‹ Cours theórique et pratique d'accouchemensChapitre 3 sur 58 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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en avons fait l’application aux cas particuliers qui sont les plus ordinaires. Or, cela ne suffit-il pas à tout esprit doué d’une médiocre intelligence et capable de déduire d’une théorie tout ce qui en découle naturellement ou de soi-même? Aurait-on voulu que nous eussions répété la manœuvre en détail pour chaque genre et pour chaque espèce d’accouchement? Mais alors il nous aurait fallu composer un ouvrage qui, outre l’énormité du volume aurait eu l’inconvénient d’endormir ou de faire bâiller le lecteur.

D’ailleurs, notre livre tombera entre les mainsde ceux qui n’ont jamais voulu prendre aucune teinture de l’art des accouchements , ou de ceux qui connaissent déjà la théorie et la pratique, ou de ceux qui se disposent à les étudier. Nous conseillons aux premiers de ne point lire ce que nous avons écrit sur le mécanisme de l’accouchement naturel, de lire encore moins les procédés opératoires, soit avec la main, soit avec les instruments, qui doivent être une imitation, sinon parfaite, du moins aussi rapprochée qu’il est possible de la nature. Tout cela , même à l’aide des plus belles planches , serait plus obscur pour eux que la plus fine algèbre. Quant aux seconds, ils trouveront pe que nous avons dit facile à entendre, et propre à leur rappeler ce qu’ils savaient déjà. Enfin , les troisièmes, ou les élèves, auxquels nous nous intéressons plus particulièrement, doivent être prévenus que le meilleur moyen de surmonter les difficultés est de se familiariser avec les manœuvres ou opérations qu’on simule sur le mannequin. En effet, plus ils répéteront ce genre d’exercice, plus ils aquerront de dextérité, et plus ils deviendront capables de mériter la confiance des femmes qui les appelleront à leurs secours, quand elles seront pressées des douleurs de l’enfantement.

J. Capuhon.

NOTE i)E L’ÉDITEUR BELGE.

Le succès qu’a oBtenu une précédente réimpression, aujourd’hui épuisée, du Cours théorique et pratique (V Accouchements , par M. Capuron, ouvrage classique, devenu le vacle mecum de l’étudiant en médecine, comme du praticien « nous a engagé d’en publier une nouvelle édition, avec des notes extraites de l’ouvrage de M. Velpeau et autres auteurs modernes, le mémoire de M. le professeur Van IIuevel, de Bruxelles, sur les divers moyens propres à délivrer la femme en cas de rétrécissedu bassin, sur le forceps-scie ou nouveau céphalotôme, sur le nouveau pelvimètre géométrique , avec deux planches représentant ces deux instruments; à l’aide de ces importantes additions, aucun traité d’accouchements ne saurait, mieux que le nôtre, répondre aux besoins des médecins qui s’occupent de celle branche importante de l’art de guérir ou des jeunes gens qui s’y destinent. Pour donner à ce livre un degré d'utilité de plus et faciliter l’élude des accouchements , nous y avons ajouté 13 planches, copiées sur celles de M. Velpeau et de Maygrier, représentant les objets les plus essentiels à connaître et que l’on n’a pas toujours sous les yeux, et un tableau analytique qui résume l’art des accouchements.

Puissions-nous avoir atteint le but que nous nous sommes proposé : celui d’èlre utile!

INTRODUCTION

La génération , ce mystère impénétrable par lequel le genre humain se reproduit sans cesse, embrasse la conception , la grossesse et V accouchement . Ce sont là trois conditions dont le concours est absolument nécessaire pour accomplir le vœu de la nature. Par la conception le germe est fécondé dans l’ovaire , d’où il se détache, pour se rendre, en suivant la trompe, dans la cavité de la matrice, où il se développe pendant la grossesse; et dans l’accouchement , la matrice, non moins merveilleuse par son action que par sa structure , expulse, à travers la filière du bassin , le fœlus , parvenu au terme de samiaturité, avec (ouïes ses dépendances.

L’accouchement n’est donc, à proprement parler , que l’expulsion d’un fœlus vivant et à terme hors de la matrice à travers le vagin et la vulve : définition qui donne de son objet, au moins quant à son acception naturelle, l’idée la plus exacte et la plus complcle, et qui, par conséquent, est la plus conforme ^ux règles d’une saine logique.

1° Elle rejetle le préjugé du vulgaire, et même l’opinion erronée de certains accoucheurs, qui font jouer un rôle actif au fœtus lorsqu’il vient au monde.

2" Elledistingue l’accouchement vrai, ou proprement dit, d’avec ces sortes d’accouchements trompeurs, où

INTRODUCTION

la matrice n’expulse qu’un fœtus privé de la vio, quelquefois monstrueux ou dégénéré, souvent une mole, des mucosités, des concrétions polypeuses, des hydatides, de l’eau, du vent, etc.

3°Elle empêche de confondre l’accouchement à terme avec ces accouchements plus ou moins prématurés auxquels on donne le nom d ’avorlemenls ou de fausses-couches , et dans lesquels le fœtus présente des caractères d’immaturité plus ou moins sensibles.

4° Enfin, elle spécifie l’accouchement qui succède à la grossesse utérine, et non à ces grossesses qu’on nomme vulgairement exlra-ulcrines, parce que le produit de la conception s’est développé par une espèce d’erreur do lieu dans les trompes, sur les ovaires, ou dans l’abdomen.

Mais ce n’est point assez que la matrice expulse le fœtus auquel elle a servi, pour ainsi dire, de réceptaclo et d’asile durant la grossesse; il faut encore qu’elle se livre à quelques nouveaux efforts pour terminer son ouvrage. A la vérité , le but principal de la nature est rempli jusque-là, puisqu’un nouvel être respire et voit le jour. Mais la mère qui l’a formé en grande partie de sa propre substance courrait les plus grands dangers, si elle n’était débarrassée des membranes qui enveloppaient le fœtus, et du placenta ou délivse qui suppléait aux organes de la digestion et de la respiration avant sa naissance. Ce sont là ces dépendances auxquelles on a donné le nom de sccondineS ou d’ arrière-faix , et dont l’expulsion constitue la délivrance, sorte d’accouchement secondaire non moins important à connaître que le premier.

L’expulsion du fœtus, ou l’accouchement proprement dit, et la délivrance, ou expulsion de l’arrière-faix, tels sont donc les deux principaux objets de la science qui enseigne à secourir la femme en travail.

Quelques physiologistes se récrieront peut-être si nous avançons que l’accouchement, en général , so ré-

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duU à une opération mécanique ; mais il est si facile de prouver cette assertion! En effet , qu’on observe tant qu’on voudra ce qui se passe dans cette fonction naturelle , qu’y verra-t-on? Une puissance qui force un corps ou un mobile à traverser un canal osseux. Or, qu’est-ce que cette puissance? c’est la matrice ; ce mobile? c’est le fœtus; et ce canal? c’est le bassin de la mère.

D’ailleurs, tous les praticiens admettent celte manière d’envisager l’accouchement. Cela est si vrai que, dans les cas extraordinaires, il n’en est pas un seul qui n’ait recours à la main ou à quelque instrument, pour suppléer à l’inertie de la matrice , ou pour écarter les obstacles qui s’opposent à l’expulsion du fœtus. Mais, puisque l’art, qui doit toujours tendre à imiter la nature , agit mécaniquement, pour l’aider quand elle est impuissante, ne serait-ce pas une contradiction manifeste d’attribuer à celte prévoyante mère une autre manière d’opérer? Convenons donc que l’accouchement est une fonction naturelle qui se réduit à une opération mécanique.

Ceia posé, celte importante fonction doit s’exécuter d’une manière conforme au vœu de la nature , lorsque la puissance expullrice l’emporte sur les obstacles qui s’opposent au passage du fœtus à travers le canal du bassin. Au contraire, l’accouchement sera toujours non naturel, et par conséquent pénible ou laborieux, même impossible ou dangereux pour la mère et pour l’enfant, lorsque ces mêmes obstacles seront plus ou moins difficiles à surmonter, et exigeront plus ou moins impérieusement les secours de l’art. Dans le premier cas, le ministère de l’accoucheur est inutile, ou se borne à si peu de chose, qu’il ne diffère presque point du rôle de simple spectateur. Dans le second , il doit être plus ou moins actif, puisqu’il est nécessaire de suppléer aux efforts impuissants de la nature par des forces étrangères, à moins que , dans quelques circonstances , à la

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vérité bien rares, il ne soit à propos de modérer ou de ralentir la marche trop rapide du travail.

Le point le plus essentiel en pratique est donc de bien distinguer le domaine de l’art d’avec celui de la nature. C’est là ce qui constitue le vrai tact de l’accoucheur , qualité rare et précieuse, qui est en grande partie le fruit d’une longue habitude, et qui élève tant le praticien éclairé au-dessus de l’aveugle routinier.

Mais quelque utiles que puissent être les leçons de l’expérience, il faut néanmoins convenir que celui qui se destine à la carrière des accouchements en retirerait peu d’avantage, s’il n’était déjà éclairé par le flambeau de la théorie, ou s’il ne possédait d’avance cet ensemble de principes et de connaissances qui constituent les éléments de son art. Pour arriver à ce degré d’instruction, qu’on peut regarder comme le préliminaire ou le fondement d’une solide pratique , voici la marche qui nous parait la plus simple et la plus naturelle. Il faut , premièrement, étudier avec soin la structure des organes de la femme qui servent à l’accouchement , et surtout leur rapport avec le fœtus, dont l’expulsion est le but que la nature se propose ; secondement, analyser et décomposer le mécanisme de l’accouchement naturel, et méditer attentivement sur la manière dont cette fonction s’exécute; troisièmement, faire l’application des préceptes puisés , pour ainsi parler, à l’école de la nature, afin de remplir les indications que présentent les accouchements non naturels. Tel est le triple objet de la théorie de l’accouchement; telle sera aussi la triple division de l’ouvrage dans lequel nous entreprenons de la développer.

PRINCIPES

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