CHALEUR DÉGAGÉE DA K LES ACTIONS MÉCANIQUES
bre 44ô. "En somme, l'équivalent mécanique de la chaleur estimé par des méthodes très-diverses a été trouvé sensiblement égal à 425 ; les différences observées doivent être attribuées aux erreurs inévitables que l’on commet en effectuant des mesures toujours très-délicates.
Seulement, il faut bien prendre garde, quand on exécute des expériences à propos de la question qui nous occupe en ce moment, de ne pas se méprendre sur l'influence véritable qu'exercent les modifications subies par les corps employés. Quand on donne de la chaleur à un corps( ses molécules s'écartent, il se dilate; il y a donc d’abord un travail des actions mutuelles provenant de ces molécules, ce qu’on a appelé le travail intérieur. En outre, ce corps augmentant de volume, malgré la pression qu'on lui fait supporter, il y a encore un travail extérieur à considérer. C'est le rapport entre la somme de ces deux travaux et la chaleur fournie au corps qui peut seul donner la vraie valeur de l’équivalent mécanique. Le travail extérieur, il est vrai, peut, en général, s’estimer avec précision ; mais le travail intérieur, l’un des termes de la somme eu question, est inconnu, et pourtant sa valeur n'est pas négligeable dans la plupart des cas. Les gaz qui suivent la loi de Mariotle, les gaz dits permanents, présentent seuls celte propriété : que le travail mécanique intérieur, qui est la conséquence de leur changement de volume, est sensiblement nul. Mais déjà pour les gaz liquéfiables, l'acide carbonique par exemple, ce travail acquiert une valeur appréciable; à plus forte raison, en est-il ainsi pour les solides et les liquides. Pour ces dernières substances, on peut quelquefois tourner la difficulté, en s’arrangeant de manière à faire reprendre, dans chaque expérience, aux molécules dont elles se composent des positions finales identiques à leurs positions primitives.
La méthode de M. Joule, que nous avons décrite (482), est excellente sous ce rapport. Dans son procédé, les substances employées, l'eau, les poids, n’ont été soumis à aucun changement moléculaire. L’eau à cause de sa constitution, qui rend indifférente la position relative de ses molécules, malgré les actions auxquelles elle a été soumise, s’est retrouvée a la fin telle qu’elle était au début. L’équivalence mécanique ne peut avoir lieu qu'à ces conditions : quand les conditions sont autres, il faut nécessairement tenir compte de tout le travail qui dépend des modifications diverses que l’on imprime aux corps, Ainsi, en laissant tomber un poids d’une hauteur connue sur une niasse de plomb, vient-on à écraser cette masse? de la chaleur se dégage, mais cette chaleur ne doit pas être mise en équivalence avec tout le travail mécanique représenté par le
poids qui tombe : les molécules écrasées, déplacées, les tiltrations des supports ont absorbé une partie du travail dépensé, et il faudrait, pour qu’une conclusion pût être logiquement déduite des résultats obtenus, pouvoir tenir compte exactement de la portion ainsi absorbée. Tant que ces corrections n’ont pas été rigoureusement effectuées, on n’est pas en droit de comparer la chaleur dégagée et le travail produit.