‹ Cours théorique et pratique d'accouchemens (volume 4)Chapitre 4 sur 63 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du Bassin de la femme considéré par rapport à eo” l’accouchement.

Le bassin est situë-entre les membres abdominaux avec lesquels il s'articule, et à l'extrémité de la colonne vertébrale dont il forme la base. Il termine , par conséquent, l'abdomen dont il soutient et renferme en partie les viscères , ainsi que les organes de la FAO ARNERS Quoique cette sorte de cavité osseuse ne concoure à l’accouchement que d’une manière passive , il est néanmoïns très-important | de l’étudier, soit dans l’état sec , ou telle que le squelette la présente aux yeux de l’anatomiste , soit dans l'état naturel, ou avec les parties molles qui l’environnent de toutes parts. Cette double manière d’envisager le bassin est la plus avantageuse pour en connaître la structure et la configuration ,-pour en mesurer les dimensions dans l’état de bonne ou de mauvaise conformation , et pour apprécier les modifications ou changemens que les parties charnugg apportent dans sa forme et dans sa capacité. |

ARTICLE PREMIER

De la Structure et de la Configuration du bassin.

Dans l’âge adulte, seule *pode de la vie où la femme Bovieut ordinairement mère [M bassin n’est composé que de quatre pièces osseuses ; savoir des deux os des hanches on des îles, du sacrum et du

coccix. La structure du bassin chez le fœtus en

Où

offre un bien plus cri nombre ; mais elle ne pourrait faire l’ôbjet de cet article, sans jeter une certaine confusion dans les idées. En attendant qu'il en soit. question ailleurs , nous nous bornerons à examiner ici, par une sorte d'analyse , chacun des os qui forment le bassin de la mère ; nous lés réunirons ensuite tous les quatre par une sorte de synthèse, pour en mieux embrasser l’ensemble et le résultat.

SECTION PREMIÈRE

Des Os des hanches ou des îles.

Les os des hanches ou des îles forment les parties latérales du bassin , et se réunissent pour en former aussi la partie tit Ils sont grands, larges , pairs, et d’une forme très-complexe. Leur face interne regarde l’intérieur du bassin , et leur face externe présente une cavité oil nommée cotyloïde, qui sert de centre et de point fixe à la tète du Étui pour l'exécution de ses mouvemens.

On y distingue trois régions, dont la première supérieure et postérieure a recu le nom d’élium ; la seconde antérieure, celui de pubis , et la troisième

inférieure, celui d’ischium.

2. ls ne ; la plus étendue de ces trois régions F a une forme à peu près triangulaire, et présente deux

faces , l’une externe et l'autre interne; trois bords et trois angles.

* La face externe de l’ilium un peu convexe en avant, et légerement concave en arrière, n’est presque d’au-

cune importance sous le rapport dés accoucliemens.

La

À | PRINCIPES St

La face interne offre plus d'intérêt. Une ligne an-guleuse , oblique de haut en bas , et de derrière en devant, assez tranchante dans sa moitié ou dans ses deux tiers postérieurs, et plus arrondie dans le reste de son étendue, divise cette face en deux portions , l’une supérieure et l’autre inférieure. La première , qi est assez large, porte le nom de fosse ihaque , à cause de sa concavité ; la seconde , par-

* semée en arrière de tubercules auxquels s Méchent des tendons et des ligamens , présente un peu plus en ayant une empreinte articulaire , assez semblable à une feuille d’azarum ou de cabaret , sur laquelle on distingue une infinité de petites éminences et de petites cavités. Le reste de cette portion n’a plus. ‘rien de remarquable.

‘Le bord supérieur de l'ilium , le plus long des trois , est une espèce de crête , dont les deux extrémités ont contournées en sens inverse , à peu près comme celle d’une S italique. Si l'on en considère l'épaisseur , on y distingue un interstice et deux lè-

vres, dont l’interne offre , vers le tiers postérieur de sa PUEUPMRE une espèce de saillie plus ou moins obtuse , à laquelle vient s insérer un ligament qui, par l'autre extrémité , s'attache à l’apophyse transverse de la dernière vertèbre lombaire. |

Le bord antérieur , plus court que le supérieur , présente deux échancrures, dont luneest plus large ctmoins superficielle que l’autre. Elles sont séparées par une apophyse qu’on appelle l’'épine antérieure

et inférieure de l’ilium.

à é DE L'ART DES AGCOUCHEMENS. 5

Un prolongement osseux partage aussi le bord postérieur en deux échancrures, dont la plus grande et la plus profonde ne forme que le sommet d'une autre beaucoup plus grande encore , à laquelle on donne le nom d’échancrure sacro-ischiatique.

Les trois angles de l’ilium ne sont que des tubercules qui résultent de la rencontre des ses trois bords. La crête de l'os des îles forme, avec le bord antérieur, un angle obtus, qu’on nomme épine supérieure et antérieure , pour la distinguer de celle qui a été déja remarquée; la réunion de cette même crête avec le bord postérieur offre un angle de même nature, auquel on a donné le nom d’épine supérieure et postérieure ; enfin le bord antérieur et le bord postérieur se réunissent en une masse osseuse que ‘plusieurs anatomistes ont regardée comme la base de l’iltum à cause de son volume et de son épaisseur.

2°. L’ischium n'offre de remarquable qu’une tu bérosité , une épine et une branche. di

La forme triangulaire de la tubérosité ischiatique permet d'y considérer trois faces : une externe qui mérite à peine d’être décrite ; une autre interne qui se prolonge vers la région iliaque , pour former un plan assez lisse et incliné de bas en hautet d'avant en arrière : enfin » unetroisième âpre et raboteuse, -sur laquelle le tronc est appuyé quand on. est. assis. Ces trois faces sont bordées par trois lignes angu-

leuses, dont l’une supérieure ressemble à un croissant, et les deux autres inférieures sont regardées “par les anatomistes comme leslèvres de la tubérosité.

: ARCS UP PRINCIPES Lépine ischiatique est une sorte de production osseuse dont la base est ün peu large et la pointe assez aiguë; elle a cinq ousix lignes de longueur et semble se jeter un peu obliquément en arrière et en bas. La branche de lischium s'élève obliquement de la partie antérieure de sa tubérosité. Cette longue apophyse est plus large à'son origine qu’à son extrémité , et un peu aplatie sur ses deux faces. L’untde ‘ses bords mince , lisse et presque droit , concourt à la formation d’une ouverture ovale à laquelle on donne le nom de trou soupubien, et l'autre, plus épais, plus äpre et plus courbe , regarde l’ arcatle = même nom. | 3°. Le pubis peut se diviser en deux branches, l’une supérieure ou supubienne , et l’autre inférieure : ou soupubienne : elles embrassent conjointement avec l’ischium le trou soupubien , ou ovalaire. Labranche supubienne, presque triangulaire dans sa partie moyenne, S ’aplatit ens ’élargissant vers son extrémité antérieure , et s "épaissit au contraire du côté qui regarde stat ; d’oùil résulte que la face supérieure de cet os légérement sinueuse et con- ‘cave , est plus large en arriére qu’en avant, tandis que la face externe et la face interne POS une disposition contraire. Des trois angles’ qui réunissent ces surfaces , le supérieur et interne forme une arête vive ettranchante; l’externe plus arrondi se termine en! devant par une sorte de tubérosité ou d’épine plus où moins saïllante;,'et l’inférieur ; presque semi-lunaire , présente vers son extrémité iliaque

ft

une espèce.de gouttiére ou de sinuosité qui se‘dirige obliquement d’arrière en avant , et de dedans en dehors.

La branche soupubienne descend. obliquement

en arrière et sur le côté: aplatie sur ses deux faces

et plus large à son origine qu’à sa pointe , elle n’a que sept à huit lignes de longueur. Par une sorte de

torsion imprimée à ce prolongement osseux de l’intérieur du bassin au dehors, l’un de ses bords devient presque antérieur et l’autre postérieur; celuici, mince et courbé, regarde le trou soupubien , et arts » plus épais et plus droit, fait partie de l’arcade de même nom.

SECTION Il.

De l'Os sacrum.

Le sacrum est un os impair , à deux faces , sem-

-blable à une pyramide triangulaire renversée , qui , -par.ses deux côtés , s'articule avec les’ os des îles , par sa base avec la colonne vertébrale , et par son sommet:avec le coccix.

La face interne en est lisse et concave. On y remarque quatre ou cinq lignes transversales qui , de chaque côté , aboutissent à autant d'ouvertures d’i-

- négale largeur , dont quelques-unes, creusées très-

obliquement dans l'épaisseur de l'os, s’allongent en

. forme de gouttière.

. La face externé du sacrum est convexe et hérissée de tubercules qui répondent, soit aux apophyses épineuses , soit aux éminences obliques et transver-

: | M eu T “il PRINCIPES |!

ses dé vertèbres. Outre deux FRUBESS de trous, on y “voit encore deux autres ouvertures à peu près triangulaires , qui terminent le canal creusé dans’ toute la longueur de l'os. | » Les deux côtés du sacrum présentent supérieure- -ment chacun une empreinte articulaire parfaitement semblable à celle de l’osilium correspondant , mais - coupée obliquement de haut en bas, de dedans en dehors, et d'avant en arrière ; d’où il résulte que cet os, plus large en devant et en haut qu’en arrière et en bas, s’enchässe entre les os des îles comme un double coin. j | dr La base du sacrum présente à sa partie moyenne uneempreinte cartilagineuse, dontla figureoblongue est plus large et plus convexe en avant qu’en ar= rière, et dont la surface s'incline de dedans en dehors. Deux petites échancrures semblables à des gouttères en séparent le bord externe vers ses extrémités , de deux petites masses osseuses , dont les facettes spinales sont également revêtues de cartilage. Ausommet, ou à la pointe dusacrum, on remarque une facette cartilagineuse oblongue en travers,

comme celle de la base , et Lie en sens contraire,

Do SECTION III.

Du Coccix. La iii

Le COCCIX bol encore à une petite pyra- :mide triangulaire , dont la face interne est légèrement concave , et dont la base répond à fa pointe du sacrum. :

F sc

Cet os est composé le plus souvent de trois petites

pièces, dont la première s ’articule par sa base avec

le sacrumt, et forme par sa pointe une petite arthro-

die avec la base de la seconde. La troisième pièce

n’a rien de remarquable dans sa forme ni dans son articulation.

ARTICLE Il.

$ De l'union des Os du bassin.

Les deux os des iles s’articulent entre eux ainsi qu'avec le sacrum , et ce dernier avec le coccix ; de là trois sortes d’articulations , une antérieure , qu’on appelle symphyse du pubis, deux postérieures et

supérieures , parfaitement semblables , qui ont recu

le nom de symphyses sacro-iliaques , et une infépen et postérieure nommée sacro-coccigienne.

°. La symphyse du pubis est formée dans la plus

fraude partie de son étendue, par une substance

qui tient du cartilage et du ligament, et dont les fibres , la plupart transversales , vont d’un os pubis à l'autre. Ce n’est que dans le tiers moyen de sa longueur et dans le tiers postérieur de son épaisseur,

que cette articulation présente une véritable ar-

throdie. En effet , la dissection découvre en cet endroit , sur un des os pubis, deux facettes carti-

Jagineuses , polies et humectées , beaucoup plus longues que larges , et d’une figure un peu semi-lu-

naire ; légèrement convexes d’un côté, ces facettes s'emboitent dans celles du côté opposé ques sont aussi légèrement concaves.

LA ‘8, 10 PRINCIPES | Cependant, on conclurait mal à propos de.cette disposition, que les os ‘pubis jouissent de quelque mobilité. Car lapetite arthrodie postérieure, la seule qui pourrait permettre du mouvement, est environnée de la substanceligamento-cartilagineuse, qui s'interpose entre les deux os, et de laquelle dépend en grande partie la solidité de leur symphyse. Semblable à un coin, cette substance offre une base antérieure plus large à ses extrémités qu’à sa partie ‘moyenne. et un tranchant qui s’amincit beaucoup vers l’intérieur du. bassin où les os sont dans un contact presque immédiat. Quel:mouvement pourrait-1l doncexister dans cette articulation!

Outre ce premier moyen d'union qui est:trespuissant , la symphyse du pubis est encore fortifiée de tous côtés par desligamens , des aponévroses et -des fibres tendineuses que lui fournissent les mus- -cles voisins. Joint à cela, que le pilier interne de chaque anneau inguinal s'attache au pubis du côté opposé. : d’où résultent deux tractions qui s’entre- -croïsent'et.tendent toujours à rapprocher les deux .08;, en. resserrant leur union.

2°. Les symphyses sacro-iliaques sont bien diffé xentes de la symphyse du pubis. Ici, point de.sublance ligamento- cartilagineuse, point..de, fibres ‘transversales ; partout, au contraire, de petites émimencesiet de petites cavités revètues d'un cartilage blanchäire, strié en plusieurs endroits, -humecté de synovie, et plus mince sur les os,des îles que surle sacrum ; toutes ces facettes articulaires se recoivent

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 11 mutuellement, et forment ainsi deux véritables synchondroses , ou deux articulations par engrenure!, qui, comme on le sent bien, ne peuvent permettre que des mouvemens très-bornés. Qu

Mais on sera bien mieux convaincu dela fermeté des symphyses sacro-iliaques , si l'on examine les moyens d'union qui les fortifient de toutes parts. Antérieurement , un grand nombre de bandes ligamenteuses ; d'autant plus épaisses qu’elles s’approchent davantage de l’échancrure ischiatique, passent transversalement du bord de l'empreinte articulaire de l'os des îles au bord de celle du’sacrum ; postérieurement , des lisamens non moins nombreux, mais plus forts et plus tendus, unissent les os des îles aux tubercules de la face spinale du sacrum ; à la partie supérieure, on remarque une production ligamenteuse connue sous le nom d’ilio-lombaire qui, du bord inférieur de l’apophyse transverse de la dernière’ vertébre des lombes, descend en s’épanouissant au bord supérieur des facettes articulaires du sacrum et de lilium; et qui, de la pointe de cette. même apophyse , se rend en s’élargissant un peu à l'angle interne de la crête iliaque. Quand on réfléchit sur les insertions de ces ligamens, on voit qu’ils produisent deux grands effets ; non-seulement ils approchent et affermissent les os des îles contre le sacrum, ‘mais ils empêchent encore ce dernier os de se pré- ‘cipiter entre les deux premiers. Enfin, la partie ihférieure de chaque symphyse est fortifiée par deux grands ligamens qui naissent des inégalités de la

crête iliaque , de la face spinale du sacrum et du coccix: Plus larges et plus minces en arrière qu’en avant, ils s’entrecroisent vers le milieu de l’échan- crure ischiatique, et le plus court remonte vers l’épine de même nom, qu’il embrasse de toutes parts, tandis que le plus long descend vers la lèvre interne de la tubérosité ischiatique , où il s’insère en formant une espèce de gouttière falciforme.

D’après cette courte description, on voit que le sacrum s’enclave entre les os des îles comme un double coin, et qu’il ne peut s'élever, ni s’abaisser , avancer , ni reculer , à moins que quelque violence externe ne vienne détruire ou désorganiser les symphyses sacro-iliaques : disposition merveilleuse ! vrai chef-d'œuvre de la nature, non moins digne d'admiration po ur lephysiologiste que pour l’accoucheur!

3, Parrapport à l'union du sacrum avec le coccix, il nous suffit d'observer ici qu’elle jouit ordinairement de quelque mobilité pendant le temps de la vie où la femme est féconde : ce qui permét à cet appendice de céder plus ou moiïns à la pression qui le repousse en arrière durant l'accouchement.

ARTICLE IIT.

De l’union du Bassin avec la colonne vertébrale et avec les membres abdominaux. |

1°, L’empreinte transversalement oblongue que nous avons déjà fait remarquer à la base. du sacrum., s’unit à une semblable empreinte de la dernière vertèbre lombaire, et lie ainsitout le bassin au reste du

ét,

tronc, Cette union, comme celle des autres vertèbres , se fait au moyen d’un cartilage dont les fibres concentriques sont placées de champ sur les facettes articulaires , et est fortifiée par un grand nombre de ligamens qui l'entourent au dehors et dans le canal vertébral. Très-épaisse en devant et très-mince en arrière , cette substance intermédiaire rend plus obtuse la saillie qui doit nécessairement résulter de l’obliquité inverse des deux facettes articulées ; et l’élasticité qui lui est propre ; la rend encore susceptible d’une certaine compression de laquelle dépend le mouvement presque insensible de l'articulation sacro-vertébrale. Quant à la flexion et à l’extension que le bassin entier exécute sur le tronc, il faut les attribuer au mouvement combiné - de chaque vertèbre lombaire , et des dernières vertébres dorsales. C’est encore ce mouvement combiné qui augmente la convexité de la colonne lom- baïre quand on renverse le tronc en arrière , et qui la diminue quand on courbe le tronc en devant, ou . que couché sur le dos, on relève les fesses. 2°. L'union du bassin avec les membres abdominaux est unie énarthrose ou articulation profonde. C'est la tête orbiculaire du fémur qui s'emboîte dans la cavité cotyloïde de l'os des îles , et y exécute des . mouvemens en tout sens.

ARTICLE IV

Des dimensions du Bassin.

… . Les dimensions du bassin sont une des choses les

plus importantes à connaître, puisque c'est de leur rapport avec les dimensions du fœtus, que dépend la facilité ou.la difficulté de l'accouchement. Pour

les mesurer avec plus de méthode et d’exactitude , nous supposerons le bassin d’une femme adulte, dont la taille serait ordinaire , et nous le diviserons en deux parties, l’une plus évasée , qui. porte le nom de

grand bassin, et autre plus étroite , qu'on nomme

cé petit bassin.

1°. Le grand bassin poéséhie une très - grande échancrure en devant, les deux fosses iliaques sur les côtés, et en arrière, la saillie arrondie que forme le corps des dernières vertèbres lombaires. |

L’échancrure antérieure a huit ou neuf pouces de, ÿ. largeur , mesurée de l’épine supérieure et antérieure d’un côté, à celle du côté opposé. La distancequi sépare les deux épines antérieures et inférieures a un pouce de moins, et celle qui existe entre les deux crêtes iliaques à leur partie moyenne , donne un pouce de plus. La longueur de chacune des crêtes iliaques est de six ou huit pouces, selon qu’on la mesure directement de l’épine supérieure et antérieure à l’épine supérieure et postérieure , ou en sui-un vant les contours sinueux de ses extrémités. Lalon- , gueur du bord antérieur de l’ilium , qui est de trois ou quatre pouces , donne à peu près la hauteur du grand bassin; enfin la profondeur des fosses iliaques n'est que de six à huit lignes.

2°. Le petit bassin est une espèce de canal Fev

droïde, un peu plus large à sa partie moyenne qu’ a )

FRE 4 "y

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 15 ses deux extrémités » Ce qui permet d’ y distinguér deux détroïts et une excavation.

: Le détroit supérieur ou abdominal , qu” on peut considérer comme l'entrée du petit EH à commence à l'articulation sacro-vertébrale ; de là, il descend obliquement sur les os des îles , où il s’arrondit un peu; enfin , ilredevient tranchant sur les os pubis,

et va se terminer de chaque côté à la symphyse de ces deuxos. Certains acconcheurs en ont comparé le contôur à un cercle , d’autres à une ellipse ; quelques-uns à un triangle ou à un cœur de carte à jouer. Mais le géomètre n’y trouve qu'un rebord osseux d’une forme et d’une obliquité fort variables.

Cependant, comme il estnécessaire de déterminer exactement la largeur de ce détroit , on y distingue quatre diamètres principaux. Le sé court divise l'entrée du petit bassin en deux parties égales d'avant en arrière, ou depuis la partie supérieure et interne de la symphyse pubienne jusqu’au milieu dela saillie sacro-vertébrale ; il est en général de quatre pouces, et porte le nom de diamètre antéro-postérieur où Sacro-pubien. Le plus long passe en travers de la partie la plus excentrique d’un côté à celle du côté

opposé ; il ést plus voisin du sacrum que du pubis , et Coupe par conséquent le détroit en deux parties inégales, l’une antérieure et l’autre postérieure. La longueur de ce diamètre est de cinq pouces , OU surpasse d’un pouce celle du diamètre sacre - pubien. Chacun des deux autres s'étend de la cavitécotyloïde aù un côté, à la symphyse sacro-iliaque du côté op-

16 a he PRINCIPES, | + LS AT

posé, et. porte. le nom de diamètre oblique ; parce

qu'il coupe obliquement les. deux premiers ; il est de

quatre pouces et demi, ou tient le milieu entre le

diamètre sacro-pubien et le transversal. |

Puisque le détroit supérieur ou äbdominal a des. diamètres inégaux, 1l est clair qu'on ne saurait le. ‘considérer comme un cercle ; ce serait encore une erreur de lui attribuer une ae elliptique, attendu , que le diamètre sacro-pubien et le transversal ne se rencontrent point au centre , mais plus près du sacrum que du pubis. Enfin , la forme triangulaire ne lui appartient pas plus que la précédente : c'est une vérite qui saute aux yeux. ni.

Le détroit mférieur ou périnéal qu’on peut : aussi nommer la sortie du bassin, ou simplement le pas-. sage, est plus resserré et plus irrégulier « que le supé- » rieur. Le contour deson bord est entrecoupé detrois profondes échancrures qui séparent trois éminences remarquables. On y voit antérieurement l’échancrure soupubienne qu’on nomme aussi l’arcade du pubis, parce que la sommite en est ceintrée à peu. près comme l'arc d’une voûte ; et postérieurement, la saillie formée par le coccix sépare les deux échan- é crures ischiatiques , que les iubérosités de même « nom séparent à leur tour de l’échancrure antérieure ou soupubienne.

Les dimensions de ce détroit sont mesurées par quatre diamètres comme cellesdu premier. L'antéropostérieur ou cocci-pubien , ainsi appelé, parce qu 1l

se frise d'avant en arrière depuis la sommité de

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS, jh l'arcade soupubiénne jusqu'à l’extrémité du coccix ,: a ordinairement quatre poucés ; et peut acquérir | demi-pouce ou trois-quarts de pouce de plus à Cause! de la rétrocession du coccix ; le transversal qui s’étend d’une tubérosité ischiatique à l’autre , a un peu plus de’ quatre pouces; et les deux diamètres obliques qui de chaque tubérosité ischiatique aboutissent au milieu du ligament ischiatique opposé, selon quelques auteurs, et au coccix selon d’autres , sont aussi de quatre pouces à peu près. Il résulte de là que le diamètre antéro- postérieur ou cocci-pubien du détroit périnéal est, ou peut devenir le plus long : disposition contraire à celle que nous avons remarquée au détroit abdominal ,; où le diamèire antéro-" postérieur ou sacro-pubienest le plus court.

L'éxcavation du petit bassin est terminée ‘par quatre faces dont l’inclinaison respective est plus Ou moins sensible ; une antérieure qui est légèrement concave , une autre postérieure , dont la coricavité a six ou huit lignes de profondeur , et deux ! latérales ou ischiatiques » qui forment deux plans : inclinés de dehors en dedans ; et d’arrière en avant. “La longueur de chacune de ces trois faces est dans un rapport constant avec celle des deux autres: Car le pubis est le tiers du sacrum et la moitié de » chacun des deux ischium ; d’oùilsuit que, la longueur l du pubis étant de quinze, dix-huit ou vingt lignes, hs celle du sacrum sera de quatre pouces moins un quart, de quatre poucesetun tiers ou de Cinq pouces; tandis que celle de chaque côté sera de deux pouces | 2

LA

16 AMAR PRANGAPES 4 F0 47 :

et demi, de trois pouces. ou trois pouces et un tiers. Cet excès de longueur du bassin à sa partie posté.

rieure mérite la plus grandeattention. |

vd e

. Au niveau du détroit abdominal , l'épaisseur de la saillie sacro-vertébrale est de deux pouces ct demi, et celle du pubis de cinqousix lignes; l'épaisseur de. chaque cavité cotyloïde, y compris la tête, le col et le grand trochanter du fémur, est de trois pouces . moins un quart, et celle.de chaque symphyse sacro- | iliaque de quinze à seize lignes. se | La largeur de l’excavation est proportionnée à la. courbure du sacrum : elle a quatre pouces et demi : ou cinq pouces, du milieu de la symphyse pubienne à la jonction de la seconde pièce du saérum aÿec la : troisième , en comptant de baut en bas. Le fond du bassin mesuré d'avant en atrière, est donc pluslarge » ‘ queses détroits , ce qui est encore bien digne de, remarque. A TAONTNIT La forme et les dimensions de l’arca de soupu- : bienne ne, sont pas moins importantes à connaître que celles du reste du bassin. Arrondie dans sa. partie supérieure, elle n'offre que quinze ou vingt lignes de largeur, tandis que lécartement de :sésh branches est de trois pouces et demi, même de : quatre pouces lorsqu'elles sont parvenues au détroit inférieur. La. hauteur perpendiculaire n’en est que .de deux. pouces environ. |

Des Axes du bassin.

Lé bassin’, à ne le considérer que dans sa forme, m'est point une cavité parfaitement cylindrique ; Mais une espèce de canal plus évasé à'sa partie moyenne qu'à ses extrémités, et plus élevé en arrière qu’en devant; par conséquent le détroit supérieur et le détroit inférieur ne sont point parallèles et ont nécessaïrement une ‘inclinaison différente ; donc leurs centres ne peuvent se trouver dans la même ligne droïte que celui de l’excavation. Ceite première conséquence conduit à une autre non moins certaine, savoir, qué chaque détroit du Dassin doit avoir son axe particulier. F Cela posé, l'axe du détroit supérieur est uné ligne imaginaire qui , passant par le centre de ce détroit, se termine d’une part vers le nombril de la femme, et de l’autre, vers le coccix ; au lieu qué l'axe du détroit inférieur est une autre ligne imaginaire Qui, de lisaillie sacro-vertébrale , se dirige vers le centre: de ce détroit où de la valve. |

Il'suit de là, que ces deux axes ne peuvent se confondre avec l'axe du corps, qui, du sommet de la tête, tombe perpendiculairement entre les deux! pieds. Car, les deux premiers concourent vers le: milieu de l’excavation pelvienne, et forment un angle très-obtus en avant : d’où il résulte que celui du détroit supérieur est oblique d'avant én arrière,

20 à PRINCIPES

et cet du détroit inférieur, en sens contraire , où de derrière en devant.

Nous ne prétendons point assigner ici la position, des axes du bassin d’une manière tout-à-fait rigoureuse ; il suffit pour la pratique de la connaître par approximation, ; parce que la nature est loin de s’assujétir à la précision du calcul.

De célèbres accoucheurs, tels que Deventer, Smellie . Levret et Rhœderer , ont eu recours à la géométrie , pour déter -miner l'axe et l’inclinaison du bassin; mais leurs procédés n’ont été d'aucun avantage pour la pratique, ni même pour la théorie, puisqu ils ont obtenu des résultats différens; et cela devait néces-, sairement arriver ainsi, parce que les uns n ‘ont. déterminé que l’axe du détroit supérieur , a les. autres, celui du détroit inférieur. D'ailleurs ; la. direction du bassin , de laquelle dépend inclinaison de ses détroits, et par conséquent celle de leurs axes respectifs , varie non-seulement dans chaque individu, mais encore dans chaque attitude du corps.

En effet, qu ’on suppose une femme d’une taille, médiocre ou démesurée ; qu’elle soit assise, debout ;, ou couchée à la renverse , il est certain que, dans, tous ces cas, chaque partie du bassin , chaque détroit, chaque axe, sera diversement incliné par rapport à l'horizon; c est ce qu'on peut vérifier sur.le premier bassin qu’on aura entre les mains. Joint à cela que la capacité de ce canal n’est pas la même, dans les différens individus ; il est plus spacieux et . moins profond chez la femme d'une taille moyenne

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 21 que chez les autres ; ce qui doit encore influer sur l'inclinaison des deux axes.

Quoi qu’il en soit , la connaissance de ces lignes imaginaires est de la plus grande utilité pour l'art des accouchemens , et l’on ne saurait trop recommander aux élèves de se la rendre familière ; Car, si elles indiquent la marche que suit le fœtus, soit Pour passer du grand dans le petit bassin, soit pour sortir de l’excavation en traversant le détroit inférieur, elles tracent aussi la direction qu’on doit donner à la main ou aux instrumens, quand il est. nécessaire de terminer un accouchement non natuvel. S'agit-il de pénétrer seulement dans l’excavation du petit bassin , il suffit de suivre la direction d’une ligne qui, du centre du détroit inférieur , conduit à la saillie sacro-vertébrale. Mais sil faut avancer jusque dans la matrice, qui, le plus ordinairement ; occupe le grand bassin , 1l faut nécessairement quitter la première direction pour en prendre une autre, qui, du centre du détroit supérieur, aboutirait au

nombril de la femme.

ARTICLE VI. di yée Des vices de conformation du Bassin.

Tout état du bassin qui rend la grossesse pénible et l'accouchement difficile, impossible, ou seulement dangereux, doit être regardé comme un vice opposé à la bonne conformation déée canal fie La nature qui tend toujours à la perfection, ne Manquerait jamais son but , en formant le système

22 PRINCIPES osseux de Ja femme, sielle n’était troublée ou déran- | gée par quelque cause étrangère ; les vices de conformation du bassin , loin d’être naturels, doivent donc être toujours attribués à quelque accident.

Mais à quelle époque de la vie le bassin de la femme s’écarte-t-1l de cette forme régulière que la mature lui avait imprimée , pour en Sie d’autres pins ou moins bizarres ? c’est le plus ordinairement dans l'enfance ; car à cet âge, les os du bassin étant très-gélatineux , manquent de force pour résister à l'impression des causes étrangères , et leurs symphyses n’ayant pas encore apque toute leur fermeté, cèdent plus facilement; joint à cela que c'est chez les énfans qu’on observe le plus souvent le rachitis, genre de maladie dont l'effet est d’absorber ou de détourner le phosphate calcaire auquel les os dorvent leur solidité. |

* Cette double disposition une fois admise, on expliquera facilement tous les vices ou altérations qui rendent le bassin plus ou moins difforme, plus ou moins impropre à seconder le vœu de la nature dans l’accouchement.

En effet, personne n'ignore que des parens peu soigneux de l'éducation physique de leurs enfans, et Hi d’une ancienne mais funeste habitude, les emprisonnent dans des langes trop étroits, aussitôt qu'ils ont vu le jour; non contentes de cé ‘premier genre de torture, il est des mères qui enfoncent les tendres fruits de leur amour dans des berceaux où ils étouffént saus le poids des couvertures , et sous

la pression des liens qui les captivent. Les retire-t-on ‘de ces espèces de’ prisons , où pour mieux dire, de ‘ces tômbeaux, c’est pour les confier à une nourrice mercenaire , Ou à une gouvernante inattentive, qui, au lieu de les étendre horizontalement sur les bras, pour favoriser le développement de leurs Organes, les relève contre sa poitrine ;.et les embrasse d’une main qui comprime plus ou moins fortement leur frêle bassin. Quelquefois les enfans restent trop longtemps assis ou couchés sur le dos; enfin » par une anticipation des plus meurtrières et des plus condamnables, on s'empresse de les mettre à la lisière, et l’on essaie de faire marcher ces étres encore faibles et souvent malades, ayant que leurs jambes aient acquis Ja solidité nécessaire pour soutenir le poids du corps.

Qu’arrive-t-il? le bassin devenu le centre d’action et de réaction entre la colonne vertébrale et les membres abdominaux, cède à l’effort des puissances qui le compriment, r'et se contourné de mille manières ; de la ces défectuosités et ces vices qui altèrent la forme etles dimensions de cecanal. Tantôt les crêtes iliaques trop écartées ou trop rapprochées, augmentent ou diminuent l'enceinte du grand bassin; tantôt l’une des hanches s'élève au dessus de l’autre F ouse porte plus en arrière. On a vu des femmes chez lesquelles les os des îles étaient inégalement inclinés à droite ou à gauche, sorte de difformité qui tenait à la distorsion de la colonne vertébrale. |

Que d’altérations et d'irrégnlarités n ’observe-t-on

pas a aussi dans le petit bassin! Là ; c'est la base du sacrum qui se jette en: dedans, ét la symphyse du pubis qui fait une saillie plus ou moins aigüe, tandis que les cavités cotyloïdes repoussées en arrière , se rapprochent des symphyses sacro -iliaques, et donnent au détroit abdominal la forme d’un as de cœur ; de là plus de lar ‘geur dans le sens du diamètre sacro o-pubien, mais aussi plus de rétrécissement dans le sens des diamètres obliques. Ici, c’est la symphyÿse du pubis qui, au lieu de présenter un cintre légerement arrondi, s’écraseet s’aplatit pour se rapprocher de l'apgle sacro-vertébral : de là résulte un détroit supérieur qui ressemble presque à un huit. de chiffre, et dont le diamètre sacro-pubien est plus ou moins défectueux : on cite des bassins , à la vérité, fort peu nombreux, où il ne présentait que dix et même six lignes d’étendue. Ailleurs, l’un des fémurssupportant trop habituellement tout le poids du corps, enfonce la cavité cotyloïde : à laquelle ilsert de point d’ appui, et raccourcit ainsi l’un des diamètres obliques, en laissant aux,autres dimensions leur état d'intégrité.

Mèmes désordr es etmêmes vices de conformation au détroit périnéal ou inférieur ; quelquefois le cocz cix plus recourbé qu’à l’ordinaire s’approche du pubis, et abrège le diamètre cocci-pubien ; d’autres {ois la soudure prématurée de cet appendice avec" le sacrum., ou l’ossification de ses ligamens latéraux, en arrête la mobilité avant que la femme ait cesse d’être féconde. Le plus souvent ce sont les deux tuhérosités ischiastiques qui, par un rapprochement

excessif, diminuent la longueur du diamètre transversal ; enfin, on a vu l’une de ces éminences OSseuses plus élevée que l’autre, donner au détroit périnéal une obliquité ou inclinaison latérale qui ne lui était pas naturelle.

Ferons-nous l’'énumération des vices qui altérent l’excavation du bassin ? mais on doit les rapporter , au moins en grande partie, à la défectnosité des deux détroits qui la terminent. Car le sacrum est-il drop aplati, comme on l’a observé quelquefois, l’ex- Cavation perd de sa capacité, tandis que les deux détroits gagnent en Jlargeur d'avant en arrière. Au contraire, cet os a-t-il trop de courbure ; l’excavation s’évase, et les deux détroits se rétrécissent dans le même sens. Pareillement, la hauteur de la symphyse du pubis ne peut augmenter ou diminuer, sans abaisser ou élever l’arcade soupubienne, etsans raccourcir ou allonger le diamètre cocci-pubien du détroit périnéal. Enfin, tout changement dans la Torme, l’obliquité ou l'étendue des os ischium , doit changer-les dimensions de. l’excavation et des détroits. Mais nous sommes éloignés de croire ; avec un des plus célèbres accoucheurs , que les épines ischialiques puissent jamais prendre une direction assez vicieuse pour s’ opposer à l'accouchement , en s'implantant dans les fontanelles ou dans les sutures de la tête du fœtus.

. Une chose bien digne de remarque, et qui a éte généralement an téo » Cest que la mauvaise conformation du bassin, loin d’être la même dans ses

deux détroits Ù y suit au contraire un ordre réciproque. Ainsi, il est très-rare que le détroit supérieur pèche par excès d’évasement ou d’étroitesse en même temps que l'inférieur ; au lieu qu'il est très-ordinaire É d'observer dans l’un, des altérations opposées à celles de l’autre. Le détroit abdominal est plus souvent rétréci que le périnéal , et le diamètre sacro-pubien du premier est plus odinairement raccourci que son diamètre transversal : sorte de défectuosité opposée à celle du détroit inférieur, où le diamètre transversal est fréquemment plus court que le ne à cocci-pubien. |

ARTICLE VIT

Du Bassin considéré sur la femme vivante.

Ün des.points les plus essentiels en pratique, est d'apprécier exactement la forme et les diménsions du bassin, soit pendant le cours de la grossesse, soit pendant le travail de l'accouchement. Il ne suflit donc pas d'étudier cette espèce de canal sur le squelette, ou dans l’état sec, 1l faut encore le considérer tel qu’il est sur la femme vivante, c’est-à-dire, par rapport à ses enveloppes charnues et aux viscères abdominaux dont il est en partie le soutien.

Or toutes les parties molles dont la connaissance se lie d’une manière plus ou moins immédiate à celle du bassin, peuvent se réduire à des muscles, à des viscères, à des membranes, à des vaisseaux, à des

nerfs et à des tégumens. |

1°. Les muscles qui ont rapport au bassin, FA

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 27 recouvrent à l'extérieur , ou en tapissent la cavité. Parmi les premiers , les uns, après!s’être attachés au bassin, vont se terminer à la poitrine ou à l’abdomen, et peuvent être désignés sous le nom de pelvipectoraux ou pelvi-abdominaux; les autres s’in-+ serent au bassin et aux membres abdominaux : ce qui nous permêt de leur donner aussi le nom de muscles pelvi-fémoraux ou pelvi-cruraux, selon qu'ils se terminent à la cuisse ou à la jambe.

Il y a plusieurs muscles pelvi-abdominaux ; savoir, le pyramidal, ou pubio-sous-ombilical, l’oblique externe ou 1lo-costo-abdominal, l’oblique interne ou ilio-lumbo-abdominal , et le transverse où lumbo- 1lio-abdominal. | |

Les muscles pelvi-pectoraux sont le droit du basventre, ou sterno-pubien ; le grand dorsal, ou sacro-lumbo-huméral; le long du dos, ou sacrospinal , et le quarré des lombes, ou ilio-costal.

Les plans des deux muscles obliques et du transvérse, appliqués les uns sur les autres, occupent les parties latérales de l'abdomen, où leurs fibres suivent différentes directions ; ils se terminent en devant par des aponévroses, dont la réunion et l'entre-croisement forment la ligne blanche. Cette espèce de bande, étendue entre le sternum et la symphyse du pubis, forme supérienrement une sorte de gaîne qui loge à peu près les deux tiers des muscles droits, et se divise vers l'anneau ombilical en deux portions d’égale longueur , dont la supérieure est plus large que l'inférieure.

L'aponévrose du muscle oblique externe foin aussi , par son bord inférieur, le lisament ihopubien ou l’arcade crurale, sous liuèlle passent les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à la cuisse, et au dessus duquel on apercoit : l'anneau inguinal ; par où passe le cordon des vaisseaux spermatiques chez l’homme , et le ligament rond de la matrice chez la femme. |

Les muscles pelvi-fémoraux sont le Eiséih late) où 1lio-aponévrotique de la cuisse ; le grand fessier, ou sacro-fémoral ; le moyen fessier ; ou grand iliotrochantérien, et “ petit fessier, ou petit ilio-trochantérien ; le pyramidal de la cuisse, ou sacro: tot one les ; jumeaux, ou schiotolarttél riens; le quarré de la cuisse, ou ischio-sous-trochantérien; l’obturateur externe , ou sous-pubio: trochantérien externe; le premier adducteur de la. cuisse , ou pubio-fémoral ; le pectiné, ou sus-pubiofémoral; le second adducteur, ou sous-pubio- For enfin le troisième adducteur, ou ischiofémoral.

Les muscles pelvi-cruraux sont le gr ële interne ; ou sous-pubio-prétibial ; le couturier ou ilio-prétibial ; le grêle antérieur , ou ilio-rotulien ; le biceps de la cuisse , Ou 1sch10- Étibto o-péronnier ; le demimembraneux, ou ischio- -popliti- - prétibial , et le demi-nerveux , ou ischio-prétibial. |

Les muscles qui répondent à la cavité du bassin , sont l’obturateur interne , ou sous-pubio-trochantérien interne; le grand psoas , où prélomho-trochan-

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 29 timien; le petit psoas, ou prélombo-supubien, et liliaque interne , ou iliaco-trochantinien, Enfin , On remarque à la région sous-pelvienne , le releveur de l'anus, ou sous-pubio-coccigien ; lischio-coccigien, le transverse du périnée, ou ischio-périnéal ; le sphincter de l’anus, ou coccisio-anal: l’érecteur du clitoris, ou ischio-sous-clitorien > et le constricteur du vagin, ou périnéo-clitorien.

Il est bon d'observer que, ‘parmi les muscles internes du bassin, les psoas, ou prélombo-trochantiniens , descendent le long du détroit supérieur, et en diminuent la largeur de chaque côté ; de sorte que Je diamètre transversal » le plus long sur le squelette | est un peu plus court que les autres sur la femme vivante. Quant aux diamètres obliques , ils perdent aussi quelque chose vers leur extrémité postérieure à cause de ces muscles ; mais ils restent néanmoins les plus longs , pourvu que le bassin ne soit pas mal conformé. | ;

Si l’on réfléchit maintenant sur les attaches et sur la direction des muscles qui ont rapport au bassin, on verra qu'ils ne peuvent se contracter en même temps, soit en haut et en bas » Soit en arrière et en devant , sans produire une espèce d'équilibre d’où résulte l’immobilité du bassin. |

2°. Pour donner:une idée des viscères abdominaux, nous en ferons seulement l’énumération, en. parcourant les différentes régions de l'enceinte où ils sont renfermés. |

La région épigastrique est occupée par l’ésto-

mac ; le foie ; la rate, le duodénum ét le pancréas.

Larégion ombilicale renferme la plus grande portion de l'intestin grêle, le colon, présque tout l’épi-

| ses et les reins avec leurs dépendances. Dans la région hypogastrique » sont situés le cœcum , une portion de l’iléum et du colon; quelques unes des parties génitales et urinaires , telles ia la matrice avec ses annexes qui répond à peu près au milieu du bassin , et la vessie avec le canal de l’urètre, der-

rière et un peu au déssus de la syniph yse du pubis.

Quant au rectum qui termine le gros intestin , il est situé sur le côté gauche de la saillie sacro-vertébrale, ce qui mérite d’être remarqué. nr 5°. Lies vaisseaux sanguins qui arrosent le bassin, sont des arteres et des veines. Les premiers naissent

deaorte , et les derniers de la veine cave abdomi-

nale.

Parvenue sur’ le COrps de la quatrième vertèbre lombaire , l'aorte se bifurque et fournit deux gros troncs qu'on nomme pelvi-cruraux. Mais à quelque. distance, chacun de ces troncs se partage en deux branches distinctes par leur direction ; savoir ;, la crürale qui va se distribuer au membre abdominal, etla pelvienne qui fouririt ordinairement les sept branches suivantes ; l’'iliaco musculaire , les sacrées latérales ; la sous-pubio-fémorale , l'ombilicalé qui envoié quelques rameaux à la vessie, à l'utérüs et au vagin , la fessière ; la fémoro-poplitéé et la souspelvienne qui naît a de la précédente , et fournit dés: rameaux à la vessié >» au rectum ,. a

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS, 3x

la matrice , au vagin, au périnée et au clitoris.

Les veines se distinguent par les:mêmes roms et suivent unie direction inverse depuis leurs dernières ramifications jusqu’à la veine cave:abdominale , où elles se terminent. 4

Outre les vaisseaux sanguins, le: bassin en recoit encore un nombre prodigieux de lymphatiques que li ed a rend manifestes.

-#.Lesnerfs du bassin tirent leur origine des paires lombaires et sacrés. Les lombaires envoient leurs branches postérieures aux lombes, au sacrum et aux fesses. La branche antérieure dela première paire fournit deux rameaux, l’un supubien et l’autre inguimal, tandis que les branches antérieures des quatres dernières paires concourent à former la portion supérieure où lombaire du plexus crural, laquelle fournit quatre nerfs, savoir , le cutané externe de la cuisse, les inguinaux, le fémoro-prétibial et le soupubio fémoral.

Nous rappellerons ; comme.en passant, que ces nerfs se trouvent derrière, et dans l'épaisseur des muscles psoas, et que les de derniers se rendént à la cuisse, l’un en passant sous l'arcade crurale, ou ligament: ilio-pubien , et l’autre par la:sinuosité que nous avons’ fait remarquer à la partie posté rieure et supérieure. du trou soupubien.

Les paires sacrées, au nombre de cinq, envoient leurs branches postérieures aux tégumens par les trous de la face spinale du sacrum ; et les branehes antérieures des quatre premières paires se réunissent

Roi Lt NAN PRINCIPES

pour former la portion äinférieure ou. sacrée : du

plexus crural, en sortant des espèces de gouttrères creusées à la face abdominale du même os. De ce.

plexus sortent six autres nerfs, l'ischio-clitorienÿt

le cutané sous-pelvien , les fessiers, les ischio-tro-,

chantériens, ‘le cutané postérieur de la cuisse , et le

fémoro-poplité, quise distribue à la face postérieure :

du membre abdominal, et jusque sous la plante du

pied. La cinquième paire sacrée se ramifie aux par-

ties circonvoisines du coccix.

Eufin, les nerfs trisplanchniques se terminent à l'extrémité du sacrum, et lient ainsi le bassin.et les. organes qui y sont contenus avec toute l’économie

animale. : :. | pi 5°. Les membranes pelviennes sont ou séreuses,

ou muqueuses: les premières ne sont que des pro ductions du péritoine qui tapisse la cavité abdomi- : nale , et les secondes revêtent l intérieur des organes |

génito - urinaires.

En décrivant les os du Hé et leurs symphyses, nous avons eu occasion de parler des ligamens qui

contribuent. à leur solidité. +41 1 fr Pt :6°.. Nous terminerons par l’enveloppe commune : des parties :dures et: des parties molles qui. com-

posent:le bassin ; elle est formée par un tissu cellulaire plus ou moins abondant , selon l'embonpoint de la femme, et plus ou moins épais selon les régions qu'iloccupe. La peau qui le recouvre: A 8 deux-ouvertures, l’anus-et:la valve, -et trois plistou

sillons , savoir ;-Je pli de l’aine, le pli de la fesse et x.

é Le à y 1:

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 133 A l'a AEE : NE

celui de la cuisse, qui s'effacént et se creusent par F4 à ; .

la flexion ou l'extension; par le rapprochement ôu l’écartement des mémbres abdominaux . |

CARTICLE VIT

Des Pelvimètres OU instrumens propres à mesurer les di-

mensions. du bassin.

Ce n’est point une chose très-rare , qu'on soit oblisë, dans la pratique, de mesurer le bassin, pour en constater Ja bonne où mauvaise conformation. Tantôt c’est une jeune vierge qui, pour calmer les sollicitudes d’une-tendre mère ; demande aux gens de l'art, si elle peut s'engager avec sûreté dans les hens du mariage ; tantôt c’est une épouse qui , déjà enceinte et sur le point d’être mère, doute encore si elle pourra meitre au jour le fruit qu’elle porte daris son sein ; enfin, il peut arriver qu’une feñime en travail s’épuise en vains efforts » et que l’accoucheur soit obligé de lui prêter une main sécoûrable. N’est.il pas nécessaire, däns tous cés diflérens cas, et surtout dans le dernier, de calculer les dirnensions de la filière que le foetus doit travérser en venant au monde; soit pour apprécier des obstacles qui pourraient s'opposer à l'accouchement, soft pour déterminer le moyen de suppléer à la riatute iMpuis-

sante ? : Es tes SOVUBD MIOvE tireiD

Le plus souvent, les, femnies encore libres -ou mariées, qui se soumettent à l'application du pélvimètre , ent été plus ou moins mältraitées.dans!} enfance par Jerachitis ; ou bien il leur est arrivé ensuite

34 LD EM DÉPRINOIPES TE: #a # : NA ‘quelque accident qui, en retardant ou en‘suspen— dant leur accroissement, a influé sur leur ‘organisation physique. De là des traits de lumière, qui, y la vérité, peuvent éclairer les gens de l'art, et leur dicter quelquefois d'avance le jugement qu'ils ‘doivent porter, mais qui ne les dispensent pas dé faire des recherches ultérieures. En effet, on serait exposé à commettre les plus grandes et les plus fumestes erreurs, si, par trop de précipitation, on s'avisait de prononcer que le bassin est défectueux chez toutes les femmes qui ont été nouées dans leur bas âge, ou dont le système osseux a souffert des altérations à une époque de la vie plus avancée. L'expérience et l'observation n’ont-elles pas attesté nombre de fois que cette espèce de canal pouvait conserver sa forme et ses dimensions naturelles au milieu des désordres qui bouleversaient la charpente osseuse ? Nous en avons vu un exemple à l’hospice de l'École, sur une femme àgée de quarante ans, qui venait y chercher du soulagement pour quelque affection chronique. Cette infortunée , outre * la plus bizarre contorsion des membres et l’inflexion de la colonne vertébrale , avait la poitrine enfoncée et le d'os surmonté d’une saillie considérable ; marques ineffaçables et manifestes d’une maladie qu’elle disait avoir essuyée à l’âge de dix-huit ans. Be professeur Antoine Dubois lui ayant demandé si elle était mariée, elle répondit affirmativement, et ajouta qu’elle était mère de six enfans ; dont elle était accouchée sans la moindre difficulté. Il est donc très-

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 39 probable que son bassin n’avait souffert aucun dommage dans sa forme ni dans ses proportions. Une autre femme, non moins bizarrement contrefaite que la précédente, devint enceinte, il y a vingt ans, à la suite d’un commerce qu’elle eut avec un grenadier : sa difformité était telle que , vers la fin de la grossesse, la hanche, d'un côté, remontait vers Vaisselle correspondante , À cause de linflexion de la colonne vertébrale , et de l’inclinaison du bassin. Elle accoucha cependant neuf mois après dans notre amphithéätre , d’un enfant vivant et assez volum:neux , au grand étonnement des élèves , et surtout, de quelques accoucheurs qui l’avaient condamnée au Couteau césarien. Nous observerons que cette fèmme n'avait perdu sa bonne conformation qu’à l'âge de douze ans , époque où les os du bassin eurent vraisemblablement assez de solidité pour résister aux atteintes du mal qui avait fléchi Pépine et tordu les membres. Cette même femme accoucha encore très-naturellement au mois d'octobre 1815, en présence du docteur Barbette, notre prévôt, et de quelques élèves sage-femmes; mais elle succomba, environ deux mois après, à une hydropisie générale; et l'ouverture du cadavre nous fit voir: que le bassin, quoique vicié dans sa forme , CONSErvait néanmoins assez de largeur pour livrer passage à un foctus de volume ordinaire. |

Ces deux exemples qui nous sont propres , et nombre d’autres qu'on trouve dans les auteurs ) prouvent donc que le rachitis peut respecter les os

36 J PRINCIPES du bassin chez. les individus qui sont sortis de la premiére enfance.

Si, d’un autre côté, on considère que des femmes ; paf un insigne mais rare bienfait de la nature , soût accouchées heureusement , et sans de grandes difficultés , quoique leur bassin n’eüt .ni la forme , ni les dimensions ordinairés ; si l’on considère encore que l'étroitesse du détroit supérieur peut aller jusqu'à deux pouces et demi, dans le sens du diamètre sacro-pubién, sans bter aux femmes la faculté naturélle d’être mères; avec quelle méfiance ne prononcera-t-on pas sur la bonne ou mauvaise conformation du bassin ? Le ministère de l’accoucheur , il fauten convenir, à quelque chose de bien délicat, nous dirons même de terrible, quand il s'agit de procéder à l'examen de ce canal; et l’on ne peut se dissimuler qu'on marche alors, pour ainsi dire; entre deux écueils ; ear st, par malheur, on porté un jugement faux , la femme bien conformée est

condamnée à une stérilité perpétuelle ; et celle qui est contréfaite, achète les plaisirs de l'hymen et les douceurs de la maternité par les plus cruelles souffrances , et par le sacrificé même de la vie. Alternative épouvantable ® qui prouve certainément combien il faut apporter de soins et de lumières dans la considération du bassin. | En général, on peut présumer qu'il est bien con forme, lorsque les hanches médiocrementarrondies, etégalestant et hauteur qu’e nlargeur, présentent un écartement de huit à neuf pouces entre les épines

supérieures et antérieures ; lorsqu ily a sept à huit Pouces d'épaisseur entre Je mont de Vénus ét la pointe du tubercule épineux.de la dernière vertèbre lombaire ; lorsque le pubis n’est ni irop aplaïi ni trop convexe, et que le sacrum est légèrement déprimé à sa partie supérieure et postérieure ; enfin, lorsque le centre de cette dépression n'est éloigné de lextrémité du coccix que de quatre ou: cinq poucés. Au contraire , l'irrégularité de ces formes extérieures fait toujours soupconnér la mauvaise conformation du bassin : ainsi les hanches sont-elles inégalement arrondies et élevées, trop rapprochées “où trop écartées, plus larges et plus avancées, ou plus reculées je que l’autre , c’est un signe que le grand bassin est esbne De même le pubis re aplati, et la chute des reins plus profonde qu à l'ordinaire ; ; annoncent que le détroit supérieur est resserré d'avant en arrière, tandis que la | forme obtuse du mont de Vénus, jointe à la dépression de l’une des aines , n'’annonce l’étroitesse que d'un seul côté. Lorsque le sacrum est trop saillañt ou trop convexe en arrière , le petit bassin est trop évase , et ses détroits sont resserrés. Enfin, la pointe du coccix est-elle trop recourbée en dedans, où trop déjetée en dehors, c est une preuve que le détroit périnéal ést trop resserré ou trop largé dans le sens de son diamètre cocci-pubien.

Mais tous ces signes extérieurs, quel que soit leur degré d'utilité , ne sauraient sufliré pour, faire apprécier cost la diformité du bassin: et

l'application des mains que quelques praticiens con-

seillent, n ’offrirait elle-même que des notions générales et incertaines sur un point aussi essentiel ; 1l est donc nécessaire d’avoir recours à d’autres moyens qui , en procurant une connaissance , sinon pré- ‘cise , du moins approximative , des principaux dia- “iètres du bassin, puissent mettre l’accoucheur à l'abri de toute erreur préjudiciable. On se sert pour cela de plusieurs instrumens , dont les uns s’appliquent à l'extérieur du bassin , et les autres se dévet loppent en dedans.

Parmi les premiers , le compas d'épaisseur est celui qu’on préfère , non-seulement parce qu’il ne cause point de douleur , mais encore parce qne l'application en est facile et commode dans tous les temps et sur toutes les femmes. C’est un instrument composé de deux branches courbées à leur partie antérieure , et fixées postérieurement , au moyen d’une charnière qui permet à leurs extrémites lenticulaires de s'approcher où de s'éloigner suivant les

‘cas. La portion droite de lune de ces branchestest creusée en forme de gouttière , et loge une échelle graduée qui n’en sort que pour traverser une mor taise PretAReE à l’autre branche, où elle est fixée par une vis à tête plate. Cette échelle sert à calculer l'épaisseur du corps qui a été saisi par les branches du compas.

Pour faire usage de cet mstrument ; après en avoir placé les extrémités lenticulaires sur les points extéricurs du bassin dont on veut mesurer la dis-

DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 39 tance , on serre la vis à tête plate ; et le nombre des points marqués sur l’échelle jusqu'à la mortaise .. équivaut à celui des pouces compris entre les branches du compas. Si de cette évaluation on déduit ensuite l’épaisseur des parois correspondantes du bassin , le reste donne l'étendue de la dimension intérieure qu’on cherche. Par exemple, si de l’épaisseur du bassin comprise entre la symphyse du pubis et le centre de la dépression lombaire , on déduit trois pouces, tant pour la base du sacrum que pour le pubis , on obtient pour résultat le diamètre sacro-pubien du détroit supérieur ou abdomunal. Si, après celte soustraction , quiest presque toujours constante et invariable , au moins à une ligne près, il reste de trois pouces et demi à quaire pouces , c’est une preuve que,le détroit supérieur jouit d’une bonne conformation. Dans le cas contraire, cette ouverture .est d'autant plus défectueuse que la soustraction donne de plus petits restes.

On ne peut donc contester les précieux avantages de cet instrument, et on pourraït absolument se dispenser de tout autre, sil sufisait d'examiner simplement le dehors du bassin, pour en vérifier la bonne où mauvaise conformation. Mais, comme l'intérieur de ce canal est quelquefois affecté d’exostose ou d’autres vices que le compas d'épaisseur ne peut déterminer , il a fallu nécessairement recourir à des moyens capables de suppléer à ce défaut. C'est ce qui a fait imaginer des instrumens qui se déve-

40 $ PRINCIPES: | | loppent à l'intérieur du bassin et entre autrés Je pelvimètré de Coutouly. ! i | Ce dernier instrument, BMLIE en quelque

sôrie , à celui dont le cordonnier se sert pour mesu-

rer la forme du pied , est composé de deux branches, | dont l'uné se or etse meut dans le corps de l'autre, qui e est creusé pour cet effet en forme de praore à queue d'aronde. Chacune d’elles est armée d’une équerre à son extrémité antérieure ,'et celle qui est creusée présente inférieurement ou sur sa partie convexe des crochets destinés à la maintenir , pendant. qu on introduit et qu'on développe la seconde; celle-ci porte une échelle ponctuée à sa partie pos térieure, pour marquer l’espace ie où à entré les deux équerres: ï | |

S'agit-il de mesurer le diamètre sacro -pübieu du

détroit supérieur ou abdominal, on introduit la branche creuse de cet instrument dans le bassin, eton applique son équerre sur la saïllie du sacrüim , où on la soutient à l’aide des crochets dont elle est armée inférieurement ; on fait glisser ensuite dans

sa gouttière Îa branche mobile jusqu'a ce’ que l'équerre en soit appuyée contre la symphyse du pubis ; enfin , on -examine léchelle graduée :qui donne une certaine évaluation de laquelle on-retranche six où huit lignes , tant pour l'épaisseur du pubis que pour Vinclinaison de linstrument , ét On obtient la longueur du diamètre qu'on cher- ”chait. CHEEUE FU MIE

Mais qui ne s’apercoit déja que cbÉHituhiout a

-DE L'ART DES ACCOUCHEMENS. 4t

mille inconvéniens qui le mettent au-dessous, du compas d'épaisseur, et qui doivent le faire proscuire de la pratique ? D'abord il west point d'une exacütude rigoureuse , et l'introduction en est difficile à cause de la résistance que lui opposent les parties molles du bassin, d’où résultent quelquefois des douleurs plus ou moins incommodes; en outre, l'une des branches appliquée sur le milieu de l'angle sacro-vertébral est sujette à se déranger pendant qu'on fait glisser l’autre vers le pubis; enfin, qui oSerait s’en servir chez les jeunes filles , sans craindre de compromettre sa réputation, et de porter atteinte à l'innocence des mœurs 2 4 Quel serait donc l'instrument qui réunirait le plus d'avantages pour l'examen du bassin, et auquel on pourrait donnerle nom de pelvimètre patexcellence”? ce serait sans contredit le doigt d’un accoucheur intelligent et exercé par une longue habitude, (si toutefois on pouvait l’employer chez les jeunes filles qui n’auraient pas été encore déflorées. En effet , il n'y aurait pas de meilleur moyen, non-seulement d'apprécier l'étroitessé des deux détroits en de l’excavation, mais encore d'en découvrir les autres vices, tels que les tumeurs que péuvent présenter les parties charnues et osseuses du bassin. Appliqué par son bord radial comme la sémmité de l’arcade pubienne et avancé vers la saillie du sacrum!, en élevant le poisnet , le doigt indicateur mesure une étendue oblique qui excède communément d'un demi-pouce le diamètre sacro- pubien : le même

doigt, disposé comme ci-dessus, et dirigé vers la pointe du coccix, évalue aussi d’une manière assez, exacte le diamètre cocci-pubien du détroit péri-, neéal. |

Quant aux dimensions latérales du bassin , on les estime avec assez de précision, soit en les parcourant du doigt indicateur, ce quiest toujours possible, même pour le détroit périnéal, à moins que la femme ne jouisse d’un embonpoint excessif, soit en jugeant de leur étendue par celle des dimensions antéropostérieures ; car il est assez rare que le bassin soit bien conformé d’avant en arrière, sans jouir du inème avantage en travers,

Onne doit donc jamais manquer de porter le doigt indicateur dans le vagin toutes les fois que l’état.de la femme le permet, puisque ce procédé est.plus sùr.et plus commode pour l'examen du bassin, que tous les insirumens dont.nous avons déja parle. Mais , nous Le répétons encore, le compas d’épaisseur est le seul qui mérite la préférence, quand la personne qui se soumet à de telles recherches est encore libre ou qu’elle répugne trop à l’attouches, | ment immédiat du doigt et de la main. Cet instru ment convient surtout pour mesurer la largeur du grand bassin , ou l’écartement des hanches, etle diamètre sacro-pubien du détroit abdominal ; mais ina point le même avantage pour le détroit, inférieur , dont on ne peut suëre estimer! Les. dimensions qu'en palpant extérieurement la pointe, ‘du coccix et lasommité de V arcade du pubis , lorsque la femme est de-

bout , et les deux tubérosités RCUSAUES ; lorsqu'elle est accroupie.

Les accoucheurs ont encore cherché à déterminer la profondeur du bassin , de mème que la hauteur de l’arcade soupubienne. Mais la connaissance de ces dimensions n'est que d’une médiocre utilité auprès de la largeur des détroits et de l’excavation, de laquelle dépend toujours la facilité ou la difficulté de l'accouchement. D'ailleurs , n’est-1! pas évident que la profondeur du bassin se mesure en arrière par la longueur du sacrum, en devant, par la longueur de la symphyse du pubis, et sur les côtés , par la moitié de los des hanches ? Enfin, ne voit-on pas que la hauteur de l’arcade soupubienne égale la profondeur latérale du bassin, moins la longueur de la symphyse du pubis', et que la largeur de cette

arcade s’estime , soit en palpant les grandes lèvres,

| soit en mesurant l’écartement des tubérosités 15- | chiatiques ?

Nous ferons observer que l'art dd à manier les instrumens pour mesurer les dimensions du bassin, outre les connaissances déjà indiquées, exige une certaine habitude, sans laquelle on s'expose à COMmettre les plus grandes méprises. Voici un trait, peut-être l'unique de son espèce, qui prouve jusqu'où peuvent aller l'illusion, lésarement , l'ignorance, et la maladresse à cet égard. Un faiseur d’accouchemens dans une grande ville d'Europe convoque un jour chez lui quelques praticiens pour leur faire part d’un cas des plus rares. IL était question

d’une jeune dame, sa pénsionnaire, dont il assurait que le bassin n'avait qu'un pouce de largeur, et qu'il disait avoir accouchée, avec le forceps, d’un enfant à terme et bien conformé. Ce vas devait effectivement paraître peu commun aux gens de l'art éclairés. Faire passer avec le forceps une tête de trois pouces et demi par ün bassin qui n'a qu’un poucé de diamètre ! quel prodige! 1lne s'agissait que de le vérifier. En conséquente on demande à visiter l'enfant et la mère. Celle-ci refuse obstinément | de se souiméttre au toucher. On lui pro pose le com pas d'épaisseur qu'elle acéépte. Aussitôt lé plus âgé des praticiens assemblés applique les deux'extrémités de cet instrument sur le bassin de l’accouchée , et ne trouve qu’une étendue de quatré pouces entre leurs exirémités lenticulaires. En défalquant de cette mesure trois pouces , tant pour l'épaisseur du pubis que pour celle de la saillie sacro-verté brale , il ne restait qu'un pouce : ce qui était bien conforme à l'évaluation déjà faite par l’accoucheur. Mis, pour plus d’exactitude dans l'opération, deux autres praticiens se joignent an premier , et découvrent qu'il n’a mesuré que le diamètre antéropostérieur du détroit inférieur, c’est-à-dire , la distance du pubis au coccix, laquelle n'est pue le “ait que de Rae pouces. lis élévént donc l'instrument jusqu’au niveau du détroit supérieur , et en fixent les extrémités , l'une sur. l'apophyse de la dernière vertèbre lombaire, et l’autre sur le pubis. - Ils trouvent alors une ouverture d'environ huit

pouces : ce qui, défalcation faite de l'épaisseur du

sacrum et du pubis, donne pour reste une étendue

de près de cinq pouces. pour le diamètre antéro-pos.. térieur. Or cette ouverture n’était-elle pas plus que suffisante pour laisser passer la tête la plus volumi-neuse d’un enfant à terme ? Après cette vérification la méprise saute aux yeux et le prétendu prodige s'évanouit. Il ne reste que la honte et la confusion pour celui qui s'était cru un moment le phénix des accoucheurs.

AR EICEREX Différence du Bassin de la femme avec celui de l'homme,

Il sufit de jeter un coup d’œil sur le bassin de la femme , pour en saisir la différence avec celui de l’homme , tant sous le rapport de sa forme que de ses proportions. |

En effet, qu’on examine ce canal dane son en semble, ou dans chacune de ses parties , on y remarque des nuances qui établissent, pour ainsi dire j une ligne de démarcation entre les deux sexes.

Les crêtes, ainsi que les tubércules antérieurs et supérieurs des os des iles sont plus éloisnŸs chéz la femme , ce qui donne plus d’évasement aux fosses iliaques , et plus de capacité au grand bassin. Les deux détroits qui terminent la cavité pelvienne, ne présentent pas des différences moins sensibles dans

l'un et l'autre sexe ; le contour du détroit abdominal

est plus large et plüsarrondichez la femme , lasaillie

Sacro-vertébrale moins prononcée ; les deux'tubéL

46 | 11 PRINCIPES R rosités ischiatiques sont aussi moins Apres ; moins saillantes et plus écartées que chez l’homme ; enfin, l'extrémité du coccix s'approche moins de l’arcade soupubienne , ce qui donne au détroit périnéal plus delargeur d’avanten arriere. ee

Quant à l'excavation , elle est moins creusée à la partie postérieure chez la femme 4 parce que le sacrum a moins de longeur et de courbure; l’arcade soupubienne est plus large, et les branches en sont aussi plus contournées en dehors et en avant ; la résion du pubis est moins convexe, et le cartilage qui en forme la symphyse , plus épais et plus court, présente vers le dedans du bassin un bourrelet plus sensible que chez l’homme. Re ES

Mais outre ces différences qui sont purement sexuelles, on en remarque encore d’autres qui sont individuelles , ou qui ne tiennent qu’à la stature et à l’âge de l'individu. Ainsi , ilest de fait que Île bassin est plus large et moins profond chez les femmes d’une taille médiocre , que chez celles dont la taille est svelte et démesurée. L'observation atteste aussi que le diamètre sacro-pubien du détroit abdominal est plus long que le transversal chez les femmes impubères , tandis qu'on observe le contraire à un àge plus avancé : différence remarquable que l’analogie fait retrouver encore chez les femelles des quadrupèdes dont le bassin n’achève de se développer , et n’acquiert la forme et les proportions nécessaires pour l'expulsion du foetus qu'à l'époque de la puberté. |

DE L'ART DES écoutes 47

Parmi toutes ces différences que la nature a su ménager pour rendre l’ accouchement plus facile, il en est cependant qui exposent la femme à certaines incommodités qu’on observe plus rarement chez l’homme ; ainsi les tubercules supérieurs qui terminent antérieurement les crêtes iliaques , ne peuvent être plus écartés, sans donner plus de longueur au Tigament supubien qui forme l’arcade crurale; d’où l résulte que l’intestin et lépiploon trouvant en cet endroit moins de résistance et plus d’espace doivent s'échapper plus fréquemment de leur enceinte, et produire des hernies plus ou moins f4cheuses : sorte de maladie qui se trouve compensée Chez l’homme par les hernies inguinales auxquelles il est plus sujet, parce que l’anneau supubien à plus d'ouverture. |

D'un autre côté, la femme ayant les hanches plus écarices , doit nécessairement marcher avec moins de sûreté que l’homme. Car, dans la progression, lorsqu'une jambe est élevée , le centre de sravité du corps se porte moins prompiement sur l’autre qui est fixée sur le. sol : d’où résulte une espèce de claudicaon ou de marche vacillante, dans laquelle le tronc et les membres abdominaux, au lieu d'avancer directement ou en ligne droite, décrivent des arcs de cercle plus ou moins Mani : ce qui donne à la progression de la femme, au moins quand elle fait de grands pas, une certaine Ne A nce avec celle des oies ou des canes. LA

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