L'avare ne voit — goutte dans ses véritables intérêts
12. Je n'ai — vu votre frère de ma vie, et je n'en ai — entendu perler par qui que ce soit.
Emploi et suppression de ns.
§474. Après les verbes appréhender, avoir peur, craindre, trembler, le verbe de la proposition subordonnée est précédé de ne, si la proposition principale est affirmative :
Craignez, seigneur , craignez que le ciel rigoureux Ne vous haïsse assez pour exaucer vos vœux! (Racine.)
Vous avez rien peur que je ne change d'avis.
§ 475. Si l'on désire que l'action exprimée par le verbe de la proposition subordonnée s'accomplisse, on emploie ne pas au lieu de ne:
Je crains qu'il n'ait pas le premier prix.
§476. Mais si appréhender, avoir peur, etc., sont em-
Î)loyés ou négativement ou interrogativement, le verbe de a proposition subordonnée rejette la négation:
Je NE TREMBLB PAS qu'il ARRIVE. (Àcad.) Craignez-vous que mes yeux versent trop peu de larmes ! (Racine.)
§ 477. Les règles qui précèdent s'appliquent à toute proposition subordonnée dépendant d'une principale où figure l'adjectif autre ou un des termes autrement, mieux, moins, plus, plutôt, plus tôt que ;
Si la proposition principale est affirmative , le second verbe prend la négation ne :
Je vous entends ici mieux que vous ne pensez. (Racine.)
Si la proposition principale est négative ou interrogative, le second verbe s'emploie sans négation :
II ne parle pas autrement qu'il agit.
Un homme peut-il être plus heureux que vous /'êtes?
§ 478. Après contester, désespérer, disconvenir, douter, nier, employés négativement ou interrogativement, le verbe de la proposition subordonnée prend en général la négation ne :
On ne peut pas douter que les pôles ne soient couverts d'une coupole de glace. (Bernardin de Saint-Pierre.)
Doutes-tu qu'il ne veuille implorer ma clémence? (Racine.)
§ 479. Si ces verbes sont employés dans une proposition affirmative, le second verbe s'emploie sans négation :
Il me paraît absurde de nier qu'il y ait une intelligence dans le monde. (Voltaire.)
§ 480. Observation. Après douter et nier, employés négativement, on peut supprimer la négation dans la proposition subordonnée, si elle énonce un fait incontestable :
Personne ne nie qu'il y ait tin Dieu. (Chateaubriand*)
Emploi et suppression de nn.
§ 474, 475, 476, 477. — 1. Les pères craignent que l'amour naturel des enfants — s'efface. 2. La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles — le soient pas assez pour mériter d'être lues. 3. Jamais homme ne craignit moins que la familiarité — blessât le respect. 4. Le sénat, craignant que la présence du consul — excitât une nouvelle sédition, jugea à propos de l'éloigner. 5. Peut-on craindre que la terre — manque aux hommes? Il y en aura toujours plus qu'ils — en pourront cultiver. 6. On appréhenda qu'elle — eût le sort des choses avancées. 7. Ne craignez pas qu'en vous envoyant ma pièce, je — vous en fasse une longue apologie. 8. Il ne faut jamais faire parler les hommes autrement qu'ils — parleraient eux-mêmes.