‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 105 sur 315 · CHANGEMENT D'ÉTAT DES COHPS · texte numérisé non relu

CHANGEMENT D'ÉTAT DES COHPS

queur. Il est vrai de dire cependant, qu’on n’arriverait jamais par ce procédé à isoler l’alcool anhydre : il existe une aflinilé telle entre ces deux substances, alcool et eau, qu’il est indispensable, pour les séparer, de reeourif à l’emploi d’un corps solide possédant une grande aflinilé pour ce dernier liquide (la chaux ou le carbonate de.potasse), qui, après un contact prolongé et une distillation nouvelle, finit par retenir l’eau complètement.

409. C’est, en suivant une marche analogue à celle que nous venons d’indiquer, qu’on extrayait autrefois l’eau-de-vie du vin. Il fallait deux chauffes successives pour amener la liqueur alcoolique au degré voulu, 50 à 55° de l’alcoomètre centésimal. Depuis plusieurs années, on lui a substitué, avec avantage, la méthode de la distillation continue dans laquelle le vin, chauffé, des son entrée dans l’appareil distillatoire. par la chaleur que dégagent la vapeur d’alcool et la vapeur d'eau en se condensant, abandonne peu à peu, sous forme de vapeur, et en suivant un fort long trajet tout l’alcool qu’il renferme, et parvient enfin dans un dernier récipient, où il éonstilue la vinasse et ne contient plus que de l’eau et des substances fixes.

410. Appareil de t!a]-l,uiM mcMliflé par M. Sulloron. — L'alcoomètre, plongé dans le vin lui-même, fournit une indication dont on ne peut rien conclure ; car la densité du liquide dépend, non-seulement des proportions d’alcool et d’eau, mais encore de la quantité des autres substances dissoutes. Il fallaitdonc tâcher d'isolcr la totalité de l'alcool, pour le ramener ensuite au volume primitif, par l’addition d’une quantité suffisante d’eau distillée. L'immersion de l’alcoomètre dans ce nouveau liquide renseignera alors très-exactement sur la proportion d’alcool contenue dans le vin.

Le fait signalé plus haut :

l’abandon de tout l’alcool par le vin, quand le tiers de son volume a distillé, a été le point de départ d’un procédé ingénieux imaginé par Gav-Lussae pour estimer la richesse alcoolique du vin. L’appareil construit dans ce but a été perfectionné depuis par M. Salleron, et l’on peut, aujourd'hui, arriver à un dosage rigoureux, en n’employant que quelques centimètres cubes de la liqueur vineuse.

On remplit avec le vin à essayer, l'éprouvette E (fi y . 190), jusqu'au trait supérieur «. On verse ce liquide dans la petite chaudière ('■ qu'on réunit

Kig. mo.

24H CH AI. El! Il*

ensuite pur un tube de canulcliouc au serpentin S: puis en chauffant la chaudière avec la lampe à esprit-de-vin L. on distille, jusqu’à ce

de que le liquide dans l'éprouvette affleure à la division ^ : on peut alors

être sûr que l'alcool tout entier est. parvenu dans ce dernier récipient. Ou 'on ajoute, à ce moment, de l’eau distillée jusqu’au trait a, on rendra au liquide son volume primitif; et, comme on n’aura plus affaire qu'à un simple mélange d’alcool et d’eau, l’affleurement de l’alcoomètre plongé dans ce liquide donnera, avec exactitude, l’indication demandée. Un petit thermomètre placé eu même temps dans l’éprouvette E, permet d’estimer la température du liquide et par suite d’effectuer la correction de température dont nous avons indiqué la nécessité (126).

4H . Marmite de Papin. — En étudiant l'appareil employé par DuloUg et Arago, pour la mesure des tensions de la vapeur d'eau au-dessus de 100°, nous avons vu qu'il est possible, quand on opère en vase clos, et qu’on ne refroidit pas la vapeur formée, d’élever la température d’un liquide à un degré quelconque, sans qu’il se produise aucune ébullition; la tension toujours croissante de l’atmosphère saturée qui pèse sur le liquide, est un obstacle permanent à la formation des bulles. Cette propriété a été. depuis longtemps, mise à prolit, dans l’appareil nommé marmite de Papin. C’est un cylindre de bronze A [fig. 191), à parois épaisses qu’on peut clore

hermétiquement, àl’aided’un couvercle de même métal B, maintenu contre l’ouverture de la marmite par une forte vis en fer F. Une soupape à poids, retenue par le levier L, limite, à la volonté de l’opérateur, la force élastique que la vapeur ne doit pas dépasser, et prévient ainsi la rupture du vase. L’eau introduite a l’avance dans le cylindre peut être facilement portée, quand on la chauffe avec un foyer ordinaire, à une température de beaucoup supérieure à 100° et servir ainsi à la cuisson rajfide de certains aliments, ou même à ramollir les os, comme disait Papin.

Si l’on enlève le levier L, lavapeurcomprifnée s'échappe avec violence par l’ouverture étroite que fermait la soupape; elle forme comme une colonne de fumée de plusieurs mètres de hauteur, et subit un refroidissement tel, par son expansion dans l’atmosphère.

Klg. 191.

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