SECTION II
CHAUFFAGE KT VKM ll.AMOA »KN MKIX HAtlBTEtt
601. Lorsqu'une salle est habitée, d’une manière continue, pendant plusieurs heures, par un grand nombre de personnes, l’air s'y altère de plus en plus, et finit par devenir irrespirable. Deux causes principales concourent à produire cet effet : d'abord la disparition d'une partie de l'oxygène qui se trouve remplacé par de l’acide carbonique; puis le déversement dans l'atmosphère confinée, de matières organiques Irèslénues provenant de la transpiration'pulmonaire et cutanée. Ces substances éminemment délétères, que l'on a nommées miasmes, exercent une action toute spéciale sur le système nerveux de l'homme, et c’est leur présence, bien plutôt que le changement de composition de l'air, qui occasionne des malaises fréquents, des maux de tète. On comprend donc qu’il est très-important, au point de vue d’une bonne hygiène, d’opérer dans nos habitations une ventilation permanente, pour amener l’air pur du dehors et expulser l’air intérieur déjà vicié.
Pendant la saison chaude, il se produit la meilleure de toutes les ventilations : la ventilation naturelle, qu'on obtient en ouvrant portes et fenêtres. Au contraire, pendant l’hiver, pour maintenir une température convenable dans les appartements, nous sommes obligés de les clore le mieux possible. Dès lors le double problème d’un chauffage régulier et d’une ventilation permanente doit être résolu. L’air de nos habitations présente toutes les garanties de salubrité désirables quand son renouvellement a lieu, à raison de 12 mètres cubes par homme valide et par heure. Dans les salles d’hôpital, le chiffre doit être porté à 18 mètres cubes à cause delà plus grande abondance des miasmes dont nous avons parlé.
602. chauffage par le» cheminéeN. — Dans ce mode de chauffage, qui est le plus ancien et le plus répandu, le combustible brûle dans un foyer au contact de l’air. La portion de cet air qui n'a pas servi à la combustion s’échappe avec les produits gazeux, qui ont pris naissance, par an long conduit vertical — la cheminée — qui les déverse à l'extérieur. Mais, comme ce conduits une large section, les gaz bridés et la fumée ne sont pas seuls transportés au dehors, il y a encore une portion notable de. l'air de 1 appartement, qui, sans servir A la combustion, pé-
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nètre dans la cheminée, s'y échauffe el, en verlu de sa moindre densité, s'échappe mélangée aux autres matières gazeuses. L'air qui sort ainsi par le tuyau, détermine une sorte d'appel ou tirage; il tend sans cesse à produire une raréfaction momentanée dans l'atmosphère de la pièce, et l’air froid du dehors le remplace en rentrant par les joints des portes et des fenêtres. Ainsi l'atmosphère contenue dans la salle échauffée se renouvelle d’elle-même sans l'intervention d’aucun moteur étranger : au point de vue de la ventilation, la cheminée présente donc d’immenses avantages.
Ce que nous venons de dire nous conduit à cette conclusion qu'une cheminée, qui se trouverait dans une chambre hermétiquement close, ne pourrait que mal fonctionner; une portion de la fumée devrait nécessairement rentrer dans la pièce. On comprend, en effet, que pour l’équilibre des pressions il est nécessaire qu'un double courant s'établisse, dans ce cas, à l’intérieur du conduit de fumée, l'un ascendant formé par l’air chaud, l’autre descendant formé par l’air froid. Est-il, dès lors, possible que le courant descendant ne ramène pas dans l’appartement une portion de la fumée qu’il rencontre sur son passage? Si l'on veut qu'une cheminée ne fume pas, il faut, en recourant à un conduit auxiliaire, ouvrir un large accès à l'air du dehors. Le système le plus rationnel consiste à établir une prise d’air par un canal placé au-dessous du parquet et à faire circuler cet air autour du foyer, pour qu'il s’échauffe avant de pénétrer dans l’intérieur de la chambre.
Ainsi, comme appareil de ventilation, la cheminée est excellente; en est-il de même au point de vue du chauffage? Par la disposition adoptée, le combustible en brûlant ne fournit de la chaleur à la pièce que par voie de rayonnement; comme l’air est dialhcrniane pour les rayons de haute température, cet air s'échauffe peu, au moins d’une manière directe. Ce sont les parois de la chambre, les murs, qui doivent tout d’abord absorber la chaleur émise par le foyer, pour la céder ensuite à l’air, soit par contact, soit par un rayonnement de chaleur obscure. Quand on n’emploie qu’une cheminée, il faut beaucoup de temps, pour que l’air, qui remplit une vaste salle, acquière en hiver une température convenable.
Ce n’est pas tout : la cheminée est un appareil de r.hauflage désavantageux au point de vue de la dépense ; la combustion produite est toujours très-incomplète; une notable partie du charbon et de l'hydrogène, contenus dans la substance qui doit brûler, se dégage sous forme de produits empvreumatiques, de carbures d'hydrogène de diverses sortes
CHAUFFAGE ET VENTILATION
et de matières charbonneuses formant la suie. Il y a donc nue fraction importante de la masse totale du combustible qui est dépensée en pure perte, puisqu’elle s’échappe sans produire d’effet utile. D’un autre côté, la grande masse d’air, qui s’élève constamment dans le tuyau, entraîne avec elle une quantité considérable de la chaleur cédée par le combustible.
Ce que nous venons de dire se résume en deux mots : la cheminée ventile très-bien et chauffe très-mal.
60ô. Tirngr de» cheminée». ■ — 11 se présente dans le système que nous venons de discuter une question de physique assez importante : Comment peut-on exprimer la grandeur de la force qui détermine l’ascension de l’air et des gaz brûlés dans la cheminée? En outre, quelles sont les diverses causes qui influent sur la valeur du tirage?
Pour expliquer ceci, considérons un long tube ouvert aux deux bouts et formé par deux branches verticales égales et parallèles, communiquant entre elles par le bas: ce sera, si l'on veut, un siphon renversé, à branches d'égale hauteur. Supposons, contenu dans ce tube, de l’air qui ait partout la même température et par suite la même densité. N’est-il pas évident que tout se passe, nu point de vue de l'équilibre, comme si le gaz était remplacé par un liquide qui aurait exactement le même poids spécifique que lui? Nous pouvons donc raisonner de la manière suivante : Sur des éléments plans d’égale étendue, choisis dans le tube de communication et situés au-dessous de chaque branche verticale, les pressions sont les mêmes : les colonnes gazeuses ayant, l’une et l’autre, une même hauteur h se font mutuellement équilibre. Supposons maintenant que l’une des branches se trouvant maintenue à la température primitive t, l'autre soit portée à la température l'. La hauteur de la colonne gazeuse échauffée qui fera équilibre à la première sera h', et si l'on veut que l'équilibre ait lieu dans le siphon renversé, il faudra allonger le tuyau, qui correspond à la colonne la plus chaude, d'une quantité égale à h' — h. Or, en assimilant toujours les colonnes gazeuses à des liquides, on peut écrire que les hauteurs II et ,V au-dessus du tube de communication sont en raison inverse de leurs densités d, et </,•:
h tfr h ’ “ rit ’
niais, d’après la formule (c) (2 i5) , on a : rfr I 4tU ~ ï +
donc
et approximativement :
CHAI. Kl II.
c'est-à-dire que le tuyau contenant la colonne d'air échauffée devra être allongé d'une quantité égale à ha ( t ' — t). Si, au lieu d’allonger le tuyau vertical, comme nous l’avons supposé, on lui laisse sa longueur première, la pression de haut en bas exercée sur l'élément inférieur diminuera d’une quantité égale au poids d'une colonne d'air à l'° ayant pour hase cet élément et pour hauteur /i* (l’ — t). L’équilibre n’est donc plus possible et l'air contenu dans la branche échauffée subissant de bas en haut une pression supérieure à celle qui le sollicite de haut en bas devra s’écouler, par l’extrémité de la branche la plus chaude, avec une vitesse qui dépendra de la différence des deux pressions.
Cette conséquence sera encore vraie, quelle que soit la section de la branche qui est restée à la température t Nous pouvons donc appliquer noire raisonnement au cas de la cheminée ordinaire, qui représente la branche échauffée de notre siphon renversé; et nous arrivons alors à celte conséquence : que le, tirage croîtra avec la hauteur de la cheminée et avec l'excès de la température de l'air, qui y est contenu, sur celle de l'air extérieur. Ou comprend maintenant la nécessité, pour produire un tirage actif, de ces hautes cheminées qu’on élève à grands frais dans les usines.
Il ne faut pas croire cependant, que le tirage puisse croître indéfiniment à mesure que la hauteur de la cheminée augmente. La température moyenne va en décroissant dans le tuyau, dont la hauteur devient plus grande. En outre, les frottements de l’air contre les parois intérieures devenant de [dns en plus considérables à mesure que le tuyau s'allonge, la vitesse du courant se trouve diminuée par ces deux causes.
Les cheminées ordinaires doivent s'élever, au minimum, jusqu’à 7 à 8 mètres, au-dessus du sol de la pièce échaufTèe, et à l‘",50 à 2 mètres au-dessus delà toiture. Le tuyau ne doit pas avoir une trop large section, (pii faciliterait rétablissement de ces deux courants en sens inverse, qui font fumeries cheminées. Enfin, il est utile de le surmonter, comme on le fait presque partout aujourd'hui, d’un tuyau cylindrique coudé à angle droit et mobile autour de l’axe de la cheminée. Lu branche horizontale de ce tuyau porte à sa partie supérieure et parallèlement à la génératrice du cylindre une lame de télé, sorte de girouette que le vent tend toujours à placer dans sa direction, de sorte que l'ouverture du tuyau est toujours à l'abri du courant aérien, lai vent ne peut donc, de quelque côté qu’il souffle, s’engouffrer dans la cheminée.
1)04. Chantfaxe et venCilHlion lira grand* étnbli**ri»rntn. — Les
CHAUFFAGE HT VENTILATION
systèmes, adoptés jusqu'ici pour le chauffage cl la ventilation îles grands établissements, se groupent tous dans cinq classes principales:
Calorifères.
l'oèlcs. . .
| à air diaud.
■ à eau chaude.
I à vapeur,
( simples.
' calorifères
605. I. Calorifère* a ulr chaud . — Dans cc système, le foyer est toujours placé, soit dans des caves souterraines, soit dans îles salles inférieures à celles qui doivent être chauffées. Ce foyer présente, à son pourtour, un revêtement en maçonnerie formé de corps mauvais conducteurs de la chaleur, de briques par exemple. Tantôt, l’air qui a déjà servi à la combustion, parcourt de longs tuyaux nu contact desquels l’air pur appelé du dehors vient s’échauffer. Dans ce cas, on doit toujours s'arranger de manière à ce que le courant d'air froid, qui pénètie dans le calorifère, suive, d nuises contacts successifs, une marche inverse de celle de l’air brûlé. Tantôt l’air extérieur traverse lui-même les tuyaux métalliques placés à proximité du foyer et portés à une haute température. Dans tous les cas, c’est cet air extérieur, rendu chaud par le rayonnement ou parle contact des surfaces métalliques multipliées à dessein, qui parvient, par de longs conduits, dans des pièces assez, éloignées du foyer, et y produit d'abord une élévation do température, puis un excès de pression, dont le résultat est une ventilation continue.
GOG. At anfaxn et Inconvénient* dm calorifère* A nir clmud . —
Un avantage évident offert par ce système, c'est que la ventilation est la conséquence nécessaire du chauffage. L'air pur et chaud qui arrive dans une salle par les bouches de chaleur, élimine toujours un égal volume d’air vicié. Mais, quelles que soient les dispositions adoptées, il y a nécessairement une déperdition considérable de calorique toutis les fois que le trajet à parcourir par l’air cbaud est un peu long, surtout lorsque le conduit qui l’amène dans les salles de rétablissement traverse un sol humide. En outre, il y a mi inconvénient réel à ce que l’air, avant d’arriver dans l'appartement, se soit trouvé en contact avec des surfaces métalliques quelquefois rouges de feu; l’air se dessèche et les matières organiques qui se décomposent, au moment où elles touchent un métal incandescent, donnent une odeur fort désagréable.
G07. II. l'nlorifèm par circulation demi chaude. — Principe théorique. — Dans ce second système, c’est l’eau qui sert de véhicule à la chaleur; elle va lu prendre au foyer, et, à l'aide de longs tuyaux bien
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étanches, elle l’apporte dans les différentes salles de rétablissement. Là, sa température s’abaisse, elle cède à l'air ambiant la chaleur dont elle
s’est précédemment emparée; puis, après s’être suffisamment refroidie, elle revient à son point de départ, la chaudière, pour v puiser une nouvelle dose de chaleur.
La connaissance du principe théorique des calorifères à eau chaude nous permettra d’être brefs sur leur description. Ils se composent 1° d’une chaudière A (fig. 242), posée sur le foyer et dans laquelle l’eau vient sans cesse prendre de la chaleur; 2° d’un canal vertical T, de grand diamètre, arrivant, en ligne droite, à la partie supérieure de l’édifice et destiné à servir de canal de conduite à l'eau chaude; cette eau monte d’elle-même eu vertu de la faible densité qui résulte de son élévation de température; 5° d’un réservoir E, dit vase d’expansion, auquel vient aboutir le canal précédemment décrit et qui recueille, à tout instant, le liquide chaud venant de la chaudière; 4" de tubes métalliques C", <’/" destinés à conduire l’eau aux pièces que l’on veut chauffer, jusque dans des réservoirs cylindriques figurant des poêles P et P'; 6° de tubes de rentrée C et C', semblables à ceux qui partent du vase d’expansion, et qui aboutissent finalement à la partie inférieure de la chaudière.
608. AvnnlngrK rt Incoiuriilrntu «1rs rnloriferrw A rail chaude. —
Le mode de chauffage présente des avantages évidents : f° la masse liquide, qui circule d’une manière continue, rend le chauffage très-régulier, le refroidissement des poêles à eau chaude est très-lent, à cause de la grande chaleur spécifique de l’eau ; 2* la température des surfaces métalliques, qui forment les parois des poêles, n’est jamais assez élevée pour que leur contact puisse occasionner des brûlures et des incendies; 5° l'alimentation de l’eau dans la chaudière est rendue presque nulle, car la perte par évaporation est insignifiante; 4" la chaudière s’altère peu avec le temps, il ne s’y forme qu’un faible dépôt, puisque c’est la même eau qui sert constamment. Mais, à côté de ces avantages, se trouvent des
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incoiivémeuts sérieux : les tuyaux de conduite de l'eau exercent, par leur poids, une forte pression sur les planchers; les poêles qui servent de réservoir supportent eux-mêmes dans les rez-de-chaussée des bâtiments élevés des pressions considérables; des explosions peuvent avoir lieu cl surtout des fuites se manifester dans les tuyaux; enfin les frais d'installation et la dépense quotidienne du chauffage sont assez élevés. Ce dernier résultat s’explique du reste très-bien; il doit y avoir un accroissement de dépense par le fait même de. la continuité du chauffage, continuité qui est superflue dans la plupart des cas. A quoi bon, par exemple, entretenir toute la journée de l'eau chaude dans des salles habitées seulement pendant quelques heures? On peut se soustraire, il est vrai, à cette permanence dans le chauffage; mais c'est à l'aide de dispositions assez compliquées qui multiplient les chances de fuite, sans qu'il en résulte finalement une grande économie dans la dépense de combustible. En résumé, ce système, combiné presque toujours avec une ventilation forcée, parait surtout convenable, dans le cas de grandes pièces, quj doivent être chauffées de jour et de nuit, telles que les salles des hôpitaux.
609. t'hnuffoge * in vapeur. — Le principe théorique est ici fort simple. De la vapeur d'eau, qui se produit continuellement dans un générateur muni de tous ses accessoires, est amenée dans un réservoir, où elle se condense, en cédant à l'enceinte voisine toute la chaleur latente qu’elle possédait et qui la maintenait dans son état de vapeur. L’eau résultant de la condensation est reprise par des tuyaux métalliques chargés de la rapporter à la chaudière, où elle éprouvera ultérieurement une vaporisation nouvelle. Ce système est supérieur à celui des calorifères à air chaud, lorsqu’il s'agit d’un chauffage intermittent dans des salles d'une très-grande capacité, et lorsqu'il faut produire, à un instant donné, dans une portion de l’enceinte, une élévation de température, sans être obligé d’échauffer en même temps la masse d’air tout entière. Un pareil mode de chauffage fut installé à la Bourse de Paris, en I8‘28, sur l’avis ’d’uue commission composée de llay-Lussac, Thénard et Itarcet.
Mais ce procédé, si utile dans quelques cas, a ses défauts. Des réparations fréquentes deviennent nécessaires aux tuyaux ; une alimentation presque continue de la chaudière entraîne un nettoyage fréquent, en raison des dépôts qui s’y forment. Si, à cet entretien coûteux de l’appareil, nous joignons les dépenses considérables du chauffage, si nous rappelons la nécessité où l’on est d’expulser l’air qui se trouve dans les tuyaux et qui finirait par s'opposer à la condensation de la vapeur; si nous
OHALEUK.
signalous colin les accidents qui proviennent de. la dilatation de ces tuyaux passant par des températures très-diverses, nous serons en droit de conclure que le chauffage à la vapeur ne peut être employé que dans des cas très-restreints.
610. Poêle». — Nous l'avons déjà établi : la cheminée ventile fort bien et chauffe très-mal ; c’est exactement l’inverse qu'il faut dire, lorsqu’on veut exprimer en quelques mots ce que donnent les poêles au point de vue de la ventilation et du chauffage : ces appareils procurent un chauffage économique, mais la ventilation qu’ils déterminent est presque nulle. Il résulte de celte indication que les poêles seront utiles dans quelques cas, et désavantageux dans un plus grand nombre.
Leur utilité tient surtout au chauffage facile qu’ils permettent, à l’économie de combustible qu’ils procurent. L'économie est notamment sensible lorsque le grand développement de leurs surfaces de chauffe permet de profiter de la majeure partie de la chaleur développée dans le foyer. Ainsi, que dans un poêle de métal, la combustion soit peu vive, mais persistante ; que dans un poêle’ de terre cuite, elle soit énergique et qu’elle dure assez de temps pour élever la température du revêtement en maçonnerie; qu’en même temps, la fumée ne puisse s'échapper qu’à une température assez basse : celle que requiert le tirage (condition qu’il faut toujours réaliser, en donnant au tuyau à fumée un développement suffisant), et l’on obtient, avec les poêles simples, le maximum d’elTet. Mais remédie-t-on, par ce moyeu, à l’insalubrité, qu'entraine leur emploi? Évidemment non. Ces appareils ne produisent jamais une ventilation suffisante, l’appel de l’air est d’autant plus faible, qu’ils sont mieux appropriés à un chauffage économique. D’autres défauts leur sont reprochés; les poêles dessèchent l’air ambiant, et lui communiquent une odeur désagréable, parce que les poussières organiques en suspension dans l'air brûlent au contact de leur surface incandescente; l’élévation trop forte de température de leurs parois métalliques est, en outre, une cause fréquente d'incendie.
611. Poêle» calorifère». — Au lieu de chaulfer simplement l’air d’une salle par l’intermédiaire des parois métalliques d'un poêle, et d’obliger l’air froid du dehors à s’introduire par les joints des portes et des fenêtres, servons-nous de la chaleur dégagée, d'abord pour produire un appel continu de l’air extérieur, ensuite pour élever la lempéruture de cet air avant qu’il 11e pénètre dans la pièce : alors la ventilation sera la conséquence du chauffage. On comprend, en outie, que, si nous parvenons à rendre suffisamment rapide le courant d’air qui se propagera nu
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contact du poêle, la paroi métallique se trouvera constamment refroidie et les inconvénients signalés dans le cas des poêles simples ne pourront se manifester : ces diverses conditions se trouvent précisément réalisées dans les jmêles calorifères.
Voici la description sommaire de l’un d’eux : un poêle en fonte BB (/ij. ‘243) pose sur le sol à l’aide de trois pieds de même métal. Ce poêle est constitué par un foyer F et par un cylindre de tôle qui communique avec un tuyau à fumée T; ce tuyau s’élève d’abord verticalement à une hauteur de 1 ou 2 mètres, se recourbe horizontalement, traverse une portion de la salle à échauffer et vient aboutir à une cheminée ordinaire juxtaposée à la cheminée d'appel dont nous parlerons tout à l’heure. Les deux cheminées sont séparées, dans une partie de leur parcours, par une |ilaque assez large destinée A transmettre une portion de la chaleur de l’air brûlé à celui du tuyau d'appel. Le cylindre qui surmonte le foyer est enveloppé par un manchon AA de tôle, d'un plus grand diamètre, qui descend jusqu’à la surface du sol où il est fixé, et sert de chemise nu cylindre. (Jette enveloppe présente à sa partie supérieure et latérale de larges ouvertures SS garnies de toile métallique, par où l'air chaud s'échappera dans la salle. Cette même enveloppe communique à sa partie inférieure avec un canal Et) pratiqué dans le sol et qui se prolonge jusqu'à l’extérieur du bâtiment pour y puiser de l'air pur; le canal est muni d’un registre B qui permet de régler ou même de supprimer, au besoin, la prise d’air extérieur.
A une assez grando*listance du poêle calorifère, duns l'épaisseur de l'un des murs ou duns les coins de la pièce, sont placés des conduits verticaux servant de cheminée d’appel pour la ventilation. Ces canaux se prolongent au-dessus de la toiture et débouchent dans la salle par
Fig. iis.
CtlALbllt.
deux ouvertures, l’une très-près du sol pour la ventilation de l'hiver, l’autre, à 50 centimètres du plafond, pour la ventilation de l’été; ces ouvertures peuvent d ailleurs être fermées à volonté.
Cela posé, il est facile de comprendre le jeu du poêle calorifère. L’air contenu dans la partie annulaire comprise entre le poêle BB et son enveloppe AA s’échauffe par contact et par rayonnement. 11 s’élève en vertu de sa faible densité jusqu'aux orifices d’écoulement de celte enveloppe. En pénétrant dans la pièce, il se môle à l’air qui s'y trouve, lui transmet une partie de sa chaleur et gagne ensuite la partie supérieure de la salle. Parvenu daus cette région, l’air chaud s’étend en couches horizontales. Les couches qui arrivent successivement agissent par leur force élastique sur celles qui les ont précédées, les déplacent l’une après l’autre et les entraînent dans une marche descendante. Dans ce parcours, elles s'emparent de tout l'air vicié parla respiration, arrivent au niveau de l’orifice inférieur de la cheminée d’appel, par où elles s'échappent un peu refroidies et chargées de la plupart des miasmes disséminés dans l’air de la pièce.
l'n système analogue de chauffage fut installé il y a vingt-cinq ans environ, sur les indications de M. Pèclet, dans plusieurs salles d’école ; il y a produit les meilleurs résultats au point de vue de l’assainissement.
Eu juxtaposant le tuyau du poêle é la cheminée d’appel, on peut activer le tirage dans cette dernière, et arriver ainsi, sans nouveaux frais, à une ventilation plus active.
Le poêle calorifère de M. Martin, de Besançon, que représente la (igure 'iiô, a l’avantage de pouvoir être rempli de coke pour toute une journée- Le coke introduit dans la capacité EF' ne brûle qu’en bas vers F: cela tient à ce que cette capacité est fermée de toutes parts sauf en / et I’ aux points où la fumée pénètre dans le cylindre de tôle BB; elle ne peut donc s’échapper par le tuyau T qu’en traversant l’ouverture O d’une cloison transversale.
tilt?. Donnée* nnmériqnen concernant le chauffage et la ventilation.
— Pour compléter la question qui vient de nous occuper, nous indiquerons quelles sont les principales données numériques que la science fournit quand on veut déterminer, à l’avance, l’étendue des surfaces de chauffe nécessaire à la ventilation et au chauffage de salles de dimensions connues. Nous donnerons en même temps les moyens de calculer la dépense de combustible. — Les nombres sont extraits du Traité sur la chaleur de M. Péclet. Un trouvera dans le recueil de problèmes quelques questions sur ce sujet.
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Quand la fumée et les gaz brûlés sont à 800" dans le foyer et à 200 ■ à l'extrémité du tuyau à fumée, la transmission de chaleur à travers les parois du poêle est, par mètre carré de surface de chauffe et par heure :
Avec la tôle de 1 700 à 2000 calorie?.
Avec la fonte, sous une épaisseur de 0“.0I . . de 4 000 à 5 000 —
Avec la terre cuite, sous une épaisseur de 0”, 01 . de I 500 à 1 800 —
Les quantités de chaleur transmises par mètre carré et par heure, de l'intérieur de la salle à l’extérieur, par l'intermédiaire des murs, quand la différence de température monte ù 20', sont :
PrtlT. UXE ËPAlSRKCIt l*R : MURS EX PIERRE. ML'ItS EX BRIQl'E
fl”,40 .
O-.tiO . . .
Quand le chauffage est intermittent au lieu d’ètre continu, il faut, au moment de la reprise, une grande restitution de chaleur. On doit compter alors sur une perte moyenne de 70 calories, par mètre carré de surface des murs et par heure ; pour les vitres, la perte est de 80 calories.
Enfin, In consommation de combustible s'estime, en partant des nombres suivant :
CHALEUR OÉO AC.ÉK