‹ Cours théorique et pratique de langue françaisChapitre 234 sur 527 · TOUS LES HOMMES · texte numérisé non relu

TOUS LES HOMMES

Mais on dira sans donner de complément à l'adjectif, ainsi que l'a fait Bossuet :

Les droits sacrés de l'amitié sont inviolables.

On ne doit pas dire non plus : Cette personne m'est unique, quoique Corneille ait dit:

Je cherche à l'arrêter parce qu'il M'est unique ,

attendu que l'adjectif unique s'emploie sans complément.

§ 103. Ne pas donner de complément à un adjectif qui par lui-même n'a pas de sens complet, est une faute aussi grave. Si Ton disait :

Les plus grands capitaines de l'antiquité et Turenne sont comparables,

on commettrait une faute grossière, attendu que comparable ne saurait s'employer d'une manière absolue et qu'on doit toujours le construire avec un complément. Pour s'énoncer correctement on devra donc dire : Turenne est comparable aux plus grands capitaines de l'antiquité.

§ 104. Le complément d'un adjectif est toujours un cornpîément indirect, c'est-à-dire, un mot précédé d'une préposition :

Le cœur de l'homme ingrat est semblable a un désert, qui boit avidement une douce pluie, l'engloutit et ne produit rien.

La vanité est avide des louanges les plus ridicules. Nous donnons à la page suivante un tableau qui pourra servir à résoudre beaucoup de difficultés.

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