IV. PRONOMS POSSESSIFS
S 232. Les pronoms possessifs le mien , le tien, le sien , le nôtre , le vôtre , le leur, etc. , sont employés substantivement ;
1° Au singulier, pour signifier ce qui appartient à chacun :
Le tien et le mien sont la source de toutes les divisions et de toutes les querelles. (La Rochefoucauld.)
2° Au pluriel } pour désigner les parents, les amis , les proches, les compatriotes, les partisans d'une personne, etc.:
Moi et les miens ; lui et les siens .
§ 233. Hors de là, tout pronom possessif se rapporte toujours à un substantif exprimé, et s'accorde avec luî en genre seulement ; le nombre auquel le pronom figure est subordonné au sens et à la pensée :
La musique des anciens Grecs était fort différente de là nôtre. (Voltaire.)
Vos sœurs sont plus jeunes que la mienne.
Pour que le sens soit net et l'expression claire, il faut que le pronom se rapporte à un terme précédent; on ne doit donc pas imiter la construction suivante :
En défendant le tien, tu nous as convaincus
Que tu sais respecter le culte des vaincus. (G. Delavigne.)
§ 234. On doit donc abandonner au style du commerce les constructions suivantes : En réponse à la mienne du 20 dernier, la vôtre du 30 m'annonce , etc.
Car les pronoms ne sont en rapport avec aucun nom; on doit dire, pour être correct : En réponse à ma lettre, la vôtre , etc.
§ 235. Les substantifs de choses employés figurément pour des substantifs de personnes, doivent être représentés par des pronoms personnels , et non par des pronoms possessifs.
On dira donc , en parlant d'un écrivain :
// n'y a pas de meilleure plume que lui , et non que la sienne ;
et d'un magistrat :
Il n'y a pas au palais de plus forte tête que vous, et non pas que la vôtre, parce que dans le premier exemple, l'instrument (la plume) est pris pour celui qui s'en sert (l'écrivain), et que, dans le second, la partie (la tête) est prise pour le tout (V homme > le magistrat.)