‹ Cours théorique et pratique de langue françaiseChapitre 319 sur 479 · DU SUBJONCTIF. — APPLICATION. S · texte numérisé non relu

DU SUBJONCTIF. — APPLICATION. S

§ 352, 3à3, 354, 355, 356, 357. — 1. Qui que ce peut , puisse être qui sCmne , je ne veux recevoir personne en ce moment.

2. Une tragédie est faible, quoique le style en est^ soit fort, quand l'intérêt n'est pas soutenu.

3. Les évoques, tout successeurs des apôtres qu'ils sontj soient, semblent moins l'être que les missionnaires.

4. Certains oiseaux qui nagent, comme les cygnes, élèvent en haut leurs ailes et tout leur plumage, de peur de le mouiller, et afin qu'il lem- serty serve comme de voile.

I 5. Il s'est comporté dans ce parti difficile, de manière que tout le inonde a, ait eu à se louer de lui.

6. Quelque méchants que sont, soient les hommes, ils n'oseraient 1 paraître ennemis de la vertu; et lorsqu'ils la veulent persécuter, ilcJ rlui supposent des crimes.

' 7. Quoique le ciel est, soit juste, il permet bieu souvent

ijr Que rinjustice règne et marche eu triomphant. (Voltaire.)

8. L'amour-propre vit et règne absolument en nous, à moins que Dieu n'a, ait détruit sou empire en versant un autre amour dans notre cœur.

9. La nature ne s'épuise jamais, pourvu qu'on sait, sache par la cultiwe lui rendre ce qu'elle a donné.

10. Peut-on livrer des batailles contre une nation aguerrie, qui se il défend courageusement, sans qu'il y a, ait de part et d'autre du

sang répandu ?

11. Il est vrai que César et les puissants du siècle ne crurent pas, aient pas cru d'abord en Jésus-Christ ; mais ce n'est pas que sa

•jdoctrine réprouv, ait, ût leur étatj elle ne réprouvait que leurs vices.

12. C'est assez qu'il m'a, ait recommandé de vous bien recevoir pour que je yom fais, fasse le plus honorable accueil.

13. Je ne sais rien sinon que tout le monde dit, dise, et prétend, e qu'il est coupable.

14. Il est aussi difficile de se tromper sans s'en apercevoir qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils le savent, sachent.

15. Si les hommes étaient plus sages et qu'ils suivaient, suivissent les lumières de la raison, ils s'épargneraient bien des chagrins.

16. Quelque avantage que nous souhait, ons, ions à nos amis, nous ne sonnnes jamais fôcliés qu'ils ont, aient besoia de nous.

17. Qu'on cherche dans la physique les raisons les plus ingéûieuses pour expliquer la révolu lion de la terre autour du soleil, toutes ces raisons, supposé même qu'elles sont, soient vraies, se tournent en*preuvcs de la Divinité.

18. Il y a des méchants à qui tout prospère coâime &%% avaient, eussent fait les œuvres des justes.

19. L'araignée tend des pièges aux moucherons pour les enlacer et las surprendre avant qu'ils peuverit , puissent se dé- |)ârra38€r.

20. Se sera-m conduit de façon que personne u'û, ait à se piaiujtlrede lui, et que tout le monde esT, mo^^ dispe-^éàappi-ouui eu ccaduite? > r j-*-

31 G DU SUBJONCTIF. — ïflEOJilE.

§ 358. Après les pronoms qui, que, dont, où, le verbe de la proposition subordonnée se met à Vindicatif, si l'on énonce quelque chose de certain; dans ce cas Vindicatif est le mode qui répond le mieux à la pensée, et le seul qui puisse rendre ce qu'elle a de positif et d'absolu :

De jaloux mouvements doivent être odieux ,

S'ils partent d'un amour qui déplaît à vos yeux. (Molière.)

Nous ne pouvons malheureusement jouer que des pièces ou il y A peu d^acteurs. (Voltaire.)

§ 359. Mais après les pronoms qui, que, dont, où,, on emploie au contraire le subjonctif, si l'on veut exprimer quelque chose de douteux :

On ne trouvera pas aux connaissances humaines une oriqine, qui réponde à l'idée qu^on aime à s'en former,

(J. J. Rousseau.)

Si je quitte Paris, je me retirerai dans une province on je me plaise. <

Elle ne prendra jamais pour époux qu'un homme qui CRAIGNE les dieux et qui remplisse toutes les bien-' séances. (Fénelon.)

Ainsi, dans cette dernière phrase, la volonté énoncée par la proposition principale exige nécessairement l'emploi dui mode exprimant le doute, ou du subjonctif, dans la propo-sition subordonnée ; eu effet, rien n'assure qu'elle doive trouver un époux qui craigne les dieux et qui remplisse toutes les bienséances.

§ 360. Après le seul, le premier, le dernier, le meilleur,' le moindre, le plus, le moins, le mieux, etc., on emploie Vindicatif, si Von veut énoncer un fait incontestable , un principe, une sorte d'axiome :

La seule chose que nous ne SAVOwspas, c^est dHgnorer ce que nous ne pouvons savoir. (J. J. Rousseau.)

Le plus grand mal que fait un ministre sans probité, c^est le mauvais exemple quHl donne. (Montesquieu.)

§ 361. Mais on emploie le subjonctif quand on ne veut pas énoncer sa pensée d'une façon absolue et positive, et

?[u'il y a doute dans l'esprit de celui qui parle, touchant le ait qu'il avance :

Vhomme est le seul animal qui sache qu'il doit moth' rir. (Bernardin de Saint-Pierre)

Le meilleur usage que l'on vvissE faire de son esprU c'est de s^en défier. (Fénelon.)

§ 358, 359, 360, 361 . — 1 . On ne voit que des gens qui foni,faS' sent aisément des choses médiocres.

2. Il n'y a guère de gens qui ne sont, soient honteux de s'être aimés quand ils ne s'aiment plus.

3. 11 n'est que trop d'esprits lâches et corrompus Q\i\ font, fassent plier la loi sous le joug de l'usage. (La Harpe,)

4. Il n'est aucun métal que le 1er n'awioW, t?, tsie, ni aucune af« faire que l'argent ne peut, puisse accommoder.

5. Il n'y a rien qui rafraîck, it, isse le sang comme une bonne action.

6. Certains provinciaux qui se piquent de bel-esprit, n'osent rien dire qui ne leur^araï^, pai'ais^e exquis et relevé; ils croiraient se trop abaisser en nommant les choses parleurs noms.

7. S'il y a des hommes dont le ridicule n'a, ait jamais paru, c'est qu'on ne l'a jamais bien cherché.

8. L'Évangile est le plus beau présent que Dieu a , ait pu faire aux hommes.

9. Hélas ! fallait-il quitter notre chère patrie, la fertile Crète, et suivre un roi malheureux au travers de tant de mers pour fonder une ville qui soit, sera mise en cendres comme Troie 1

10. Le moins de servitude qu'on peut, puisse est le meilleur.

11. L'espérance lient une école où les leçons coûtent cher ; mai» c'est la seule où les insensés peuvent, puissent s'instruire.

12. Il ne faut pas faire à l'éloquence le tort de penser qu'elle ne soit, est qu'un art frivole, dont un déclamateur se sert, serve pour trafiquer de la parole.

13. La mona;chie de la France est la plus ancienne et la plus noble de toutes celles qui sont, soient au monde.

14. La douleur du corps est le seul mal de la vie que la raison ne peut, puisse guérir ni affaiblir.

15. U faut des châtiments dont Vuniy ers frémi, t, sse. (Racine.)

16. Le génie poétique de Torquato, la seule richesse qu'il avait, eût reçue de son père, se manifesta dès l'enfance.

17. Thaïes est le premier des Grecs qui a, ait enseigné que les âmes sont, étaient inomortelles.

18. Charles XII est peut-être le seul de tous les hommes, et jusqu'ici le seul de tous les rois qui a, ait vécu sans faiblesse.

19. Le seul endroit par où les richesses sont, soient estimables, c'est qu'elles mettent en état d'obliger les honnêtes gens.

20. La tendre jeunesse est le seul âge où l'homme ;)eM^, puisse encore tout pour se corriger.

318 DES TBM?S DU S2IBJ0NGTIF. — ■ TïliORIB. Temps du gubjonotifi;

> 362. Concordance des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif.

Le présent du subjojictif correspond :

Au présent de l'indicatif. . . je veux

Au futur absolu je voudrai \ que tu viennes.

Au futur antérieur quand j'aurai voulu

L'imparfait du subjonctif corresipond :

A l'imparfait je voitlais \

Au passé détint je voulus i

Au passé indéfini fai voulu f „„^ .,. •„..,.

Au plus-que-parfait j'avais voulu ( 5^"* ^" vinsse*.

Au conditionnel je voudrais \

Au conditionnel antérieur, j'aurais voulu j

Le passé du subjonctif correspond :

Au présent je veux \

Au passé indéfini j'ai voulu I ^„„ ,„ „,„, i,^^

Au futur ^je voudrai Uue tu aies tcni.

Au futur antérieur quand j'aurai voulu ]

Le plus-que-parfait du subjonctif correspond :

A l'imparfait je voulais \

Au passé défini je voulus i que tu eusses

Au passé indéfini j'ai voulu f écrit.

Au passé antérieur j'eus voulu >

Au plus-que-parfait j'avais voulu i que tu fusses

Au conditionnel je voudrais ] venu.

Au conditionnel antérieur, j'aurais voulu j

(Lévizac.)

Obsertation. On n'établit dans ce tableau que les correspondances ordinaires entre les temps de Vindicatif et ceux du subjonctif. Il serait impossible de déterminer d'une manière lixe et absolue toutes les relations qui répondent aux différentes modilications de temps BOUS lesquelles la pensée peut se produire. Il est donc essentiel de se bien rendre compte du temps qu on veut exprimer. Si c'est un présent, un passé , un futur, simples ou modifiés par les idées accessoires de simultanéité , d'antériorité, de postériorité ou de condition, on doit, pour mettre la pensée et l'expression en parfaite harmonie , employer la forme verbale destinée à peindre chacune de ces modifications diverses.

Nous allons montrer comment on peut, paf l'analyse de la pensée, reconnaître, dans toutes les circonstances, quel temps du subjonctil on doit employer.

DES TEMPS DU SUBJONCTIF. — APPLICATWN. 319 Temps du subjonctif.

§ 362. Concordance des temps du subjonctif avec ceux de Vindicatif.

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