ÉLECTRICITÉ DÉVELOPPÉE PAR INFLUENCE
s’exercer sur un corps déjà électrisé. I.e corps esl-il chargé d’éleclricilé négative et la sphère d’électricité positive? Le fluide négatif du cylindre viendra tout entier s’accumuler en A, si l'influence de la sphère est suffisante. Dès que cette influence s’accroît, une décomposition de fluide neutre se produit, le conducteur se charge d'électricité positive en B et d’une nouvelle quantité d’électricité négative en A. Toute celle série de phénomènes s’observe très-bien avec le cvlindrenrmé de scs deux pendules.
Si le cylindre était chargé primitivement d'èlectricilè de mémo nom que celle de la sphère, une série de phénomènes analogues se présenterait. D'abord l’électricité positive serait repoussée en B, puis, du fluide négatif apparaitrait en A par une décomposition partielle du fluide neutre du cylindre.
690. blaea«« exercée «nr ' plualeura conducteur* placé*» * la Malte lea un» te* nuire* — Si , à
la suite du premier conducteur AB I fig. 266), on en place un second A'B', puis à la suite du second, un troisième A"B", etc., tous ces conducteurs se chargent par influence.
Le fluide positif de B joue par rapport au cylindre A'B', le réle de la sphère électrisée S, et son action combattue en partie par le fluide de A, est favorisée par l’électricité de la source S ; le cylindre se charge.
Il en est de même de A"B" et de ceux qui pourraient venir à la suite.
Quand ces cylindres A'B', A"B", sont Irès-rapprochés les uns des autres, et l’influence suffisante, les fluides de noms contraires développés en B et en A’ se réunissent par l’efTet de leur attraction mutuelle.
Le même phénomène a lieu entre B' et A", et ainsi de suite. Le premier cylindre est donc chargé d’un excès d’électricité négative. Le dernier cylindre, un contraire, est chargé d'électricité positive en excès.
691 . Monvemml» de* Halde* aar an mrp» aonati* * l'Influence. — 'Coarant électrique. — Le phénomène précédent peut se constater avec des cylindres de Irès-polite étendue el très-voisins. Onesl, par rnu-
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séq lient, conduit à admettre qu'un corps rond licteur soumis a rinfluence d’un corps électrisé se comporte, comme une série de conducteurs frèspetits et trés-rupprochés : chacun de ces conducteurs étant partiels formé par une particule du corps influencé. Dés que l’influence commence, le fluide neutre que contient chaque particule successive se décompose. Dans une file de particules, le fluide négatif vient é la partie antérieure de chacune d’elle, et le fluide positif à la partie opposée. Le fluide repoussé de la première, s’unitau fluide de nom contraire de. la suivante, et ainsi de suite. L’électricité négative libre, qui s’observe à la partie antérieure du cylindre, el l’électricité positive, qui se trouve à la partie opposée, ne proviennent donc pas d'une même molécule de fluide neutre décomposée. En réalité, il y a eu un cheminement général ou, pour employer de suite nue expression consacrée el qui reviendra souvent plus loin, un double courant de toutes les molécules de fluide du cylindre ; toutes celles qui sont de même nom ont marché dans le même sens, el chacune d’elles s’est séparée decelle à laquelle elle était unie et est venue se combiner à une molécule nouvelle. La première molécule du fluide négatif fait exception ; elle reste libre parce qu’elle n’en trouve aucune autre avec laquelle elle puisse se réunir. La dernière molécule de fluide positif est dans le même cas. Ces décompositions el ces recompositions continuent d’ailleurs tant que l'influence de la source est prédominante. Un double courant d’électricité traverse le cylindre tant que l’équilibre des fluides n’est pas établi.
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conducteur». — Les phénomènes d'influence s’exercent sur les mauvais conducteurs comme sur les bons conducteurs, avec cette différence capitale, que les déplacements d’électricité, produisant la charge des corps bons conducteurs, s’exécutent avec une rapidité telle que le phénomène est comme instantané ; avec les corps mauvais conducteurs, au contraire, les mouvements d'électricité sont extrêmement lents à s'effectuer, et quand les corps sont très-mauvais conducteurs, des mois même ne suffisent pas pour amener la charge définitive des deux extrémités du corps influencé.
En outre, les deux fluides provenant delà décomposition qui s’opère, se distribuent sur un corps mauvais conducteur en couches alternativement positives et négatives. Une plaque épaisse de mica résultant de la superposition de plusieurs lames minces étant soumise à l’action «l'un corps électrisé qui agit du côté de la face supérieure par exemple, on trouve, après avoir séparé les lames, que rharune d’elles est chargée
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•les deux électricités contraires: toutes se montrent chargées d'électricité négative, par exemple, à leur lace supérieure, et d'électricité positive sur la face opposée. Ces électricités de noms contraires qui alternent témoignent de l'exactitude de notre théorie de la décomposition particulaire (691) et représentent une des phases de cette décomposition. Toutefois une lame, formée de plaques superposées, n'est pasuu milieu continu : a1 qui permet d’élever encore des doutes sur l’exactitude des conséquences tirées de l’expérience qui vient d’ètre décrite.
l'RENIÉRF.S APPLICATIONS DK LA THÉORIE FRÉCÉHEXTE
693. dette théorie fournit immédiatement l’explication de tous les phénomènes que présente un corps soumis à l’action d'une source d’élertiicilé. Elle permet de comprendre le jeu des instruments et. des machines qui servent soit à produire, soit à recueillir, soit à éprouver l'électricité.
69t. Communication de lVIretrielte. — Un corps électrisé I’. ifig. 267), que l’on approche jusqu’au contact, d'un conducteur isolé AB, perd une partie de son électricité, et cette électricité perdue se retrouve sur le conducteur. Jusqu’ici nous avons interprété le phénomène, en supposant mi partage d’électricité entre les deux corps mis en contact : cette interprétation est erronée. Kn effet le conducteur AB, de même que le cylindre employé dans nos expériences (679), se charge par influence, dés qu'il est à une distance suffisamment petite du corps électrisé. A mesure que la distance diminue, la décomposition devient plus abondante et cette décomposition se continue jusqu’à ce que le conducteur arrive au contact du corps électrisé. Alors l’électricité, développée à la partie antérieure A du conducteur, s’unit à l’électricité de nom contraire qui a produit la décomposition, et le conducteur ne reste chargé que du fluide repoussé en B. I.a réunion des deux électricités d’espèces différentes a lien, le plus souvent, avant que
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le contact dt* deux corps ne se produise, par une étincelle dont nous parlerons plus loin (699, 700, etc.). La charge d’électricité, arrive donc à un corps par un double phénomène : premièrement une décomposition, secondement une recomposition de fluide neutre ; ainsi, l’électricité libre, qui se développe sur AB, n’est nullement empruntée au corps électrisé. Il ne faut pas négliger de remarquer que pendant la durée des phénomènes d’influence, le double courant d’électricité déjà signalé (691) parcourt le corps influencé.
695. ( niumunirniinn «ver le sol. — La même théorie explique ce qui a lieu, lorsque l’on met un corps chargé d’électricité en communication avec le sol. Eu réalité, ce n’est pas l’électricité du corps électrisé qui va dans le sol, mais bien l'électricité du conducteur qui établit la communication : le corps électrisé se décharge donc par des phénomènes de décompositions et de recompositions successives. L'explication donnée dans le paragraphe précédent s’applique, presque sans aucun changement, au cas actuel.
Ainsi, quand on touche un corps électrisé, dire que l’électricité s'en va dans le sol, ce n’est point indiquer comment la décharge s’est opérée, c’est substituer à la réalité une fausse interprétation du phénomène.
696. Pouvoir de« pointe». — Si l’on approche d’une source d’électricité l'extrémité aiguë A d'un conducteur AB isolé e! terminé en pointe, aussitôt l’électricité de la source disparait presque entièrement, tandis que le conducteur AB se trouve chargé de fluide de la même
Fig. 3ix.
espèce que celui qui a disparu. C’est ce que Emnkliu exprimait en disant que les pointes soutirent l’électricité.
Ce phénomène n’est autre qu’un phénomène d'influence : le corps électrisé joue, par rapport au conducteur, le rôle que jouait la sphèreS (680i, par rapport ail cylindre AB. Il décompose en partie le fluide neutre du conducteur, attire le fluide de nom contraire, qui vient en A et s'accumule comme l'électricité le fait sur les pointes. Ce fluide s’échappe alors
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à travers l’air, et, sollicité par la force attractive du corps électrisé, vient neutraliser l’électricité qui s’y trouvait. Huant au fluide repoussé en B, il reste; et comme résultat délinitif, il va électrisation du conducteur terminé en pointe; ce dernier semble donc avoir enlevé l'électricité de la source.
Lorsque la pointe est mise en communication avec le sol, il est évident que l’électricité repoussée en H doit disparaître, en même temps que le corps électrisé est déchargé presque complètement. Cette expérience se trouve représentée dans la figure 268. Le pendule, qui divergeait notablement, s'est abaissé, aussitôt que la pointe a été approchée.
697. Attraction de» corps léger*. — Un corps léger, en présence d’un corps électrisé, se charge par influence, et l'attraction observée est évidemment due à l’attraction des fluides de noms contraires.
Deux cas peuvent se présenter : ou bien le corps léger est en communication avec le sol, et le fluide repoussé disparait; ou bien le corps léger est isolé, et le fluide repoussé reste, faisant obstacle à l'attraction.
bans ce dernier cas, le corps électrisé exerce deux actions de sens contraires sur le corps léger, mais ces deux actions ne sont pas égales : l'attraction l’emporte, parce, que le fluide attiré est plus voisin que le fluide repoussé.
Toutefois, l’attraction, dans ce cas, sera moindre que dans le cas précédent. On le vérifie par une expérience très-simple, qui consiste à mettre en regard deux pendules égaux B' et B (fig. 269), l’un isolé et l’autre qui ne l’est pas, et à présenter, à égale distance, un bâton de résine frotté. La balle de sureau Ben communication avec le sol s’avance manifestement vers le corps électrisé, tandis que le mouvement de la balle isolée B' est A peine sensible.
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L'attraction du cor|ts léger sera aussi irês-peu preimncèe, si I'uii 1-0111place la balle de sureau dorée par un corps mauvais conducteur. Alors la décomposition des fluides influencés est si faible, même après un temps assez long, que l'attraction est à peine appréciable.
L’explication (|ue nous venons de donner parait très-simple au premier abord; la question présente pourtant une difficulté réelle. Ce sont les lluides électriques qui s'attirent ou qui se repoussent. Pourquoi donc les corps qui les contiennent se déplacent-ils? On comprend bien que, pour les substances qui conduisent mal l'électricité : la résine, la soie, les fluides, ne pouvant que difficilement se mouvoir dans la masse même des corps, entraînent les molécules de matière auxquelles ils sont adhérents pour obéir aux actions (pii les sollicitent ; mais quand la substance est conductrice, l’électricité libre se porte à la surface et ne fait plus, pour ainsi dire, partie des corps. Pourquoi donc celui-ci serait-il entraîné? Voici l'explication la plus plausible, qui se déduit des expériences de M. Matteucci : on sait que tout corps solide, quand il a été plongé dans un gaz retient, adhérente à sa surface, une mince couche de la substance gazeuse qui l’a imprégné auparavant; l’adhérence est si grande que le gaz ne se dégage que lentement, sous le récipient de la machine pneumatique. On peut donc considérer la balle de sureau du pendule électrique, connue constituée par un corps conducteur, dont la surface est recouverte d’une lame d'air qui forme un vernis mauvais conducteur de l’électricité, vernis qui est adhèrent au corps et fait véritablement partie de saluasse. Le fluide libre se porte à la surface de la balle, et lorsqu’il est attiré par le fluide de nom contraire contenu dans une source voisine, il enlraine le vernis qui s’oppose à sou écoulement, et par suite le corps léger que ce vernis recouvre. On comprend donc que les phénomènes d attraction et de répulsion aient lieu, dans ce cas, comme lorsqu’il s'agit des corps mauvais conducteurs.
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