EIEMPLES DIVERS DE GISEMENTS
Les mines du Gomouailles sont exploitées depuis très-longtemps. Dès répoque la plus reculée, les Phéniciens tiraient du Cornouailles de l'étain, obtenu en traitant le minerai d'alluvion, qu'on exploite encore aujourd'hui sur quelques points ; ensuite est venue l'exploitation souterraine, d'abord pour étain et ensuite pour cuivre.
Beaucoup de ces mines sont intéressantes par l'ampleur de leurs installations, surtout en ce qui concerne l'épuisement. C'est dans ce district que la vapeur a été d'abord employée à ce travail d'épuisement sur une grande échelle, et que, par une longue suite d'études, les machines à vapeur ont reçu un grand nombre de perfectionnements, et ont finalement constitué le type connu sous le nom .de machines du Cornouailles.
(51) 9' Exemple. — «ne «e Motrh^alM (Satttte-et-I.alre). —
Gomme exemple de gtte en amas^ on peut dter la houillère de Montchanin, qui appartient à la partie méridionale du grand bassin houiller du département de SaAne-et-Loire.
L'amas principal exploité s'est présenté sous la forme d'un renflement ayant environ 600 mètres en direction, 50 mètres et plus de puissance au milieu, et 150 mètres suivant l'inclinaison, plongeant vers le nord sous un angle d'environ 70*^. Les coupes horizontales {fig. 44), prises à deux profondeurs différentes, donnent une idée de l'allure remarquable de ce gite. . n a été reconnu que cet amas principal était accompagné d'au* très amas secondaires situés dans le même plan général de stratification, l'ensemble n'étant autre chose, en définitive,, qu'une grande couche, ou qu'une série de couches très-rapprochées l'une de l'autre, qui, sur d'autres points du bassin, ont leur allure réglée, et qui, à Montchanin, ont pris une structure en chapeleij remarquable par Fampieur inusitée avec laquelle cette structure s'est dessinée.
On aura une notion exacte de la disposition qu'affecte le gite principal de Montchanin, en se le représentant comme un gros renflement ou bouiliard^ une grande eouflée^ produite, sur un ensemble de couches séparées par de minces bancs de schiste, par le mode d'action qui a été indiqué au n^ 16. L'amas en question reatre donc entièrement, quant à son origine, dans la classe des
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gisements en couches. Ce gisement est une couche disposée en cfcapelet, si on le considère dans son ensemble ; c'est un amas^ si Ton considère spécialement le gros renflement dont nous venons de parler.
La disposition indiquée pour Montchanin se retrouve au Creusot, situé sur le versant nord du même bassin houiller.
Cette allure n'est d'ailleurs, dans l'ensemble du bassin, qu'une circonstance locale, puisqu'on retrouve sur d'autres points, spécialement à Blanzy, des couches de houille bien réglées, ou qui du moins ne sont accidentées que par des failles nettes, n'altérant pas en général leur puissance et ne rappelant aucunement la structure en chapelet.
(5!d) 10* Exemple. — mte de Moida (Algérie). — Le gisement de Mokta elHadid (Algérie), exploité depuis quelques années, et qui, en 1872, a fourni 572,000 lonnes déminerai de fer, exportées en totalité par le port de Bône, s'est présenté sous la forme d'un gros amas affleurant à la surrace sur le flanc d'une colline, et paraissant en stratification concordante avec les schistes anciens grenatifères, sur lesquels on le voyait reposer. La traversée horizontale du toit au mur a sur certains points jusqu'à 130 mètres de longueur ; mais en réalité l'amas peu incliné a une puissance de 15 à 20 mètres; il présente, en coupe horizontale, une forme grossièrement elliptique, ayant une surface moyenne d'un peu plus d'un hectare. Il est re« connu avec cette allure sur une hauteur verticale d'une centaine de mètres.
Cet amas n'est en réalité qu'un renflement accidentel d'une couche qui a été déjà suivie en galerie sur un millier de mètres au N.-O., avec une puissance moyenne de 5 mètres, et ç/'î. s'étend probablement aussi du côté opposé, vers l'ouest ou le S.-O.
Cette couclie est subordonnée à une grande assise calcaire qui se trouve intercalée dans le terrain schisteux, la seconde, en allant du mur au toit, des 5 ou 6 assises de même nature qui se répètent dans l'épaisseur connue de la formation schisteuse. Le minerai de fer semble ne constituer dans l'assise calcaire que des amas lenticulaires étendus, contemporains du dépét, comme si de divers points
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du bassin dans lequel le terrain se formait, étaient sorties des sources ferrugineuses plus ou moins abondantes. L*amas de Mokta se serait formé au voisinage d'un de ces points d'émergence.
Le gite dont il s'agit se trouve représenté sur d'autres points de TAlgérie, notamment aux Kharézas, sans qu'on puisse aucunement affirmer la continuité du gîte entre ces deux points, distants d'une vingtaine de kilomètres. On pourrait même penser que la discontinuité est la circonstance matérielle la plus vraisemblable, malgré l'analogie évidente et le synchronisme très-probable des deux formations.
C'est dans une situation géologique tout à fait analogue que paraissent se trouver les gîtes de Sardaigne, probablement ceux de l'Anjou, ceux de Suède, ceux du lac supérieur, etc. ; de sorte que la formation de ces terrains anciens paraîtrait avoir été accompagnée, sur divers points, d'émissions ferrugineuses considérables, analogues à celles qui se sont produites à d'autres époques ; ces divers gisements seraient donc identiques au point de vue du mode de formation, (quoique fort différents par le faciès, à cause des phé^ noaiènes de métamorphisme auxquels ils ont été exposés, et difTéfents aussi par une teneur habituellement plus forte et par une qualité supérieure) aux minerais qu'on connaît dans les terrains secondaires, tels, par exemple, que ceux du N.-E. de la France, dont nous avons parlé plus liant (n^ 41), et qui se retrouvent encore sur d'autres points en très-grande abondance, notamment en Angleterre, dans le Cleveland.
(63) 11' Exemple. — cute d« Stahiberg pré» mmamt. — Comme autre gisement de minerai de fer en amas, nous citerons le célèbre gisement de fer spathiquedu Stahlberg, représenté en coupe fig. 45 ; gisement remarquable, comme le précédent, par la qualité du minerai, fournissant la fonte dite spéculaire {Spiegel Eisen), à laquelle le grand développement donné dans ces dernières années au procédé Bessemer assure un débouché spécial.
(64) 12* Exemple. — taiMMait ém fer fovt de Mat-Pancré
(■MeUe). — Dans le même pays, où s'étend l'immense gisement
de minerai de fer mentionné au n^ 41 d-dessus^ on en trouve d'autres qui en différent essentiellement^ par leur âge qui est beaucoup plus récent, par le mode de formation, p^r leur étendue qui est relativement limitée, ainsi que parleur richesse et par leur qualilë qui sont supérieures.
Ces gites sont des amas, ou plutôt une série d'amas, disposés dans des cavités, ou répandus à la surface, dont Torigine est exactement celle des minerais improprement nommés d'alluvion, décrite au n* 39.
Au lieu d'avoir un gisement en couche^ comme l'hydroxyde oolithique dont nous avons parlé, on a un gisement en amas^ dont le mécanisme de formation est plutôt analogue à celui d'un filon*
Aussi le premier gisement, l'hydroxyde oolithique, a-t-il tendance à donner des fers à grain, à cause du phosphate de chaux contenu dans les fossiles qu'on y observe assez fréquemment, et les seconds a\i contraire à donner des fers à nerf y à cause du soufre que contiennent en général ces minerais de fer en amas.
La figure 46 représente une coupe horizontale de l'un d'eux, celui de Saint-Pancré. On voit comment les diverses poches, ou cavités, dont se compose le gtte, ont, dans leur irrégularité, une certaine iCbdance à s'aligner dans des directions déterminées. On doit consMérer que ces poches ainsi alignées étaient des fentes qui ont été remplies par dissolution ; qu'elles constituent ainsi, quant à l'origine, de véritables filons; que la structure en chapelet est due à ce que les roches encaissantes pouvaient varier de whAiliié, ou les liqueurs acides qu'elles contenaient de composiUan^ d'un point à un autre, et produire ainsi une ou plusieurs séries d'amas, ayant dés dimensions trés-variables, et reliés les uns aux autres par des coubirs phis ou moins étroits.
(65) Les divers exemples ci-dessus (n** 43 à 54) montrent comment se présratent des gisements en couches, des gisements e& filons, et enfin des amas, ayant soit Porigine d'une couche, soit l'origine d'un filon, mais qui en différent en ce qu'ils n'en ont pas les caractères géométriques ' On voit quelle extrême vanèté oes memeots peuvent offirîr. soit
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quant à leur étendue, soit quant aux détails de leurs allures, et Ton conçoit que pour apprécier la valeur d'un gisement donné, aucune considération théorique a priori ne puisse suppléer à l'observation directe des faits.
La marche à suivre pour cette observation, et la juste appréciation des conséquences à déduire des faits constatés, sont des choses avec lesquelles les ingénieurs doivent arriver à se familiariser. La première peut être systématiquement exposée, comme on le verra ci-après ; mais la seconde est éminemment personnelle à Vingénieur; elle suppose des connaissances théoriques générales, une certaine sagacité natarelle, et aussi ^ne expérience acquise ft laquelle rien ne peut suppléer.
J'insiste sur ce dernier point, et je considère que l'éducation d'un ingénieur n'est complète, au point de vue qui nous occupe, que quand il a vu, par lui-mime et dans le dertUer détail^ un grand nombre et une grande variété de gisements.