V. Accord du verbe arec le pronom relatif q©i
^ § 287. Lorsqu*un verbe a pour sujet le pronom qui, W s'accorde en personne et en nombre avec ce pronom, lequel emprunte la personne et le nombre de son antécédent: C'est MOI QDivous le dis , qui sois Totre grand'mère. (Molière.) Cest TOI QDi , ce matin , par des soins imprudents , As voulu me parer de ces vains ornements. (Regnard.) C'est LUI QUI RASSEMBLA ces colombes timides. (Racine.)
Cest NOUS QUI SOUFFRONS de vos déportements. Cest vous QUI DONNEZ de pareils exemples ! Ce sont EUX qui vous en prient.
Observation. Molière, Racine et Voltaire ont quelquefois contrevenu à cette règle, qui a pour base l'harmonie du langage :
Britannicus est seul : quelque ennui qui le presse ,
II ne voit à son sort que moi qui s'intéresse. (Racine.)
Nous chercherons partout à trouver à redire ,
Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire. (Molière.)
Au moyen de la syllepse on peut justifier ces vers ; maisla construction qu'ils présentent est désagréable , et sans la condamner d'une manière absolue, nous engageons à ne pas l'imiter.
§ 288. Si le pronom personnel antécédent de qui est? suivi d'un attribut avec lequel il s'identifie de telle sorte qu'il soit impossible de les considérer isolément sans chan-j ger le sens, le verbe prend toujours la personne et le nombre du pronom personnel : i
Je suis DiOMÈDE, roi d'Étolie, qui blessai Fénus au siège de Troie. (Fénelon.)
Nous sommes deux religieux de Saint-Bernard qui VOYAGEONS four nos affaires. (Florian.) ^^
§ 289. Mais s'il n'^ a pas entre le pronom personnel et'' l'attribut une complète identité, et que celui-ci puisse être : compris séparé du pronom , l'attribut devient l'antécédent -^ du pronom relatif g«i, et c'est avec lui que le verbe s'accorde : ' '
Fous parlez commexm homme qui entend la matière, i
(Domergue.) ^
Tu étais LE SEUL qui pût me dédommager de tabsence de Rica. (Montesquieu.)