II. Élise à son ancienne maîtresse de pension
CONSEILS
Les années précédentes, lorsque vous étiez en pension, vous regrettiez à pareille époque d'être éloignée de vos parents. Aujourd'hui vous êtes heureuse d'avoir vu commencer auprès d'eux la nouvelle année.
Mais une triste pensée est venue affaiblir votre joie. Vous vous êtes souvenue de votre ancienne directrice, qui a été pour vous une seconde mère et à qui vous devez les quali-
tés que vos parents aiment en vous. Vous avez songé à vos compagnes d'études. Vous comprenez aujourd'hui une vérité qu'on vous a souvent répétée, que le bonheur n'est jamais parfait en ce monde : au pensionnat vous regrettiez la maison paternelle, à la maison paternelle vous regrettez le pensionnat.
Mais vos regrets vous font oublier l'objet principal de votre lettre. Exprimez vos souhaits bien sincères et votre reconnaissance.
m. Un fils {ou une fille) à sa mère veuve,
CONSEILS
Éloigné de votre mère pour vos études^ vous pensez sou- . vent à ses bontés et plus souvent encore à sa tristesse.
Aujourd'hui un regret se mêle à votre joie, puisque ce jour vous rappelle le souvenir du bonheur sans mélange que vous goûtiez autrefois à la même époque. Assis sur les genoux de votre père, vous l'embrassiez, et vous lui promettiez d'être bien obéissant à votre mère.
Vous craindriez de parler de celui que vous pleurez tous les deux, si elle-même ne parlait de lui tous les jours ; ce pieux souvenir a plus de charme que les conversations les plus gaies. Du reste, votre mère vous donneM'exemple du courage et d'une pieuse résignation.
Cependant elle a perdu son appui et vous comprenez combien vous seriez coupable de lui causer le moindre chagrin. Vous vous efforcerez de vous rendre digne de la mémoire de votre père ; vous ferez en sorte qu'elle voie un jour en vous l'image de ce père adoré et l'héritier de ses vertus. Chaque année, et en particulier celle qui s'ouvre, sera un pas vers ce but.
Ton de cette lettre : tendresse filiale , langage du cœur.