CIIALËUII DÉGAGÉE DANS UES ACTIONS CHIMIQUES
166. Deux méthodes calorimétriques nous ont suffi jusqu’à présent |Kiur les déterminations que nous avions en vue : la mesure des chaleurs spécifiques et celle des chaleurs latentes. La première méthode, peu exacte et d’un emploi restreint, est fondée sur l’absorption de la chaleur par la glace au moment de la fusion; successivement utilisée par Wilke, Black, Lavoisier et Lap.lace, elle est abandonnée aujourd'hui. La seconde, dite méthode des mélanges, a acquis une grande précision, depuis les perfectionnements que M. Régnault a apportés à sa mise en œuvre. Déjà, elle a rendu de grands services aux physiciens pour la détermination de la valeur numérique des deux éléments dont l’étude nous a occupés dans ce chapitre; c'est encore cette même méthode que Rumford, Dulong, Despretz, MM. Favre et Silberman ont employée, avec beaucoup de succès, ]H>ur mesurer les quantités de chaleur dégagées, soit par les réactions chimiques, soit par les animaux pendant leur vie.
467. Chaleur dégngéc dans les combustions. — Dllloilg a mesuré le premier le nombre de calories que dégage, en brûlant dans l’oxygène, un poids constant des principaux combustibles, et la quantité de chaleur que met en liberté un métal quand il s'oxyde. Les combustions étaient produites dans une enceinte complètement entourée par l’eau d’un calorimètre. Le corps combustible et l’oxygène se rendaient dans cette enceinte et les produits gazeux de leur combinaison ne s’échappaient à l’extérieur qu'après avoir pris la même température que le bain d’eau. Nous mentionnerons ic > quelques-uns des nombres obtenus par le savant expérimentateur, et nousmeltrons en regard les résultats des expériences plus récentes de MM. Favre et Silberman sur le mémo sujet. Le nombre de calories que nous inscrivons, correspond à la combustion d'un kilogramme de chaque substance dans l’oxvgène.
CHALKIH.
DOLOXG
MM. rAVIIt t T MLhLIiMAXN
lltdrogéue
Oxvdc lie carliouc
Alcool absolu
Charbon
de 77CO à XOSO
Essence de tcrébenl bine. . . .
Éther sulfurique
Huile d’olives
Soufre
MM. Favre ut Silberman ont d'abord appliqué la méthode des mélanges à l'estimation des quantités de chaleur, qui se dégagent dans les combinaisons chimiques produites par la voie humide. Cette étude assez délicate leur a fait sentir la nécessité de recourir à un procédé calorimétrique, plus sensible, qui n’est au fond que la méthode ordinaire des mélanges, mais qui permet d’obtenir des mesures beaucoup plus promptes, au moins aussi exactes, et en outre de n’opérer qu’avec de petites quantités des substances étudiées.
i 68 . Calorimètre de MM. Fa*re et Kilberman. — C’est Ull thermomètre à mercure (fig. 1 64 >, dont la graduation, au lieu de donner les
Fig. lût.
variations du température, sert à estimer, en calories, la chaleur reçue par l'instrument. Le mercure a une très-faible capacité calorifique, sa conductibilité est supérieure à celle des autres liquides: il y a donc avantage évident, au point de vue de la sensibilité des mesures, à employer ce corps pour évaluer les quantités de chaleur dégagées, à la suite d'un phénomène quelconque. On l’introduit dans un grand ballon en verre R qui est muni de trois tubulures, et qui représente comme le réservoir d’un gros thermomètre. Ce ballon a une capacité d’un litre environ, cl c'est au sein même de la masse liquide qu'il renferme, que