VI. Noms composés
§ 37, 33, 34. — 1. Les oiseau-mouche sont les bijoux de la nature
2. Les lieux où l'on prend le plus Aq faucon-pèlerin sont nonfeulement les côtes de Barbarie , mais toutes les îles de la Méditerranée.
3. Les martin-pêcheur et une foule d'oiseaux riverains embellissent par l'émail de leurs couleurs les bords des fleuves de l'Asie et de l'Afrique.
4. Les chou-fleur, \q?, chou-rave et les c^ow-navc^ sont des variétés de la même famille.
5. Les (W'fl/ip'-ow^awg' sont extrêmement sauvages ; mais il paraît qu'ils sont peu méchants et qu'ils parviennent assez promptement à entendre ce qu'on leur commande.
6. Il faut savoir gré à la Convention d'avoir organisé des écoles centrales dans tous les chef-lieu de la république.
7. Le bec-figue qui, comme l'ortolan, fait les délices de nos tables, n'est pas aussi beau qu'il est bon.
8. Nous avons vu des porc-épic vivants, et jamais nous ne les avons vus , quoique violemment excités , darder leurs piquants.
9. Les pigeons polonais sont plus gros que les ^ipieon-pao/i.
10. Eurotas , Eurotas, que font ces laurier-rose Sur ton rivage en deuil par la mort habité ! (C. Delavigne.)
1 1 . L'usage des bain-marie date de la plus haute antiquité.
12. Dans toutes les grandes villes de l'Europe on a fondé des Hôtel- Dieu à l'instar de celui de Paris.
13. liions conrom en colin-maillard après le plaisir ; et lorsque, après l'avoir saisi , nous ôtons le bandeau , ce n'est plus ce que nous avons pensé.
14. Les reine-marguerite et les asters, les soucis et le^ soleils portent tous des fleurs radiées.
15. Les sables de l'Afrique où nous n'avons pas de garde- chasse nous envoient des miées de cailles et d'oiseaux de passage qui traversent la mer au printemps pour couvrir nos tables en automne.
16.Les^orc-épic, quoique originaires des climats les plus chauds de l'Afrique et des Indes , peuvent vivre et se multiplier dans les pays moins chauds.
17. Les loup-cervier du Canada sont plus petits et plus blancs que ceux d'Europe ; c'est cette différence qui les a fait appeler cknt-cervier.
180 DD NOM. — THEOBIE.
§ 35. Quand un nom composé est formé d'un substantif et d'un adjectif qui le qualifie , ils prennent l'un et l'autre la marque du pluriel :
Les civettes cherchent ^ comme les renards, à entrer dans lesBAssES-couBspour emporter les volailles.ÇBiiffon.)
Mais on écrit :
Un blanc-seing, des blanc-seings (4es seings, des signatures sur papier blanc.)
Un terre-plein^ des terre-pleins (des lieux pleins de terre.)
Il n'y a pas ici rapport d'attribution entre l'adjectif et le nom exprimé, mais entre l'adjectif et un nom sous-entendu.
Un chevau-léger, des chevau-légers.
Remarque. Cette orthographe est celle de l'Académie ; beaacoap de grammairiens , qui ne voient dans chevau que l'altération de che^ val , la repoussent. Le pluriel chevau-légers ne prouve-t-il pas cependant que chevau n'est pas employé pour cheval , et ne peut-on , avec quelque raison , supposer que dans cette expression chevau figure par aibréviation pour chevaucheur , vieux mot qui sig,mûe cavalier?
Un cent-suisses , des cent-suisses , un soldat , des soldats du régiment des cent-suisses.
Un courte-haleine, des courte-haleine^ une personne, des personnes oui ont Vhaleine courte.
Une grand' mère , des j qrand'mères. i L'adjectif, invariable dans les
TTnp nrniul'messe des f substantifs féminins et leurs analo-
une grana meààe, aes i ^^ toujours suivi d'une apos-
grand messes. [trophe qui tient Ueu de l'e muet
Une grand' rue , des i supprimé.
grand' rues. j
§ 36. S'il entre dans la formation du nom composé, un mot pris adjectivement qui ne s'emploie plus seul, ce mot prend, comme le substantif, le signe du pluriel. Tels sont loup-garou , porte-cochère , pie-grièche, loup-cervier, qui font au pluriel loups-garous , pies-grièches , etc.
Les Loups-CERVIEBS du Canada sont plus blancs et plus petits que ceux d'Europe. (Buffon.)
§ 37. Quand un nom composé est formé de deux substantifs unis par une préposition, le premier prend seul le signe du pluriel :
L^resque tous les tableaux de ce peintre sont des chefsd'œuvbe. (Acad.)
Dans ce cas le second substantif sert de complément au premier, qui quelquefois n'est qu'un mot pris substantivement:
Les BELLES-DE-NUIT du Pérou, farbre triste des Moluques ne fleurissent que la nuit. (Bernardin de St-Pierre.)
! JJU WOM. APPLICàïlON. 181
' § 35- — l.Les loriots mangent la chair des cerises, et les gros-bec jcassent les noyaux et en mangent l'amande.
; 2. Les terre-plein sont des terres rapportées entre deux murs ; ils |Sont employés pour fortifier les villes de guerre.
3. Les blanc-seing sont des armes perfides dans les mains d'un i fripon.
4. Le pape entretenait autrefois pour la garde du vice-consul d'Avignon cinquante chevau-léger vêtus de rouge.
5. Les gens de mauvaise foi sont àQ& pied-bot en affaires; ils marchent difficilement.
6. Les aigue-marine sont des pierres précieuses qui ont des reflets verts semblables à l'eau de mer.
7. Tout cent-suisse avait le rang et la solde d'un sous-oHicier de ligne.
8. Les femmes bel-esprit sont des fléaux pour tous ceux qui les entourent.
9. Les chat-huant, les chauve-souris et les hiboux sont de vilains oiseaux.
10. Louis XII revendiquait le duché de Milan, parce qu'il comptait parmi ses grand-mère une sœur d'un Visconti, lequel avait eu cette principauté.
1 1 . Cette jeune fille va tous les dimanches à la grand-messe avec 6a grand-mère et ses deux grand-père.
12. On va à Rome pour voir des tableaux, des ruines et des bas • relief.
§ 36, 37- — 1. Nous n'attribuons aucun des chef-d'œuvre de l'homme au hasard ; pourrions-nous croire que lui-même en serait l'enfant?
2. J'ai toujours eu pour principe de ne jamais faire des lettrede-change.
3. Allez dans la prairie , et vous pourrez admirer à la fois mille arc-en-ciel peints sur chaque goutte de rosée.
4. Les ver-à-soie sont si communs à Tonquin, que la soie n'y est pas plus chère que le coton.
5. Il n'y a aujourd'hui ni garde-royal, ni garde-du-corps , ni Suisses , ni cent-suisse.
6. Les marchandises que les Lapons apportent aux foires sont dpû peaux de renard, de castor, d'hermive, de petit-gris et d'ours.
1^2 DU NOM. — THEOBIE.
S 38. Les noms unis par une préposition sont invariables quand ils forment une expression où ne figurent que des termes accessoires et complémentaires du terme principal sous-entendu :
Des coq-à'Fâne, discours sans suite où l'on passe d'une chose à une autre tout opposée {du coq à Vâne).
Des pied- àrterre^ lieux où l'on ne réside qu'en passant, où l'on n'a qu'un pied à terre.
Des tête-à-tête, des entretiens , des entrevues de deux personnes qui sont seule à seule, tête à tête.
§ 39. Quand un nom est formé d'un substantif et d'un mot invariable, le substantif seul est susceptible de l'accident de nombre ; et selon qu'il éveille une idée d'unité ou de pluralité, il s'écrit avec ou sans 5, indépendamment du nombre de l'expression dont il fait partie. On écrira donc :
Une garde-robe, des garde-robes.
Un contre-coup, des contre-coups.
Une arrière-saison, des arrière-saisons^ etc., etc.
Mais on écrira sans s au pluriel :
Des abat-jour^ des fenêtres qui abattent le jour.
Des chasse-marée, des voituriers qui chassent, qui apportent la marée.
Des coupe-gorge^ des lieux où l'on coupe la gorge.
On écrit enfin avec un 5, tant au singulier qu'au pluriel :
Un ou des cure-dents, instrument à l'aide duquel on se cure les dents.
Un ou des essuie-mains, linge pour essuyer les mains.
Un ou des couvre-pieds, couverture qui sert à couvrir les pieds, etc.
Observation. Garde dans un mot composé est substantif et variable si le nom dont il fait partie désigne une personne : des gardesmalades, des CARDES-wo^es; il est verbe et invariaile si l'expression totale désigne une chose : des garde-/om^.
§ 40. Lorsqu'un nom composé ne renferme que des mots invariables de leur nature , aucun d'eux ne prend le signe du pluriel :
Un in-douze, des in-douze.
Un ouï-dire, des ouï-dire.
Un passe- debout, des passe-debout.
Vn pour-boire, des pour-boire.
Un qu'en-dira-t-on, des qu'en-dirort^n, etc.
.| §38.-1. Ceux qui viennent interrompre des iéte^à-tête en- \ nuyeux sont toujours les bien-venu.
G 2 . La plupart des gens font des coq-à-Vâne comme Monsieur Jour- ! dain faisait de la prose.
3. Je voudrais avoir autant âe pied-à-terre qu'il y a de saisons : l'hiver, j'habiterais l'Italie; le printemps, l'Angleterre; l'été, la ! France ; et l'automne, la Suisse, afin de ne contempler la nature que •j dans son éclat.
ij §39.-1. J'allais avec la foule des gobe-mouche attendre sur la j place l'arrivée des courriers.
I 2. Il y eut deux anti-pape dès le milieu du quatrièraie siècle. i 3. En m'allant promener avec lui les après-midi, je mettais ' quelquefois dans ma poche deux gâteaux qu'il aimait beaucoup. I 4. Faites donc mettre au moins des garde-fou là-haut.
5. La neige couvre le pont et le toit de notre navire, et forme nos observatoires et nos garde-manger.
6. Il est des instants où l'âme éprouve des terreurs secrètes, de vagues appréhensions qui sont comme les avant-coureur de quelques grandes calamités.