CHAPITRE IV
DU PBONOM.
/. Pronoms personnels.
§ 80, 81, 82. — 1. Je regarde les nations modernes; j'y vois force lois, et je n'y trouve pas un seul législateur.
2. Les inventeurs , en chaque science , sont les plus dignes de louanges, parce qu'ils en ouvrent la carrière aux autres hommes.
3. Il est impossible que, Dieu étant la souveraine charité, l'âme qui s'en approche ne s'enflamme et ne s'embrase.
4. L'Ecclésiaste , faisant le dénombrement des illusions qui travaillent les enfants des hommes , y comprend la sagesse même.
5. Dieu reprendra ses dons, puisque, loin de lui en rendre la gloire qui lui est due, nous les tournons contre lui-même.
6. En toute chose, fais ce que tu dois, et quelle que soit l'opinion du vulgaire, ne t'en inquiète pas.
7. La bonté n'est pas le fruit de la réflexion; nous ne pouvons ni l'acquérir ni la perdre. La vanité peut en donner l'apparence , mais jamais la réalité.
8. C'est lorsque nous sommes éloignés de notre pays que nous sentons l'instinct qui nous y attache.
9. Nous nous tourmentons moins pour devenir heureux que pour faire croire que nous le sommes.
10. Après de longues infortunes, on méconnaît le bonheur lorsqu'il se présente, et l'on s'en méfie.
11. Ne craignez pas de multiplier vos bienfaits, mais ne les reprochez jamais si vous voulez en goûter le fruit.
12. La nature donne à la vieillesse la vérité en dédommagement de tout ce qu'elle lui a fait perdre.
13. Vous décidez sans examen qu'il a eu tort de tenter cette entreprise; et je crois, moi, qu'il en retirera honneur et profit.
14. Quand une lecture vous élève l'esprit, et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une antre règle pour juger de l'ouvrage : il est bon et fait de main d'ouvrier.
Observation. 1. On ne triomphe de la calomnie qu'en la dédaignant.