CHAPITRE PREMIER
Du bassin de la femme consîdéré par rapport à f accouchement.
Le bassin doit être considéré comme un canal qui lîvrç passage au fœtus pendant Faccouchement ; il ne concourt donc a cette fonction mécanico-naturelle que d'une manière passive. Cependant il est de la plus grande importance de l'étudier, soit dans l'état sec, ou tel que le squelette le présente aux yeux de Tanatomiste, . soit dans l'état naturel , ou avec les parties molles qui le recouvrent de tous côté^ à l'extérieur et à l'intérieur. Cette double manière d'envisager le bassin est la plus avantageuse pour en connaître la situation , la direction , la «trUcture, la forme ou configuratioïi ; pour en mesurer les dimensions dans f état de bonne et de mauvaise eonfermation, et pour apprécier les changemens ou modifications que les parties charnues apportent dans sa fcwpme et tlans sa capacité.
ARTICI^ PREMIER.
Du bassin dans l'état sec, ou sur le squelette.
Pour avoir une idée du bassin dans cet ëtat , il faut le consi' dérer sur le squelette de la fetnme adulte, lorsqu'elle est parvenue au moins à sa dix-huitième ou vingtième année. C'est ordinairement à cette époque de la vie que les jeunes filles, surtout dans les climats tètiiijpérés de l'Europe, s'engagent dans les liens du mariage, parce ^qu'dlés sont alors en général le plus capables de devenir mères ; plus jeunes , il est rare qu'elles aient une constitution assez forte, ou que leur bassin ne soit pas trop faible pour supporter le fardeau de la grossesse et le travail de l'accouchement ; à un âge
5 lus avancé, au contraire, il est -à craindre que les pièces osseuses ont ce canal est composé ne soient trop solidement articulées, ou maintenues en contact par de trop fermes ligamens pour livrer au fœtus une voie libre, commode et facile. Les accoucheui's et les médecins ne manqueraient certainement pas d'exemples pour prouver que les femmes ont acheté quelqueK)is bien cher les plaisirs de la maternité dont la jouissance avait été précoce ou tarmve.
SECTION PREMIÈRE
De ia sùî^tion du bassin m
Le bassin est situé à l'extrémité inférieure de la colonne vertébrale , dont il forme pour ainsi dire la base, et avec laquelle il Particule ; il est placé encore au-dessus et entre les membres abdominaux , auxquels il sert de point fixe, et avec lesquels il s'articule également ; d'où il i^ésulte que ce canal termine en bas la cavité abdominale dont il renferme et soutient en partie les viscères, principalement l'extrémité inférieure de l'intestin , la vessie avec son conduit excréteur, et les organes de la génération. Si l'on réfléchit maintenant que le bassin est invariablement attaché aux os qui composent le reste du squelette, qu'il occupe la partie la plus déclive du tronq, qu'il correspond au centre de gravité de tout le corps, et aux principaux émonctoires par où sortent les restes impurs de la digestion , on ne peut méconnaître dans cette disposition le but de la nature sous le rapport de l'accouchement. On voit quelle s'est proposé, non-seulement de maintenir le bassin dans fétat d'àmmobihté, pendant qu'il livre passage au fœtus, mais encore de faire concourir à l'expulsion de ce dernier toutes les puissances qui agissent pour expulser les excrémens.
SECTION II
De la direction du bassin.
La direction du bassin varie dans les différentes attitudes du <;orps ; il est oblique de haut en bas et d'avant en arrière, ou bien il approche, soit de la verticale, soit de l'horizontale, suivant que la femme est debout , assise ou couchée à la renverse. La connaissance de toutes ces directions, loin d'être indifférente, est au con-
traire de la plus grande utilité pour les accoucheurs qiiî ^^uleut pratiquer convenablement sur le bassin de la femme les manœuvres relatives à leur art; il serait en effet bien difficile, pour ne pas dire impossible, de porter la^main dans ce canal osseux et d en extraire le fœtus , quand la nature ne peut Ten expulser, sans savoir la direction qu'il faut suivre pour y arriver et pour en sortir.
SECTION m.
Z^. la structure du bassin*
Dans rage adulte, seule époque de la vie où la femme devient ordinàii'ement mère, le bassin ii est composé que de quatre pièces osseuses , savoir : des deux os des hanches ou des lies , du sacrum* et du coccix ; on pourrait y ajouter les deux dernières vertèbres lombaires, ce qui en ferait alors six. La structure du bassin chez le fœtus en offre un bien plus grand nombre ; mais elle ne pourrait faire l'objet de cet article, sany jeter une certaine confusion dans les idées. En attendant qu'il en soit question ailleurs , nous nous bornerons à examiner ici , par une sorte d'analyse, chacun des os qui forment le bassin de la mère ; nous les réunirons ensuite tous les quatre ou tous lès six par une sorte de synthèse, pour en mieux embrasser l'ensemble et le résultat.
S I*'.— /)ej os des hanches ou des îles.
Les os des hanches ou des îles forment les parties latérales du bassin , et se re'unissent pour en former aussi la partie antérieure. Us sont grands, larges , pairs , et très-irrégujièrement épais. Leur face interne regarde l'intérieur du bassm , et leur face externe présente une cavité pi'ofonde , nommée cotyloïde , qui sert de centre et de point fixe à la tête du fémur pour l'exécution de ses mouvemens.
On y distingue trois régions^ dont la première, supérieure et
Sostérieure, a reçu le nom àHlium ; la seconde, antérieure, celui e pubis, et la troisième, inférieure, celui d'ischium. I®. L'ilium , la plus étendue de ces trois régions , a une forme à
Feu près triangulaire , et présente deux faces , l'une externe et autre interne ; trois bords et trois angles.
La face externe de l'ilium , un peu convexe en avant, et légèrement concave en arrière, n'est presque d'aucune importance sous le rapport des accouchemens.
La face interne offre plus d'intérêt. Une ligne anguleuse, obli-
3ue de haut en bas , et de derrière en devant , assez tranchante ans sa moitié ou dans ses deux tiers postérieurs , et plus arrondie dans le reste de sori étendue, divise cette face en deux portions , l'une supérieure et l'autre inférieure. La première, qui est assez large, porte le nom de fosse iliaque, à cause de sa concavité; la seconde , parsemée en arrière de tubercules auxquels s'attachent des tendons et des ligamens , présente un peu plus en avant une empreinte articulaire, assez semblable à une feuille à^azarum ou de
4 pRirrciPES
cabaret) sur laqnelleon distingue une infinité de petites < et de petites cavités. Le reste de cette portion n'a plus rien da remarquable.
Le bord supérieur de Tilium, le plus long des trois , est une espèce de crête, dont les deuz extrémités aont contournées en sena inverse, à peu près comme celles d'une S italique. Si l'on en considère l'épaisseur, on y distingue un interstice et deux lèvres , dont l'interne offre, vers le tiers postérieur de sa longueur, une espèce de saillie plus ou moins obtuse, à laquelle vient s'insérer un ligament qui , par l'autre extrémité, s'attache 4 l'apophyse transverse de la dernière vertèbre lombaire.
Le bord antérieur, plus court que le supérieur, préaaite deux édiAncrures, dont l'une è^ plus large et moins superfici^e que l'autre. Elles sont séparées par une apophyse qil'on appelle Vépina intérieure et infériewe de Z'iiim»,
Un prolongement osseux partage aussi le bord postérieur en deux échancrures , dont la plus grande et \k plus profonde ne fcurme que le sommet d'une autre bneaucoup plus grande encore» à iiaqueDe on donne le nom d^échancrure sacro^iscluatiaue.
Ltea trois angles de l'iKum ne sont que des tubercules qui résultent de la rencontre de ses trois bords. La crête de l'os des lies forme, avec le bord antérieur, un ane\e obtus , qu'on nomme ^ine supérieure et antérieure, pour la distinguer de ceUe qui a été déjà remarquée ; la réunion de cette même crête avec le bord postérieur o^re un angle de même nature, auquel on a donné le nom A'épine supérieure et postérieure } enfin le bord antérieur et le board posté* rieur se* réunissent en une masse osseuse que plusieurs anatomistes ont regardée comme la base de l'ilium , i cause de son volume et de son épaisseur.
2^ L'iscbium présente deux faces, deux extrémités et deux, bords. L'une des faces , externe, convexe et inégale, n'oflre de remarquable que la cavité cotyloi'd^, dont la forme est demi-sphérique, et dont le bord très-saillant, échancré à sa partie interne, est surmonté, dans l'état frais, d'un sourcil cartilagineux qui en augmente la profondeur.
L'autre face, interne, lisse et peu concave, s'étend du détroit supérieur au détroit inférieur; elle offre un plan incliné de haut en bas, (Carrière en aidant, et de dehors en dedans j^ dont la situation et la direction doivent être méditées des accoucheurs.
L'extrémité supérieure, la plus large et la plus épaisse, se confond avec la base de l'ilium , tandis que l'extrémité inférieure , forme une grosse éminence qui porte le nom de tubérosité ischiatique, et est surmontée d'une petite branche qui se réunit avec la branche descendante du pubis.
Le bord antérieur ou interne concourt à former le trou ovalaire ou sous-pubien , et le bord postérieur ou externe regarde l'échancrure sacro>ischiatique. Ce dernier oflre vers son tiers inférieur une éminence saillante , triangulaire , oblique «en arrière et en bas, qui porte jie nom à'épine ischidtiqufi.
DE UART DMB ÀCCOUGHEMENS. 5
30 Le fvhiBi p«ut se divisai ça deux Inrançhes, l'une sapërieure ou sus^pubîeaue , et l'autre inférieure ou sous-pubienne : elles embrassent Qonjointement avec risckium le trou sous-pubien , ou ovalaire.
La brancbe «us-pubienne , presque triangulaire dans sa partie moyenne» s'aplatit en.s'ëlargisaant vers son extrémité antérieure, et s'ëpaissit au contraire du côte qui regarde Tilium ; d'où il résulte que la face supérieure de cet os , légèrement sinueuse et concave, est plus large en arrière qu'en avant , tandis que la face externe et la face interne présentent une disposition contraire. Des trois ' angles qui réunissent ces surfaces , le supérieur et interne forme une arête vive et tranchante ; l'externe , plus arrondi , se termine en devant par une sorte de tubérosité ou d'épine plus ou moins saillante, et l'inférieur, presque semiJunaire, présente vers son extrémité iliaque une espèce de gouttière ou de sinuosité qui se dirige obliquement d'arrière en avant, et de dedans en dehors.
La brancne sous-pubienne descend obliauement en arrière et sur le cdté; aplatiç sur ses deux faces et plus large à son origine qu'à sa pointe, elle n'^ que sept à huit lignes de longueur. Par une sorte de torsion imprimée à ce prolongement osseux de Tintérieur du bassin au dehors, l'un de ses bords devient presque antérieur et l'autre postérieur ; celui-ci , mince et courbe , regarde le trou sous-pubien» et celui-là, plu3 épais et plus droit, fait partie de l'arcade de même nom, ^
Chaque pubis présente à l'extrémité interne de sa branche supérieure une surface ovalaire qui regarde une face pareille du côté opposé^ avec laquelle, elle s'articule-
' S II. — De l'os sacrum.
Le sacrum est un oa impair» à deux faces , semblable à une pyramide triangulaire renversée , qui , par ses deux côtés , s'articule aVec les os des îlea, par sa base avec la colonne vertébrale, et par son sommet avec le cocoix.
La face interne en est lisse et concave ; on y remarque quatre ou cinq lignes transversales qui de chaque côté aboutissent à autant d'ouvertures d'inégalé largeur, dont quelques-unes , creusées très-obliquement dans 1 épaisseur de l'os , s allongent en forme de gouttière.
La face externe du sacrum est convexe et hérissée de tubercules qui répondent , soit aux apophyses épineuses , soit aux éminenees obliques et transverses des vertèbres. Outre deux rangées de trous, on y voit encore deux autres ouvertures à peu près triangulaires , qui terminent le canal creusé dans toute la longueur de l'os.
Les deux côtés du sacrum présentent supérieurement chaciin une face articulaire parfaitement semblable à celle de l'os îlium correspondant , mais coupée obliquement de haut en bas , de dehors en dedans , et d'avant en arrière ; d'où il résulte que cet os , plus large en devant et en haut qu'en arrière et en bas , s'enchâsse entre les os des îles comme un double coin.
6 PRinCIPES
La base du sacrum présente à sa partie moyenne une face arti-^ culaire, plus étendue transversalement que d'avant eh arrière ^
3ui se dirige obliquement en arrière et en bas, et s'articule avec la. ernière vertèbre lombaire. Deux petites ëcbancrures semblable» à des gouttières en séparent le bord externe , vers ses extrémité , de deux petites masses osseuses, dont les facettes spinales sont également revêtues de cartilage.
Au sommet , ou à la pointe du sacrum , on remarque une facettecartilagineuse oblongue en travers , comme celle de la base , et inclinée en sens contraire. »
S ni. — Du coccix.
Le coccix ressemble encore à une petite pyramide triangulaire, dont la face interne est légèrement concave , et dont la base répond: à la pointe du sacrum.
Cet os est composé le plus souvent de trois petites pièces , dont la première s'articule par sa base avec le sacrum , et forme par sa pointe une petite artnrodie avec la base de la seconde. La troisième pièce n'a rien de remarquable dans sa forme ni dans son articulation.
S IV. — Des deux vertèbres lombaires.
Ces deux vertèbres sont, situées sur la base du sacrum , avec lequel l'inférieure s'articule. On y considère deux faces , l'une interne, convexe, arrondie, for^née par le corps de ces deux os; l'autre externe ou spinale , hérissée d'aspérités comme la face correspondante du sacrum. Elles se dirigent un peu obliquement en arrière et en haut.
SECTION IV
De V union des os du bassin.
Les deux os des îles s'articulent entre eux ainsi qu'avec le isacrum , et ce dernier avec le coccix ; de là trois sortes d'articulations, une antérieure , qu'on appelle symphyse du pubis, deux postér^res et supérieures, parfaitement semblables, qui ont reçu le nom de symphyses sacro-iliaques y et une inférieure et postérieure nommée sacro-coccigienne. '
1°. La symphyse du pubis est ainsi appelée parce qu'elle résulte , dans la plus grande partie de son étendue , de la réunion des deux surfaces ovalaires que présentent en devant les pubis. Elle est affermie par une suDstancé^qui tient du cartilage et du ligament , et dont les fibres , la plupart transversales , vont d'un os pubis à l'autre. Ce n'est que dans le tiers moyen de sa longueur et dans le tiers postérieur de son épaisseur, que cette articulation présente une véritable arthrodie. En effet , la dissection découvre en cet endroit , sur chacun des os pubis , deux facettes cartilagineuses , poUes et humectées , beaucoup plus longues que larges , et d'une figure un peu semi-lunaire ; légèrement convexes d'un côté , ces /acettes s'emboîtent dans celles du côté opposé, qui sont aussi légèrement concaves.
' Cependant: olQ conclurait mal à propos de cette disposition que les os pubis jouissent de quelque mobilité dans Fétat naturel ; car la petite arthrodie postérieure, la seule qui pourrait permettre du mouvement, est environnée de la substance lîgamento-cartilagineuse , qui s'interpose entre les deux os , et de laquelle dépend en ^ande partie la solidité de leur symphyse. Semblable à un coin , c$tt<e substance offre une base antérieure plus large à ses extrémités ^u'à sa partie moyenne, et un tranchant qui s'amincit beaucoup vers l'intérieur du bassin où les os sont dans un contact presque immédiat. Quel mouvement pourrait-il donc exister dans cette • •artieulation ? ♦
putre jce premier moyen d'union qui est très-puissant, la symphyse du pubis est encore fortifiée de tous côtés par les ligamens sous-pubien et pubien antérieur, parades aponévroses et des fibres tendineuses que lui fournissent les muscles voisins. Joint à cela ,
Sue le pilier interne de chaque anneau inguinal s'attache au pubis u côté opposé ; d'où résultent deux tractions qui s'entre-croîsent et tendent toujours à rapprocher les deux os, en resserrant leur union.
2°. Les symphyses sacro-iliaques sont bien différentes de la symphyse du pubis. Ici, point de substance ligamento-cartilagineuse, point de nbres transversales; partout, au contraire, de petites «minences et de petites cavités revêtues d'un cartilage blanchâtre , . strié en plusieurs endroits , humecté de synovie , et plus mince sur leSxOS desiles que sur le sacrum ; toutes ces facettes articulaires se reçoivent mutuellement, et forment ainsi deux véritables synchondroses, ou deux articulations par engrenure, qui, comme on le sent bien, ne peuvent permettre que des raouvemens très-bornés.
Mais on sera bien mieux convaincu de la fermeté des symphyses sacro-iliaques , si l'on examine les moyens d'union qui les fortifient de toutes parts. Antérieurement , un grand nombre de bandes ligamenteuses, d'autant plus épaisses qu'elles s'approchent davantage de l'échancrure ischiatique, passent transversalement du bord de l'empreinte articulaire de l'os des îles au bord descelle du ■sacrum; postérieurement, des ligamens non moins nombreux, mais plus forts et plus tendus , unissent les os des îles aux tubercules de la face spinale du ss^crum ; tels sont les ligamens saeroiliaques. A la partie supérieure , on remarque une production ligamenteuse connue sous le nom d'ilio" lombaire qui , du bord inférieur de l'apophyae transverste de la dernière vertèbre des lombes , descend en s épanouissant au bord supérieur des facettes articulaires du sacrum et de l'iUum , et qui , de la pointe de cette même «apophyse , se rend en s'élargissant un peu à l'angle interne de la crête ilijfique. Quand on réfléchit sur les insertions de ces ligamens , on voit qu'ils produisent deux grands effets; non-seulement ils approchent et affermissent les os des îles cantre le sacrum , mais ils empêchent encore ce dernier os de se précipiter entre les deux premiers. Enfin , la partie inférieure de chaque symphyse est fortifiée par deux grands ligamens qui naissent des inégalités de la
ci^te iliaque , dé la face spinale du saorom et dn c<HSCÎ:t \ ce sdnt les ligameus sacro-ischiatiques postérieurs et antërleuifs. fïm largeis .et plus minces en arrière qu'en avant ^ ils sWtrôHcroisent vers le ^îiieu de Féchancrure ischiatique ^ et le plus court refi^nte vers j[ e'piue de même nom , qu'il embrasse de toutes parts , tandis que le plus long desoînd vers la lèvre interne de la tubërosité ischiati'^ que , où il s'insère en formant une espèce de gouttière falciforme.
D'après cette courte description , «n voit que le sacrum enclavé entre les os des îles comme un double coin , ne peut s'élever ni ^^abaisser^ avaucer ni reculer ^ à moins que quelque violence eitterne ne vienne détruire ou désorganiser les symphyses sacro*>iltaquei5 : disposition merveilleuse i vrai chef-d'œuvre d.e k nature, non ^noms digne d'admisation pour le physiologiste que pour l'accou*- <cheur! '
3°. Par rapport à l'union du sacrum avec le coccix , il notis suffit d'observer Ici qu'elle jouit ordinairement de quelque mobilité peik^ dant le temps de la vie où la femme est féconde : ce qtti permet à cet appendice de céder plus ou moins à la pression qm le repousse en arrière durant l'accouchement.
Quelque nombreux et solides que soient les ligameus qui aflSermissent la symphyse du pubis et les Symphyses saCro-iliaques , iis peuvent néanmoins se relâcher insensiblement pendant la grossesse, et céder à la pression continué de la matrice chargée du produit de la conception. De là ces diductions ou écàrtetnens des os du bassin qui ont été long^-temps ua sujet de dispute, et qu'on ne peut plus «onfiester au^ourd'hm , parce qu'elles sont appuyées sur le témoignage des hommes de l'art les plus recoûltuanaables. Nous esaminerons encore cette question plus tard*
SECrtON V.
De Vunion du^bassin ai^ec la colonne vertébrale et Oi^ec fes membres
àbdondrumop*
I*». L'empreinte transversalement oblongue que nous avons déjà fait remamuer à la base du Sacrum s'unit à une semblable emrpreinte de la dernière vertèbre lombaire , et lie ainsi tout le bassin an reste du tronc. Cette union, comme celle des autres vertèbres , se fait au moyen d'un cartilage dont les fibres concentriques sont placées de champ sur les facettes articulaires, et est fortifiée par un grand nombre d^ b'gamens qui l'entourent au dehors et dans le canal vertébral. Trè^épatsse en devant et très-mînce «n arrière , cette substance intermédiaire rend ;^tts obtuse la saillie qui doit nécessairement résulter de l'obliqttité inverse des deux facettes articulées ; et l'élasticité qui lui est propre la rend encore susceptible d'une certaine <*ompression de laquelle dépend le mouvement presque insensible de l'articulation sacro-vertébrale. Quant à la flexion et à l'extension que le bassin entier exécute sur le tronc , il faut \^% attribuer au mouvement combiné de chaque vertèbre lombaire , et des dernières vertèbres dorsales. C'est encore ce mouvement combiné qui augmente la convexité de la colonne lombaire quand on
DE L'ART UBS ACfCOtJCHEMENS. ^
renverse le tronc en arrière , et qui la diminue quand on courbe le tronc en devant , ou que , couche «ur le dos , on relève les fesses, 21^. L'union du bassin avec les membre» abdominaux est une énartbrose ou articulation profonde. C'est la tête orbiculaire du fémur qui s'emboite dans la cavité cotyloïde de l'os des îles, et y exécute des mouvemens en' tous sens.
SECTION VI
De la/brmeou ûonfiguration du hassim.
Le bassin a une forme symétrique., mais irrég^ulière et très-com^ plexe. Pour mieux l'étudier sous le rapport de l'art des accouchemens, on le divise en deux parties, l'une supérieure ou grand iassiny et l'autre inférieure ou petit iassin* Cette division et ces dénominations sont génàralement adoptées , parce que le premier est beaucoup plus large que le second.
S I**. — De la forme du grand ioisin.
Le grand bassin offre trois parois et trois échancrures.
1°. Des trois parois^ deux sont latérales ou iliaques, l'une droite «t l'autre gauche ; elles s'inclinent en a]{rrière , en haut et en de*^ hors. La troisième est postérieure ou lombaire; elle s'incline en ^arrière et ^n haut , et tient le milieu entre les deux précédentes. . On remarque sur chacune des parois latérales deux faces , trois bords et trois angles , dont nous avons indiqué la situation ^ la di-^ rection et la forme, en décrivant la r^on Siaqne des os des jbanches*
La paroi postérieure ou lombaire, numis large que les parois latérales, présente aussi deiu^ laces , Tune interne, l'autre externe. Elle est formée par les deux dernières vertèbres lombaires que nous avons déjà décrites.
2^. Des trois échancrures du gi^and bassin , l'unie est antérieure^ et les deux autres postérieures.
L'échancrure antérieure ou sus^pubienne s'étend de l'épine «upé* rieure ert antérieure d'un côté à celle du c6té opposé. Elle est divisée par la symphyse du pubis , dans le lieu de sa plus grande profondeur, en deux portions latérales, égales et parfaitement semblables. Chacune de ces deux portions présente de dedans en dehors l'épine du pubis, la face supérieure et triangulaire du même os , l'éminence ilio-pectinée, et Iç bord antérieur de Tilium.
Les deux échancrures postérieures ou ilio-lombaires ont la forme de deux angles mixtilignes et arrondir à leur sommet; dles sont comprises entre la paroi postérieure ou lombaire i qui est droite, et la crête iliaque qui est courbe ou sinueuse en avant et en dehors.
§ II. — • De la forme du petit bassin.
Le petit ba^n est une sorte d'excâvnAion ou d^ canal , doçt la forme cylindroïde perunet d'y distingtier^dèu:^ ouvcfif tures et quatre parois. • f
1°, Les deux ouvertures ont reçu des anatomktes le nom dcf détroits, parce que le contour en est moins large aue rexçavation. intermédiaire. L'un de ces détroits , supérieur ou aàdondnal, qu'on
Eeut considérer comme l'entrée du petit bassin , forme précisémen t i ligne de démarcation qui sépare ce dernier d'avec le grand bassin. L'autre, inférieur on périnéal, peut être considéré comme 1a sortie du petit bassin , et porte quelquefois simplement le nom de passage.
Le détroit supérieur est une sorte de ligne courbe, saillante, symétrique, irrégulière, plus élevée en arrière qu'en avant : cette dernière propriété est digne de Remarque. Il commence au milieu de l'angle ou saillie sacro- vertébrale, d où il descend obliquement sur le bord inférieur des îosses iliaques, et s'y. arrondit un peu"; enfin il redevient tranchant derrière le pubis , et se termine de chaque côté à la symphyse ou articulation de ses deux os. Certains accoucheurs en ont comparé le contour à un cercle, d'autres à une ellipse, quelques-uns à un triangle ou à un cœur de carte à jouer. Mais le géomètre n'y trouve qu'un rebord osseux d'une forme variée et d'une obUquité indéterminée. En effet la courbure n'en est pas la même dans tous les points ; elle est plus grande en arrière et sur les côtés qu'en avant , et l'inclinaison en est différente suivant l'attitude de la femme. On y distingue six points , trois antérieurs et trois postérieurs qui , à raison de leur usage et de leur importance, méritent le nom de points cardinaux du détroit supérieur. Les trois points antérieurs correspondent l'un à la symphyse du pubis, et les deux autres aux cui^ités cotyloïdes. Les trois points postérieurs correspondent l'un à la saillie sacro-vertébrale, et les deux autres aux symphyses sacro-iliaques.
Le détroit^ inférieur, beaucoup plus irregulier que le supérieui*, présente trois échancrures, l'une antérieure, et les deux autres postérieures ; elles sont séparées par trois éminences osseuses, dont l'une est postérieure et les deux autres latérales.
L'échancrure antérieure porte aussi le nom d'arcade sous-pubienne, parce qu'elle est au-dessous du pubis , et que le sommet en est cintré comme l'arc d'une voûte. Elle est formée par les branches réunies des piibis et des ischium , lesquelles s'écartent comme celles d'un compas ouvert , et se contournent légèrement en avant et en dehors; de telle sorte que ieur bord interne est presque antérieur, et que leur face postérieure se dirige en dedans. La forme de cette arcade mérite quelque attention.
Les échancrures postérieures sont aussi appelées sacro-ischiati-
Îues, parce qu'elles souf Jjbrnées par le sacrum en arrière, et par 'ischium en avaUt. . >.
Les trois éminences qui séparent ces trois échancrures sont le coccix en arrière, et les deux tubérosités ischiatiques sur les côtés : elles sont dans un plan horizontal quand la femme est assise,, et d$.ns un plan plus ou moins, vertical q^and elle est couchée à la renverse ou dans un étijt .de statiogn. La pjremière se recourbe en dedans , et les deux autres se dirigent en arrière et en dehors. On
DE L'ART DES ACCOÇCHEMENS. ik
pourrait faire passer une circonférence de cercle par les trois points qui les terminent.
a<>. Les quatre parois du petit bassin sont l'une antérieure ou pubienne, l'autre postérieure ou sacrée, et deux latérales ou ischiatîques.
La paroi antérieaire est convexe et raboteuse en dehors , concave et lisse en dedans. Elle offre à sa partie moyenne la symphyse des os pubis , et sur les côtés les corps de ces mêmes os , les branches de l'arcade sous-pubienne , et les trous o valaireâ ou sous-pubiens, dont le bord supérieur est traversé, vers son extrémité externe, d'une gouttière ou sinuosité dont nous avons parlé en décrivant lé corps ou branche horizontale du pubis.
La ^aroi postérieure, formée par le sacrum , a la même fonne^ la même situation , et la même direction qi|ie cet os. Sa longueur s'étend dans sa partie moyenne depuis la base du sacrum jusqurà l'extrémité du coccix , et sur les côtés jusqu'aux échancrures sacroischiatiques ; plus large en haut qu'en bas , elle est bornée latéralement par les symphyses sacro-iliaques et par l^s échancrures cidessus. '
Les deux parois latérales, formées par les ischium, ont aussi la même forme, la même situation et la même direction que ces Ofik Elles s'étendent eii longueur depuis le détr^t supérieur jusqu'aux tubérosîtés ischiatiques , et dans leur plus grande largeur depuîs la symphyse sacro-uiaque de chaque côté, jùsqur'à la partît postérieure et moyenne de la cavité cotyloïde correspondante. C'est à la face interne de ces deux parois qu'on observe les plans inclinés dont nous avons déjà parlé, et qui contribuent beaucoup au mécanisme de l'accouchement naturel.
SECTION VII
Des dimensions du bassin^
Les dimensions du bassin sont une des choses les plus impor-» tantes k connaître, parce que c'est de leur rapport avec les dimensions du fœtus que dépendent la facilité oïl la difficulté, la possibilité ou l'impossibilité de l'accouchement. Pour les mesurer avec plus de méthode et d'exactitude, nous supposerons une femme d'une taille ordinaire, et nous les considérerons successivement dans le grand et dans le "petit bassin, dont nous avons déjà examiné la structure et la forme.
i^: On entend par dimensions du grand bassin , sa largeur, sa hauteur ou sa protondeur, et son épaisseur.
La première de ces dimensions , ou sa largeur, indique la distance qui sépare les deux parois latérales ou iliaques. Elle offre une^ étendue de huit à neuf pouces de l'épine supérieure et antérieure d'un côté à celle du côté opposé. L'intervalle qui existe entre les deux épines inférieures et antérieures a un pouce de moins, et celui qu'oii observe entre lé*s deux crêtes iliaque^ à leur partie moyenne donne un pouce de plus. La longueur du bord antérieur de chaque paroi latérale, ou de l'ilium , donne à peu près
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h hauteur ou profondeur du grand bamn $ elle est de troîa oa
Îuatré pouces, oon épaisseur s*estime par la longueur des crêtes laques, qui est de $ix ou sept pouces, S€Ai>n qu'on la mesure directement de leur épine supérieure et antérieure à leur épine supérieure et postérieure, ou en suivant les contours sinueux de }eur$ extrémités. Enfin la profondeur des fosses iliaques n'est que de six À sept lignes.
a^. Pour apprécier les dimensions du petit bassin , il faut en mesurer les détroits et l'exeaTatîon.
Comme la lareeut du détroit supérieur ou abdominal n'est point «gale dans tous ks sens, et c(»aftme la courbure n'en est point uniforme dans tous les points , les anatomiales et les aoooucheurs y oM diitingué quatre diamètres qui vont des trois points cardinaux «nti^rîeurs aux trois points cardinaux postérieurs et opposés. Le p\m CQurt de ces diamètres s'étend depuis le milieu de la saillie saerOrYertébrale jusqu'à la partie supérieure et interne de la sjmpbyse pubienne ^ on lui donne, à cause de sa direction , le nom de diamètre antérofostérieur ou sacro-ffidnen ; la Ibngueur en est gêné» ralement de quatre pouqes ; il divise le détroit supérieur en deux parties égales d'avant en arrière. Le plus long diamètre se dirige de la partie la plus excentrique d'un coté à celle du c6té opposé, et eoupe perpenmculairèment ou à angles droits le diamètre antéro^ pofilérieur; il est plus voisin du sacrum que du pubis, et divise par oonséquent le détroit en deiix parties inégales, l'une anté-*rieure et Fautre postérieure. La longueur eu est de cinq pouce», et surpasse d'un pouce celle du diamètre sacro-pubien. Chacun de$ deux autres diamètres s'étend de la cavité cotyloïde d'un c6té à la symphyse sacro-iliaque du côté opposé, et porte le nom de dia-^ mètre oblique^ parce qu'A coupe obliquement les deux premiers ; il est de quatre pouces et demi , ou tient le milieu .entre le diamètre sacro-pubien et le transversal.
liC détroit supérietur, à cause de son inclinaison ou obliquité de haut en bas et d'arrière en avant , forme avec l'horizon un angle de cinq à six degrés quand la femme est assise; mais cet angle varie beaucoup dans les autres attitudes, telles que la station, et la supination.
' ruisaue le détroit supérieur ou abdominal a des diamètres iné- , gaux, «1 est clair qu'on ne saurait le considérer comme un cercle; ce serait encore une erreur de lui attribuer une forme elliptique, attendu que le diamètre sacro-pubien et le transversal ne se rencontrent point au centre, mais plus près du sacrum que du pubis. Enfin la forme triangulaire ne lui appartient pas plus que la précédente ; o'est une vérité qui saute aux yeux.
Le détroit inférieur ou périnéal , qu'on peut aussi nommer la sortie du bassin , ou simplement le passage, est plus resserré que le supérieur. Le contour en est aussi plus irrégulier, à cause des échancrures et des éminences osseuses dont il est entrecoupé.
Les dimensions de ce détroit sont mesurées par quatre diamètres comme celles du premier. L'antéro-posté^ieur ou cocci-pubien ,.
DE LÀRT DES ACCOUCHEMENS. lâ
aipsi appela parce qu'il se dirige d'avant en arrière, depuis la: spmmite de Tai'oade sous-pubienne jusqu'à rçxlre'mité du coçcîx, a ordinairement quatre pouces, et peut acquérir demi-pouce ou troîs-quarts de pouce de plus à cause de la rétrocession du coccis ; le transversal, qui s'étend d'une tubérosité ischiatique à l'auti'e, a un peu plus de quatre pouces; et les deux diamètres obliques qui de chaque tubérosité iscniatique aboutissent au milieu du ligament iscbiatique opposé, selon quelques auteurs, et au coccix, selon d'aiitrès , ^nt aussi de quatre pouces à peu près. Il résulte de là que le diamètre antéro-postérieur pu cocci-pubien du détroit périnéal est ou peut devenir le plus long : disposition contraire à celle que nous Ityons remarquée au détroit abdominal , où le diamètre antéropostérieur ou sacro-pubien est le plus court.
L'exoavatik>u du petit bassin forme, comme nous l'avonjs déjà dit 9 une enceinte terminée par quatre parois, dont l'inclinaison respective est plus ou moins sensible. Les dimensions de chacune sîont dans un rapport constant avec celles des autres. Ain^ la longueur de la piiroi antéfieure ou pubienne est le tiers de la paroi postérieure ou sacrée , et la. moitié de chaque paroi latérale ou ischiatique. La longueur du pubîs est en gép.éj^*l de quinse, dixhuit ou vingt lignes; par çonséqiient celle du sacruçi doit être de quatre pouoes moins un quart , de qus^tre pouces et un tiers ou de einq pouces» tandis que celle des isehium doit étre^le deux pouces et demi , de trois pouces o^ de trois pouces et un tiers. Cet excès de longueur de la paroi postérieure du petit bassin sur la paroi antérieure mérite la plus grande attention>^
Au niveau du détroit aodominal, l'épaisseur de la saillie sacro-*vertébrale est de deux pouces et demi , et celle du pubis de cinq ou six lig'nes ; répaisseur de chaque cavité cotyloïde , y compris la tête, le col et le grand trochanter du fémur, est de trois pouces moins un quart, et celle de chaque symphyse sacro-iliaque de quinze à seize lignes*
La largeur de l'excavation est proportionnée à la courbure du sacrum : eUe a quatre poupes et demi ou cinq pouces , du milieu de la symphyse pubienne à la jonction dé la seconde pièce du sacrum avec la troisième , en comptant de haut en bas. Le fond du bassin , mesuré d*avant en arrière ,, est donc plus large que ses dé^ troits , ce qui est encore bien digne de remarque.
Les dimensions de l'arcade sous^pubienne ne sont pas moins importantes à connaître que celles du reste du bassin. Arrondie dans sa partie supérieure , elle n'offre que quinze ou vingt lignes de largeur, tandis qup l'écartement de ses branches est de trois pouces et demi , même de quatre pouces lorsqu'elles sont parvenues au détroit inférieur* La hauteur perpendiculaire n'en est que de deux pouces environ.
SECTION vm.
Des ax^ du bassin m
Le bassin , à ne le considérer que dans sa forme , n'est point une cavité parfaitement cylindrique, mais une espèce de canal plus
i4 PRINCIPES
évasé à sa partie moyenne qu'à ses extrémités , et plus élevée ^n arrière qu'en devant; par conséquent le détroit supérieur et lo détroit inférieur ne. sont point parallèles et ont nécessairement ur^e inclinaison diflTérente; donc leurs cehtrés ne peuvent se trouver dans la même ligne droite que celui de l'excavation. Cette première conséquence conduit à une autre non moins certaine , savoir, que chaque détroit du bassin doit avoir son axe particulier.
Cela posé, l'axe du détroit supérieur est une ligne imaginaire qui, passant par le centre de ce détroit, se termine d'une part vers le nombril de la femme , et de l'autre verà le coccix , au lieix
3ue l'axe du détroit inférieur est une autre ligne imaginaire qui , e la saillie sacro- vertébrale , se dirige vers le centre de ce détroit ou de la vulve.
Il suit de là que ces deux axes ne peuvent se confondre avec l'axe du corps , qui , du sommet de la tête , tombe perpendiculairement entre les deux pieds : car les deux premiers concourent vers le milieu de l'excavation pelvienne, et forment un angle trèsobtus en avant ; d'où il résulte que celui du détroit supérieur est oblique d'avant en arrière , et celui du détroit inférieur, en sens * contraire , ou de derrière en devant.
Nous ne prétendons point assigner ici la position des axes du bassin d'une manière tout-à-fait rigoureuse ; il suffit pour la pratique de la connaître par approximation , parce que fa nature est loin de s'assujétir à la précision du calcul.
De célèbres accoucheurs , tels que Deventer, Smellie , Levret et Rœderer , ont eu recours à la géométrie pour déterminer l'axé et l'inclinaison du bassin ; mais leurs procédés n'ont été d'aucun avantage pour la pratique , ni même pour la théorie , puisqu'ils ont obtenu des résultats différens ; et cela devait nécessairement arriver ainsi , parce que les uns n'ont déterminé que l'axe du détroit supérieur, et les autres celui du détroit inférieur. D'ailleurs , la direction du bassin , de laquelle dépend l'inclinaison de ses détroits , et Sar conséquent celle de leurs axçs respectifs, varie non-seulement ans chaque individu , mais encore dans chaque attitude du corps. En effet, qu'on suppose une femme d'une taille médiocre ou démesurée; qu'elle soit assise, debout, ou couchée à la renverse, il est certain que , dans tous ces cas , chaque partie du bassin , chaque détroit , chaque axe , sera diversement incliné par rapport à l'horizon ; c'est ce qu'on peut vérifier sur le premier bassin qu'on aura entre les mains. D'ailleurs la capacité de ce canal n*est pas la même dans les drfférens individus ; il est plus spacieux et moins profond chez la femme d'une taille moyenne que chez les autres; ce qui doit encore influer sur l'inclinaison des deux axes.
Quoi qu'il en soit, la connaissance de ces lignes imaginaires est de la plus grande utilité pour l'art des accouchemens , et l'on ne saurait trop recommander aux élèves de se la rendre familière ; car, si elles indiquent la marche que suit le fœtus, soit pour passer du grand dans le petit bassin , soit pour sortir de l'excavation en traversant le détroit inférieur, elles tracent aussi la direction qu'on
DE L'ART DES ACCOXJCHEMENS. ï5
doit donner à la main ou aux instrumens, quand il est nécessaire de terminer un accouchement non naturel. S'agit-il de pénétrer seulement dans l'excavation du petit bassin, il suffit de suivre la direction d'une ligne qui , du centre du détroit inférieur, conduit à la saiUie sacro-vertébrale. Mais s'il faut avancer jusque dans la matrice, qui, le plus ordinairement, occupe le grand b^^in, il faut nécessairement quitter la première direction pour en prendre une autre, qui, du centre du détroit supérieur, aboutirait au nombril de la femme. -
SECTION IX
Des vices de conformation du bassin.
Tout état du bassin qui rend la grossesse pénible et l'accouchemtenj difficile, impossible, ou' seulement dangereux, doit être regardé comme un vice opposé à la bonne conformation de ce canal.
La nature, qui tendf toujours à la perfection, ne manquerait jamais son but, en formant le système osseux de la femme, si elle n'était troublée ou dérangée par quelque cause étrangère ; les vices de conformation du bassin , loin d'être naturels , dcrivent donc être toujours attribués à quelque accident.
Mais à quelle époque de la vie le bassin de la femme s'écarte-t-il de cette forme régulière que la nature lui avait imprimée , pour en prendre d'autres plus ou moins bizarres? c'est le plus ordinairement dans l'enfance ; car à cet âge les os du bassin étant trèsgélatineux, manquent de force pour résister à l'impression des causes étrangères, et leurs symphyses n'ayant pas encore acquis toute leur fermeté, cèdent plus facilement ; joint à cela que cest chez les enfans qu'on observe le plus souvent le rachitis, genre de maladie dont l'effet est d'absorber ou de détourner le phosphate calcaire auquel les os doivent leur solidité.
Cette double disposition une fois admise , on expliquera facilement tous les vices ou altérations qui rendent le bassin plus ou moins difforme , plus ou moins impropre à seconder le vœu de la nature dans l'accouchement.
En effet, personne n'ignore que desparens peu soigneux de l'éducation physique de leurs enfans , et esclaves d'une ancienne mais funeste habitude, les emprisonnent dans des langes trop étroits, aussitôt qu'ils ont vu le jour; non contentes de ce premier genre de torture , il est des mères qui enfoncent les tendres fruits de leur amour dans des berceaux où ils étouffent sous le poids des couvertures , et sous la pression des liens qui les captivent. Les retire-t-on de ces espèces de prisons , ou pour mieux dire de ces tombeaux , c'est pour les confie^ à une nourrice mercenaire, ou à une gouvernante inattentive , qui , au lieu de les étendre horizontalement sur les bras , pour fa'voriser le développement de leurs organes, les relève contre sa poitrine , et les embrasse d'une main qui comprime plus ou moins fortement leur frêle bassin. Quelquefois les enfans restent trop long-temps assis ou couchés sur le dos ; enfin , par une anticipatioii des plus meurtrières et des plus condamnables, on
s'emfiresse de les metti^e à la Ksière, et Ton essaie de faire marcher ces êtres encore faibles et souvent malades, ayant que letirs jambes aient acquis la soliditë nécessaire pour doutenir le poids du corps. Qu'arrive- t-il? le bassin devenu le centre d'action et de réaction ennre la colonne vertébrale et les membres abdominaux; cède à Teffort des puissances qui le compriment , et se contourne de mille manières ; de là ces défectuosités et ces vices qui altèrent la forma et les dimensions de ce canal. Tantôt les crêtes iliaques , trop écartées ou trop rapprochées , augmentent ou diminuent l'enceinte du grand bassin; tantôt Tune des hanches s'élève au-dessus de l'autre , ou se porte plus en arrière. On a vu des femmes chez lesquelles les os des îles étaient inégalement inclinés à droite et à gauche, sorte de diflbrmité^qui tenait à la distorsion de la colonne vertébrale.
Que d'altérations et d'irrégularités n'observe-t-on pas Aussi dans le petit bassin ! Li, c'est la base du sacrum'qui se jette en dedans « et la symphyse du pubis qui fait une saillie plus ou moins aiguë' , tandis que les cavités cotyloïdes repoussées en arrière , se rapprochent des symphyses sacro-ihaques, et donnent au détroit abdominal la forme d un as de cœur ; de là plus de largeur dans le sens du diamètre sacro-pubien, mais aussi plus de rétrécissement dans le sens des diamètres obliques. Ici , c'est la symphyse du pubis qui , au lieu de présenter un cintre légèrement arrondi , s'écrase et s'a-^ platit -pour se rapprocher de l'angle sacro-vertébral : de là résulte un détroit supérieur qui ressemble presque à un huit de chiffre , et dont le diamètre sacro-pubien est plus ou moins défectueux ; on cite des bassias^ à la vérité fort peu nombreux, où il ne présentait que dix et même six lignes d'^endue. Ailleurs, l'un des fémurs supportant trop habituellement tout le poids du corps, enfonce la cavité cotyloïde à laquelle il sert de point d'appui, et raccourcit ainsi l'un des . diamètres oMiques, en laissant aux autres dimensions leur état d'intégrité.
Mêmes désordres et mêmes vices de conformation au détroit
I)érinéal ou inférieur; quelquefois lé coccix, plus recourbé qu'à 'ordinaire, s'approche du pubis , et abrège le diamètre cocci- {)ubien ; d'autres fois la soudure prématurée de cet appendice avec e sacrum , ou l'ossification de ses ligamens latéraux , en arrête la mobilité avant que la femme ait cessé d'être féconde. Le plus souvent ce sont les deux tubérosités ischiatiques qui , par un rapprochement exces^f, diminuent la longueur du diamètre transversal; enfin, on a vu l'une de ces.éminences osseuses, plus élevée que l'autre , donner au détroit périnéal une obliquité ou indinaison latérale qui ne lui était pas naturdle.
Ferons-nous l'énumération des vices qui altèrent l'excavatipn du bassin? mais on doit les rapporter, au moins en grande partie, à la défectuosité des deux détroits qui la teririiitettt. Car le sacrum est-il trop aplati , comme on l'a obiservé quelquefois , l'excavation perd de sa capacité, tandis que les deux détroits gagnent en largeur d'avant en arrière. Au contraire, cet os a-t-ii trop de courbure, l'excavation s'évase, et les deux détroits se rétrécissei^t dans ♦
DB L'ÂHT DES ACGOUCHEMEN& 19
ie même sens. Pareillement, la Ijiauteur de la symphyse du pttbii lie peut augmenter ou diminuer, sans abaisser ou élever l'arcade sous-pubienne, et sans raccourcir ou allonger le diamètre cocd-
f>ubien du détroit périnéal. Enfin , tout changement dans la forme, 'obliquité ou l'étendue des os ischium , doit ch^ger les dimenr usions de l'excavation et des détroits. Mais noua sommes éloignés de croire, avec un des plus célèbres accoucheurs, que les épines ischiatiques puissent jamais prendre une direction assez vicieuse pour s'opposer à l'accouchement, en s'implantant dans les fonta* nelles ou dans les sutures de la tête du fœtus.
Une chose bien digne de remarque, et qui a été généralement observée, c'est que la mauvaise conformation du bassin , loin d'être la même dans ses deux détroits , y suit au contraire un ordre réciproque. Ainsi , il est très-rare que le détroit supérieur pèche par excès d'évasement ou 4^étroitesse en même temps que l'inférieur; «u heu qu'il est très^rdiuaire d'observer dans Fun des altérations opposées à celles de l'autre. Le détroit abdominal est plus souventrétréci que le périnéal, et le diamètre sacro-pubien du premier est
S lus ordinairement raccourci que son diamètre transversal : sorte e défectuosité opposée à celle du détroit inférieur, où le diamètre transversal est fréquemment plus court que le diamètre cocci* pubien.
ARTICLE n.
Dtt bassin considéré sur la femme viyante.
Un des points les plus essentiels en pratique, est dTapprécier exactement la forme et les dimensions du bassin , soit pendant le cours de la grossesse, soit pendant le travail de l'accoueiiement. Il ne suffit donc pas d'étu,dier cette espèce de canal sur le squelette, ou dans l'état sec, il faut encore le considérer tel qu'il est sur la femme vivante, c'est-à-dire par rapport à ses enveloppes charnues et aux viscères abdominaux dont 11 est en partie le soutien.
Or, toutes les parties molles dont la connaissance se lie d'une manière plus ou moins immédiate 'à cdile du bassin , peuvent se réduire à des muscles , à des viscères , à des membranes , à des vaisseaux , à des nerfs et à des tégumens.
i^. Les muscles qui ont rapport au bassin le recouvrent à l'extérieur, ou en tapissent la cavité. Parmi les premiers, les uns, «après s'être attachés au bassin, vont se terminer à la poitrine ou à l'abdoWen , et peuvent être désignés sous le nom de pelvî-pectoraux ou pelvi-abdominaux; les autres s'insèrent au bassin et aux membres abdominaux ; ce qui nous permet de leur lionner aussi le nom de muscles pelvi^fémoraux ou pelvi-cruraux , selon qu'ils se terminent à la cuisse ou à la jambe.
Il y a plusieurs muscles pelvi-abdominaux , savoir : le pyramidal , ou pubio-sous-ombilical , l'oblique externe ou ilio-eosto-abdominal, l'oblique interne ou ilio-lumbo-abdominal ^ et le transverse ou lumbo-ilio-abdominal.
Les muscles pel\i-pectoraux sont le droit du ba©»venti'e, ou
if PRINCIPES
«térBO-pukien ; le grand dorsal , ou sacroJumbo-huméral ; le long •du dos , ou sacro-spinal , et le carre des lombes , ou ilio-costal.
Les plans des deux muscles obliques et du transverse, appliqués les uns sur les autres , occupent les parties latérales de rabdomen ', où leurs fibres suivent différentes directions ; ils se terminent en devant par des aponévroses , dont la réunion et Tentre-croisement forment la ligne nlancbe. Cette espèce de bande, étendue entre le sternum et la symphyse du pubis , forme supérieurement une sorte de gaine qui loge 4 peu près les deux tiers des muscles droits , et se divise vers l'anneau ombilical en deux portions d'égale longueur, dont la supérieure est plus large que rinférieure.
L'anonévrose du muscle oblique externe formé aussi , par son. bord inférieur, le ligament ilio-pubien ou l'arcade crurale, sous laquelle passent les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à la cuisse, et au-dessus duquel on aperçoit l'anneau inguinal , par où passe le cordon des vaisseaux spermatiques chez 1 nomme, et le ligament rond de la matrice chez la femme.
Les muscles pelvi-fémoraux siont : le fascia-lata , ou ilio-aponévrotiqUe de la cuisse ; le grand fessier, ou sacro-fémoral ; le moyen fessier, ou grand ilio-trochantérien , et le petit fessier, ou petit Uiotrochantérien ; le pyramidal de la cuisse, ou sacro-trochantérien ; les jumeaux, ou ischio-trochantériens ; le carré de la cuisse, ou ischio-sous-trochantérien , l'obturateur externe , ou sous-pùbio>trocbantérien externe ; le premier adducteur de la cuisse, ou pùbio-fémoral ; le pectine, ou sus-pubio-fémoral ; le second adducteur, ou sous-pubio-fémoral; enfin, le troisième adducteur, ou ischiofémoral.
Les muscles pelvi-cruraux sont le gr^êle interne, ou sous-piibio-
Srétibial; le couturier, ou ilio-prétibial ; le grêle antérieur, ou io-rotulien ; le biceps de la cuisse, ou iscfaio-fémoro-péronnier ; le demi-membraneux, ou ischio-popliti-prétibial, et le d!emi-nerveux, ou ischio-prétibial.
Les muscles qui répondent à la cavité du bassin sont l'obtuï'ateur interne, ou sous-pubio-trocbantérien interne ; le grand psoas, ou prélombo-trocfaantmien; le petit psoas, ouprélombo-sus-pubien.
gien ; l'ischio-coccigien , le transverse du périnée, ou iscbio-périnéal ; le sphincter de l'anus , ou coccîgio-anal ; l'érecteur du clitoris, ou ischio-sous-clitorien , et le constricteur du vagin, ou périnéo-clitorien. ;
Si l'on réfléchit maintenant sur les attaches et sur la direction des muscles qui ont rapport au bassin , on verra qu'ils ne peuvent se contracter ea même temps, soit en haut et en bas, soit en arrière et en devant, soit sur les côtés, sans produire une espèce d'équilibre d'où résulte l'immobilité du bassin.
2®. Pour donner une idée des viscères abdominaux, nous en ferons seulement l'énumération , en parcourant les différentes ré-
, gious de l'enceinte où ils sont renfermés.
La région épi^astrique est occupée par Fe^tomac, le foie, la rate, le duodénum, et le panerais. La réfi[ion ombilicale renferme la plus *grande portion de l'intestin grêle, le colon , presque tout Tépiptoon et les rems avec leurs dépendances. Dans la région liyp(^astnque, sont situés le cœcnm, une portion de Tiléum et du coton, qudques-unes des parties génjtales et jorinaires , telles que la matrice avec ses annexes qui repond à peu près au milieu du bassin , et la vessie avec le canal de l urètre, derrière et un peu au-dessus de la svmphyse du pubis. Quant au rectum qui termine le gros intestin, il est situé sur le côté gauche de la saillie sacro-vertébrale, ce qui ' mérite d'être remarqué.
3^^. Les vaisseaux san£;uins qui arrosent le bassin sont des artères et des veines. Les premiers naissent de t'aorte^ et les derniers de la veine cave abdominale.
Parvenue sur le corps de la quatrième vertèbre lombaire, Faorle se bifurque et fournit deux gros troncs qu'on nomme pelvicruraux. Mais à quelque distance, chacun de ces troncs se partage en deux branches distinctes par leur direction, savoir, la crurale
Sii va se distribuer au membre abdominal , et la pelvienne q£ urnit ordinairement les sept branches suivantes : l'iliaco-musculaire, les sacrées latérales, la sous-pubio-fémorale, l'ombilicale qui envoie quelques rameaux à la vessie, à l'utérus et au vagin , la fessière, la fémoro-poplitée et la «ous-pelvienne qui natt souvent de la précédente, et fournit des rameaux à la vessie, au rectum, à la matrice, au vagin , au périnée et au clitoris.
Les veines se distinguent par les mêmes noms et suivent une direction inverse depuis leurs dernières ramifications jusqu'à la veine cave abdominale, où elles se terminent
Outre les vaisseaux sanguins , le bassin en reçoit encore un nombre prodigieux de lymphatiques que l'injection rend manifestes, et qui se rendent aux ganglions hypogastriques , sacra et iliaques extérieurs.
49. Les nerfs du bassm tirent leur origine des paires lombaires et sacrées. Les loinbaires envoient leurs branches postérieures aux lombes, au sacrum et aux fesses. La branche antérieure de la première paire fournit deux rameaux , l'un sus-pubien et l'autre inguinal , tandis que les branches antérieures des quatre dernières paires concourent à former la portion supérieure ou lombaire du plexus crural, laquelle fournit quatre nerfs, savoir, le cutané, externe de la cuisse, les inguinaux , le fémoro-prétibial et le souspubio fémoral.
Nous rappellerons , comme en passant , que ces nerfs se trouvent derrière et dans l'épaisseur des muscles psoas, et que. les deux derniers se rendent à fa cuisse, l'un en passant sous l 'arcade crurale,.ou ligament ilio-'pubi en, et l'autre par la sinuosité ^ue nous avons fuit i*emarquer à;ja partie postérieure et supérieure du trou sous-pubien.
Les paires sacrées , au nombre de cinq , envoient Jeurs branches postérieures aux tégumens par les trous de la face spinale du sacrum ; et les branches antérieures des quatre premières paires se
a» PRINCIPES
rédiiissent pour foirer la portion inférieure ou sacrée du plexus^ csmralt en sortant des espèces de gouttières creusées à la face abdominale du même os. Dé ce pleins sortent six autres nerfs ^ rischio-ditorien , le cutané sous-pelvien, .les fessiers, les iscbîo-trocbantériens , le cutané postérieur de la cuisse, etlefémoro-poplitë^ qui se distribue à là face postérieure du membre abdominal , et jusque sous la plante du pi«l. La cinquième paire sacrée se ramifie aux parties cireouToisines du coccix.
Ekifin , les nerfs trisplanchniques se terminent à Textréfiiité dtr sfterum , et lient ainsi le basân et les oi^^nes qui y sont contenu» avec toute l'économie animale.
5^. Les membranes pelviennes sont ou séreuses ou muqueuses : les j^emières ne sont que des productions du péritoine qui tapisse la cavité abdominale , et les secondes revêtent l'intérieur des or-ganes çénito-urinaires.
En décrivant les os du bassin et léijirs symphyses, nous avons eti œ^asbn de parler des ligamens qui contribuent à leur solidité. " ê^. Nous terminerons par l'enveloppe commune des parties dure» et des parties molles qui composent le bassin ; die est formée par nu tissu cellulaire plus ou moins aboitdant , selon l'embonpoint de la femme , et plus ou moins épais , selon les régions qull occupe. La peau qui le recouvre présente deux ouvertures^ l'anus et la vulve, Jet t^ois plis ou sillons^ : savoir, le pli de l'aine, le pli de la {esse et celui de la cuisse, qui s'effacent et se (creusent par la'flexion ou l'extension,, par le rapj^rochement bu l'écartement des membres abdominaux.
ARTICLE ra.
Des modifications du Bassin, à cause des parties molles dont il est
recous^ert.
Ces modifications s'observent dans le grand et le petit bassin.
1°. Le grand bassin, dans l'état frais ou naturel , n'offre plus ni écbanèrures ni parois distinctes. Les premières sont fermées , et le» secondés réunies en une enceinte unique, continue, qui complète en bas celle de l'abdomen. Les fosses iliaques en sont moins profondes , et lés gouttières lombaires plus superficielles.
La surface externe n'en' est plus hérissée de saillies ou d'éminences comme sur le squelette. Ce ne sont de toutes parts que de» contours ou reliefs unis , moelleux et arrondis , qui se lient à l'extrémité inférieure du tronc.
2®. Les parties molles n'influent pas moins sur le petit bassin, dont elles modificflit la forme et la capacité. D'abord les muscles . psoas ou pirâombo-trochantiniens descendent le long du détroit supérieur, et en diminuent la largeur de chaque côté ; de sorte que son diamètre transversal , le plus long sut* le squelette, est un peu plus court que les autres sur la femme vivante. Quant aux diamètres obliques , ils perdent aussi quelque chose vçrs leur extrémité , postérieure , à cause de ces mêmes muscles ; mais ils restent encpire les plus longs, pourvu que le bassin ne soit pas mal conformé.
DE L'ART DES AGCOVCHEMENS. ai
Eti second Heu, le détroit inférieur, naturellement plus étroit que le supérieur, est encore plus rétréci par les muscles qui le tra- Tersent , par le tissu cellulaire qui en borde le contour, et par les extrémités des conduits excréteurs qui s'y rendent. L'arcade souspubienne , les échancrures sacro-ïscnîatiques , le coccix et les tubérosités de l'ischium, ne paraissent plus. On n'y aperçoit que Tanus en airrîère, la vulve en avant, et au milieu le périnée, espace • cbamu qui sépare ces deux ouvertures .
D'après ces dispositions, il est évident que les diamètres de ce détroit doivent être nécessairement raccourcis ; mais l'antéro-postérieur ou cocci-pubien reste le plus long ou le plus susceptible d'allongement, à moins que la femme ne soit trop âgée, et que le coccix , à cause de la roideur de ses ligamens , n ait perdu toute sa mobilité.
Enfin , l'excavation pelvienne perd aussi plus ou moins de sa capacité , suivant l'épaisseur des parties molles qui en tapissent la surface intérieure.' La paroi postérieure ou sacrée en est moins
Îrofonde et plus allongée^ EUle présente une courbure qui s'étend epuis la saillie sacro-vertébrale jusqu'au bord antérieur du périnée , ou à la commissure postérieure de la vulve. Les plans inclinés la< téraux ou ischiatiques sont plus rapprochés, et Un peu plus allongés, n n'y a que la paroi antérieure ou pubienne qui conserve à i)eu près sa longueur, quoiqu'elle augmente en épaisseur comme es autres.
Toutes ces modifications sont très-importantes à connaître , soit pour apprécier plus exactement les dimensions du bassin cher la femme vivante , soit pour se rendre compte des obstacles plus ou moins difficiles , quelquefois impossibles à surmonter, qui peuvent compliquer le travail de Faccouchement.
ARTICLE IV
Des pehimèires ou in^ttumens propres à mesurer les dimensions du
hassin.
Ce n'est point une chose très-rare qu'on soit obligé , dans la pratique, de mesurer le bassin, pour en constater la nonne ou mauvaise conformation. Tantôt c'est une jeune vierge qui, pour calmer les scdUcitudes d'une tendre mère , demande aux gens de l'art si elle peut s'engager avec sûreté dans les liens du mariage; tantôt c'est une épouse qui, déjà enceinte et sur le point d'être mère^ doute encore isi elle pourra mettre au jour le fruit qu'elle porte dans son sein; enfin il peut arriver qu'une femme en travail s'épuise en vains efforts , et que l'accoucheur soit obligé de lui prêter une main secourable* N'est-il pas nécessaire , dans tous cesdifférens cas , et surtout dans le dernier, de calculer les dimensions de la filière que le fœtus doit traverser en vena;nt au monde, soit pour apprécier les obstacles qui pourraient s'opposer à l'accouchement , ^ soit pour déterminer le moyen de suppléer àla nature impuissante? Le plus souvent ^ les femmes encore libres ou mariées qui se sou-
aa PRINCIPES
mettent à l'application du pelvimètre ont été plus ou moins maltraitées dans Penfance par le rachitis^ ou bien il leW est arrivé ensuite qxielque accident qui , en retardant ou en suspendant leur accroissemfent , a influe sur leur organisation physique. De là de» traits de lumière qui , à la vente' , peuvent éclairer les gens de l'art , et leur dicter quelquefois d'avance le jugement qu'ils doivent porter, mais qui ne les dispensent pas de faire des recherches ultérieures. En eflet , on serait expose a commettre les plus grandes et les plus funestes erreurs si , par trop de précipitation , on s'avisait de prononcer que le bassin est défectueux chez toutes les femmes qui ont été nouées dans leur bas âge , ou dont le système osseux a soufliert des altérations à une époque de la Vie plus avancée. L'expérience et l'observatiou n'ont-elles pas attesté nombre de fois que cette espèce de canal pouvait conserver sa foyme et ses dimensions naturelles au milieu des désordres qui bouleversaient la charpente osseuse? Nous en avons vi^ un exemple à l'hospice de l'Ecole , sur une femme âgée de quarante ans , qui venait y chercher du soulagement pour quelque affection chronique. Cette infortunée , outre la plus bizarre contorsion des membres et l'inflexion de la colonne vertébrale, Vivait la^poitrine enfoncée et le dos surmonté d'une saillie considérable ; marques ineflaçables et manifestes d'une maladie qu'elle disait avoir ei^uyée. à l'âge de dix-huit ans. Le professeur Antoine Dubois lui ayant demandé si elle était mariée, elle répondit affirmativement , et^ ajouta qu'elle était mère de six enfans , dont elle était accouchée sans la moindre difficulté. Il est donc très-probable que son bassin n'avait souflert aucun dommage dans sa forme ni dans ses.proportions. Une autre femme, non moins bizarrement contrefaite que la précédente, devint enceinte, il y a vingt ans , à la suite d'un commerce qu'elle eut avec un grenadier : sa difformité était telle , que , vers là fin de la grossesse , la hanche , d'un côté, remontait vers l'aisselle correspondante, à cause de l'inflexion de la colonne vertébrale et de 1 inclinaison du bassin. Elle accoucha x^ependant neuf mois après, dans notre amphithéâtre , d'un enfant vivant et assez volumineux , au grand étonnement des élèves , et surtout de quelques accoucheurs qui l'avaient condamnée au couteau césarien. Nous ferons observer que cette femme n'avait perdu sa bonne conformation qu'à l'âge de douze ans, époque où les os du bassin eurent vraisemblablement assez de solidité pour résister aux atteintes du mal qui avait fléchi Pépine et tordu les membres. Cette même femme accoucha encore trèsnaturellement au mois d'octobre i8i3, en présence du docteur Barbette , notre prévôt , et de quelques élèves sage - femmes ; mais elle succon^a, environ deux mois après , aune hydropisie générale : et l'ouverture du cadavi^e nous fit voir que le bassin , quoique vicié dans sa forme , conservait néanmoins assez de largeur pour livrer passage à un fœtus de volume ordinaire.
Ces deux exemples qui nous sont propres , et nombre d'autres qu'on trouve dans les auteurs , prouvent donc que le rachitis peut respecter les os du bassin chez les individus qui sont sortis de la première enfance. ^
DE LART DES^ACCOUCHEMENS. aS
Si, d*un autre côté, on considère que des femmes, par un insigne mais rare bienfait de 4a nature, sont accouchées heureusement , et sans de grandes diflScultés , quoique leur bassin nJeût ni la forme ni les dimensions ordinaires ; si l'on considère encore que rétrpitesse du détroit supérieur peut aller jusqu'à deux pouces et demi , dans le sens du diamètre sacro*pubién , sans ôter aux femmes la faculté naturelle d'être mères , avec quelle méfiance ne pronon- «cera-t-on pas sur la bonn)e ou mauvaise conformation du bassin? Le ministère de l'accoucheur, il faut en convenir, a quelque chose de bien délicat , nous dirons même de terrible , quand il s'agit de procéder à l'exaipen de ce canal; et l'on ne peut se dissimuler qu'on marche alors, po^r ainsi dire, entre deux écueils; car, si par malheur on porte un jugement faux, la femme bien conformée est condamnée à une stérilité perpétuelle, et celle qui est contrefaite achète les platisirs de l'hymen et les douceurs de la maternité par les plus cruelles souffrances , par le sacrifice même de la vie. Alternative épouvantable ! qui prouve certainement combien il faut^ apporter de soins et de lumières dans la considération du bassin.
En général , on peut présumer qu'il est bien conformé lorsque les hanches , médiocrement arrondies , et égales tant en hauteur qu'en largeur, présentent un écartement de huit à neuf pouces entre les épines supérieures et antérieures ; lorsqu'il y a sept à huit pouces d'épaisseur entre le mont de Vénus et la pointe du tubercule épineux de la dernière.vertèbre lombaire ; lorsque le pubis n'est ni trop aplati ni trop convexe , et que le sacrum est légèrement d éprimé à sa partie supérieure et postérieure; enfin lorsque le centre de cette dépression n'est éloigné de l'extrémité du coccix que de quatre ou cinq pouces. Au contraire , l'irrégularité de ces formes extérieures fait toujours soupçonner la mauvaise conformation du bassin : ainsi les hanches sont-elles inégalement arrondies et élevées , trop rap- ' prochées ou trop écartées , plus larges et plus avancées , ou plus reculées l'une que l'autre , c'est un signe que le grand bassin est défecteux. Dt même le pubis trop^ aplati , et la chute des reins plus profonde qu'à l'ordinaire , annoncent que le détroit supérieur est resserré d'avant en arrière , tandis que la forme obtuse du mont de Vénus , jointe à la^dépression de l'une des aines , n'annonce l'étroitesse que d'un seul côté. Lorsque le sacrum est trop saillant ou trop convexe en arrière, le petit bassin est trop ^ évasé, et ses détroits sont resserrés. Enfin la pointe du coccix est-elle trop recourbée en dedans ou trop déjetée en dehors, c'est une preuve que le détroit^ périnéal est trop resserré ou trop large dans le sens de son diamètre 'TiJ^ cocci-pubien.
Mais tous ces signes extérieurs , quel que soit leur degré d'utilité , ne sauraient suffire pour faire apprécier exactement Ta difformité du bassin ; et l'apphcation des mains , que quelques praticiens conseillent, n'offrirait elle-même que des notions générales et incertaines sur un point aussi essentiel ; il est donc nécessaire d'avoir recours à d'autres moyens qui , en procurant une conuaissancs sinon précise , du moins approximative des principaux diamètres
a4 PRINCIPES
du bassin , puissent mettre raccoucheur à Fabri de toute erreur rëjudiciable. On se sert pour cela de plusieurs instrumens, dont es uns s'appliquent à l'exte'rieur du bassin , et les autres se développent en dedans.
Parmi les premiers, le compas d'épaisseur est celui au'on préfère , non-seulement parce qu'il ne cause point de douleur, mais (encore parce que l'application en est facile et commode dans tous les temps et sur toutes les femmes. C'est un instrument composé* de deux branches courbées à leur partie antérieui-e , et fixées postérieurement au moyen d'une charnière qyi permet à leurs extrémités lenticulaires de s'approcher ou de s'éloigner suivant les ca«. La portion droite de l'une de ces branches est creusée en forme de gouttière , et loge une échelle graduée qui n'en sort que pour traverser une mortaise pratiquée à l'autre branche, où^Ue est fixée par une vis à tête plate. Cette échelle sert à calculer l'épaisseur du corps qui a été saisi par les branches du compas.
Pour faire usage de cet instrument , après en avoir placé les extrémités lenticulaires sur les points extérieurs du bassin dont on veut mesurer la distance , on serre la vis à tête plate , et le nombre des points marqués sur l'échelle jusqu'à la mortaise équivaut à celui des pouces compris entre les branches du compas. Si de cette évaluation on déduit ensuite l'épaisseur des parois correspondantes du bassin , le reste donne l'étendue de la dimension intérieure qu'on cherche. Par exemple, si de l'épaisseur du bassin comprise entre la symphyse du pubis et le centre de la dépression lombaire , on déduit trois pouces , tant pour la base du sacrum que pour le pubis , on obtient pour résultat le diamètre sacro-pubien du détroit supérieur ou abdominal. Si , après cette soustraction , qui est presque toujours constante et invariable , au moins à une ligne près , il reste de trois pouces et demi à quatre pouces , c'est une
Ereuve que le détroit supérieur jouit d'une bonne conformation. >ans le cas contraire , cette ouverture est d'autant plus défectueuse que la soustraction donne de plus petits restes.
On ne peut donc contester les précieux avantagés de cet instrument , et on pourrait absolument se dispenser de tout autre , s'il suffisait d'examiner simplement le dehors du bassin pour en vérifier la bonne ou mauvaise conformation. Mais , comme l'intérieur de ce canal est quelquefois affecté d'exostose ou d'autres vices que le compas d'épaisseur ne peut déterminer, il a fallu nécessairement recourir à des moyens capables de suppléer à ce défaut. C'est ce
3ui a fait imaginer des instrumens qui se développent à l'intérieur u bassin , et entre autres les pelvimètre de Coutouly. Ce dernier instrument, semblable en quelque sorte à celui dont le cordonnier se sert pour mesurer la* forme du pied, est composé de deux branches , dont l'une se loge et se meut dans le corps de l'autre, qui est creusé pour cet effet en forme de gouttière à queue d'aronde. Chacune d'elles est armée d'une équerre à son extrémité antérieure, et celle qui est creusée présente mférieurement ou sur sa partie convexe des crochets destinés à la maintenir, pendant
^^on introduit et qu'oji développe la seconde ; celle-ci porte une échelle ponctuée à sa partie postërieure , pour marquer Tespace Compris entre les deux équerres.
S'agit-il de mesurer le diamètre sacro-pubien du détroit supérieur ou abdominal , on introduit la br^^nche creuse de cet instrument dans le bassin , et on applique son équerre sur la saillie du sacrum, où on la soutient à laide des crochets dont elle est armée inférieurement ; on fait glisser ei^suite dans sa gouttière la branche mobile, jusqu'à ce que Téquerre en soit appuyée contre la symphyse du punis ; ennn on examine l'échelle graduée , qui donne une certaine évaluation , de laquelle on retranche six ou huit lignes,! tant pour l'épaisseur du pubis que pour l'inclinaison de l'instrument , et on obtient la longueur du diamètre qu'on cherchait.
Mais qui ne s'aperçoit déjà que cet instrument a mille inconvéniens qui le mettent au-dessous du compas d'épaisseur, et qui doivent le faire proscrire de la pratique? D'abord il n'est point d'une exactitude rigoureuse , et l'introduction en est difficile à cause de la résistance que lui Opposent les parties molles du bassin , d'où résultent quelquefois des douleurs plus ou moins incommodes ; en outre , l'une des branches , appliquée sur le milieu de l'angle sacrovertébral est sujette à se déranger pendant qu'on fait glisser l'autre vers le pubis; enfin, qui oserait s en servir chez les jeunes filles sans craindre de compromettre sa réputation , et de porter atteinte à l'innocence des mœurs?
Quel serait donc Finstrument qui réunirait le plus d'avantages pour l'examen du bassin , et auquel on pourrait donner le nom de pelvîmètre par excellence? Ce serait sans contredit le doigt d'un accoucheur intelligent et exercé par une longue habitude , si toutefois on pouvait l'employer chez les jeunes filles qui n'auraient pas encore été déflorées. En ejïet , il n'y aurait pas de meilleur moyen non-seulement d'apprécier l'étroitesse des deux détroits et de Texcavation , mais encore d'en découvrir les autres vices , tels que les tumeurs que peuvent présenter les parties charnues et osseuses du. I>assin. Appliqué par apn bord radial contre la sommité de l'arcade pubienne , et avancé vers la saillie du sacrum , en élevant le poignet , le doigt indicateur mesure une étendue oblique qui excède communément d'un demi-pouce le diamètre sacro-pubien : le même doigt , disposé comme ci-dessus , et dirigé vers la pointe du coccix , évialue aussi d'une manière assez exacte le diamètre cocci-pubien du détroit périnéal.
Quant aux dimensions latérales du bassin , on les estime avec assez de précision , soit en les parcourant du doigt indicateur, ce qui est toujours possible, même pour le détroit périnéal, à moins , que la femme ne jouisse d'un embonpoint excessif ; soit en jugeant de leur étendue par celle des dimensions antéro-postérieures ; car il est assez rare que le bassin soit bien conformé d'avant en arrière , •sans jouir du même avantage en travers.
On ne doit donc jamais manquer de porter le doigt indicateur dans le vagin tontes les fois que l'état de la femme le permet, puisque ce procédé est plus sur et plus commode pour 1 examen
du bassin que tous les instrumens dont bous avons déjà parlé. Mais , nous.Ie répétons encore , lé compas d'épaisseur est le settl qui mérite la préférence , quand la personne qui se soumet à de telles recherches est encore libre ou qu'elle. répugne trop à l'attouchement immédiat du doigt et de la main. Cet instrument convient surtout pour mesurer la largeur du grand bassin, ou l'écartement des hanches , et le diamètre sacro-pubien du détrmt abdominal ; mais il n'a pas le même avantage pour le détroit infériei^r^ dont on nç peut guère estimer les dimensions qu'en palpant extérieurement la pointe du coccix et la sommité de l'arcade du pubi^ , lorsque la femme est debout, et les deux tubérosîtés ischiatiques^ lorsqu'elle est accroupie.
Les accoucheurs ont encore cherché à déterminer la profondeur du bassin, de même que la hauteur de Uarcade sous^ubiéntie ; mais la connaissance de ces dimensions nVst que d'une médiocre utilité auprès de la largeur des détroits et de l'excavation , de la-
Ïuelle dépend toujours la facilité ou la difficulté de l'accoucheMent. l'ailleurs « n'est-il pà^ évident que la profondettr du bassin se mesure en arrière par la longueur du sacrum , en devant par la 4onffueur de la symphyse du pubis ^ et sur les côtés par la moitié de l'os des hanches? Enfin ne voit-on pas que la hauteur de l'arèade sous^pubienne é^ale la profondeur latérale du bas^'n ^ moins la longueur de la symphyse dû pubis ^ el que la laideur de cette «rcade s'estime , soit eh palpant les grandes fèvres ^ soit en mesurant l'écartement des tubérosités ischiatiques?
Nous ferons ofcteerver que l'art' de nianîer les instrumens, pour mesurer les dimensions du bassin, outre les connaissances d^à indiquées , exige ube certaine habitude , sans laquelle on s'iexpose à commettre les plus grandes méprises. Voici un trait, peut-être l'unique de 8k>n eqièce> qtii prouve jusqu'où pfeuvent aller l'illusion, l'égarement , l'ignorance et la maladresse à cet égard. Un faiseur d'aiccoucfaemens , dans une grande ville d'Europe, convoqué un jour chez lui quelques praticiens pour leur faire part d'un cas de»
S lus rares. Il était question d'aile je^ne dapae, sa pehsiohn«re, ont il assurait que le bassin h'aVàit qu'un pouce de largeur, et qu'il disait avoir àccofithée , avec le forceps ^ d'un enfant à terme et î>ien (conformé. Ge cas devait éfifectiveteent pai^aître peu commun aux ^eus de l'art éclairés. Faire passer avec le forceps une tête de trois pouces et demi par un bassin qui n'a qu'un pouce de diamètre ! quel prodige ! il ne s'agissait que de le Vérifier. En èonséquence on demande à visltei* l'enfant et la mère. Gelle-oi refuse obstinément de se soumettre au toucher. On lui propose le compas d'épaisseur qu'elle accepte. Aussitôt le plus âgé des praticiens assemblés applique les deux extrémités de cet instrument sur le bassin de l'accouchée, et ne trouve qu'une étendue de quatre pouce» entre leurs extrémités lenticulaires. En défalquant de cette mesure trois pouces , tant pour l'épaisseur du pubis que pour celle dé la < saillie sâfcro- vertébrale, il ne restait qu'un pouce : ce qui était bien conforme à l'évaluation déjà faite par l'accoucheur. Mais , pour plus d'exactitude dans l'opération , deux autres praticiens se joi-
DE L'ART DES AGCOUCHEAf ENS. 37
{[lient au premier, et découvrent qu'il n*a mesure que le diam^Ure antéro-pQ3térieur du détroit inférieur, c'est-à-dîre ia distanoe du
Subis au coGcix , laquelle n'est , dans le fait , que de quatre pouces. s élèvent donc Tinstrun^ent jusqu'au niveau du 4étroit supéri^fir, et en fixent les extrémités , Tun^ sur Tapophyse de la derrière vertèbre lombaire , et l'autre suf le pubis, us trouvent alors une ouverture d'environ huit pouces : ce qui , défalcation faite de l'é-
Saisseur du sacrum et du pubis , donne pour reste une étendue e près de cinq pouces pour le diamètre antéro-postérieur. Or cette ouverture n'était-eUe pas plus que suffisante pour laisser passer la tête Ifi plus volumineuse d'un enfs^nt à terme? Après l^tte vérification , la méprise saute aux yefix et le prétendu prodige «'évanouit. IT ne reste que la honte et la confusion pour celui qui ^'ét^it cru un moment le phénix des accoucheurs.
ARTICLE V
Différence du bc^sin de la femme a^ec celui de l^homme.
Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le bassin de la femme, pour «n saisir la difllérence avec celui de l'homme, tant sous le rapport de sa fbrn^e que de ses proportions.
En eflet , qu'on examine ce canal dans son ensemble ou dans chacune de ses parties, on y remarque des nuances qui établissent , pour ainsi dire, une ligne de démarcation entre les deux sexes.
Les crêtes , ai^si que les tubercules antérieurs et supérieurs des os des îles , sont plus élois^nés chez la femme, ce qui donne plus d'évasement aux fosses ihaques, et plus de capacité au grand bassin. Le^ deux détroits qui terminent la cavité pelvienne ne présentent pas des différences moins sensibles dans l'un et l'autre sexe ; le contour du détroit abdominal est plus large et plus arrondi chez la femme, la saillie sacro-vertébrale moins prononcée ; les deux tubérosttés ischiatiqi;çs sont aussi moins Âpre^ , moins saillantes et plus écarté^ que chez l'homme ; enfin Textrémité du coccix s'approche moins de l'arcade sous-pubienne, ce qui doi^ne au détroit périnéal plus de largeur d'avant en arrière.
Quant à l'excavation , elle est moins creusée à la partie postérieure chez la femme, paij^oe que le sacrum a moins de longueur et de courbure; l'arcade çous-pumenne est plus large, et les branches en sont aussi plus contournées en dehors et en avant , la région du pubis est moins convexe, et le cartilage qui en forme la symphyse, plus épais et plus court, présent;e vers le dedans du bassin Un l^ourrelet plus sensible que chez l'homnie.
Mais , outre ees différences qui sont purement sexuelles , on en remarque encore d'autres qui sont individuelles , ou qui ue tiennent qu'à la stature et à l'âge de l'individu. Ainsi il est de fait que le bassin est plus large et moins nrofbnd chez les femmes d'une taille médiocre que chez celles dont la taille est svelte et démesurée. L'observation atteste aussi que le diamètre saçro-pubien du détroit abdominal est plus long que le transversal chez les femmes
aS PRINCIPES
impubères , tandis qu'on observe le contraire à un âge plus avancer différence remarquable que TanaWie fait retrouver encore chez les femelles des quadrupèdes dont le bassin n'achève de se développer, et n'acquiert la forme et les proportions nécessaires pour l'expulsion du fœtus , qu'à l'époque de la puberté.
Parmi toutes ces différences quje la nature a su ménager pour rendre l'accouchement plus facile, il en est cependant qui exposent la femme à certaines incommodités qu'on observa plus rarement chez l'homme ; ainsi les tubercules supérieurs, qui terminent antérieurement les crêtes iliaques ne peuvent être plus écartés, sans donner plus de longueur au ligament sus-pubien qui formel'arcade crurale ; d'où ïl résulte que l'intestin et l'épiploon trouvant en cet endroit moins de résistance et plus d'espace, doivent s'échapper plus fréquemment de leur enceinte, et produire des hernies plus ou moins fâcheuses : sorte de maladie qui se trouve compensée chez l'homme par les hernies inguinales auxquelles il est plus sujet , parce que l'anneau sus-pubien a plus d'ouverture.
D'un autre côté, la femme ayant les hanches phis écartées , doit nécessairement marcher avec moins de sûreté que l'homme. Car, dans la progression , lorsqu'une jambe est élevée, le centre de gravité du corps se porte moins promptement sur l'autre qui est fixée sur le sol ; d'où résulte une espèce de claudication ou de marche vacillante, dans laquelle le tronc et les membres abdominaux, au lieu d'avancer directement ou en ligne droite, décrivent des arcs de cercle plus ou moins grands : ce qui donne à la progression de la femme, au moins quand elle fait de grands pas , une certaine ressemblance avec celle des oies ou des canes.