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prescrivent en certains cas. Cette position, aussi incommode que bizarre, ralentirait la manœuvre, et ne serait peut-être suivie d’aucun heureux résultat.
La femme doit être située en travers, dans l’état de supination et presque horizontalement, sur le bord d’une couchette ou d’un lit ordinaire, qu’on aura soin d’assujettir, s’il est monté sur des roulettes, et d’élever à hauteur d’appui , pour la commodité de l’opérateur.
On sent bien que le lit de sangles ne présente point ici les mêmes avantages que dans l’accouchement naturel. Pour prévenir l’affaissement des malelal , sur lesquels doit porter le siège delà femme, on aura soin de placer entre eux un coussin solide , ou mieux un morceau de planche. Cette précaution prise, on fait avancer les fesses jusqu’à ce que le coccyx et le périnée débordent un peu; on place un aide derrière les épaules, pour empêcher le tronc de remonter ou de descendre ; on fléchit à demi les cuisses et les jambes, on fait soutenir les pieds et les genoux par deux autres aides qui les écartent convenablement, et on confie à un quatrième le soin de donner les choses qui sont nécessaires pendant l’opération.
La femme étant convenablement située et recouverte d’un drap ou d’une couverture, suivant la saison, l’accoucheur se met en devoir de la débarrasser avec le plus de promptitude , mais avec le plus de douceur et de ménagement possibles. Point de gestes, de propos ni j de signes capables de l’effrayer. Qu’on n’imite point certains praticiens qui, avant de mettre la main à l’œuvre, quittent leur habit, retroussent leur chemise jusqu’aux aisselles, prennent de fausses manches, un tablier, etc. A quoi bon tous ces préparatifs, lorsqu’il s’agit d’aller saisir les pieds à la vulve, dans le vagin, ou près de l’orifice utérin? Il est tout au plus nécessaire» de découvrir les bras, lorsqu’on ne peut retourner l’enfant, sans les introduire profondément dans la matrice. | Mais encore, dans ce cas-là, doit-on le faire sans que il
la femme s’en aperçoive ; et lorsqu’on les retire de ce viscère, on a* la précaution de les essuyer avec des linges qui-sout à portée, afin de ne pas les montrer ensanglantés aux yeux de la femme et des assistants.
L'opération une fois commencée, on la continue de sang froid et sans se troubler. Que le calme et la sérénité régnent toujours sur le front de l’accoucheur, même dans les cas où il est le plus embarrassé et où il prévoit les plus grands dangers; s’il a l’air de s’alarmer ou seulement de s’attendrir, la femme perd confiance, tombe dans l’abattement et désespère de son salut.
Le choix de la main qu’on introduit dans la matrice dépend de la position de l’enfant, laquelle il faut bien tâcher de reconnaître, afin d’opérer avec plus de sûreté. Lorsque les pieds , les genoux ou les fesses se présentent , c’est toujours la main qui correspond aux talons, aux jambes ou à la face postérieure du tronc. L’enfant vient-il par le sommet de la tête, on introduit la main qui répond au visage. Dans tous les autres cas, on se sert de la main qui correspond à la partie de la matrice où se trouvent les pieds. L’une des deux mains est donc toujours exclusivement indiquée , à moins que la face postérieure de l’enfant ne réponde au pubis ou au sacrum , comme dans les positions directes que des auteurs admettent, et qui sont infiniment rares. Alors on peut introduire l’une ou l’autre main indifféremment, mais on réduit toujours le fœtus à l’une des positions obliques, et on en fait l’extraction comme dans la première ou seconde des pieds.
Qu’on n’oublie jamais, pendant toutle temps de l’opération, d’appliquer la main qui reste libre sur l’abdomen vers le fond de la matrice, afin de fixer ce viscère, d’en changer la situation et de diriger les pieds du fœtus vers la main qui va les chercher.
L’accoucheur, avant d’introduire la main, la trempe dans un mucilage , ou l’enduit de beurre , soit afin d’en rendre l’introdnction plus facile et moins douloureuse,
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soit afin de se préserver lui-même de l’impression plus ou moins subtile de certains virus dont la femme peut être infectée.
Pour pénétrer dans le vagin, on choisit le temps de la douleur, pendant lequel ce canal est pousse un peu en bas, et vient pour ainsi dire embrasser la main qui se présente. On la situe de champ, et on lui donne une direction parallèle à l’axe du détroit inférieur , comme pour avancer vers la saillie sacro-vertébrale. Mais quand il s’agit d’entrer dans la matrice, on attend le moment du calme, durant lequel elle offre moins de résistance. Alors on baisse le coude , et la main prend une direction parallèle à l’axe du détroit supérieur. Si l’entrée des parties génitales est trop resserrée, on y introduit les doigts les uns après les autres, à la méthode de Celse. Souvent la main , après avoir franchi l’orifice de l’utérus, est tellement sefrée dans ce viscère, qu’elle s’engourdit et perd entièrement la faculté d’agir. 11 faut la retirer alors , et ne recommencer qu’après avoir saigné la femme , ou après l’avoir mise dans un bain tiède. Cette précaution est d’autant plus nécessaire , qu’il y a plus de temps que les eaux se sont écoulées, ou que la femme est plus sanguine et plus irritable.
Lorsqu’il est nécessaire de retourner l’enfant, le but de l’accoucheur doit être d’aller chercher les pieds et de les entraîner au dehors. En conséquence, de la main introduite dans la matrice, il doit tâcher de parcourir lentement et sans recourber les doigts, le côté de l’enfant qui correspond à la partie postérieure de ce viscère; il évitera par ce moyen de confondre l’épaule avec la hanche, le coude avec le genou, et les doigts avec les orteils, comme cela pourrait arriver s’il parcourait la face antérieure de l’enfant. Arrivée aux fesses, la main trouve, pour l’ordinaire, les talons; alors elle saisit les membres abdominaux l’un après l’autre, ou tous les deux à la fois lorsque cela est pos-
sible, les dégage ou les fait glisser l’un sur l’autre de dehors en dedans, et les entraîne en les faisant passer sur l’abdomen et la poitrine. Telle est la manière dont on a conseillé jusqu’ici de retourner ou pelotonner l’enfant pour en amener les pieds à la vulve. Mais elle offre tant de difficultés, qu’on est obligé d’y renoncer dans certaines circonstances. C’est ce qui nous en a fait adopter uue autre que le hasard nous a indiquée, et qui parait plus rationnelle et plus facile à mettre en pratique. Elle consiste,, au lieu de dégager les pieds dans la matrice, à ramener les genoux au détroit supérieur : ce qui se fait en agissant de la main avec force sur les fesses pour les rapprocher delà tête, et en repoussant celle-ci vers le fond de la matrice. On dégage ensuite les pieds, comme si les genoux s’étaient présentés. C’est là ce qu’on appelle la version ou le pelotonnement de l’enfant, manœuvre qui exige une certaine dextérité et beaucoup de précautions.
D'abord on se gardera bien de renverser l’enfant sur sa face postérieure; car, outre qu’on lui ferait courir les plus grands risques , on s’exposerait encore à déchirer la matrice, en agrandissant l’arc sous lequel il est ployé dans ce viscère : cet accident serait surtout à redouter si les eaux s’étaient écoulées depuis longtemps, et si la matrice s’était contractée avec force ; au contraire, en pelotonnant l’enfant sur sa face antérieure, on le fléchit dans le sens qu’indique son attitude naturelle, et on le réduit à un moindre volume; on l’éloigne donc de la surface de l’utérus qui le presse, et on diminue les frottements qui l’empêchent de rouler et de prendre une position plus avantageuse.
Ensecond lieu, le calme de la douleurest le moment le plus favorable pour retourner l’enfant. La femme alors doit être entièrement passive, et ne se livrer à aucun effort; mais aussitôt que les pieds sont sortis, et que la tête remonte vers le fond de la matrice, si la douleur vient on en profile, et on recommande à la
PRINCIPES
femme de pousser de toutes scs forces. Quoi qu’en disent certains accoucheurs, il serait imprudent, et même dangereux , d’abandonner l’expulsion de l’enfant aux seuls efforts de la nature, après en avoir amené les pieds à l’orifice du vagin; car, si la tôle était encore près du détroit supérieur, le tronc se présenterait alors en travers et la sortie en serait impossible,
Il est donc bien plus rationnel de continuer la manœuvre jusqu’après l’extraction complète de l’enfant. Pour cela , on tire successivement sur les pieds, sur les jambes, sur les cuisses et sur les hanches; on ménage les articulations des extrémités inférieures et de la colonne vertébrale; on prévient le tiraillement du cordon ombilical; on dégage les bras l’un après l’autre, et on extrait la têle, en lui faisant traverser la filière du bassin, suivant la direction et les mouvements qui lui sont communiqués dans l’accouchcmcnt naturel.
En général, cette opération doit se faire d’une manière lente et continue. Si l’on y met trop de précipitation, on risque de jeter la matrice dans l’inertie en la vidant trop promptement, et si l’on tire par secousses, on corhpromel la vie de l’enfant. Le moyen d’éviter ces deux écueils est de prendre la nature pour modèle, du moins autant que les circonstances le permettent.
Lorsque l’enfant est en danger de perdre la vie , on doit l’ondoyer sur la première partie qui se présente. On y verse de l’eau naturelle , en forme de croix , et on prononce , d’uue voix claire et distincte , les paroles sacramentelles : Enfant , je le baptise, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Si l’on n’a pas une certitude complète qu’il soit en vie, on ajoute à celle formule les mots suivants : Si lu es en vie. Et lorsqu’il est monstrueux ou peu éloigné du terme de la conception, on le baptise encore sous condition , en disant : Si lu es capable du baptême , je te baptise, etc.
ARTICLE V
De la division de l’accouchement manuel.
Dans la plupart des livres élémentaires, l'accouchement non naturel, qui exige le secours de la main , se divise en autant de genres qu’il y a de régions sur le corps de l’enfant. Ôr , toutes ces régions peuvent se réduire à quatre pour chaque face du tronc ; savoir : à l’occiput , à la nuque, au dos et aux lombes , pour la face postérieure ; au visage, au cou , au sternum et à l’abdomen, pour la face antérieure ; enfin, à l’oreille , à la partie latérale du cou, au côté du thorax et au flanc, pour chaque face latérale, d’ou il résulte qu’en suivant cette division, il faudrait admettre seize genres d'accouchements manuels pour la surface du tronc seulement. Ce nombre s’élèverait ensuite à celui de vingt, en y ajoutant les quatre genres d’accouchements où l'enfant présente le sommet de la tête, les pieds, les genoux et les fesses, lesquels, de faciles et naturels qu’ils sont ordinairement, peuvent devenir non naturels, s’il survient quelqu’un des accidents dont nous avons déjà fait l’énumération.
Loin d’admettre cette longue série de genres qui donnerait un nombre prodigieux d’espèces ou de positions, nous avons cru devoir la réduire, afin de soulager la mémoire et de simplifier la manœuvre. Pour cela, nous établissons nos principales divisions , non d’après les différentes régions du corps de l’enfant dont plusieurs offrent souvent la même indication, mais d’après les procédés opératoires qui se réduisent à un très-petit nombre , dans la terminaison de l’accouchement manuel. En effet, lorsque l’extrémité abdominale de l’enfant se présente à l’entrée du bassin, il suffit de dégager les pieds et de tirer sur eux jusqu’à ce que les épaules arrivent au détroit supérieur.
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Lorsque, au contraire, le tronc se présente, quelle qu’en soit la direction, il s’agit de le retourner, au moins en partie ; et alors la version, toutes choses égales d’ailleurs, est d’autant plus ou moins difficile , que les pieds sont plus ou moins éloignés delà margfe du bassin. Enfin , lorsque la tête vient la première , il faut , avant d’extraire l’enfant, le pelotonner ou le retourner entièrement , c’est-à-dire amener les pieds à l’orifice de l’utérus et refouler la tcte vers le fond de ce viscère. Dégager les pieds de l’enfant, et le retourner avant de l’extraire, tels sont donc les procédés auxquels se réduit la terminaison de l’accouchement manuel , telles seront aussi les bases de notre division.
Nous comprendrons dans un premier ordre tous les accouchements manuels, les plus simples et les plus faciles, où il suffit de dégager les pieds de l’enfant avant de l’extraire ; et cet ordre se subdivisera en trois genres, indiqués par les pieds, les genoux et les fesses.
Dans un second ordre seront compris tous les accouchements manuels les plus composés et les plus difficiles, où, avant d’extraire l’enfant, il faudra le retourner; et cet ordre se divisera encore en deux sous-ordres, l’un pour le tronc et l’autre pour la tête.
Nous n’admettrons que quatre genres pour la tête , parce qu’on n’y remarque, à proprement parler, que quatre régions, le sommet, l’occiput, le visage et les deux oreilles.
Enfin , les accouchements où le tronc se présente se réduiront à trois genres, le premier pour la face postérieure , le second pour la face antérieure, et le troisième pour les deux faces latérales.
Quant aux positions , nous n’en admettrons que quatre pour chaque genre. Elles seront les mêmes pour les pieds, les genoux, les fesses et le sommet de la tète, que dans l’accouchement naturel. Dans tous les autres genres , elles seront encore très-analogues aux précédentes, et très-faciles à retenir, parce que nous les
déterminerons d’après la direction des extrémités du tronc vers les deux cavités cotyloïdes , ou vers les deux symphyses sacro-iliaques du bassin de la mère.
Cette division parait, sans contredit, bien plus simple, que celle qui est adoptée par les auteurs, même les plus modernes ; car nous réduisons tous les açccouchemenls qui exigent le secours de la main à dix genres et et à quarante positions, taudis qu’on en admet ordinairement plus du double des uns et des autres.
Nous pourrions simplifier encore davantage celte division, car les accouchements de l’occiput, du visage et des oreilles se terminent comme ceux des faces postérieure , antérieure et latérales du tronc. Rien ne nous empêcherait donc de considérer ces accouchements comme des variétés des genres admis pour le tronc ; et alors nous n’admettrions qu’un seul genre pour la tête , celui où elle présenterait le sommet : ce qui réduirait tous les accouchements manuels à sept genres et à vingthuit positions.
Notre méthode s’écarte encore de celle des auteurs par rapport à l’ordre et au nombre des positions. D’abord ils n’en admettent pour les pieds, les genoux et les fesses , que quatre , dont deux obliques ou latérales, dans lesquelles la face postérieure du tronc de l’enfant répond aux deux cavités cotyloïdes, et deux directes , dans lesquelles la face postérieure du tronc répond à la symphyse du pubis ou à la saillie sacro-vertébrale. Ensuite ils augmentent ce nombre de positions pour le sommet de la tête , et en établissent six , dont quatre obliques et deux directes. Enfin, ils reviennent encore à quatre positions pour toutes les autres régions du tronc de l’enfant : mais ici leur ordre se trouve totalement interverti ; car, suivaiat leur nouvelle division, dans la première position , la tète répond à la symphyse du pubis ; dans la seconde , à la saliie sacro-vertébrale; dans la troisième , à la fosse iliaque gauche , et dans la quatrième , à la fosse iliaque droite. D’où il suit que les
positions qui étaient ailleurs les dernières deviennent ici les premières, et que la troisième et la quatrième n’ont aucun rapport avec celles du même rang dans les autres genres. Or , qui ne s’aperçoit, au premier coup d’œil, que cette manière de changer l’ordre des positions dans les différents genres d’accouchement, embarrasse ou fatigue la mémoire et embrouille les procédés manuels au lieu de les simplifier.
Convaincus de tous ces inconvénients , quelques auteurs modernes se sont décidés à composer de nouvelles classifications qu’ils ont crues plus uniformes, plus simples et plus méthodiques que les anciennes. Mais ils les ont surchargées de tant de variétés et d’exceptions, qu’ils les ont rendues fort compliquées et fort difficiles a retenir. Il s’en faut donc bien qu’ils aient atteint le but qu'ils s’étaient proposé.
Nous ajouterons que notre méthode a un avantage bien précieux sur toutes les autres, c’est qu’après l’avoir bien comprise, ce qui est très-aisé, on entend le manuel des accouchements dans tous les livres , quelque embrouillées qu’ils soient. Bien plus, toutes les positions admises par les divers auteurs se réduisent aux quatre que nous avons conservées : preuve que notre division est la plus élémentaire et, par conséquent, la seule fondamentale.