IV. De l'infinité
§ 369. Vinfinitif s'emploie non-seulement comme sujet et comme attribut, mais encore comme complément : S'entretenir avec son ami, c'est penser tout haut. Les grands ne croient être nés que pour eux-mêmes.
Qui pardonne aisément invite a l'offenser. (Corneille.)
§ 370. Vinfinitif, employé comme complément, tient lieu d'une proposition subordonnée : être nés est mis pour qu'ils sont nés,et A l'offenser, pour à ce qu'on Voffense>
§ 371. En substituant un infinitif h une proposition subordonnée, on rend le discours plus rapide; mais cette substitution ne doit jamais se faire aux dépens de la clarté :
Toutes les conventions se passaient avec solennité pour les rendre plus inviolables. (J. J. Rousseau.)
Ici l'expression est vague et la pensée obscure, parce que Vinfinitif n'est en rapport avec aucun mot énoncé précédemment. Il eût été plus correct de dire : on faisait toutes les conventions avec solennité pour les rendre plus inviolables.
§ 372. Il y a rarement obscurité lorsque Vinfinitif se rapporte à un mot exprimé dans la phrase; cependant l'équivoque peut encore résulter du rapport ambigu de Vinfinitif avec le sujet ou un des compléments.
On ne dira donc pas :
Dieu nous donne des richesses pour faire des heureux. Car on ne sait si c'est à Dieu ou à nous que l'infinitif se rapporte. Il faut dire : Dieu nous donne des richesses pour que nous fassions des heureux.
§ 373. Mais si le sens est tellement net que le rapport de Vinfinitif ne donne lieu à aucune ambiguïté , on doit l'employer préférablement à tout autre mode :
Dieu t'a fait pour Vaimer, et non pour le comprendre. (Voltaire.)
§ 374. Le terme auquel Vinfinitif rapporte peut même être sous-entendu; mais il faut pour cela que l'esprit puisse le suppléer sans peine :
Tout, sans faire d'apprêts, s'y prépare aisément. (Boileau.)
§ 375. Vinfinitif complément d'un autre verbe, est employé avec ou sans préposition :
// prétend imposer son opinion. — // cherche i TROMPER, — // désespère de réussir*