DU BOISAGE ET BU MURAI LLEMENT GOURAST DANS LES MINES
Lorsque le boisage doit être posé de haut en bas, au fur et à mesure du foncement, les cadres successifs sont rattachés à un cadre porteur supérieur au moyen d'une série d'écoins cloués d'un cadre au cadre inférieur.
Si les bois sont abondants, on peut, lorsque le terrain est f(^ ébouleux, boiser par une série de cadres contigus (fig. 162).
Les poteaux, ou bois d'entrefend, qui dessinent les compartiments, doivent être en même temps considérés convie des moyens de renforcer les longs côtés des cadres. Â cet effet, ils ne sont pas entaillés à mi-bois, mais Tentaille est disposée de manière à intéresser la plus grande partie de la section de la butte, et k afCedblir 1^ moins possiUe la pièce du cadre (fig. 163).
Les faces intérieures des côtés du cadre et des poteaux d'entrefend portent les coulantages ou les cloisons étanches, nécessaires pour guider les bennes ou établir le retour d'air.
Les figures indiquées représentent les. principaux détails ci-dessus, lesquels correspondent, pour les puits, à ce qui a été indiqué plus haut (n"^ 182 et 183) pour les galeries.
(187) Lorsque le terrain est assez ébouleux pour que le travail du fonçage du puits comprenne, comme un accessoire indispensable, le placement des garnissages et des cadres, on est dans les cas prévus au n"" 185, et Ton suit des méthodes plus ou moins analogues.
Le principe du travail consiste toujours à mettre en place, au fur et mesure de Ts^profondissement, une série de cadres, dont chacun est relié aux précédents^ et derrière lesquels on enfonce des garnissages divergents^ plus ou moins jointifs. Ces garnissages sont poussés en avant même du fonçage ; le fond du puits est lui-même revêtu d'autres garnissages., qui permettent de fractionner, autant qu'on le veut, le travail de Tavancemmt^
Ce travail est gémérateniient précédé, au centre du puits, par une
excavation, formée au moyen de palplancbes jointives, clouées sur
un coffre carré de O'^ySO de côte, qui a le double çhjel de fraction^
ner Tavancement, et de former un puisard d'où Ton peut enlevfir
eau sans enlever Je sabla en xnême teiiipa.
Les figure» 161 représentent en plao ^ w c^upe» p^isUétooMat
S60 COURS D'EXPLOFTAnON DES MINES.
au grand côté du puits, le système indiqué ci-dessus, tel qu'il est pratiqué en Silésie.
La figure 165 est une coupe parallèle au petit côté, représentant un système de pièces verticales qu'on place dans les angles du puits et qu'on arc-boute les unes contre les autres, de manière à prévenir, autant que possible, toute déviation de la colonne du
puits.
Enfin, dans le cas d'une fluidité extrême, qui ne permettrait pas de démasquer le terrain, même pour un instant, par petites parties, le fond du puits pourrait être garni de picots qu'on enfoncerait à coups de mouton, en refoulant le terrain comme si l'on pénétrait dans une masse liquide, suivant les détails indiqués précédemment pour les galeries (n' 185).
§ 3» — Du murailleroent.
(188) Le muraillement est un moyen de soutènement d'un emploi assez fréquent dans les mines, et il importe de bien se rendre compte des cas dans lesquels il avait lieu de le préférer au boisage, qui est ie moyen couramment en usage.
D'abord, au point de vue de la dépense de premier établissement, les deux procédés ne sont pas à comparer. Un bon muraillement, à mortier de chaux et sable, coûte au moins trois ou quatre fois autant qu'un boisage même fort complet, s'il s'agit d'une galerie ordinaire, et au moins deux fois autant, s'il s*agit d'un puits à grande section.
D'un autre côté, l'entretien du boisage peut être beaucoup plus considérable; il arrivera, par exemple, qu'au bout de quelques mois ou d'un an, il faudra faire un redoublement^ c'est-à-dire poser des cadres neufs entre ceux du premier boisage. Il arrivera ensuite que les uns et les autres devront avec le temps être successivement remplacés, parce que leurs diverses pièces périront ou par la poussée du terrain, ou par la carie sèche, principalement dans les puits ou galeries de retour d'air.
Il peut donc se faire que les frais d'entrè>ien, qui iront en croissant avec le temps, compensent, et au delà, la moindre dépense de
DU BOISAGE ET DU HURAILLEMElfT COURANT DANS LES MINES. 961
premier établissement, et qu'en somme, au bout d'un certain nombre d'années, 5 à 6 ans, 8 ans, 10 ans peut-être, la galerie muraillée se trouve avoir coûté, en définitive, moins cher que la galerie boisée, sans même tenir compte des entraves qu'auront nécessairement ap« portées des réparations fréquentes dans une galerie, et surtout dans un puits, où la circulation devrait être toujours maintenue trësactive.
On doit donc se représenter que le choix k faire entre le muraillement et le boisage dépende aceessoirement des prix relatifs des divers matériaux et de la main-d'œuvre dans le pays, et prindpalemefit du temps pendant lequel Fouvrage considéré devra être ouvert à la circulation.
Si l'on examine la question de prés, on reconnaîtra qu'on n'a peut-être pas recours au muraillement aussi souvent qu'il serait opportun de le faire. Toutefois, pour que cette remarque soit juste, il doit être entendu qu'on l'applique seulement au cas où le muraillement pourrait être fait dans des conditions de solidité telles qu'il résistât pendant toute la durée assignée à la galerie, sans avoir besoin de réparations notables ; c'est-à-dire (en se reportant aux considérations du n"" 177), aux mêmes cas où l'on est conduit à mettre de suite en place un boisage définitif, à l'exclusion de ceux où il devrait se produire un premier mouvement irrésistible entraînant Técrasement et la destruction d'une maçonnerie, quelque forte et quelque soignée qu'elle fût.
En somme, on peut dire que l'emploi du muraillement est une pratique qui doit tendre à se répandre à mesure que les bois deviennent plus rares et plus chers, et à mesure que les mines, devenant plus profondes^ doivent en même temps devenir plus étendues^ elles divers travaux d'aménagement durer plus longtemps.
D'ailleurs, on doit considérer que, dans certains cas, le boisage doit forcément faire place au muraillement, notamment lorsqu'il a'agit de maintenir ouvertes des excavations à grande section, comme les tunnels des chemins de fer ou des canaux de navigation, ou encore lorsque Fexcavation doit recevoir un foyer d'aérage ou des chaudières de machines à vapeur, etc.
Néanmoins, il ne parait pas que le muraillement soit appelé
Mt GCmS D'EtPLOITATION DES VINSS.
à exclure le boisage dans les travaux courants de l'exploitation.
(f 89) On distingue le muraillement en pierres sèches, qui est plutôt une sorte de remblai, et le véritable nniraillement à mortier de chaux et saMe, et, dans chacun d'eux, l'appareil à joints parallèles, pour former des murs devant résister comme des piliers y et l'appareil à joints convergents, pour former dea voûtes devant résister à des poussées transversales.
Les matériaux qu'on emploie sont des moellons ou des briques, et très-exceptionnement la pierre de taille.
Les moellons sont bruts, ou plus ou moins piqués. On emploie du calcaire, du grès houiller,^ très-volontiers aussi du gneiss, des micaschistes, des ardoises, ou autres roches ayant une schistosité plus ou moins prononcée, qui permet de les obtenir en pierres plates d^un emploi facile et commode.
Les briques ont, h un pins grand degré eneore, l'avantage d'un eoiploi coiùmode, à cause de leurs angles droits, de la régularité de lev.^ format, et du rapport simple qu'on établit entre leurs trois diihensions. Ce rapport est ordinairement celui des nombres 1, 2 etpt Vy Ainsi on leur donnera, par exemple, 6 centimètres d'épaisseur, 12 de largeur et 24 de longueur, ou un cube de 6x12x24=1,728 centimètres. En supposant uiî joint au mortier de ^ centimètr^, une / brique occupera un volume de 7xl3x25«±:2,275 centimètres, on, Ce qui revient au même, il en entrera 440, soit, en nombre rond, si les joints sont bien faits, et pour tenir compte des décbetsr et surtout des incuits, 500 au mètre cube.
Ces briques doivent être Mnvenablement cuites. Si elles le sont trop peu, elles n'ont pas la consistance suffisante ; si elles le sont trop, «files peuvent être vitrifiées b la surface,etle mortiw y a moins de prise. L'excès de cuisson vaut mieux cependant qoe le défiiut inverse. La terre employée h leur fabriisation doit être franchement argileuse, Miné mélange de noyaux calcaire» qui se changeraient en chaux pen* fiant la cuisson, et fuseraient, en délitant les liriqiiesi lorsque cellesci seraient exposées à être mouilléee, ce qui est le cas habituel dans tés mines. On reconnaît leur degré de cuisson, soit à la couleur pour