‹ Cours professes à l' Ecole des mines de Paris, Deuxième partie. Cours d'exploitation des minesChapitre 35 sur 53 · PS X / X ^ = PS · texte numérisé non relu

PS X / X ^ = PS

et on aura de môme, pour les matériaux du revêtement,

Ax

La dépense totale 0 sera donc

Ax

dQ dx soit

Le minimum correspondra à ^^ = 0.

ï-^(PS4-P'S') = 0.

La valeur correspondante de q sera donnée par la formule

Q = 5 \/ç (PS -f-P'S' + (PS+ PS') 5 X \ y/pjijpg. = l Vg(PS4-FS') (3)

et respacemeilt des puito ^ par la formule

»=î=^vw^ <*^

L'égalifé (1) donnera la dépense pour un nombre donné « de puits réparti sur une longueur / ;

L'égalité (2), le nombre x qui correspond au minimum de dépense;

Les égalités (5) et (4)^ la valeur de ce minimuiOf et Técartemeat correspondant entre Je» puits*

On remarquera que^ dans le cas du mînioium, la dépense totale

S9Ô COURS D'EXPLOITATIOiN DES MINES.

des puits est égale à la somme des frais de transport intérieur des déblais et des matériaux.

A l'aide des formules ci-dessus, on aura tin aperçu des dépenses auxquelles on serait conduit avec des f mis diversement espacés^ et on comparera les résultats avec les conséquences financières qu'amènerait un retard ou une avance donnés, dans l'exécution du travail.

Nous disons un aperçu seulement ; car la question n'est pas envisagée, dans le calcul sommaire ci-dessus, sous toutes ses faces, parce qu'il faudrait faire entrer dans la dépense totale d'un puits, non-seulement les frais de premier établissement, mais encore les frais de service de ce puits, frais qui dépendent de la durée de ce service et par conséquent de Técartement entre les puits.

{Z14L) Supposons la question résolue dans le sens de remploi des puits intermédiaires, on aura à faire Tétude détaillée du projet : on déterminera, d'après le profil en long, quelles profondeurs auraient les puits placés en des points donnés de l'axe. Une étude géologique détaillée fera connaître la nature des terrains à traverser, les probabilités d'y trouver des eaux plus ou moins abondantes, etc.

On appréciera, aussi bien que l'on pourra, à l'aide de ces éléments, la durée probable de Texécution de chaque puits, et la vitesse d'avancement des chantiers qu'on y établira.

On déduira de cette étude la manière dont les puits devront être distribués, pour satisfaire à la condition ci-dessus énoncée que les rencontres des chantiers marchant l'un vers l'autre se fassent à peu près à la même époque sur toute la longueur du travail.

Des opérations géodésiques très-soignées, ayant repéré sur le terrain l'emplacement d'un puits à foncer pour aboutir à un point donné de Taxe du souterrain, rien n'empêche de le déplacer d'une certaine quantité latéralement à l'axe, afin de chercher, s'il y a lieu, un emplacement plus favorable pour le service du jour. Il suffit, arrivé à la profondeur calculée, de faire un bout de galerie d'une longueur donnée pour se reporter sur Taxe, du souterrain, et de l'extrémité de cette galerie, suivant une direction donnée avec pré-

cision, d'ouvrir les deux chantiers qui doivent marcher à la rencontre des chantiers venant des deux puits contigus.

(Si 5) Sans nous occuper ici ni des opérations géométriques à l'aide desquelles on assurera la précision de la rencontre des divers chantiers, ni des moyens que l'on pourra employer pour établir les puits de service et pour y assurer le service de l'épuisement, du sortages des déblais, delà ventilation, etc., nous nous bornerons à dire d'une manière générale que toutes les installations doivent être faites largement^ sous le rappoK de ïa puissance, mais en ayant égard h leur peu de durée; ainsi, par exemple, la machine d'extraction devra être d'une force amplement suffisante ; mais une simple baraque en planches suffira pour Fabriter. Le puits devra être solide, mais il sera plus souvent boisé que muraille, etc., etc.

(1916) Pour le moment, nous ne considérerons que le travail des Quvriers directement employés à l'avancement et au muraillement du chantier sur une section donnée.

Ce travail, comme celui des galeries de mines à petite section, diffère essentiellement, selon la nature des terrains. Les méthodes employées se rapprochent beaucoup de celles indiquées pour ces galeries ; mais on doit concevoir que l'application en est généralement rendue plus difficile par la grandeur de la section, l'augmentation de la difficulté étant d'ailleurs d'autant plus marquée, pour une section donnée, que les terrains sont plus mauvais.

Aussi peut-on dire, malgré l'exemple du tunnel sous la Tamise, que les mineurs, avec leurs petites galeries^ passent dans des terrains où les tunnels à grande section ne seraient peut-être pas praticables.

Quel que soit le terrain, on commence par pratiquer une galerie à petite section, assez habituellement à la hauteur qu'occupera le cerveau de la voûte, quelquefois, au contraire, au niveau du radier, et on la pousse aussi activement que possible, de manière à hâler le moment où la communication s'établit avec le puits voisin.

Cette manière de procéder a plusieurs avantages. La communication peut être utile pour faciliter la ventilation ; elle assure la r&-

«» COURS D'EXPLOITATION DBS HIMBS.

traite des ouTriers en cas d'éboulement, ou si une circonstance quelconque arrêtait le service de l'extraction, si^ par exemple, le feu prenait au boisage du puits, comme on en a vu un exemple terrible au souterrain de Bohenstein^ en Suisse, accident qui a entraîné la mort par asphyxie de tout le personnel alors occupé à Tintérieur do puits. Elle permet de s'assurer matériellement s'il n'a été fait aucune erreur de tracé, et, dans le cas où la rencontre des deux avancements ne se serait pas faite avec la précision voulue, de faire les corrections nécessaires, en plan et en élévation, pour le raccordement exact des deux grandes sectimis.

Enfin, chose importante, elle permet de multiplier, autant qu'on le veut, le long de la petite galerie, les chantiers d'élargissement ou de battage au large ; de sorte qu'on arrive à terminer la grande section presque en môme temps que la petite.

(Itt^) Supposons donc cette dernière en cours d'exécution, et voyons comment se fait, en arriére, le travail d'élargissement, et, s'il y a lieu, celui de muraillement.

Supposons encore, pour fner les idées, que le souterrain ait, <ïomme celui de la JÏJerthe, une section elliptique, avec une largeur de T'i^b au niveau de la corde du radier et une hauteur et une largeur maxima de 8 mètres. Il en résulte une section plus grande qu'il n'est strictement nécessaire pour un chemin de fer à deux voies.

C'est donc un maximum qu'on n'aura |)asà dépasser, en général.

Si le terrain est solide et peut ne pas être muraille, ou du moins ne Tétre que légèrement et par places, sans qu'il y ait aucune solidarité obligée entre le travail de percement et edui de muraillement, le premier travail s'exécute d'une manière très-simple.

La galerie d'amoree est poussée sur une section réduite, dé 5 ou 6 mètres au plus, avec une hauteur à peu près égale au tiers de la hauteur totale du souterrain. On y travaille jour et nuit sans interruption, par postes de huit heures au plus, k lapondre^ ou mieut à la djnamite^

Chaque fois que cette galerie est avancée ieàki mètres, on peut ouvrir, à une petite distanee en arrière de TavanceiBeiift, un cbao-

lier d'égale largeur pour battre au large toute la partie supérieure delà section.

Reste à lever le stross, oecupant la partie inférieure sur les f de la hauteur du souterrain. On l'abat successivement, en 2 ou 3 gradins formant autant d'ateliers distincts.

On voit qu'on peut occuper ainsi, en les répartissant sur une certaine longueur, un assez grand nombre d'ouvriers.

Cette longueur comprendra, par exemple, 4 mètres pour l'avancement de la petite galerie, autant pour le battage au large sur une face, et une dizaine de mètres peut-être pour chaque gradin, soit en tout environ 40 mètres, lorsque le travail sera en pleine activité.

Ce mode de travail est représenté figure 128. C'est celui qui a été décrit au chapitre V, lorsqu'il a été question de l'abattage en général.

(IBf 8) Lorsque le terrain, quoique encore solide, demande àétre aoutenu provisoirement par un boisage ou blindage, et à être bientôt muraille, on peut procéder de la manière suivante :

La galerie d'amorce étant avancée sur un certain nombre de mètres et boisée selon les besoins, on opère sur une reprise d'une longueur de S à 5 mètres , 4 mètres au plus, en battant au large, à droite et à gauche, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une excavation capable de recevoir la maçonnerie de la voûte.

On boise cette excavation avec des soUilSj c'est-à-dire avec des buttes placées en divergeant, à peu près suivant les rayons de la voûte* soutenues par le pied sur une forte semelle, ou entrait, formée de deux pièces assemblées par un trait de Jupiter, pour faciliter la mise en place et la dépose, et occupant toute la largeur de l'excavation. On place un semblable soleil aux deux bouts de l'excavation, et un troisième au milieu, s'il est nécessaire. Selon la nature du terrain, chaque butte est appuyée directement contre le rocher, ou par rintermédiaire d un écoin plu» ou moins long, formant gar. nissage.

Ce boisage achevét on doit procéder immédiatement à la pose de la voûte. Pour cela, on place sur le sol, pour constituer les coussinets de la voûte, des sablières formées d'épais madriers en bois de

dOO COURS D'EXPI/OITAnON DES MINES.

chêne, on met les cintres en place, et on commence à construire la maçonnerie départ et d'autre, à partir des naissances, enlevant successivement les buttes et les rallonges, bourrant derrière la maçonnerie et posant successivement de nouvelles douelles.

Lorsque les deux arcs de maçonnerie se sont rapprochés au point qu'il n'y a plus que quelques briques à poser pour former la clef, on les pose avec du mortier spécialement hydraulique ouduciment, en commençant, pour ces dernières briques, par poser la rangée de l'extrados avant la rangée de l'intrados.

Ce travail répété sur plusieurs reprises consécutives, on a une excavation de longueur quelconque, munie d'une voûte continue, dont les coussinets reposent sur une série de madriers qui portent sur le sol, ainsi que sur les entrai ts du boisage primitif.

On fait alors, à droite et à gauche de cette première excavation et à Taplomb de l'intrados, deux excavations d'une longueur quelconque, d'une largeur de l^^fSC au plus, et qui descend jusqu'au niveau du radier. Ces deux espèces de tranchées laissent entre elles une mass.e de rocher qui sert à supporter les enlraits, et par conséquent contribue à maintenir en place les madriers des naissances.

Cela fait, on bat au large, par reprises d'une certaine longueur, en dessous des sablières, et l'on soutient celles-ci, au besoin, par quelques buttes, à mesure que leur face inférieure est mise à découvert. Dans le vide créé parce battage au large, on élève un pilier de maçonnerie, laissant, à ses deux extrémités, les pierres d* attente nécessaires pour le raccorder avec le pilier contigu.

Chaque pilier est ainsi poussé jusqu'à être en contact avec les sablières, et l'ensemble de ces piliers, convenablement raccordés, forme une maçonnerie continue, servant de pied-droit à la voûte.

Il ne reste plus alors qu'à enlever le massif central, et, si cela est nécessaire, à placer le radier, qu'il est très-facile de pousser jusque sous les pied-droits pour leur servir de point d'appui.

Ce travail revient en définitive :

1* A pousser une galerie au fat te de l'excavation, puis à battre au large à droite et à gauche, et à mettre la voûte en place;

V A pousser ensuite deux tranchées étroites, dans chacune desquelles on bat au large , sur la droite dans l'une, sur la gauche dans

Tautre, jusqu'au-dessus des sablières, et à poser les pied-droits ;

y A enlever, enfin, à loisir , le massif laissé entre ces deux tranchées, et à poser, s'il y a lieu, le radier complétant la maçonnerie.

Ce système suppose que le terrain a une certaine consistance ;

de telle sorte que le massif réservé entre les deux galeries inférieures contribue matériellement à soutenir la voûte par l'intermédiaire des

entraits qui reposent sur lui. Ce massif serait inutiley s'il ne remplissait pas cet objet, et il serait nuisible, s'il avait besoin lui-même d'être étayé pour maintenir ouvertes les deux tranchées inférieures.

(J&t9) Quand cette circonstance se présente, ce qui suppose qu'on est en mauvais terrain, demandant habituellement un muraillement elliptique complet, avec radier en voûte renversée, la meilleure marche à suivre parait être d'imiter le procédé décrit au n" 195 pour les galeries de mine ordinaires, établies dans des terrains de ce genre, et qu^on veut murailler immédiatement.

La seule différence c'est que ce muraillement immédiat, facultatif avec les galeries de mines, est obligatoire avec les tunnels à grande section.

Dans un cas semblable, le travail sera conduit de la manière suivante, en procédant par reprises de 3 à 4 mètres de longueur au plus:

On bat au large, à droite et à gauche de la galerie supérieure, jusqu'à ce qu'on ait fait l'emplacement de la voûte ; on boise au fur et à mesure, au moyen de fortes rallonges appuyées longitudinalement contre le toit, engagées, par un bout, derrière le dernier bandeau de maçonnerie exécuté, et, par l'autre, dans une petite excavation faite dans le rocher du front de taille ; elles sont, en outre, soutenues par quelques piquets posés provisoirement.

On place des garnissages derrière ces rallonges, selon les besoins.

Le battage au large terminé, on pose sur le sol, en travers de Texcavation, en logeant leurs extrémités dans le terrain, deux grands entraits en deux pièces, qui servent chacun de base à un soleil, dont les buttes, posées en divergeant, soutiennent les rallonges en deux points, et remplacent les piquets provisoires.

L'excavation supérieure se trouve ainsi exécutée, y compris l'emplacement de la voûte ; elle est étayée provisoirement, mais on ne Ta pas encore poser cette voûte, comme dans le cas précédent, parce qu'on ne trouverait pas pour elle de point d'appui suffisant.

On creuse, dans Taxe du souterrain, une tranchée dont les parois sont à peu près le prolongement de celles de la galerie qui avait été tracée à la partie supérieure et qui n'existe plus ; on bat au large à droite et à gauche, on soutient les entraits à mesure que leur face inférieure est apparente, au moyen de quelques piquets posés obliquement ; puis, Télargissement terminé, on place de nouveaux entraits à l'aplomb des premiers, et sur ces entraits une série de buttes, les unes verticales, pour soutenir les entraits supérieurs, les autres obliques, pour soutenir les quelques rallonges qui doivent maintenir les parois de la nouvelle excavation.

Cela fait, on creuse une seconde tranchée à l'aplomb de la première et on recommence les mêmes opérations que ci-dessus, sauf que les buttes qui soutiennent et roidissent le second entrait, prennent leur point d'appui sur le sol.

On exécute ainsi, en trois fois, une excavation qui a 4 mètres de longueur suivant l'axe, et qui a la hauteur et la largeur nécessaires pour y loger la maçonnerie devant former le revêtement définitif.

L'état de choses est alors le suivant :

L'excavation est parfaitement boisée, malgré ses grandes dimensions, avec des pièces de longueur ordinaire, grâce à l'emploi des entraits.

Les buttes et les entraits correspondants constituent des fermes, au nombre de deux ou trois, une vers chaque bout, et quelquefois une sous le milieu des rallonges. Les entraits de ces fermes sont convenablement entretoisés.

Le front dé taille est maintenu au besoin, s*il tend à pousser au vide, au moyen de madriers arc-boutés par des contre-fiches.

En avant de cette excavation se trouve la galerie supérieure dont on continue Tavancement. En deçà se trouve le muraillement de la reprise précédente, qui vient d'être terminé et qui supporte les extrémités des rallonges de l'excavation encore boisée.

11 s*agit maintenant de murailler celte excavation. Pour cela, on

EXGAVAnOHS DB tOti^U BT DB DIHBIISIONS SPÉCULES. WS

po8e d'abord le radier en forme de Toûte renversée ; il est en bri« ques ou en moellons, mais il se termine de part et d'autre par des pierres d'échantillon taillées de manière à former coussinet pour le muraillement elliptique, ou & plusieurs centres, dont les parois latérales et supérieures du tunnel doivent être revêtues.

On construit cette maçonnerie en se guidant sur des gabarits convenablement placés ; à mesure que les assises s'en élèvent, on été les rallonges et les garnissages, et Ion bourre exactement tous les vides.

Arrivé à la voûte proprement dite, on met les cintres en place et successivement de nouveaux rangs de douelles à mesure que la maçonnerie avance; on continue d'enlever les rallonges autant que possible. Pour celles qu'il faut laisser en place, de peur d'amener des éboulements immédiats, on leur ménage dans la maçonnerie un logement qui leur présente un certain jeu, ce qui permettra éventuellement, lorsqu'elles ne seront plus en serrage, de les tirer en avant pour le boisage de la reprise suivante. On bourrera, aussi bien que possible, le vide qu'elles laisseront par suite de ce déplacement.

Tel est le système qui semble pouvoir être suivi dans le cas de terrains assez ébouleux, mais non entièrement dépourvus de consistance.

On remarquera comment on parvient, dans ce système, à boiser, avec des buttes de dimensions ordinaires et maniables, une excavation ayant une section aussi grande que l'on voudra ; comment, aussi, on arrive à substituer à ce boisage un muraillement exécuté tout d'une pièce de bas en haut, par conséquent dans de meilleures conditions de liaison et de solidilt que si l'on avait opéré par reprises descendantes.

La figure 192 représente une coupe transversale du système, au moment où l'excavation étant complète et encore entièrement boisée, ou a posé le gabarit à l'aide duquel on va construire le radier et les premières assises de la voûte.

{9ZO) Nous venons de dire que le système ci-dessus s'applique à des terrains qui ont, bien qu'ébouleux, une certaine consistance.

Que devrait-on faire si celte dernière condition n*était pas remplie, et qu'on eût affaire à des terrains coulants?

Je crois qu'on peut répondre que le mieux serait de change' U tracé du canal ou du chemin de fer projeté, pour éviter d'avoir à traverser en tunnel de semblables terrains. Que si ce point du tracé était absolument imposé, on peut penser que celte traversée constituerait une excessive difficulté, mais non pas peut-être une impossir bilité absolue.

Le procédé à suivre devrait être analogue à celui qui a été suivi par le célèbre Brunel, pour le tunnel qu*il a établi sous la Tamise.

Ce système, caractérisé par l'emploi de ce que Brunel désignait sous le nom de bouclier, repose, au fond, sur les mêmes principes que le procédé qui vient d'être décrit.

Il faut se représenter que la maçonnerie s'exécute, par une série de reprises de petite longueur, sur tout le périmètre du tunnel. Le bouclier, qui est placé en avant de la dernière reprise, est un grand cadre métallique divisé par des cloisons en un certain nombre de compartiments. Chaque coinparliment, dont les bords externes sont tranchants, est fermé par une porte mobile qui peut être plus ou moins enfoncée dans ce compartiment. Le travail d'avancement se fait en ouvrant ces compartiments les uns après les autres, grattant ou laissant couler le terrain et refermant aussitôt.

On avance le bouclier tout entier au moyen de sortes de crics à vis, ou mieux encore au moyen de presses hydrauliques, qui agissent horizontalement en prenant leur point d'appui sur le dernier bandeau de maçonnerie exécuté. Pendant qu'ils agissent on règle la position des portes dans leurs compartiments respectifs, en leur permettant de reculer .peu à peu, à la demande du terrain qui les pousse par derrière.

L'intervalle entre le bouclier et la maçonnerie est entièrement garni par une série de longues et étroites palplanches en fer, dont les extrémités sont toujours maintenues derrière la maçonnerie d'une part, et contre la tranche du bouclier d'autre part, et qu'on peut toujours faire avancer en les prenant les unes après les autres.

Tel est à peu près le système, plus facile à concevoir et à décrire qu'à exécuter, qui a été suivi par Brunel.

Ce travail à coûté beaucoup de temps et beaucoup d'argent, et il est resté jusqu'à présent unique dans son genre.

On peut trouver des terrains plus difficiles que les alluvions de la Tamise ; on trouvera rarement un ingénieur aussi intelligent et aussi plein de ressources que l'était Brunel,

Aussi peut-on penser que ce système pourrait, dans plus d'un cas, rester en échec, et qu'on doit, en définitive, n'aborder le problème de rétablissement d'un grand tunnel en terrain très-coulant que dans le cas où des nécessités impérieuses excluraient toute variante de tracé permettant d'éviter ce travail.

{I^Zl) AsTMidissemciit d'un toniici. — Il est assoz habituel, quand on fait un chemin de fer de deuxième ordre, tout en ne lui donnant provisoirement qu'une seule voie, de réserver l'avenir, en faisant de suite, pour deux voies, tous les ouvrages d'art. Parfois aussi, quelques-uns de ces ouvrages eux-mêmes n'ont été faits que pour une voie, et la pose de la deuxième voie, si Ion se décide à la faire, entraine leur remaniement, ou* s'il s'agit d'un tunnel, l'agrandissement convenable de sa section.

Ce travail peut donc se présenter quelquefois à l'ingénieur. C'e&t ce qui a ( u lieu, par exemple, il y a quelques années, pour le souterrain de Terre-Noire, sur la ligne de Saint-Étienne à Lyon.

On peut, en principe, considérer le souterrain à section réduite, comme étant, en quelque sorte, Féquivalent de la galerie amorce dont il a été parlé dans les numéros précédents, et le travail d'élargissement comme une sorte de battage au large. Seulement, ce travail doit s'exécuter sans arrêter aucunement le service des trains qui circulent dans le tunnel. Cette sujétion sera généralement tout à fait obligatoire.

On commence par mettre en place un plancher solide en forts madriers, dit plancher de sûreté, à la hauteur strictement suffisante pour laisser passer les locomotives, en raccourcissant, s'il le faut, les cheminées de celles qui font le service du tunnel. C'est su^ ce plancher que se posent les ouvriers et qu'on reçoit les déblais provenant du battage au large, ou les matériaux nécessaires pour la nouvelle voûte ; des ouvertures, ménagées de distance en dis- A 20

tance dans ce plancher, mettent les ouvriers en communication avec les wagons qu'on leur amène dans l'intervalle du passage des trains réguliers. Le travail se fait en crevant Tancienne voûte sur un point à la hauteur des naissances, se plaçant ainsi à Textrados de cette voûte et battant au large pour faire l'emplacement de la voûte à lui substituer.

L'excavation est boisée provisoirement avec des piquets dont le pied repose sur le terrain ou sur le plancher de ^reté. On pose les cintres et Ton construit la nouvelle voûte. Celle-ci s'appuie d'un côté sur le terrain, s*il est assez sol ide^ ou sur un cours de sablières reposant sur le terrain, et de l'autre côté sur le pied-droit de l'ancienne maçonnerie.

Ce premier travail terminé et le plancher de sûreté enlevé, on se replace au niveau du sol de la galerie, et on bat au large sur un côté, en procédant par reprises de 2 mètres à 2*^,50 ; puis on élève les pieds-droits jusque sous la sablière.

De l'autre côté, après avoir déplacé la voie, on refait en entier ou on répare l'ancien pied-droit resté en place.

La figure 193 représente les phases successives de l'opération cidessus décrite.

(ItZI^) Ces exemples d'ouvrages , ou de travaux d'art spéciaux, pourraient être multipliés ; mais ceux qui viennent d'être indiqués suffisent pour exposer les principes à appliquer aux différents cas qui se présenteront dans la pratique.

Les différents chiffres indiqués précédemment permettront d'évaluer approximativement le coût d'un ouvrage de ce genre, en tant qull s'agit de V excavation et du sotUènemeni exécutés dans des conditions moyennes.

Mais à ces nombres s'ajoutent naturellement les dépenses accessoires de transport intérieur et d'extraction qui peuvent varier beaucoup, celles d'épuisement qui peuvent varier bien davantage, enfin celles, qu'il est impossible de chiffrer d'avance, des accidents auxquels on est exposé, dans le cas de terrains très-difficiles.

C'est ainsi, par exemple, qu'on a fait des tunneb de p^te loin gueur. dans des terrains faciles, pour moins de 700 francs par më-

tre courant, toutes dépenses comprises; qu'un prix de 1,000 francs le mètre peut encore être considéré généralement comme très-favorable ; qu'on peut admettre un prix de 1,500 à 2,000 francs dans des terrains durs; mais qu'on pourrait citer des exemples de 3,500 à 4,000 francs et plus, dans les circonstances où l'on a été gêné par les eaux et par la nature ébouleuse des terrains.

Un examen spécial est donc nécessaire, lorsqu'on a un travail de ce genre à entreprendre, pour chercher entre ces limites, nécessairement fort écartées, le prix qui pourra convenir au cas où Ton se trouve; et avec quelque soin que cet examen soit fait, on ne peut espérer arriver à un résultat bien précis, à cause des éventualités dont la part est, comme nous venons de le dire, impossible à faire à l'avance.

Un semblable travail ne peut guère être exécuté enrégie pu re et simple par une grande compagnie, sous peine de donner lieu à des gaspillages de main-d'œuvre difficiles à éviter ; d'un autre côté, un entrepreneur, qui s'en charge à un prix ferme, doit nécessairement tenir compte des chances malheureuses qu'il est exposé à rencontrer, et il en résulte une charge stérile pour la compagnie, si ces chances ne se présentent pas.

Il paraît donc préférable, soit d'employer directement un système de tâcherons, qui se chargent, sur séries de prix, des ouvrages divers que comporte l'exécution du travail, soit d'établir un système de régie intéressée, dans lequel Tagent chargé de l'exécution participe, dans une proportion déterminée, au bénéfice réalisé en fin de compte sur un certain prix de revient, évalué à l'avance et servant de base«

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