I.ifi ÉLECTmciTÈ
nxe qui passe par leurs rentres. Un pareil système se réalise au moyen d'un til ifig. 402) qui est enroulé sur un cylindre suivant une hélice, et dont les deux extrémités reviennent horizontalement, pour s e relever ensuite parallèlement l'une à cété de l'autre, et se terminer enfin par des pointes. Celles-ci, qui représentent l'axe de rotation de I équipage mobile, plongent dans le mercure de deux petites coupes a et b, et permettent .ainsi au courant de circuler. Si un courant entre par l'une des extrémités a dn fil et sort parl'aulre b, il suit les spires de l'hélice, desca*nd du même cûlé dans tontes, et remonte toujours du cété opposé.
Sous l'action de la terre, un pareil système se déplacera jusqu’à ce que les courants descendants soient venus à l’est, et les courants ascendants à l'ouest, mais, notons-le bien, à l’est et à l’ouest magnétiques ; c'est-à-dire que l'axe horizontal du solénoide sera dirigé du nord au sud, exactement comme l'axe d’une aiguille aimantée. Ampère a donc, par cette disposition, construit avec les courants une espèce d'aimant qui se dirige et s'oriente comme l'aiguille de la boussole.
1008. 1,'analogie entre le solénoide et l'aiguille aimantée se maintient encore, quand le solénoide, nu lieu d'être mobile autour d'un axe vertical, comme cela a lien dans le cas précédent, peut se mouvoir autour d'un axe horizontal; il constitue dans ces nouvelles conditions comme nue aiguille d'inclinaison véritable.
1009. J'ai dit que cet appareil équivalait à un ensemble de courants circulaires, perpendiculaires à l'axe de l'hélice. Un effet, le courant
d'une spire BCII de l'hélice (fig. Afi."») peut être remplaci- par des <ouranls sinueux, qui suivent, les uns, des génératrices du cylindre, et les autres des perpendiculaires à ces génératrices. L'ensemble des premiers forme un courant équivalent à LK, égal et de sens contraire an courant horizontal RH qui longe le cylindre, il en résulte une neutralisation mutuelle (990). Il ne reste pins alors que les courants contenus dans des plans perpendiculaires à l'axe du cylindre, et qui tous réunis équivalent à un courant circulaire.
1010. Action de» »olenoXdr»c( desnimnnt» «nr le» molénoXde». — Puisque l'une des extrémités du solénoide se dirige toujours vers le nord, et l'autre vers le sud, il est naturel de distinguer deux pèles du solénoide comme on a distingué deux pèles de l'aiguille aimantée, et de les désigner par les mêmes appellations de pèle austral et de pèle boréal. De plus, par
\ A ■■ Vr I, I '
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Kip. Wm.
ACTION ORS mi RA.NTS SOR I.KS COI FUNTS.
siiilo (le l'nnaloFFie que les expF'riences précédentes tnonireni enlre les solènoides et les aimants, on est conduit à se demander si les pôles de deux solénoides agissent les uns sur les autres comme oeu.x des aiguilles aimantées. I,a similitude des propriétés se maintient encore cette fois : les pôles de même nom, tels que A, A' se repoussent; les pôles de noms
t'iK. MU.
eoiiiraires s’allirenl. Poursuivons les analogies cl im'Uons les solénîdes en rapport avec les aimants, nous verrons que le pôle austral d'un soli*noide est ntliré par le pôle de nom contraire d'un barreau aimanté, et repoussé par le pôle de même nom, et qu'un solénoîde dirige et oriente une aiguille aiinantt'e mobile, exactement comme le ferait un aimant. Un solénoîde est donc comparable à un aimant véritable.
ton. KMvrlie théorie tlea «imaata. — Ampère, appuyé sur ces faits d'expérience, proposa une théorie nouvelle du magnétisme. Pour lui, il u’y a plus ni Hiiide austral ni fluide boréal ; mais tout autour des particules qui constituent un aimant, circulent des courants de môme sens dans une perpétuelle activité; un aimant est un véritable solénoîde. l/ensemble de ces courants préexiste dans l'acier et dans le fer doux avant l'aimantation ; mais alors ils sont dirigés, les uns dans un sens, les autres dans un autre, sans aucun ordre régulier, et leurs actions égales et contraires s'équilibrent. I/aimanlation a pour résultat d'amener tous
Digilized jy Googlt
Kf.KCTRIClTf;.
res courants, ou un certain nombre d’entre eux, à prendre des positions telles qu’ils circulent dans le im'me sens ; ils forment dès lors des séries de solénoïdes, placés les uns le long des autres, et donnent par suite les phénomènes que nous avons étudiés.
Ampère fit voir que tous les courants particulaires, qui circulent en livs-grand nombre dans une môme tranche prise perpendiculairement à Taxe de Taimaiit, déterminaient la même action extérieure qu’un courant circulaire unique placé dans celte tranche. La seule différence essentielle entre les solénoïdes et les aimants consiste en ceci : dans les solénoïdes, les pôles sont aux extrémités mômes, tandis que, dans les aimants, ils sont situés toujours à une certaine distance des extrémités. Ampère explique ces résultats en faisant remarquer que les courants circulaires d’un .solénoïde, sont astreints, par la construction mémo de l’appareil, à demeurer tous dans des plans perpendiculaires é Taxe; taudis que les courants particulaires d’un aimant, doivent, par suite de leurs actions umtiielles, être situés dans des plans de plus en plus inclinés sur cet axe, à inesuri' qu’ils s’éloignent du milieu du barreau.
1012. Cette nouvelle manière de concevoir la constitution des aimants a une grande importance, bien qu’on ne puisse pas affirmer (|u’elle soit Texpre.ssion absolue de la vérité. SiTliypothése d’Ampére n’offre pas le caractère de la certitude complète, si les courants, qui circulent dans un aimant, n’ont pas été reconnus d’une manière directe; du moins la théorie proposée repose sur des faits vrais, indépendants de toute supjHisition, fnilsdont elle est comme l’expression fidèle : aussi Tadopteronsnoiis. Quelle que soit l’opinion qu’oii se forme de sa réalité, il reste toujours parfaitement établi qu’un aimant se comporte comme un solénoïde, dans toutes les circonstances où Ton s’est placé jusqu’ici. Toute (lécouveile nouvelle, faite avec les aimants, devra donc être vérifiée avec les solénoïdes, et réciproquement : si l’accord se maintient encore, la théorie d’Ampére deviendra pour nous de plus en plus probable, nous serons conduits à In considérer comme l’expression de la vérité. Jusqu’ici, il faut le dire de suite, il n’a été découvert, dans Tordre des faits que nous étudions, aucun phénomène qu’elle n’explique d’une manière complète; il y a mieux : des découvertes importantes lui doivent leur origine.
1015. MenM dn eonrant du «olémldr aoqnrl an aimant t-at ami-
mlie. — Une question pratique se présente souvent, celle de reconnailre le sens du counint qui constitue le solénoïde auquel un aimant
ACTION DES mURANTS SUR I,ES COfR.ANTS.
peut être assimilé. Voici deux méthodes : la première consiste à rendre
un aimant mobile dans un plan horizontal
et à le laisser ensuite se diriger de lui- ' ' . t t | t '
même sous l'action de la terre. Alors, dans ' ' ' ' * | il
la partie du barreau aimanté, qui se trouve — xIn./N
placée vers l’est, les courants doivent être
descendants, ils doivent être ascendants
dans la face du barreau placée vers l’ouest. De cette manière, le soléiiüide se trouve complètement déterminé. La figure 4(1.5 représente un barreau auquel la règle a été appliquée.
Mais la considération des points cardinaux, quoique assez simple, peut être évitée et remplacée par une autre plus simple encore ; celle de la gauche et de la droite de l’observateur. En effet, que l’observateur se place devant l’aimant AB {Hg. 465), en dirigeant sa gauche vers le pèle austral, il sera situé û l’ouest magnétique par rapport à l’aimant, et les courants du solénoide, qui sont devant ses yeux, iront évidemment de lias en haut, dirigés de ses pieds à sa tète comme tela a lieu pour le spectateur d’Ampère, Cela sera vrai, quand bien même on déplacerait le barreau, pourvu que le pèle austral soit toujours placé à la gauche de celui qui l’observe; d’où cette règle pratique : Le pèle austral est à la gauche du courant qui circule dans le barreau aimanté.
1014. Actlaa réetproque d«« conrani» prodvIUi par la déeharcr de la boaialUr de Lejde. — Les Courants, produits par la décharge de la bouteille de Leyde, doivent agir les uns sur les antres, île la même manière que les courants de la pile voltaïque. Mais l’électricité mi.se en mouvement par une décharge de cette bouteille, est si peu abondante qu’il faut des appareils trèsdélicats pour accuser une action sensible. M. Weber y est cependant parvenu. A cet effet, il s’est .servi d'un système où les actions étaient multipliées, et qui, en principe, .se compose de deux courants circulaires et verticaux CC', KR' {fig. 468) placés à angle droit : l’un CC' est fixe, l’autre KK' est mobile autour d'un diamètre vertical VV' commun aux deux cercles. 11 est clair, d'après ce qui a été établi pour les courants voltaïques, que le cercle mobile est sollicité à se diriger dans le plan du cercle fixe. Qu’on regarde, en effet, les
Kic. m. Fin. tc.7.
ti(P KI-RCTRICITf:.
doux «•.l'irles, ni |ilnrniil l'd'il aii-dosMis do In vorlicalo VV' (/13.
l'on verrÿ les courants supérieurs former des angles tels que le courant mobile est s(dlicité à prendre la position CC' ; on reconnaîtra que les actions de-s courants inférieurs tendent aussi A produire une rotation dans le mémo sens.
.\u lieu de deux cercles, .M. Weber prend deux bobines {fig. la première constituée par un fil de métal qui fait 5,0fl0 tours bien isolés l'un de l'autre, la seconde par un fil de métal qui en fait 5,000. La bobine mobile est intérieure A la bobine fixe et porte un miroir plan M ; elle est soutenue par un étrier SS' suspendu lui-même A deux fils métalliques F et F' qui sont séparés par un corps isidant et qui ronduisent le courant. Si la diH:harge d'une bouteille do Loydeesl produite entre II et K, un courant passe, dans le sens des flèches, A travers les deux bobines. Celle qui est mobile prend anssitAt un niniivement dont le miroir M rend l'observation facile : l'image d'une régie horizontale situi'e en N devant ce miroir indique par son déplacement l'angle de déviation (Voiries problèmes d'optique).
Terminons par la description de quelques phénomènes qui sont dus A l'action réciproque des courants et des aimants, et qui s'expliquent aisément dans la théorie d'Ampére.
1015. Bolallnn d'oa coarant par aa ahaaat. — Voici une expérience dont l'idée première est due A M. Faraday : un appareil, qui a été décrit (999), porte un petit équipage semblable A celui de la ligure 454. On fait passer le courant qui suit la marche indiquée par les flèches; théoriquement, l'appareil devrait prendre déjà sous l'action de la terre un mouvement de rotation, et ce mouvement se manifesterait, dans le
fik. m.
AOTIO.N ÜKS CÜL'KA.NTS Sllt LKS COlUA.NTS.
Ut
i«iiü piévu, si l'action était suffisamment intense. Mais si au-dessous du vase, et dans le prolungenieiit de l'axe de rotation, on vient à placer un aimant énergique, de manière que le pi)le austral soit en haut, et par suite son action contraire à celle de l'aimant terrestre; le mouvement est invei'se de celui que la terre agissant seule devrait produire. Il est de même sens quand le pèle boréal est le pôle supérieur de l'aimant.
Pour expliquer ces mouvements, il suffit de considérer l'aimant l'ominé un solénoïde. Si le pôle austral est en haut, des raisonnements semblables à ceux du g 999 montreront que, par l'action des courants fixes du solénoïde les plus voisins du courant mobile AB, ce dernier doit prendre un mouvement de rotation dont le sens est assignable A l'avance.
lOlt). Kotation d’aa ■Imant par an eoaranl. — L'expérience suivante est duc à Ampère, lu aimant cylindrique AH (lig. 469) est lesté
Fir. t«i
par une niasse de platine, et flotte, comme un aréomètre, dans le mercure d’une éprouvette. La pointe métallique C plonge dans le mercure dont est remplie une petite cavité creusée en forme de coupelle à la partie supérieure de cet aimant. Par la pointe, on fait arriver un courant qui parcourt d’abord l’aimniit, puis qui s'épanouit et rayonne dans le liquide pour s’échapper enfin par un anneau inétalbque, bordant l’éprouvette à l’intérieur. Dés que le courant passe, l'aimanl tourne sur lui-niéine aiitoui' de son a.ve. Si le courant cliangc de sens, la rutation
ÊLECTKIUTK.
iÀ'i
diange aussi de sens : il eu est de même si l'un iiilervei-lit les pôles en i-etouriiaiit l’aimaat lesté en sens inverse.
L’explication de ces monvements est très-simple, si l'on considère l’aiinant comme un solénoîde. Suit en elTet le pôle austral de l'aimant, situé à la partie supérieure [fitj. 47Ü) : le courant du solènoide, qui équivaut à cet aimant, circule suivant les flèches ; on le verra en appliquant la règle donnée (1015). Le courant qui entre par la pointe sort en suivant des droites telles que CDE. G)n$idérons le courant DE qui passe à traveis le mercure de l eprouvelle :il attire tout élément du solènoide placé du côté A, et repousse tout élément placé de l’autre côté ; donc l’aimant est sollicité à tourner dans le sens de la flèche F, c’est-à-dire de la gaiidic A lu droite du spectateur, qui serait debout les pieds en C. Si le courant allait de E en 11, ou bien si les pôljes étaient retournés, on démontrerait aisément que la rotation doit changer de sens.
Kik. no. ni.
Avec le nième appareil, on peut faire une autre expérience i|iii s’e\pliqiie d’une manière semblable. La pointe plonge directement dans le mercure de rèprouvette, et on voit l’aimant tourner tout autour de cette pointe. On rend compte de ce mouvement en ca)nsidérant l’action do courants, tels que llE, IVE', CE", tiE"' ifiy. 471) sur le solènoide. Nous laissons un lecteur le soin d’appliquer la théorie an cas actuel et de trouver Ini-niéme l'explication du fait.
1017. Nous avons achevé l'exposé des principales dècuuveiles d'.Viapére et des travaux qui s’y rattachent le plus directement. Avant de <jnilter ces questions si intéressantes par les aperçus nouveaux auxquels elles ont conduit, et par la fécondité de leurs conséquences pratiques, qu’il nous soit pennis d’indiquer en quelques mots la série des idées qui ont conduit Ampère A deviner, dans l’expérience d’ŒrsIed, l'actioa que les courants exercent sur les courants. Il a développé hii-niénie la suite de ses raisonnements ; nous ne ferons (|ue le suivre dans cette ex|io-
AaiO.N Kts ÜOÜKANTS SLR LES COURANTS. U.‘.
>itiuii. Lue uiguillu aimanlée, pvusa-t-il, se dirige du nord uii sud ; évideiniiienl, d'après l’expérience d'Œrsled, celle direclion s’expliquerail Irésliien si un couranl lerreslre chenn'nail conslaminenl au-dessous de l’aiguille aimanlée el allail de l’esl à l’ouesl. Ainsi, nu lieu de l’Iiypolhése de l'aimanl lerreslre admise jusqu'à ce jour, nous pouvons, se dil-il, en imaginer une auU'e, celle d’un couranl ou d’une série de couranlsallanl de l’esl à l’ouesl; et comme ce raisonnement s’applique à tous les lieux du globe, l’aimant terrestre agit comme une série de courants circulaires perpendiculaires à la ligne des pôles. Évidemment il en est de même de tout autre aimant. De là conclut Ampère : puisque deux aimants qui représentent un assemblage de courants, agissent l’un sur l’autre, il doit en résulter que deux courants s’attirent ou se repoussenl. l'.ette idée, à peine conçue, fut soumise à une vérification immédiate. Peu de jours après la découverte d’Œrsled, rexpérieiice avait prononcé, el si l’œuvre d’Ampère ii’ était pas tuicore complète, du moins les gi-.mds traits en étaient déjà arrêtés. Pendant les aimées qui suivirent, l’illuslri' savant perfectionna sou travail, il appliqua le calcul aux phénomènes electro dynamiques, et fut assez heureux |Niur en trouver lu loi niathéinatiqiie. La déteniiinatioii de l’action de deux courants de roriiie quelruiiqiie ne tilt plus dés lors que la simple coii.séquence d’une formule qui permet de prévoir cl le sens et rinlensilé des forces mises en jeu.
ClIAPITHK VII
I^IDIJCTIOK
IU18. Historique. — • Lcs épuque:^, OÙ l'un a ramené ù un principe Il unique des phénomènes considérés auparavant amnne dus à des Il causes différentes, ont été presque toujours accompagnées de la dé- « couverte d'une trés-gi'and nombre de faits nouveaux, parce qu'une « nouvelle manière de concevoir les causes suggère une multitude d ei- « périeuces ù tenter, d'explications à vérifier. » C’est Ampère qui s'exprimait ainsi en I8tl4, à propos de sa théorie noii\ellc des aimants, et ses paroles ne tardèrent pas à recevoir de hautes a)nlirmatiuns. Mais de toutes les découvertes que cette tliéorie a suggérées, celle deM. Karada; fut, sans contredit, la plus remarquable. Ampère avait formé des aimant.' par la seule intervention de l'électricité, M. Faraday voulut obtenir de l'électricité au moyen des aimants. Ce problème se transforma bientôt en un antre qui, au point de vue ^théori(|ue, est exactement le même ; uni' liélice qui, travei'sée par un courant, possède toutes les propriétés d’iin aimant ui'dinaire, ne sera-t-elle point capable de développer, sous certaines conditions, un courant d'électricité dans un conducteur voisin!' .M. Faraday, convaincu que cette dépendance mutuelle des deux ordres de phénomènes était nécessaire, se mit à la rechercher, et dans le travail qu’il publia en novembre 1852, il lit connaître une nouvelle brancin de l’électricité appelée V Induction.
1019. induction par le« conrantM. — \ oici l’éiioiicé des premiers résultats obtenus :
l” L'n courant qui commence fait naître dans un circuit voisin un courant de sens contraire.
'd" Lin courant qui finit fait naître dans un circuit voisin un courani de inclue sens.
iMȟcno.\.
Hü
<*i* l u cmii'iiiit i|iii s'appi'ui'lic d'iiii L'irctiil a^'il cuiitiiiu un ciiui'aiit qui coiiiineiice.
i" l’ii cuiiraiit qui s'éloigne agit coiiimc un courant q\ii finit.
On a noniiné courant inducteur le courant voltaïque ordinaire qui l'verce son influence , et courant induit celui (|ui apparait comme une inanifestation de l’influence exercée.
Lescoiiranls induits sont toujours des courants de faible durée; ils cessent presque à rinstant où le courant inducteur acquiert, soit son inaiiinum, soit son minimum d'intensité, ou bien quand ce courant cesse de s’approcher ou de s’éloigner du circuit soumis à l'influence.
1020. ApiMrell. — M. Faraday est arrivé à la découverte de ces plié-, nornenes au moyen d'appareils, qui permettent de faire circuler un counml d'une grande longueur à une petite distance d’un circuit formé par un fil métallique présentant lui-niéine une développement considérable. .\ cet effet, il enroule sur une bobine de bois deux flls de cuivre, re- 'étiis de soie. Ces lils ont lUü, 200, ôOO mètres de longueur, et même ilavautage.
La bobine II, représentée dans la ligure 472, porte deux lils placés
Kip. 17i.
côte à côte, mais isolés l’un de l’autre. L’un des fils, que j'appellerai le lil F, a ses deux extrémités A et B en communication permanente avec un galvanomètre C placé à une grande distance. L’autre fil F' commuuiipie d’une manière continue par l’un de ses bouts B' avec un pôle de la pile, avec le pôle positif par exemple, tandis (|ue l’autre bout A’ plonge dans nue petite coupe C pleine de inercun;.
I*! l’on plonge le pôle négatif .N de la pile dans la même coupe, Il III
ELKaitlUTÊ.
un courant cüinniencc à travei-ser le (il F'. Aussitôt, dans le fil F un courant circule et l’aiguille du galvanomètre en donne la preuve par sa déviation; elle indique que, dans ce circuit, il passe un courant de sens contraire à celui qui cominence dans le fil F'. Nous rappellerons courant induit inverse. La déviation ne [rei-siste pas, quoique le courant inducteur continue à circuler; l'aiguille oscille de part etsiraulre de sa première position d'équilibre et revient bientôt au zéro.
Uuaiid l’aiguille est arrivée au repos, ou rompt le courant du lil F', en retirant le rhéophore de la coupe de mercure dans laquelle il avait été introduit. Aussitôt l’aiguille du galvanomètre est déviée et montre que dans le circuit F voisin de celui où le courant finit, il liait un courant de même sens; nous le nommerons courant induit direct. Le courant, l'omme le premier est de très-petite durée.
1021 . Induction par un conrant qnl •’nppmciic on qui ■'élolcac — Pour étudier les effets produits par un courant qui s’approebe, ou par uii courant qui s’éloigne, on se sert de deux bobines, dont l’une peut pénétrer dans l’intérieur de l’autre. La bobine H {^g. A75) n’a qu’un (il
Kig. nr>.
dont les bouts A cl li sont mis en coinniiinicatiun permanente avec un galvanomètre. La bobine H' n’a aussi qu’un fil, dont les extrémités A' et If sont en rapport continu avec les pôles d’une pile. Les bobines II et ir étant loin l'ime de l’autre et l'aiguille du galvanomètre au zéro, on approche II' de II ; aussitôt l’aiguille est déviée et prouve que dans H il liait un courant inverse de celui qui circule en II'. O courant cesse dés que la distance des bobines demeure constante. Quand l’aigiiille est revenue au zéro, on éloigne les bobines, et l’on voit qu’il liait eu II
IMlUCTIO.N.
un courant de inêiiie sens que celui de H', c’esl-û-dire un courant direct.
10:2:2. IndacUon par Ica aimants. — D’après la théorie d'Ainpère, un aimant n’est qu’un solcnoïde et peut être assimilé à celle de nos hobiiiesquiesl parcourue parle courant voltaïque; il doit donc produire des courants d’induction. Si cette théorie d’Ainpère est vraie, on constatera par expérience les faits suivants : un aimant, qui s’approche, fait naître dans un circuit voisin un courant contraire à celui du soli>noide auquel il peut être assimilé; un aimant, qui s’éloigne, fait naitre un courant iiiveroe du précédent, c’cal-à-dire direct par rapport nu ci’uraiit (|ui le parcourt ; enfin, un aimant, à l'instant où il se forme, un aimant, à l'inslniit où il perd son aiiuantation, donne naissance à des courants exactement comme le fait, soit un courant qui commence, soit un courant qui finit. Ainsi la théorie d’Ainpère, combinée avec les résultats déjà acquis, fait prévoir qu’à l’aide des aimants il est possible de dé- 'clopper des courants électriques.
1025. ExpArleaeen. — Les expériences, qui font apparaitre celte |iroduction remarquable d'électricité, se réalisent au moyen d’une bobine à un seul 01, dont les bouts G D ifuj. 174) sont eu communication
Kie. ni.
periiianente avec nu galvanomètre éloigné G. Dés (|u'uu aimant est approché vivement de la bobine, raignille indique un courant instanUmé et de sens contraire à celui du soléuoïde que l’aimant représente ; puis, quand l'aimant est immobile, l'aiguille retourne au zéro. Dés qu'on éloigné l'aimant, l'aiguille indiciue un courant de même sens ipie celui du barreau aimanté.
fXKCnUCITK.
Si l’on iilace iravante dans l’iiitcricur do la hobiiie un raiï<ceuu de 1er doux F (liy. 475) el qu’on approolie un aimant, lo l'er doux ü’aimaiile, et sur loin do la liohiiie s’oxorconl à la lois ot l’aotion do l'aimant qui
• Kig f:;i.
s'a|qirodio, et l’aotioii do l'aimant i|ui |ii'onil naissance ; ces doux actum» sont de menio sens, et la déviation do l’aignillo est beaucoup plus con- | sidérable (|u'avant rintervonlioii du For doux. Loi'squo l'aiiiiant est | éloigné, les ollets sont toujours ceux que nous avons annoncés.
1024. Ia>l de l.,rns. — Une loi simple relie les [ibénoinènes d’induction aux pbénoniènos olectro-dynamiques ot révèle leur relation inliim'- (iotte loi a pris le nom de celui qui l’a découverte; la voici : Un circuit (|iii so déplace dans le voisinage d’un courant lixe est parcouru pai' un courant induit, tel que l'action de ces deux courants, l’un sur l’autft', produirait un déplacement du circuit exactement contraire à celui qui lui est imprimé îictuellement. Expliquons cet énoncé sur un exenipli' particulier. Un circuit s’aiq)rocbe d’un courant identique de forme ri vient s’y superposer, il liait dans ce circuit un courant inverse du courant iiiducteiir, c’est-à-dire un courant qui tend à renvoyer le circuit induit dans sa position primitive; ainsi le déplacement qui se produirait sous l'action des deux courants serait inverse de celui qui s'effectue réellonieut.
La loi s'applique évidemment aux aimants, quand ils exercent des effets d'induction.
IU25. Indunlon d an courunt tiur lHl•■■■enIe. — .M. haradav lit obsei'xer dés 1852, qu un lil iiiélalliqiie (huiI être considéré comine lor-
IMilICTION.
mani mi faiscoaii iriino mullitiido de fils fins parallèles les uns aux autres, et que, soit au moineiil où un courant prend naissance dans ce lii.soil au moment où il finit, des phénomènes d’induction doivent s'y manifester. Le courant, qui commence ou qui ce.sse dans chacun des fils fins dont se compose le fil total, induit nécessairement, dans les fils élémentaires voisins, des courants qui diminuent ou augmentent l'intensité du courant primitil. M. Faraday n’est parvenu qu’en à trouver moyen <le constater l’exactitude de ses vues théoriques et A démontrer l'induction du courant sur lui-méme.
1,’appareil dont il s’est servi se compose d’abord d'un fil II trè.s-long qui est enroulé sur une bobine, et dont les deux bouts .sont unis avec les deux pôles de la pile PN. Dans le voisinage des pôles, en C et en F, deux fils sont attachés et communiquent avec un galvanomètre (i. Le courant de la pile va d’abord de P en (!; arrivé là, il se bifurque ; une partie suit la route DGF en traversant le galvanomètre, et nue autre partie passe le long du fil de la bobine ; puis du point F le courant revient A la pile. L’aiguille du galvanomètre, déviée par le courant quitte sa position d’équilibre qui est en a'b', et vient en ab. File est alors ramenée an zéro, soit A la main, soit par toute antre action, et on l’y maintient par une petite masse de cuivre figurée prés lin point a'. Cette masse, placée à côté •le l’aiguilit., l’empécbe de retourner vers nb, et lui laisse toutefois 1a liberté de se déplacer en sens invei'se. l>s dispositions prises, ou rompt le courant soit entre C et P, soit entre N et F, en K par exemple, et l'on voit tout A coup l’aiguille du galvannmétre dévier dans le sens (pii correspond A sa mobilité actuelle, et iudiipicr qu’un courant passe et suit la direction FC One faut-il conclure de cette déviation? Démarquons, avant tout, <|u’au moment où la communication avec la pile est interrompue, il ne reste plus d'autre circuit lermé que le circuit FtiCD'llF'. Or, nous venons de constater que dans une partie de ce circuit le courant suit la direction FC ; dans l’autre partie il ne pi'ut donc s’avancer que suivant
Km. lïo.
fJÆCTRICITfi.
ir>o
('D'IIE'. Au niomeiil de la rupture, le courant qui cesse dans le fil H joue donc le rôle de courant inducteur pour faire naître instantanément un courant induit direct, auquel on donne souvent le nom A' extra-courant direct.
1025 bin. Dm rlrcoBNlaneeM qvl Inflacnt NVr rinl«niiltÿ dr l'extraeanrant. — l/extra-courant direct est ti ès-faible, quand le fil est tendu en ligne droite; toutefois il est encore possible de l'apprécier. Il se manifeste avec plus d'énergie, lorsque lelil est enroulé en hélice. Sa puissance lient alors à ce que le courant qui finit dans chaque spire agit comme un courant extérieur sur les spires voisines, et à la première induction s'ajoute l'induction des spires les unes sur les autres. Enfin, quand, dans l'intérieur de la hotline, un a disposé un morceau de fer doux, le courant induit est encore plus puissant : la rupture du courant, en désaimantant le fer doux, produit un courant d'induction qui s'ajoute au précédent.
1026. laductioB »Br iBl-méme du eouraal qui enainieara. — ExpérleucM de M. Ediaac. — lA'xpérience de M. Faraday démontre la production d'un courant induit au moment où la rupture du courant principal est produite; mais son appareil ne permet pas de constater aussi nettement l'induction qui a lieu dans le fil conducteur lorsque lecourani s'établit. Fne disposition due à M. Kdliing, réalise mieux les conditions
convenables pour reconnaitiv les effets inducteurs produits lorsque le courant prend naissance ; cotte même disposition peut remplacerrellede M. Faraday. Comme dans l'appareil de M. Faraday (1025), les rhéophores PC et NF (/ifl. 477) d'une pile se bifurquent en F et en C; à partir de ces points le courant se divise en deux autres suivant les chemins CHEF, CD'E'F; mais, contrairement .'i ce que nous avons vu dans l'appareil de M. Faraday, <a;s courants circulent tous les deux autour du cadre d'un galvanomètre, et ainsi que le montre la figure, ils cheminent en sens inverse l'un de l'autre. De plus, sur le ti'ajet de l'un dos courants ET est intercalée une hélice 11 à fil recouvert
INDUCTION. lûl
Je soie que le eouraiil doit traverser. Sur le li'ajet de l'autre est intercalé en K un fil très-fin et de longueur très-petite. Le fil fin et l'Iièlice sont lellenient choisis que, le courant étant établi, l’aiguille supérieure du plvaiioinètre reste en équilibi-e au zéro, là où elle se tenail avant que la pile ne fût en activité. Tout étant bien disposé eonnne nous venons de le dire, si le fil CP est rompu en K, par exemple, un fort courant d'induction a lieu dans le fil long de l'hélice H, tandis que dans le til E, qui est court, le courant d’induction produit est faible. It'où il suit que le courant induit dans l'.ette hélice l'emporte; il circule dans le sens IIFEDCD'E' ; et, contrairement A ce qui avait lieu antérieurement, tous les courants, qui suivent le til du galvanomètre avancent tous dans le môme >ens le long d’un même côté du cadre. On observe une déviation de l’aiguille qui s’accorde avec les résultats de l’expérience de M. Faradav. 1,’pxlra-couranl direct est donc facile à observer au moyen de ce nouvel appareil.
.\jlons plus loin. Le courant étant interrompu, l'aiguille oscille et finit |)ar revenir au zéro, là où elle était, avons-nous dit, avant rinterru|>lion, aloisi que le courant de la pile circulait dans le système des tils. Quand elle a atteint ce zéro, rétablissons la communication eu K, immédiatement, l'aiguille du galvauoméire est déviée et avance en sens in- 'erse de sa marche précédente. Cette déviation u’est pas durable, après des oscillations, l’aiguille revient au zéro : c’est donc un courant d’induction qui a produit le déplacement de l'aiguille, et ce courant, inverse du précédent, est de sens contraire au courant qui commence dans riiélice, ainsi que M. Faraday l’avait prévu.
1027. Iat«n»l<é et teaslon de« eourtuita IndnllN. — Le but que M. Faraday avait poursuivi .se trouve complètement atteint; mais un progrès important dans la science eu amène toujours d’autres à sa suite. Bientôt, en répétant les expériences de l’illustre physicien, divers observateurs, et particuliérement MM. Masson et llreguet, arrivèrent à délouvrirce qu’on n’avait pas soupçonné il’abord, qu’avec «les courants inducteurs relativement faibles, il était -possible de produiiv des coiiraiiLs induits d’une intensité des plus considérables.
Pour en obtenir une preuve des plus convaincantes il sullit, dans ce but, de répéter l’expérience du \ 1021, en supprimant le galvanoinétre et en attachant en .\ et B deux fils dont les bonis libres seront maintenus à quelque distance l'un de l’autre. Si la bobine inductrice est approchée très-vivement, le courant induit acquiert une telle intensité qu’une étincelle jaillit au point où le l ircnit est inter-