VI. Noms composés
§ 32. En examinant avec attention la nature des parties qui concourent à la formation des noms composés, il est facile d'arriver à la solution des difficultés orthographiques qu'ils présentent. Les éléments dont ces substantifs se composent sont des mots variables et des mots invariables ; or, le doute est impossible sur la manière d'écrire les derniers ; quant aux autres, il suffit de les soumettre à l'analyse pour savoir à quel nombre ils doivent figurer.
Les noms et les adjectifs sont les seuls mots susceptibles des accidents de nombre; et le nombre où ils doivent être employés est toujours subordonné au sens dans lequel ils sont pris et à l'idée qu'ils éveillent.
Voici quelques règles qui rendront plus facile l'application de ces principes généraux.
§ 33. Lorsqu'un nom composé est formé de deux substantifs dont l'un sert à qualifier l'autre, ils prennent tous deux la marque du pluriel :
C'est dans les contrées les plus chaudes du nouveau monde que se trouvent toutes les espèces gToiseaux-mouches. (Buffon.)
§ 34. Mais si l'un des deux substantifs ne peut être considéré comme qualificatif de l'autre, l'emploi du nombre est subordonné pour chacun d'eux au sens particulier qu'ils éveillent. Ainsi on écrit :
Un bec-figues, des bec-figues , un oiseau ou des oiseaux dont le bec pique les figues.
Un appuUmain, des appuis-main ; des appuis pour la main.
Un bain-marie , des bains-marié; des bains de la prophétesse Marie.
Un colin-maillard, des colin-maillard; des jeux où Colin cherche Maillard.
Un brèche-dents, des brèche-dents ; celui qui a, ceux qui ont une brèche aux dents.
Un garde-côte, des gardes-côtes ; des gardes , des gardiens des côtes.
Un Hôtel-Dieu, des Hôtels-Dieu; des hôtels, des hospices placés sous la protection de Dieu.
Un porc-épics, des porcs-épics ; un porc, des porcs dont le corps est couvert de piquants, d'épis, ftépics.
nU NOM. — APPLICATION.