‹ Cours théorique et pratique de langue françaiseChapitre 150 sur 479 · La raison nous trompe plus souvent que la nature · texte numérisé non relu

La raison nous trompe plus souvent que la nature

9. L'amour-propre est plus habile que le plus habile homme du monde.

10. Du moment qu'on a de rinclination pour quelqu'un , on interprète tout en sa faveur.

11. Les idées sont comme les hommes ; elles dépendent de l'état et de la place qu'on leur donne.

12. Les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours. Elles sont comme un art de la nature dont les règles sont infaillibles ; et l'homme le plus simple, qui a de la passion, persuade mieux que le plus éloquent qui n'en a point.

13. Dans un pays où tout le monde serait vertueux, l'honneur ne serait qu'une exaltation ridicule.

14. Quand on achète le pouvoir de rendre la justice, on a l'intention de la vendre.

15. L'excès de l'amour de l'indépendance produit le désordre, affaiblit les forces qu'il divise , et détruit les ressorts qu'il use à force de les tendre.

16. Les hommes ne sont pas seulement sujets à perdre le souvenir des bienfaits et des injures 5 ils haïssent même ceux qui les ont obligés, et cessent de haïr ceux qui leur ont fait des outrages.

17. Celui qui ne sait rien se croit habile parce qu'il ne sait pas qu'il ne sait rien.

18. La plupart des hommes deviennent acteurs dès qu'ils sont en public; rhomme ferme et vertueux est toujours le même.

19. L'homme s'ennuie du bien, cherche le mieux , trouve le mal et s'y soumet crainte de pire.

20. La raison se compose de vérités qu'il faut dire , et de véiiîés qu'il faut taire.

148 ANALYSE LOGIQUE. — THEOBIB.

///. Des Propositions subordonnées.

§ 45« Les propositions subordonnées sont celles qui sont sous la dépendance immédiate d'une autre proposition :

Je crois que Dieu est souverainement bon.

^ 46. El'es sont toujours jointesà une autre proposition au moyen de la conjonction que, ou d'une des locutions conjonctives afin que, pour que, de ce que, etc., exprimées ou sous-entendues.

§ 47. Une proposition suhor donnée fif,nve le plus souvent comme complément de l'attribiit delà proposition dont elle dépend ; ainsi dans l'exemple (pii précède, la proposition subordonnée Dieu est souverainement bon sert de complément à croyant, attribut de la proposition principale.

L'analyse, en effet, nous donne pour développement :

Je suis CROYANT — (cela , c.-à-d.) Dieu est souverainement bon.

§ 48. Les propositions subordonnées dépendent souvent d'une proposition sous-entendue, comme dans ces vers ,

Qu'on appelle mon fils, qu'il vienne se défendre, ^-

Qu'il vienne me parler^ — je suis prêt à l'euteodre (Racine), "

où les trois propositions subordonnées qu'on appelle, et qu'il Vienne répété deux fois, dépendent de je veux, sous-entendu.

§ 49. La proposition subordonnée peut quelquefois aussi être le sujet réel de la proposition qui la régit, comme dans cette phrase

L'opinion commune est qu'RoMkREfut aveugle (Burnouf),

qui peut être traduite par ces deux propositions *

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