que l'eau, et par conséquent 1 0 472 fois moins» que le mercure, à égalité de volume. D'après cela, si l'on s'élève verticalement de 4 0", 472, la pression atmosphérique devant diminuer du poids d'une colonne d'air de 4 0", 472 de hauteur, la colonne barométrique diminue d'une quantité \ 0 472 foisplus petite, c'est-à-dire d'un millimètre. Une élévation verticale de 4™ seulement donnera lieu à une diminution d'environ un dixième de millimètre dans la colonne de mercure, quantité qui est appréciable. Si l'air avait la même densité à toutes les hauteurs, rien ne serait plus simple que de mesurer la différence de niveau de deux points, à l'aide du baromètre : en supposant que la densité de l'air fût celle qui vient d'être indiquée, on n'aurait qu'à multiplier 4 0™,472 par le nombre de millimètres dont la colonne barométrique aurait diminué en passant du premier point au second. Mais il n'en est pas ainsi. La densité de l'air décroît progressivement, à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère ; et pour trouver une môme diminution de pression barométrique, il faut monter de quantités de plus en plus grandes, à mesure qu'on est déjà plus élevé au-dessus du niveau de la mer. Une dépression d'un dixième de millimètre dans la colonne de mercure, qui correspond à une élévation d'environ \ "» dans l'atmosphère, au niveau de la mer, ne correspond plus bientôt qu'à une élévation de 2"', de 3'", de 4'".... De plus, la température variant d'une couche d'air à une autre couche, les densités de ces courbe? ne sont pas les mêmes que si la température était uniforme cianïi toute l'atmosphère. D'autres circonstances encore viennent compliquer la question. Cependant on est parvenu à construire des tables, d'un usage commode, à laide desquelles on détermine assez exactement la différence de niveau de deux points, par des observations de pressions barométriques et de températures, faites en ces deux points. Ces tables sont publiées tous les ans dans V Annuaire dii bureau des longitudes.

§248. Lebaromètreabesoin d'être disposé d'une manière spéciale, pour se prêter à l'usage que nous venons d'indiquer ; il faut qu'il soit facile à transporter, el qu'il permette de déterminer bien exactement la différence de niveau des deux surfaces libres du mercure. Voici quelle est la disposition du baromètre de Fortin, qui a été construit de manière à satisfaire à ces deux conditions.

Ce baromètre peut être suspendu à la partie supérieure d'un pied

à Irois branches, ^^. 329 ; on le met dans cette position, quand on veut faire une observation. Lorsque les trois branches du pied sont rapprochées, de manière à se toucher, elles laissent à leur intérieur un espace vide dans lequel le baromèlre peut être logé ; en sorte que le pied, étant fermé, forme une sorte de fourreau destiné à garantir l'instrument pendant le voyage.

Le baromètre de Fortin est à cuvette. Ainsi que nous l'avons dit, lorsque le niveau du mercure monte ou descend dans le tube, il descend ou monte en môme temps dans la cuvette ; et pour avoir une mesure exacte du changement qu'a éprouvé la hauteur de la colonne barométri que, il faut tenir compte à la fois de ces deux changements simultanés de niveau. Mais ici le fond de la cuvette est mobile ; il est formé d'une membrane dont le milieu est appuyé sur l'extrémité d'une vis a, fig. 330. En faisant tourner cette vis , dans un sens ou dans l'autre, on fait varier la position du fond de la cuvelle, et par suite le niveau du mercure qu'elle contient. 11 suffira donc dt3 profiter de cette disposition, pour ramener la surface libre du mercure de la cuvette à être toujours en coïncidence avec le zéro de l'échelle graduée qui accompagne le tube, pour que les variations de la co-

Fig. 330.

lonne barométrique âoient représentées tout entières par les changements de niveau du mercure dans le tube. Pour faciliter Topération , la cuvette est munie d'une pointe d'ivoire h , qui descend exactement au niveau du zéro de l'échelle. On s'assure que la surface libre du mercure est bien au niveau de ce zéro, en examinant cette pointe d'ivoire , et son image produite par la réflexion des rayons lumineux sur la surface du mercure; la pointe et son image doivent se toucher, sans que la réflexion de la lumière sur la surface du liquide indique la moindre dénivellation de cette surface au contact de la pointe d'ivoire.

Pour déterminer le point de l'échelle métallique graduée, auquel correspond le niveau du mercure dans le tube, on se sert d'un curseur c, /îgf. 329, qui présente deux ouvertures opposées à travers lesquelles on observe le mercure dans le tube. On abaisse ce curseur jusqu'à ce que le rayon visuel qui rase les bords supérieurs de ces deux ouvertures vienne toucher le sommet de la colonne de mercure. Un point de repère et un vernier, tracés sur ce curseur, permettent de trouver, sur l'échelle graduée, la valeur numérique de la hauteur de la colonne barométrique, et cela avec une approximation d'un dixième de millimètre.

Pour que le résultat obtenu de cette manière soit bien exact, il est indispensable que le tube barométrique soit exactement vertical ; car s'il était oblique, Tespace qui y serait occupé par le mercure aurait une longueur plus grande que ce qu'on nomme la hauteur de la colonne barométrique. Cette hauteur est la distance verticale qui sépare les pfans horizontaux menés par les deux surfaces libres du mercure, dans le tube, et dans la cuvette. Aussi le baromètre de Fortin se suspend-il au pied qui le supporte, de manière à pouvoir prendre très facilement la position verticale que tend à lui donner l'action de la pesanteur. Deux petites vis w, m, fig. 331, servent à fixer la monture métallique du tube à une espèce de petit manchon n qu'elle traverse ; deux tourillons o, o, adaptés au manchon n, forment un axe autour duquel le baromètre peut osciller dans une certaine direction ; ces tourillons reposent dans deux ouvertures d'un anneau p, qui peut lui-même tourner librement autour de deux autres tourillons g, formant un second axe de

direction perpendiculaire au premier. A l'aide

Fig. 331. de ces deux axes de suspension, le baromètre peut prendre telle direction que l'on veut lui donner ; et cédant à l'action de son poids, il se place verticalement,

LOI DR MARIOTTB. 365

comme un fil à plomb. Les petites tiges de fer, f^f, fig, 329, qui sont accrochées aux trois branches du pied, de manière à les réunir deux à deux, sont destinées à maintenir ces branches dans des positions relatives invariables , pendant qu'on fait l'observation, et à prévenir ainsi les inconvénients qui pourraient résulter d'un dérangement brusque et accidentel de l'une des branches.

Le baromètre de Gay-Lussac est destiné à atteindre le même but que celui de Fortin. C'est un barom.ètre à siphon, dans lequel les deux surfaces libres du mercure,» ayant la même étendue, se déplacent en même temps de quantités égales , en sens contraire ; on a donc besoin de tenir compte des changements de niveau dans les deux branches du baromètre, afin d'en déduire la variation totale de la colonne barométrique. Des dispositions particulières, dans le détail desquelles nous n'entrerons pas , permettent d'ailleurs de transporter très facilement l'instrument, sans qu'il se dérange.

§ 249. lioi de Mariotte. — Lorsque l'on comprime un gaz, sa force élastique augmente ; les pressions qu'il exerce sur les diverses portions de la paroi qui l'enveloppe croissent à mesure que son volume diminue. Mariette , en étudiant les changements correspondants de pression et de volume, a reconnu l'existence de la loi suivante , qui porte son nom : La force élastique d'une masse de gaz dont la température reste la même varie en raison inverse du volume quelle occupe. La condition que la température de la masse de gaz qu'on considère reste la même, est essentielle, et ne doit pas être passée sous silence. On observe en effet que, lorsqu'on diminue brusquement le volume d'une masse gazeuse, sa température s'élève; lorsqu'au contraire on permet à cette masse gazeuse de se dilater, sa température s'abaisse. Pour que les forces élastiques que prendra successivement une même masse gazeuse, dont on fera varier le volume, satisfassent à la loi de Mariette, il est donc nécessaire que ces forces élastiques ne soient mesurées qu'après que Je gaz aura eu le temps de reprendre la température qu'il avait d'abord, en se mettant en équilibre de température avec les corps qui l'environnent.

La loi de Mariette se vérifie facilement de la manière suivante. On prend un tube recourbé, fig. 332, dont la petite branche est fermée par le haut, tandis que la grande branche est ouverte, et l'on introduit , vers la partie inférieure de ce tube , une petite quantité de mercure, que l'on dispose de telle manière qu'il s'élève dans les deux branches à un même niveau ab. La masse d'air, qui se trouve ainsi enfermée dans la petite branche, supporte la même pression

que l'air extérieur ; car le mercure ne peut être en équilibre dans la position indiquée, qu'autant qu il est soumis à des pressions égales sur ses deux surfaces libres. Si l'on vient alors à verser du mercure dans la grande branche, l'équilibre est troublé : le mercure monte dans la petite branche, en comprimant l'air qu'elle contient, mais il monte beaucoup plus dans la grande. Il s'établit ainsi un nouvel équilibre; et comme le mercure doit être également pressé, dans les deux branches, sur le plan horizontal cd qui passe par la plus basse de ses deux surfaces libres, il en résulte que la pression exercée par l'air qui est renfermé dans la petite branche est égale à la pression de l'air extérieur qui s'exerce librement dans la grande branche, augmentée de la pression due à la colonne de mercure qui existe dans cette branche au-dessus du plan horizontal cd. En comparant le nouveau volume occupé par la masse d'air qui est emprisonnée dans la petite branche, avec le volume qu'elle occupait sous la pression atmosphérique, on trouve que ces deux volumes sont en raison inverse des pressions correspondantes.

Ainsi, lorsque le mercure s'est élevé de , manière à réduire ce volume d'air de moitié, ce qu'on reconnaît à l'aide desdivisions tracées à côté de la petite branche, la différence de niveau du mercure dans les deux branches est égale à la hauteur de la colonne barométrique; le gaz supporte donc une pression double de la pression atmosphérique. Lorsque le volume de la masse d'air n'avait été réduit qu'aux deux tiers de ce qu'il était primitivement, la différence de niveau du mercure dans les deux branches était égale à la moitié de la hauteur de la colonne barométrique ; le gaz supportait alors une pression égale à une fois et demie la pression atmosphérique.

Des expériences nombreuses ont été faites dans le but de vériuer l'exactitude de la loi de Mariotte, pour l'air atmosphérique et pour divers autres saz. Les plus récentes, et en même temps les plus pré-

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