CHAPITRE V
DU VERBE
§ 89. On donne le nom de verbe, c'est-à-dire, de
mot par excellence, au terme essentiel du discours, à celui sans lequel l'énonciaîion de tout jugement serait impossible.
§ 90. Le verbe est un mot qui exprime Y existence et
V action.
§ 91. Le seul verbe proprement dit est le verbe être ; on le nomme verbe substantif parce qu'il subsiste par luimême, et qu'il ne renferme en lui aucune idée attribution.
§ 92. Tous les autres, tels que aimer, courir, apercevoir, rendre, qui résultent de la combinaison du verbe être et d'un attribut, sont dits attributifs ou adjectifs: en effet , j'aime , je cours , j'aperçois, je rendsf sont formés âeje suis et des divers attributs aimant, courant, apercevant, rendant.
S. Du Sujet.
§93. Le terme auquel se rapporte l'existence ou l'action exprimée par le verbe est appelé sujet.
On reconnaît le sujet au moyen de l'une des questions qui est-ce qui? ou qu'est-ce qui? On emploie la première, quand le sujet est nom de personne , et la seconde, quand le sujet est un nom de chose :
Aux petits des oiseaux Dieu donne la pâture. (Racine.)
Qui est-ce qui donne? Dieu — voilà le sujet.
Un bienfait reproché tient toujours lieu d'offense. (Racine.)
Qu'est-ce qui tient lieu d'offense? Un bienfait reproché — sujet.
§ 94. Le sujet d'un verbe est le plus souvent représenté par un nom ou un pronom:
Le vice est une plante étrangère , qui périt aisément si /'on veut se donner quelques peines pour ^extirper.
§ 95. Mais un verbe peut avoir encore pour sujet un mot quelconque, variable ou invariable, ou une expression composée employée substantivement :
Aimer est un besoin de l'âme. (De Ségur.) — Le mieux / est l'ennemi du bien. — Les qu'en-dirà-t-on inquiétera peu le sage.