IV. Nombre du verbe après les adverbes de quantité
§ 283. Le verbe qui a pour sujet un adverbe de quantité suivi d'un complément pluriel se met toujours au pluriel :
Tant de coups imprévus m'accablent à la fois , Qu'ils m'ôtent la parole et m'enlèvent la voix. (Racine.)
S 284. Si l'adverbe de quantité est suivi d'un complément singulier, le verbe se met au singulier:
Souvent trop de longueur appauvrit la matière. (Boileau.)
§ 285. Si le complément n'est pas exprimé, l'accord est alors sylleptique ; et si le terme ellipsé, que l'esprit supplée toujours facilement à cause de son importance, réveille une idée d'unité ou de pluralité, le verbe se met au singulier ou au pluriel :
Peu de vin ne peut faire de mal, beaucoup peut eauser une indisposition grave.
Assez de gens méprisent le bien, mais peu savent le donner. (La Rochefoucauld.)
§ 286. Plus d'un veut le verbe au singulier s'il exprime seulement une idée de pluralité :
Plus d'une Pénélope honora son pays. (Boileau.)
Il veut le verbe au pluriel , quand il éveille une idée de
réciprocité:
Plus d'un f ripon se dupent, l'tm Vautre. (MarmonteL)
ÀCCOttD DU VEfiBE. — APPLICATION. 287
$ 280, 281, 282. — l.La plupart des hommes mcur — i sans le savoir.
2. Quantité de gens redoute — le jugement public, mais très-peu se soucie — des reproches de leur conscience.
3. Par tons pays, la plupart des fruits destiné à la nourriture de l'homme flatte — sa vue et son odorat.
4. Nombre de personnes s'imagine — qu'on ne peut rien faire de plus sage que de se conformer aux sentiments et aux opinions d6 ta foule.
5. La plupart emporté d'une fougue insensée Toujours loio du droit sens vay vont chercher sa, leur pensée. (Boileau.)
6. Un grand nombre espérai— t faire fortune, et mouru— t de misère et de faim.
7. Force gens a, ont été l'instrument de leur mal. (La Fontaine.)
8. La plupart du monde cherche — son, leur intérêt ou son, leur divertissement dans le commerce qu'il, ils a, ont avec les autres.