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EXEMPLES DIVERS DE GISEMENTS

(40) Les indications générales données dans le chapitre précédent sur l'origine et sur les modes de formation des divers gisements de substances minérales, ainsi que sur les circonstances trèsvariées que peut présenter l'allure de ces gisements, doivent être familières à toute personne qui veut s'occuper, à un point de vue technique, de l'industrie des mines. Elles sont également nécessaires, soit pour l'établissement d'un projet rationnel de travaux d'aménagement sur un gf te donné ou sur un ensemble de glles, soit pour la conduite journalière des travaux d'exploitation.

Nous considérerons ici quelques exemples de ces gisements, en insistant sur les circonstances particulièrement intéressantes pour le mineur, que peut présenter chacun de ces exemples.

(41) D'abord, quant à l'échelle sur laquelle ces gisements se présentent, il faut concevoir qu'elle varie entre les plus larges limiteSj depuis des dimensions insignifiantes, absolument impropres à justifier toute tentative d'exploitation industrielle, jusqu'aux plus vastes proportions contenant des quantités de matières utiles, qui suffiraient, pour un grand nombre d'années, aux besoins de la consommation du monde entier.

L'exemple le plus remarquable que l'on puisse citer à ce dernier point de vue, est celui du grand bassin houiller à l'ouest des Alleghanys (Étals-Unis d'Amérique). Une seule couche de houille de ce

bassin, dite Pittsburgseam, d'environ V^^20 d'épaisseur moyenne (comprise entre 1 mètre et 4 mètres) « y a été reconnue sur une étendue superficielle de 14,000 milles carrés anglais, et semble avoir occupé, avant d'être dénudée, au moins 34,000 milles. Même réduite à son étendue actuelle, celte couche occupe encore plus de 3,600,000 hectares. A 2 tonnes de houille par mètre carré (ce qui semble un minimum), elle contient 72 milliards de tonnes» ce qui serait l'alimentation pendant plus de 300 ans du monde entier^ sur le pied actuel d'environ 210 à 220 millions de tonnes. Encore doit-on remarquer qu^îl ne s'agit que (Fune seule des couches d^un seul bassin houiller du pays. Si Ton considérait Tensemble des terrains houillers des États-Unis, on trouverait qu'ils occupent une surface totale de plus de 500,000 kilomètres carrés, presque égale à celle de la France entière, qui est de 56 à 57 millions d'hectares.

On peut citer encore, dans l'est de la France, le Luxembourg et la Lorraine, le beau gisement de minerai de fer hydroxidé oolithique, qui se trouve en couche dans le terrain jurassique, au-dessus des marnes supraliasiques.

Ce gisement existe, d'une manière à peu près continue, sur la rive gauche de la Moselle, depuis Nancy jusque vers Luxembourg, se montrant au jour sur les flancs de toutes les vallées qui aboutissent au grand escarpement limitant à l'est le plateau jurassique de la Meuse et de la Moselle. Sa longueur, du nord au sud, est d'au moins 100 kilomètres. Sa largeur, estimée seulement d'après la distance maxima, de l'est à l'ouest, des points reconnus jusqu'ici sans travaux d'épuisement, dépasse certainement 20 kilomètres (au moins dans la région du nord) . En admettant le rendement moyen de 3 tonnes par mèlre carré, on en conclura, avec une superficie assurément supérieure à 200,000 hectares, une quantité dépassant six milliards de tonnes. C'est pour l'ensemble des usines qui s'alimentent sur ce gite, quelle que soit leur activité, un avenir, en quelque sorte, indéfini, à compter, non par siècles, mais par milliers d'années.

C'est en outre, relativement à la consommation annuelle du fer dans le monde, à peu près la même proportion que nous donnait Texemple précédent relativement à la consommation de la houille. Il est clair que des gîtes d'une telle richesse ne sont nulle part

nOD'lBS HIVERS HE GISEMENTS. »

appropriés dans les mains d'une seule compagnie d'exploitation ; une compagnie de ce genre n'a ordinairement, sur un gîte d'une certaine importance, qu'une concession d'une étendue limitée. Elle est oonsidérée comme étant dans une condition satisfaisants d'avenir, lorsqu'elle a devant elle, sur un pied d'activité en rapport avec l'importance de ses frais généraui^ une exploitation assurée pour un temps qui lui permette d'amortir, avec une annuité modérée, l'intégralité du capital de premier établissement qu'elle a lengagë dans l'affaire.

Cette dernière considération est tout à fait essentielle, et l'on peut dire que, quelle que soit la nature d'un gite, quelle que soit la richesse du minerai qu'il fournit, la première condition qu'il doit remplir pour qu'il soit ntilement exploitable, pour qu'il ait une valeur inàustrielle apprédable, indépendamment de l'intérêt qu'il peut présenter d'aiU^irs au point de vue scientifique, c'est que la matière à exploita s'y trouve avec une abondance suffisante. On ne saurait trop insister sur ce point, et répéter qu'on ne sait, pour ainsi dire, encore rieti d'une mine, lorsqu'on n'a que la connaissance minéralogique et même chimique d'un échantillon qui en provient. Un échantillon de galène^ par exemple, peut être aussi riche en plomb que le comporte la composition théorique de ce minerai ; il peut avoir une teneur en argent aussi considérable que l'on voudra, sans qu'il en résulte aucune présomption de l'exploi* tabilité du gite qui a fourni cet échantillon. Tout ce qu'on doit en conclure, c'est qu'il peut y avoir là matière à un examen ultérieur; mais toute autre conclusion plus positive serait prématurée.

(4US) 11 n'entre pas dans notre cadre de donner une description détaillée, des monographies, des divers bassins houillers ou autres gisements importants. Ces descriptions sont essentiellement du domaine de la géologie. On se bornera donc à un petit nombre d'exemples, choisis de manière à reproduire les principales circonstances d'allure indiquées au cours du chapitre précédent.

(43) 1" Exemple. — BamIii JboidUer dn «otwliaat 4e

Le bassin de Jf ons est à peu près vers la partie centrale d'une for-

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mation houillère très-étendue, qui, sauf certaines interruptions locales, les unes contemporaines pçut-ètre du dépôt, les autres dues souvent k la superposition de terrains plus modernes, peut se suivre au jour depuis le bassin de la Ruhr (Westphalie), en passant par Aix-la-Chapelle, Liège, Namur, Charleroi et Mons, jusqu'à Yalenciennes, Douai, Béthune, Hardinghem, et se rattache peut-être au bassin houiller du Pays de Galles, en passant sous les terrains secondaires du sud de TAngleferre.

Tous les bassins houillers distribués sur cette longue zone sont orientés suivant deux directions principales, dont le point de convergence est à Douai ; ils ont des traits généraux de ressemblance, qui conduisent à les considérer comme contemporains et comme formés dans les mêmes conditions. Ils ont le caractère de dépôts marins, formés dans des golfes étroits et profonds, que dessinaient les replis et contournements des terrains de transition sur lesquels ils reposent. La coupe (fig. 35) est faite à peu près, du nord au sud, perpendiculairement à la direction générale des couches.

On fera à l'occasion de cette coupe diverses observations :

1*^ Le nombre des couches qui y sont indiquées est très-considérable ; si Ton imagine qu'on les ait toutes prolongées jusque sous la partie centrale du bassin, en leur conservant à peu près leur parallélisme, on trouve pour Tensemble du terrain houiller une épaisseur qui approche de 3,000 mètres.

Ce nombre de couches et cette grande épaisseur totale indiquent, à la fois, la fréquence des dénivellations que subissait le fond du bassin et la puissance de l'action sédimentaire, pendant que le terrain houiller se déposait.

2* Toutes les assises du terrain présentent dans la région du sud une série de replis, ou de dressants et de plateurs, indiquant une action violente, postérieure au dépôt, qui s'est fait sentir, à la fois, pour soulever ces assises et pour les refouler latéralement vers le nord.

Il a dû en résulter à la surface du sol, immédiatement après le soulèvement, un profil excessivement accidenté, dont il ne reste plus trace aujourd'hui; le terrain houiller atleint seulement un niveau un peu plus élevé au sud qu'au nord ; mais le tout est re-

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