‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 186 sur 315 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

EXPÉRIENCE D'CEHSTEÜ. — GALVANOMÈTRE.

EXFÉ 11 IKK CE D’tERSTEP.

881. Historique. — On avait remarqué depuis longtemps que, la foudre agit sur les aiguilles aimantées dans le voisinage desquelles elle vient à tomber. Tantôt l’aiguille est brusquement déviée, mais elle revient bientôt à sa position primitive; d’autres fois, elle perd eu partie son aimantation ; tantôt, enfin, l’aimantation se manifeste en sens inverse, et les pôles se trouvent intervertis. Ces phénomènes n’ont été observés que très-rarement, car les circonstances favorables à leur production ne peuvent qu’accidentellement se trouver réunies là où un observateur compétent est prêt à les constater. Mais avec les bouteilles de Leyde, le physicien, dans son cabinet, a pu réaliser, en petit et à volonté, des modifications du même genre, au moyen de l’étincelle électrique.

Avertis par ces faits, guidés d’ailleurs par des idées d’analogie entre le magnétisme et l’électricité, les physiciens, aussitôt que la pile fut découverte, ont cherché à faire agir les courants sur l’aiguille aimantée. OErsted, convaincu plus peut-être que tout autre et à coup sùr plus persévérant, parvint un jour, par un heureux hasard, à constater la relation dont il soupçonnait la nécessité depuis de longues années. On raconte qu’à l’une de ses leçons le physicien de Copenhague, Saisissant vivement les deux fils qui, par leur contact, fermaient le courant électrique, s'écria : « Je ne « puis croire que cet appareil soit sans action sur les aimants; » et, par un geste expressif, il approcha le circuit interpolaire de l’aiguille aimantée; il la vit aussitôt s’écarter de sa position d’équilibre. C’est ainsi qu’au commencement de l’année 1820 fut réalisée l’une des découvertes les plus importantes de notre époque.

882. Expérience iTŒrsted. — Aussitôt OErsted se mit à l’œuvre. 11 maintint unis d’une manière permanente les deux rhéophores de la pile, et les plaça, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de l’aiguille, puis de tous les côtés, et il vit qu’elle se mettait en croix avec le courant, quand la pile était suffisamment énergique. Il nota les différentes positions données au courant, et il mit en regard le sens des déviutions correspondantes. Dans

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EXPÉRIENCE D'ŒRSTEL).

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un écrit latin de quatre pages, il fit connaître au monde savant ces résultats remarquables.

Pour répéter l'expérience d’OErsled, on place en présence de l’aiguille et dans la position indiquée par la ligure 372, le courant qui marche de

Fig. 312.

F vers F”, du sud au nord. On voit l’aiguille tourner de telle manière, que son pôle austral se porte vers l'ouest. Le courant est-il placé (fig. 373)

dans la même direction, mais au-dessous de l'aiguille, on voit le pôle austral se tourner vers l’est.

883. Énoncé «l'Ampère — Il était difficile de retenir de mémoire les différents résultats de l’expérience d'OErsted; Ampère, par une fiction ingénieuse, est parvenu à les comprendre tous dans un énoncé très-simple. 11 imagine un spectateur couché dans le courant, de telle sorte que le courant lui entre par les pieds et lui sorte par la tête. Ce spectateur regardant l'aiguille, Ampère appelle gauche et droite du courant la gauche et la droite du spectateur ainsi placé, et il résume toutes les expériences d'OErsted dans ces simples mots : Le pôle austral de l'aiguille se dirige toujours vers la gauche du courant.

En appliquant cet énoncé, il est aisé de reconnaître qu’il se rapporte bien aux deux cas que nous avons signalés dans le g 882.

Si l'on place le courant verticalement, ou bien encore si on le met en présence d’une aiguille d'inclinaison , on peut reconnaître que l’énoncé d'Ampère s’accorde, dans tous les cas, avec l’expérience.

884. Importance de l’expérience d’Œrxted. — La découverte d QEr-

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sied lit époque dans la science. En révélant l’action réciproque des aimants et des courants, elle rapprocha de suite deux brandies distinctes de la physique que le génie d'Ampère vint bientôt réunir et confondre en une seule. Faraday, à sou tour, poursuivant un peu plus tard les mêmes idées, prouva la haute valeur des généralisations auxquelles l’illustre physicien français s’était hardiment élevé; et il en lit la preuve par des expériences qui forment l’un des plus beaux chapitres de l’Électricité.

Mais oc n'est pas seulement par les grandes conséquences qui en découlaient, que l’expérience d’OErsted a rendu service à la science. Dans un ordre moins élevé, elle fut tout aussi utile. Grâce à sa simplicité, elle permet de reconnaître de suite, sans recourir à de longs préparatifs, le passage d’un courant le long d’un conducteur. Dès lors des essais de tout genre furent tentés, et des découvertes sans nombre vinrent dévoiler des mouvements d'électricité, qui nous seraient encore inconnus sans la méthode simple qu'OErsted a indiquée. Pour tout dire, il n'eu est pas un seul des chapitres qui vont suivre, dans lequel les expériences décrites ou les lois formulées ne soient, directement ou indirectement, des conséquences de la découverte d'OErsted.

885. Application. — Donnons de suite un exemple, mais un exemple simple de la facilité que procure l’expérience d’OErsted pour reconnaître un courant.

Lorsque le circuit de la pile est fermé, la pile elle-même, avons-nous dit (813), est traversée par un courant qui se dirige du zinc de chaque élément vers le cuivre, le platine ou le charbon de l’autre élément. L’existence de ce courant peut être en effet constatée par l’emploi de l’aiguille aimantée que l’on place sur la pile dirigée du nord au sud magnétique. Tant que les pôles ne sont pas réunis, l’aiguille reste immobile dans le méridien magnétique ; mais aussitôt que les rhéophorcs, qu'on a soin de tenir à distance de l'aiguille, sont en contact l'un avec l'autre, l'aiguille est déviée, et le sens de la déviation prouve que le courant dans la pile se meut du pôle négatif vers le pôle positif.

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