FIfnm de l.irhtenberff
— Une autre expérience qui fait reconnaître d’une manière assez nette que les doux armures d'une bouteille de Leyde sont chargées d'électricité de noms contraires, c’est l’expérience des figures de Lichtenberg (fig. 301).
Sur un gûtean de résine, on promène le bouton de la bouteille chargée de manière à tracer la lettre P, par exemple; puis on pose cette bouteille sur un corps isolant. On la saisit par le bouton et avec l’armure extérieure, on trace d’autres traits, par exemple, la lettre N. Veut-on reconnaître que les deux armures ont laissé sur le gâteau de résine chacune une électricité différente, on emploie un mélange pulvérulent formé de soufre et de minium, qui est introduit dans un soufflet. Chassées du soufflet, les deux poudres frottent l’une contre l'autre, s’électrisent et se répandent comme un nuage de poussière à la surface du gâteau de résine; le soufre, que le frottement a chargé d’électricité négative, se rend là où le boulon de la bouteille a passé, il dessine en jaune la lettre P tracée en premier lieu, le minium, chargé d’électricité positive, dessine en rouge la lettre \ tracée en second lieu.
Fig. 3i)l.
724 bis. I.i-h Mtrlrlrllra ne portent sur la laine Isolante. — OÙ ré-
side l’électricité d’une bouteille de Leyde ? Telle est la question que Franklin s’est posée et qu’il a résolue d’une manière élégante. A cet effet il se
CONDENSATEURS
4on
servait, comme bouteille de Leyde, d’une bouteille pleine d’eau qu’il tenait à la main; l’eau remplissait l’office de l’armure intérieure, et la main, celui de l’armure extérieure. Quand la bouteille fut chargée, on fil écouler dans un vase l’eau qu’elle contenait, cette eau ne parut pas électrisée. On remplit alors la bouteille d’eau nouvelle, et l'étincelle jaillit entre les deux armures, par l’emploi de l’excitateur.
Franklin répéta l’expérience avec le même succès, en se servant d’un carreau de Leyde. dont les armures étaient mobiles. Aujourd’hui on la reproduit dans les cours de physique en rendant mobiles, dans la bouteille de Leyde, les armures et la lame isolante [fig. 302). L’appareil se compose:
Fig. 30î.
1° d’un vase métallique en forme de timbale B; 2“ d’un verre un peu évasé I, placé à l’intérieur ; 3" d'un cylindre métallique A aimé d’un crochet à bouton, qui constitue l’armure intérieure, car ce cylindre est placé dans le vase de verre. La bouteille construite est chargée à la façon ordinaire, puis posée sur un gâteau de résine. On enlève, au moyen d’un crochet de verre, l’armnre intérieure, puis le vase de verre, et on louche les deux armures ainsi séparées. On reconstruit ensuite la bouteille et on trouve qu’elle est chargée. Ainsi donc l’électricité n’était pas sur les métaux, elle résidait sur la substance isolante.
725. Batterie. — La grandeur des bouteilles a une limite qu’on ne peut dépasser; on doit à Franklin d’avoir imaginé d’associer entre elles plu- . sieurs bouteilles de Levdc de manière à constituer par leur ensemble un condensateur à très-large surface. Les batteries sont, en général, composées de neuf bouteilles très-grandes (fig. 303) , qui sont placées dans une boite recouverte d’une feuille métallique, si bien que toutes les armures extérieures sont réunies entre elles. On fait communiquer ces armures avec le sol par une chaîne métallique attachée à la poignée P, qui est réunie avec la feuille métallique de l'intérieur de la boite; quant aux armures intérieures, elles communiquent ensemble par des tiges, qui
KI.EC.TRICITÉ.
aboutissent loutos au bouton de: la boulcille centrale; un pendule placé sur une «les bouteilles fait connaître la charge de la batterie.
Pour charger une batteiie ou met les armures intérieures en communi-
cation avec la machine et la chaiuc en contact avec le sol. L’appareil se charge comme une bouteille de Leyde ordinaire.
72G. Dlveraei expériences. — Avec la batterie on peut montrer, mieux qu’avec tout autre condensateur, l’effet produit par une grande quantité d’électricité qui traverse les corps.
Première expérience. — Un Cl métallique très-Cn F, est tendu d’avance [fig. 303), entre deux tiges de métal A et A' soutenues sur des colonnes de verre ; l’une des tiges A louche l’armure extérieure d’une batterie que l’on charge. Dès que la charge est suffisante, on réunit la seconde tige A' et l’armure intérieure de la batterie par un excitateur à manches de verre ; la batterie se décharge à travers l’ensemble formé par les tiges métalliques, le Cl très-Cn et l’excitateur. Dans cet ensemble ont donc lieu ces mouvements d’électricité, qui ont été déjà signalés, et le fil ainsi parcouru par les fluides s’échauffe, rougit, fond et même éclate en vives étincelles, quand il est combustible comme le fer.
Deuxième expérience. — Au lieu de faire passer la décharge à travers un Cl fin, si on lui fait traverser une feuille métallique très-mince, telle qu’une feuille d’or battu, les mêmes phénomènes ont lieu. Un ruban de soie mis sous la feuille d’or se recouvre, après la décharge, d’une poudre noire formée par l’or volatilisé. On a l’habitude, en répétant celte expé-
Fig. 303
CONDENSATEURS
rience dans les coure, d’en prendre occasion pour rendre un hommage à la mémoire de Franklin. On place la feuille d'or sur une découpure représentant le portrait de Franklin |/fy. 304) ; au-dessous de la découpure, on met un ruban desoie, on serre le tout entre des presses. Quand la décharge passe, l'or se volatilise , la vapeur d’or brunit le ruban, et le portrait de Franklin est peint parla foudre , comme l’indique la légende qui entoure le portrait.
Troisième expérience.
— Les corps mauvais F|g J|)(
conducteurs sont brisés
quand ils se trouvent sur le trajet de la décharge d’une batterie. T et T représentent deux pointes dont l'une est mise eu communication avec l’armure extérieure d’une batterie : entre elles sont placées des caries à jouer. Aussitôt que la seconde pointe est réunie avec l’armure intérieure par l'intermédiaire de l’excitateur , la décharge a lieu malgré l’interposition des cartes qui conduisent mal l’électricité. Aussi les trouve-t-on percées d’un trou là oü l’étincelle a passé. L’expérience réussit même avec une seule bouteille de Lcyde ; la figure 305 la représente dans ces conditions.
Quatrième ex/)érience.
— line quatrième expérience, qui réussit avec une très-forte batterie,
consiste à mettre sur le ... .
trajet de la décharge du
sable fin reposant sur une plaque métallique. On fait passer la décharge entre une pointe et la plaque métallique, et l’ou voit que sur le
1 12 ÊI.ECTHICTTÉ.
trajet de l'étincelle le sable s’agglutine, fond, et forme nn petit tube solide d’apparence vitreuse.
72(1 bis. TrnnumUiilon «le lVIfrtrlrlt^ à (lliUiirr. — Un est pas
|x>s.siblo de quitter ce sujet sans signaler l’expérience par laquelle Franklin parvint à transmettre l'étincelle électrique à de grandes distances. De l'une des rives du Skuylkill, qui coule auprès de Philadelphie, il alluma
de l’éther placé sur l’autre rive. Deux pieux métalliques (fig. 30G) furent enfoncés en terre : l'un d’eux portait un prolongement, qui se rendait audessus d’une cuiller de métal isolée et contenant de l’éther. Un fil soutenu au-dessus du fleuve allait de la cuiller à l’armure extérieure d’une bouteille de Leyde que tenait l’expérimentateur porté sur un gâteau de résine. Le second pieu ayant été mis en rapport avec l’armure extérieure, une étincelle jaillit au-dessus de l’éther qui s’enflamma.
727. Ktert roKropr rundmxUear. — Volta appliqua la théorie du condensateur à l’éleclroscope et construisit un appareil, nu moyen duquel il est possible de constater l’électricité fournie par uue source trop faible pour
que l’électroscope ordinaire puisse servir ù la reconnaître. Nous disons source; cela veut dire uncorps ou un ensemble de corps, qui. dans les expériences auxquelles on les emploie, resteront toujonrsou bien chargés de la même quantité d’électricité, ou bien encore ne perdront qu’une portion d’électricité si petite, par rapport ù celle qu’ils possèdent, que l’on pourra toujours les considérer comme contenant la même charge qu’au début.
Cet instrument est un électroscope à lames d’or | fig. 307), mais, à la place du bouton, est vissé un premier platenn métallique, au-dessus duquel on en pose un second, séparé du précédent par une lame isolante. Afin que la condensation v qui est nécessaire dans le cas actuel.