‹ Cours théorique et pratique de langue françaisChapitre 266 sur 527 · ÊTRE FAIT · texte numérisé non relu

ÊTRE FAIT

Cependant nos meilleurs écrivains, séduits par la forme concise de cette construction, n'ont pas hésité à établir ce rapport du pronom avec l'infinitif, toutes les fois qu'il n'en résultait aucune obscurité; ainsi, Massillon a dit :

Comment blâmer ce qui ne saurait il être l au lieu de :

Comment blâmer ce qui ne saurait être blâmé !

§ 186. Le, la, les ne doivent être mis en rapport qu'avec un mot énoncé dans une proposition précédente; on ne peut établir régulièrement aucune relation entre eux et le sujet de la proposition où ils figurent; les phrases suivantes sont vicieuses :

L* allégresse du cœur s'augmente à la répandre. (Molière.) Le temps passerait sans le compter. ( J. J. Rousseau.)

§ 187. Les pronoms le, la, les s'emploient comme attributs dans les propositions qui ont pour sujet ce, représentant une chose inanimée :

Ce carrosse parut être celui de mon fils, ce L'était en effet. (Mme de Sévigné.)

§ 188. Mais on emploie les pronoms lui, eux, elles, si la proposition principale ayant ce pour sujet, a pour complément une proposition incidente exprimée ou sous-entendue :

Vous me parlez de mes titres; eh bien , le croiriez* vous, ce sont eux qui me nuisent.

Les vers suivants de Begnard , blâmés légèrement par quelques grammairiens, sont très -corrects :

Il faut donc que mon mal m'ait ôté la mémoire , Et c'est ma léthargie. — Oui , c'est elle en effet.

Que veut dire Géronte? C'est ma léthargie qui m'a ôté la mémoire ; Crispin ne peut donc répondre autrement oue c'est elle en effet, c'est-à-dire, c'est elle qui vous a

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