‹ Cours professes à l' Ecole des mines de Paris, Deuxième partie. Cours d'exploitation des minesChapitre 2 sur 53 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le volume que je fais paraître aujourd'hui renferme la première partie du Court d^ exploitation de$ mines ^ que je professe depuis longtemps à TÉcole des mines de Paris, en même temps que le Cours de machines dont un premier volume a également été publié il y a quelques mois.

J'ai dit alors, et je n'ai pas à y revenir ici, les motifs généraux qui m'avaient engagé à entreprendre cette double publication que je m'occupe activttnent de poursuivre.

J'ajouterai seulement que j'ai cherché à donner à mon second travail, le même caractère pratique qu'au premier, et à le mettre entièrement au courant des derniers progrès réalisés dans l'art des mines.

Ces progrès ont été considérables dans les 30 ou 40 dernières années, et si l'on compare ce qu'était, par exemple, une mine de houille en 1830, à ce que sont les grandes in- «^tallations nouvellement créées dans divers pays, notamment dans le nord de la France, on peut presque dire qu'elles n'ont de commun que le but, qui est la production de la

▼m AVANT-PROPOS.

houille; car elles diffèrent essentiellement, soit par Téchelle sur laquelle cette production est réalisée, soit par la puissance et même par la nature des moyens employés.

Ainsi, la force des engins d'épuisement et surtout d'extraction a été considérablement accrue ; des moyens mécaniques ingénieux et variés ont été créés pour la ventilation; les méthodes d'exploitation, particulièrement pour les gîtes puisf»sants, ont été étudiées et perfectionnées; la préparation mécanique des minerais a été entièrement renouvelée; de nou* veaux procédés ont été imaginés pour aller attaquer des mines à travers des terrains jusqu'ici inabordables, etc..

Enfin, il n'est pas jusqu'aux détails qui semblaient le moins se prêter à des innovations, tels que l'introduction et la sortie des ouvriers, les transports intérieurs, et même le travail manuel de l'ouvrier à son chantier, qui n'aient été renouvelés, ou ne soient en voie de l'être d'une manière plus ou moins complète.

Le but de ces diverses modifications a été, dans l'art des mines comme dans les autres industries, d'arriver à des économies dans les frais généraux par la concentration et le développement des moyens de production, et à des économies de main-d'œuvre par l'emploi, de plus en plus étendu, des moyens mécaniques.

On peut justement dire que l'industrie des mines était une de celles qui devaient entrer le plus largement dans la voie de ces modifications, non-seulement parce que, en général, les capitaux ne lui ont pas fait défaut, non plus que l'intelligence et la compétence dans la direction; mais aussi parce qu'il a fallu, à considérer la chose dans leur ensemble, s'ingénier beaucoup moins pour chercher des débouchés aux produits que pour tâcher de mettre ces produits au niveau

AYANT-PROPOS. a

des demandes ; beaucoup moins aussi pour employer tous les bras disponibles que pour chercher à remédier à leur insuffisance.

On peut même penser qu'en présence des besoins incessamment et rapidement croissants de la consommation, il devint de plus en plus difficile, et il deviendra bientôt peut- Impossible, du moins pour certains produits, de maintenir l'équilibre entre ces besoins et la puissance de production, à cause de la double difficulté résultant, soit de l'étendue limitée des terrains miniers; soit de la rareté de la maind'œuvre.

La connaissance des divers moyens qui peuvent permettre de retarder ou de restreindre ce défaut d'équilibre, est donc indispensable au mineur, et leur bonne et intelligente application s'élève, pour ainsi dire, à la hauteur d*un intérêt, public.

Je me propose, dans l'ouvrage que je livre aujourd'hui au public, de décrire ces divers moyens avec les détails nécessaires pour en faire comprendre l'importance et pour en rendre l'application possible,

A ce point de vue, je pense que cette publication pourra avoir son utilité propre, et ne pas faire double emploi avec des ouvrages déji anciens, notamment avec le Traité d^ex» ploitcUion de M. Combes, quel que soit son mérite, et quelle qu'ait été son utilité incontestable au moment où il a été publié. *

Page 1