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Lu conduit auditif externe n'esl pas rectiligne; il se porte (luxueusement dans les cavités osseuses, se moule sur leurs parois et aboutit à la membrane du tympan qui le ferme à la partie la plus interne. Iles poils nombreux et petits destinés à retenir les poussières de l’air, servent d’organe de protection à l'entrée de ce canal, et des glandes logées dans les téguments sécrètent une humeur qui lubrifie constamment ses parois.
2® L’oreille moyenne a été comparée par les anatomistes à un tambour véritable, d’où le nom de Caisse du tympan donné à sa cavité. Nous y trouvons en effet une membrane tendue sur un cadre osseux et capable d’entrer en vibration : c’est la Membrane du tympan T dont le plan fait un angle assez aigu avec la direction du conduit auditif. Cette membrane est circulaire, très-mince, en rapport par sa face interne avec la chaîne des osselets.
La paroi de la caisse opposée à la membrane du tympan, présente deux ouvertures, la Fenêtre ronde F et la Fenêtre ovale F', ouvertures qui sont fermées, la dernière par la base de l’un des osselets : l'Etrier; la première par une membrane propre. •
En même temps que la Caisse du tympan, nous devons décrire une partie intéressante pour nous : la Trompe d’Enstache E formée par un canal allant de la cavité de l’oreille moyenne à l’arrière-fond des fosses nasales, pour mettre cette cavité en libre communication avec l’air extérieur auquel elle livre passage, comme cela a lieu dans les caisses militaires, par l’intermédiaire d’un orifice étroit placé latéralement.
Enfin, la Caisse du tympan contient dans son intérieur une série d’osSe- • lets formant une chaîne continue depuis la membrane du tympan jusqu’à la fenêtre ovale. Ces petits os sont au nombre de quatre et désignés, d’après leur forme, sous les noms de Marteau ni.
Enclume g, Os lenticulaire /, Etrier e. Ils sont réunis par des ligaments aux parties voisines; le marteau notamment est en relation directe avec
la membrane du tympan. De plus, divers muscles M,M' , qui président à leur mouvement paraissent destinés à agirmédiatement, par l’intermédiaire des oçselets, sur les membranes du tympan, peut-être aussi sur d’autres parties dont ils augmentent ou diminuent l’état de tension.
11° L’oreille interne est la partie la pins délicate et partant la plus protégée de l’appareil auditif, elle est logée dans la portion la plus dure de l’os temporal, celle qu’on appelle le Rocher; elle présente des circonvolutions nombreuses qui lui ont yalu le nom de Labyrinthe.
Nous ne pouvons décrire ici tous ces conduits; nous dirons seulement «pie l’oreille interne se eom|tose d’une cavité irrégulièrement ovoïde; appelé»; Vestibule, à laquelle viennent al>ou tir trois tubes curvilignes, I" les
Fig. S!l.
n.it acoi STlyiiE.
Canaux semi-circulaire» S; i" une ani|>oule de forme (tunique L, désignée sous le nuin de Limaçon, pour rappeler sa ressemblance avec les coquilles de certains mollusques gastéropodes; 3° le Conduit auditif interne.
Le Conduit auditif interne est un canal qui livre passage au Nerf acoustique N ; <te nerf vient exercer sa fonction dans l’oreille interne qui acquiert par cela même une grande importance, et constitue, à proprement parler. la seule partie essentielle et fondamentale du sens do l’ouïe ; c’est la seule qui existe chez certains animaux. A côté de lui viennent par ordre d’importance les Canaux semi-circulaires et je Limaçon.
Ces diverses parties sont tapissées de lames minces, molles, membraneuses, transparentes, multipliant encore les surfaces déjà si nombreuses de l’oreille interne, et offrant un développement considérable sur lequel viennent s’épanouir les branches terminales du Nerf acoustique. Des liquides spéciaux baignent constamment l'oreille interne de manière à maintenir sur ses parois l'humidité nécessaire à la fonction nerveuse. Lutin, des concrétions calcaires, blanchâtres, soit pulvérulentes, soit concrètes, suivant les animaux sur lesquels on les observe, sont répandues dans le labyrinthe ou nagent dans les liquides qui le remplissent, de manière a continuer, peut-être jusqu'à l'organe sensitif, le rôle des osselets de l'oreille moyenne.
tl"2K. I île» diverse* partie* de l’oreille. — Maintenant que nous
connaissons la disposition anatomique des organes compliqués qui servent d’instrument au sens de l'ouïe, nous pouvons essayer d'en apprécier le rôle et le mécanisme.
Les usages de l’oreille externe sont évidents, et les courbures de ses diverses inégalités paraissent destinées à réaliser cette condition : que la conque ail toujours nue partie de sa surface interne placée sur le trajet des ondes souores, afin que ces dernières puissent être réfléchies dans line direction convenable jusque sur la membrane du tympan. Il parait, en effet, que chez l'homme, une inclinaison ou plutôt un écartement du pavillon coïncide avec une grande tiuesse de l'ouïe. Uuoi qu'il eu soit de cette observation, chacun sait que les animaux craintifs ou uocturues ont ces parties extrêmement développées ou très-mobiles. Chez certaine;, chauves-souris les dimensions du pavillon sont énormes, et nous voyons tous les jours des animaux qui ont la faculté de diriger l’ouverture de l'oreille externe vers le côté d’où vient le bruit.
Les flexuosités et la courbure vers le haut du conduit auditif externe ne imraissenl avoir d’autre but que de s'opposer à l’introduction des corps étrangers. D’après Muller, ce conduit serait destiné à renforcer les sous ; il faut remarquer en effet que lu dis|>osilion infundibuliforme a pour résultat de concentrer sûrement les ondes sonores sur un espace de plus en plus petit. Ajoutons que l’oreille externe offre une sensibilité très-marquée et qu'elle représente ainsi une avant-garde contre les objets extérieurs.
I1K I. 01 IIC.
1120. l-ii membrane du tympan s’insère obliquement, lions l'avons vu; .«■elle disposition a d’abord l'avantage d’éviter l'action brusque et directe des corps étrangers qui pénètrent dans l'oreille, En outre, grâce à cette obliquité, la partie terminale du conduit auditif interne, qui n’a guère que 7 ou 8 millimètres de diamètre, est fermée par une membrane qui mesure, à son point d’insertion, un diamètre de 10 ou il millimètres. La différence est sensible, on le voit, et les naturalistes ont établi que, toutes choses égales d'ailleurs, la perfection du sens de l’ouïe est en rapport direct avi.tr 1a surface et avec l’obliquité de cette membrane.
1 1 30. Si la membrane du tympan fermait une caisse vide ou pleine d’air complètement emprisonné entre ses parois, il est certain qu’elle ne vibrerait pas, ou qu’elle vibrerait mal. Aussi, laut-il bien se pénétrer do cette idée, que les deux faces de la membrane sont accessibles à l’air.el que les ondes sonores peuvent se transmettre aussi bien par l'oreille externe que par la trompe d'Eustache. Toutefois, les dimensions restreintes de ce dernier canal, sa |>osiiion dans l’arrière-cavité des fosses nasales, et par conséquent sou rapport avec de l'air, dont les vibrations se sont amorties sur des contours déjà nombreux, tout cela, disons-nous, n'en fait pas le conduit ordinaire des ondes sonores, mais seulement une ouverture destinée au maintien d'une pression toujours égale à la pression atmosphérique. L'expérience prouve d'ailleurs que si l’on bouche les oreilles avec le doigt on perçoit fort bien un sou émis avec la bouche fermée ; et, d'nutre part, l’observation médicale a établi que l’occlusion de la trompe d'Eustache coïncidait avec une certaine dureté de l’ouïe.
L’oreille moyenne a [jour usage, non pas seulement de transmettre les vibrations, mais elle est encore un appareil de perfectionnement dans lequel les sons sont atténués ou renforcés. Elle manque chez tous les invertébrés et même chez les vertébrés à respiration branchiale, et c'est elle qui donne aux animaux supérieurs la faculté d’apprécier la valeur exacte des sons. Ce rôle important est rempli par les divers organes, qui constituent la caisse du tympan, membranes et osselets; il est rempli encore par des prolongements considérables, variables d’étendue et de forme, qui, sous le nom de Cellules mastoïdiennes, s’étendent dans l’épaisseur de l’os temporal. Chez l’homme cet agrandissement de cavité a déjà sou importance; chez les oiseaux, les ruminants, etc., elles se prolongent jusque dans l’os occipital, et offrent un développement très-notable.
H3t. La chainedes osselets présente des flexuosités, et lait l'effet d'un ressort destiné à transmettre, avec tous les ménagements désirables, les vibrations sonores. Les muscles, qui les font mouvoir, ont pour action secondaire, nous l’avons dit, de tendre ou de relâcher la 'membrane du tympan et de la rendre aussi parfaitement apte à vibrer à l’unisson de tous les sous qui viennent de l’extérieur. Ces muscles sont soumis jusqu'à un certain point
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à l’cmpiiv «le la volonté : quelques personnes ont la faculté de les faire mouvoir, et de produire ainsi un léger bruit dans leur oreille, mais chez tous ils sont soumis à l’action reflexe, c’est-à-dire qu’ils agissent instantanément pour répondre aux provocations extérieures sans l’intermédiaire de la volonté. L’utilité de ces muscles est très-grande ; à part la finesse du sens auditif qu’ils favorisent au plus haut point, ils relâchent la membrane dans le cas «les impressions trop vives et évitent ainsi sa rupture. On a vu en effet des coups de canon tirés à l’improviste et avant que la membrane etH acquis le relâchement nécessaire déterminer la déchirure de cet organe.
Du reste, ces divers organes sont utiles, mais non indispensables, la perte ou la déchirure du tympan, l’absence des osselets n’entrainent fias la surdité complète.
1132. Nous avions donc raison de dire en commençant que l’organe seul essentiel est l’oreille interne et même le vestibule. Chez les crustacés elles céphalopodes, le vestibule forme seul le sens de l’ouïe. Les autres parties du labyrinthe lui-même n’apparaissent que successivement dans les êtres plusélevésde l’échelle animale pour n’être complètes que chez les mammifères. • .
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