DU PRONOM
Des pronoms en général.
§ 159. La fonction des pronoms est de représenter le substantifs pris dans un sens déterminé. Si l'on disait, 6: parlant d'un malheureux : // est mort de fatm , qui depui longtemps Vépuisait^ on s'exprimerait d'une manière vi cieuse , attendu que le pronom relatif qui ne peut teni régulièrement la place de faim, terme vague et indéfini
Pour être correct, il faut dire : Il a succombé à la fativ qui, etc.
Les poètes se sont affranchis quelquefois de cette règle Quand Je me f&is justice, il faut qu'on se ïa fasse. (Racine.)
C'est une licence qu'il faut leur abandonner.
§ 160. Lorsqu'un pronom est répété, il doit toujours se rapporter au même substantif et rappeler l'idée d'un seul; et même objet:
Le hasard est une cause aveugle et nécessaire , qui ne , prépare, qui n arrange, qui ne choisit rien , et qui n'a^ ni volonté ni intelligence. (Fénelon.)
Cette phrase est correcte, parce que lepronom qui, énoncé » quatre fois , exprime le même rapport.
Il en est de même de celle-ci :
On n'aime plus, lorsque les sacrifices coûtent: on aime peu, lorsqu'oTH s'aperçoit qu'o^ en fait. (Lévis.)
Mais la phrase suivante est vicieuse: ^
J'ai lu avec plaisir cet ouvrage qui a été composé par^ une PERSONNE QUI est versée dans les scie>ces qui ont i pour objet V étude de la nature , \
parce que le pronom qui, répété trois fois, est employé} chaque fois en rapports divergents. 1
§ 161. Il faut répéter les substantifs, quand l'emploi des' pronoms personnels peut donner lieu à une équivoque:
Hypéride a imité Démosthène en tout ce que Démos- THÈNE a de beau. (Boileau.)
Si Boileau eût dit :
Hypéride a imité Démx)sthène en tout ce qu'iL a de beau ,
il se fût exprimé d'une manière obscure , et l'on ne saurait pas auquel des deux termes, Démosthène ou Hypéride, le pronom se rapporte.