‹ Cours théorique et pratique de langue françaisChapitre 383 sur 527 · QUANTITE · texte numérisé non relu

QUANTITE

§416. Le participe passé, précédé de en et d'un adverbe de quantité, est variable, lorsque en se rapporte à un nom pluriel, énoncé précédemment, et représentant des objets distincts qu'on peut considérer individuellement, ajouter les uns aux autres et compter :

Quant aux sottes gens, plus/en ai connus , moins /en ai estimés. (Dessiaux.)

Son supplice fit plus de prosélytes que les prédications ti'en avaient faits. (Voltaire.)

§ 417. Si au contraire le nom représenté par en n'offre à l'esprit qu'une idé^ïractionnaire, qu'une partie d'un tout, dont les éléments n'ont pas d'unité qui leur soit propre et ne peuvent être comptés, le participe est alors invariable :

Par son analyse Descartes a fait faire plus de progrès à la géométrie qu'elle w'en avait fait depuis la création du monde. (Thomas.)

Plus vous m'avez servi de confitures , plus /en ai mangé. (Gramm. nationale.)

§ 418. Si le pronom en représente un nom singulier, participe passé est toujours invariable :

Jutant ses parents lui ont laissé de fortune , autant il en a dissipé.

Observation. La plupart des auteurs du dernier siècle écrivaient invariable le participe passé précédé de en et d'un adverbe de quantité; c'est l'orthographe saivie encore aujourd'hui par un grand nombre de grammairiens et par l'Académie elle-même : quelque respectables que soient ces autorités , nous n'hésitons pas cependant à nous inscrire en faux contre une règle qu'on ne peut adopter sans être exposé à mettre , dans un très-grand nombre de cas , l'expression en contradiction avec la pensée.

Page 1