‹ Cours théorique et pratique de langue françaiseChapitre 137 sur 479 · O rage , ô désespoir , ô fortune ennemie · texte numérisé non relu

O rage , ô désespoir , ô fortune ennemie

N'ai-je donc tant vécu que pour cette mfamie? (Corneille.)

ao. Mon choix sera suivi , c'est un point résolu.

Ouais ! vous le prenez là d'un ton bien absolu. (Molière.)

134 ANALYSE GBAMMATICALB. — THE051B.

De l'Analyse grammaticale*

$ 216. Vanalyse grammaticale est la décomposition d'un^l' phrase et l'examen partiel de tous les mots qui la constituent.

Par l'analyse grammaticale on examine 1° quelle est la nature 4^ l'espèce des différents termes dont une phrase se compose; 2** le;. genre et le nombre des noms, des articles et des adjectifs ; 3° le genre, le nombre et la personne des pronoms!; 4° le mode, le temps, [ ^a personne et le nombre des verbes; 5° enfin, quel rôle remplit j chaque mot, etquels sontles rapports divers qui existeat-entreeux^ '

§ 217. Pour montrer comment l'on procède dans l'analyse gram* [ maticale d'une piirase, nous analyserons ces deux vers s

• L'onde approcbe , se brise, et vomit à nos yeux Parmi des âots d'écume, un moustre furieux. (Racioe.)

V (pour La) Article simple, fém. sing. , détermine onde.

onde Nom commun, fém. sing., sujet des verbes a/)/)roc^er,

se briser^ vomir.

approche^ Verbe intransitif à l'ind. prés., 3* pers. du sing., f^conjug. Temps primitifs :ap/)roc/2er,approcAan^, approché^ f approche, j'approchai.

se brise, Verbe réfléchi accidentel à l'ind. prés., 3* pers. du sing., ire conjug. Temps primitifs : se briser^ se brisant, s' étant brisé, je me brise, je me brisai.

et Conjonction, qui unit ces deux propositions : l'onde

se brise — l'onde vomit.

vomit Verbe transitif à l'ind. prés., 3" pers. du sing. , 2* conjug. Temps primitifs : vomir, vomissant, vomi, je vomis, je vomis.

à Préposition, qui établit un rapport entre le verbe vo-

mir et le nom commun yeux.

nos Adjectifpossessifmasc. plur., détermine ^etu;.

yeux Nom commun, masc. plur., complément indirect da

verbe vomir.

Parmi Préposition, qui établit un rapport entre le verbe vomir et le nom commun flots.

des (pour de les) Article contracté, masc. plur., déter-

mine ^0^5.

flots Nom commun, masc. plur., complément de la prépo-

sition parmi.

d* (pour de) Préposition, qui établit un rapport entre

le nom commun^^o^s elle nom commun écume.

écume, Nom commun, fém. sing., complément de la préposition de,

un Adj. numéral, masc. sing., déter. monstre

monstre Nom commun, masc. sing., complément direct du verbe vomir.

furieux. Adjectif qualificatif, masc sing., qualifie I« nom commun monstre.

GRAMMAIRE FBANÇAISK. — APPLICATION. 135

De l'analyie grammaticale.

§ 216, )17. Gomm« le premier penchant des peuples est d'imiter le^

rois, le premier devoir des rois est de donner de saints exemples aux

peuples. Les hommes ordinaires ne semblent naître que pour eux seuls^,

leurs vices ou leurs vertus sont obscurs comme leur destinée : con-

IfoDdus dans la foule, s'ils tombent ou s'ils demeurent fermes, c'est

l^aiement à l'insu du public ; leur perte ou leur salut se bonie à

lleur personne, ou du moins leur exemple peut bien séduire ou dé-

jlonrner quelquefois de la vertu, mais il ne saurait imposer et au-

itoriser le vice.

Les princes et les grands, au contraire , ne semblent nés que pour les autres. Le même rang qui les donne en spectacle les propose pour modèles ; leurs mœurs forment bientôt les mœurs publiques : on suppose que ceux qui méritent nos hommages ne sont pas indignes de notre imitation : la foule n'a point d'autre loi que les exemples de ceux qui commandent : leur vie se reproduit, pour ainsi dire, dans le public ; et si leurs vices trouvent des censeurs , c'est d'ordinaire parmi ceux mêmes qui les imitent.

Aussi la même grandeur qui favorise les passions les contraint et les gêne; et, comme dit un ancien, plus l'élévation semble nous donner de licence par l'autorité, plus elle nous en ôte par les bienséances.

Mais d'où viennent ces suites inévitables que les exemples des grands ont toujours parmi les peuples î le voici : du côté des peuples , c'est la vanité et l'envie de plaire ; du côté des grands , c'est l'étendue et la perpétuité.

Je dis la vanité du côté des peuples. Oui, mes Frères, le monde, toujours inexpliquable , a de tout temps attaché également de la honte et au vice et à la vertu : il donne du ridicule à l'homme la ste, il perce de mille traits l'homme dissolu : les passions et les œuvres saintes fournissent la même matière à ses dérisions et à -les cens ures; et par une bizarrerie que ses caprices seuls peuven* usti" fier, il a trouvé le secret de rendre en même temps et le vice m»^ pr sable et la vertu ridicule. Or les exemples de dissolution dans les gra ds, en autorisant le vice, en ennoblissent la honte et l'ignomi- 1 ie , et lui ôtent ce qu'il a de méprisable aux yeux du public : leurs j passions deviennent bientôt dans les autres de nouveaux liti^^s j d'honneur, et la vanité seule peut leur former des imitateurs.

186 ANALYSE GRAMMATICALE. — APPLICATION. De rAnftlyse grammaticale (suite)-

Vcsil du maître.

Un cerf, s'étant sauvé daus un étable à boeufs,

Fut d'abord averti par eux

Qu'il cherchât un meilleur asile.

Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas : Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ; Ce service vous peut quelque jour être utile,

Et vous n'en aurez point regret.

Les bœufs, à toute fin, promirent le secret. Il se cache en un coin, respire et prend courage. Sur le soir on apporte herbe fraîche et fourrage.

Comme l'on faisait tous les jours.

L'on va, l'on vient, les valets font cent tours, L'intendant même; et pas un d'aventure

N'aperçut ni cor, ni ramure.

Ni cerf enfin. L'habitant des forêts Rend déjà grâce aux bœufs, attend dans cette étable Que, chacun retournant au travail de Cérès, Il trouve pour sortir un moment favorable. L'un des bœufs ruminant lui dit : Cela va bien : Mais quoi ! l'homme aux cent yeux n'a pas fait sa revue ;

Je crains fort pour toi sa Teniie :

Jusque-là, pau^TC cerf, ne te vante de rien. Là-dessus le maître entre, et vient faire sa ronde.

Qu'est ceci? dit-il à son monde.

Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers. Cette litière est vieille, allez vite aux greniers. Je veux voir désormais vos bêtes mie»ix soignées Que coûte-t-il d'ôter toutes ces araignées ? Ne saurait-on ranger ces jougs et ces colliers? En regardant à tout, il voit une autre tête '*^

Que celles qu'il voyait d'ordinaire en ce lieu. ' '

Le cerf est reconnu : chacun prend un épieu ;

Chacun donne un coup à la bête.

Sds larmes ne sauraient la sauver du trépas. On l'emporte, on la sale, on en fait maint repas,

Dont maint voisin s'^ouit d'être.

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