‹ Cours théorique et pratique de langue françaiseChapitre 338 sur 479 · DU PARTICIPE PBESKNT. — THEORIE · texte numérisé non relu

DU PARTICIPE PBESKNT. — THEORIE

$ 387. La forme verbale en ant est toujours invariable^. si elle est accompagnée d'un complément essentiel, sans< lequel elle ne présenterait qu'une idée incomplète :

Tous mes sots à l'instant changeant décontenance^ Ont loué du festin la superbe ordonnance. (Boileau.)

Obsekvation. Contrairement à toute analogie, quelques écrivains et l'Académie elle-même emploient comme adjectifs verbaux appartenant, approchant, dépendant, participant, prétendant, ressemblant^ résultant, subsistant, tendant; mais comme on les trouve plus souvenV" encore employés comme participes el invariables, on ne doit pas s'au-i toriser de quelques rares exceptions.

§ 388. La forme verbale terminée en ant^ modifiée par un complément adverbial^ est invariable^ sile complément' la suit, et variable, si le complément la précède :

Maman toujours projetante et toujours agissante ne nous laisse guère oisifs ni l'un ni l'autre.

Tu foules une terre fumant toujours du sang det malheureux mortels. (Bescher.)

A l'aide d'un examen attentif on reconnaît facilement que le com-^ plément adverbial, lorsqu'il précède le participe, ne restreint pas la; durée de l'action, tandis que lorsqu'il le suit, il tait pressentir un termel, à la durée. ;

Qu'est-ce en effet qu'uni? femme toujours projetante , toujours AGISSANTE? C'est une femme qui est habituellement, de sa nature, féconde en projets et active.

Qu'est-ce qu'wwe terre fumant toujours du sang des mortels? Cë^ n'est pas une terre qui sera toujours fumante du sang, etc. ; mais mu terre qui fume encore et qui doit cesser de fumer.

§ 389. La forme verbale en ant est toujours invariable^ lorsqu'elle est précédée de la préposition en : Nous hasardons de perdre en voulant trop gagner. (La Fontaine.)

Ces jeunes gens, en étudiant toujours avec le méme^ soin., ne peuvent manquer de réussir.

Votre seule colère a fait notre infortune,

Nous perdons tout, madame, en perdant Rodogune. (Corneille.)

§ 390. Beaucoup de participes présents changent d'orthographe en passant à l'état d'adjectifs; tels sont: 1° extravagvant, fatiguant, intriguant qui perdent Tu du radical : extravagant, fatigant, intrigant ; T fabriquant, vaquant, dans lesquels la suppression de l'u entraîne le changement de la consonne du radical : /a6?'îcan/', vacant; 3° enfin, adhérant, affluant, différant, excellant, etc., qui changent la voyelle a en e; adhérent, affluefit, digèrent, excellent, etc., comme pour se rapprocher de l'étymologie latine.

§ 387. 1. Les enfants de Louis descendant au tombeau

Ontlaissédans la France un monarque au berceau. (Voltaire.)

2. Les animaux, vivant d'une manière plus conforme à la nature, |doivent être sujets à moins de maux que nous.

Observation. 1. Les Indiens avaient représenté les anges comme des créatures immortelles participant de la Divinité. 2. LesFidénates avaient pillé des bateaux de vivres appartenant aux Romains. 3. L'âme des hommes, selon plusieurs, était un feu céleste; jj selon d'autres , une harmonie résultant de ses organes. 4. Plusieurs savants ont prétendu que quelques races d'animaux approchant de l'homme ont disparu.

§388. 1. La reine mère, longtemps errant, mourut à Cologne, dans la pauvreté. 2. L'Angleterre, combattant toujours, est arrivée au terme glorieux et triomphant. 3. Vous verrez la paix renaissant par degrés dans son âme abattue. 4. Les vices des hommes croissant toujours légueront un triste héritage aux races futures. 5. Les besoins de l'homme augmentant sans cesse , ont développé et perfectionné son intelligence. 6. C'est la disette d'idées qui les rend si affamés d'objets étrangers, d'autant plus qu'il ne leur reste rien, que tout passe en eux , que tout en sort ; gens toujours regardant^ toujours écoutant, toujours pensant. 7. Ils y trouvent une subsistance abondante, une pâture toujours renaissant. 8. Les Français combattaient dans les alliés mie hydre toujours renaissant.

§ 389. — 1. Notre annitié triomphant à son tour,

Vaincra la jalousie en cédant à l'amour. (Corneille,)

2. Ce n'est pas être malheureux que d'occuper votre pensée, soit en dormant, soit en veillant. 3. De là on découvrait la mer, quelquefois claire et unie rx)mme une glace , quelquefois follement irritée contre les rociiers , où elle se brisait en gémissant et élevant ses vagues comme des montagnes. 4. Une victoire en attire miie autre en consternant les vaincus , et en procurant aux vainqueurs beaucoup d'allié*.

§ 390. 1. En extravag— en toutes choses, comme vous le faites, comment voulez- vous qu'on ne vous trouve pas extravag— ? 2. On le croit intrig — parce qu'il a été nommé à un poste qu'un autre postulait ; mais c'est par des services et non en intrig — qu'il î'a obtenu. 3. Le vrai moyen d'éloigner la guerre, c'est de cultiver les armes, c'est d'honorer les hommes excell — dans cette profession. 4. L'archevêque de Narbonne était présid — né des états du Languedoc. 5. Les Turcs ont toujours des ministres étrangers ré' sid— continuellement che» eux. 6. Les peintres nous représentent les Muses présid — à la naissance d'Homère et dé Virgile.

331 DU PARTICIPE PASSE. — THEOBlE.

lï. Du participe passé.

En passant par les mains des grammairiens , les règles anx(jii8!les le ^ar^icijoe^asse est soumis se sont divisées, subdivisées et multipliées à tel point qu'on a rendu obscure une des parties les plus ckires de la syntaxe.

Essayons de réduire ces règles à leur expression la pluà pie. .

/. Participe passé sans aiiociliaire.

§ S9I. Employé sans auxiliaire, le participe passé est un (qualificatif qyù prend le genre et le nombre du mot auquel \ il est joint.

Que de scandales évités ! que de crimes prévenus] que de maux publics arrêtés ! que de eaibles conser- ' vÉs ! que de justes affermis ! que de pÉcnEURS rappelés ! que c/'ambs retirées du précipice ! (Massillou .)

§ 392. Exception. Les participes attendu, excepté, ouï, passé, supposé, vu, non compris, y compris, etc., sont invariables, quand ils sont placés avant les noms; parce qu'alors ils tiennent lieu de prépositions ou de locutions prépositives et peuvent se traduire :

Attendu par en considération de,

Excepté par hormis,

Ouï par sur V exposé de, *

Passé par après,

Supposé par en admettant.

Vu par à cause de,

Non compris par à l^ exclusion de,

Y compris par avec.

//. Participe passé conjugué avec être.

§ 393. Le participe passé conjugué avec être est un véri- ii table adjectif; cesll^ attribut de la proposition, et comme * tel, il s'accorde en genre et en nombre avec le sujet, que tantôt il suit et tantôt il précède :

Le fer est érnoussé^ les bûchers sont éteints. (VoUaire.)

BÉNIS soient les rois qui so?it les pères de leurs peu- pies! (Fénelon.) Les AMES nobles gagnent toujours a être connues.

n. Du participe passé.

/. Participe passé sans auxiliaire.

391, 392. — l. Peu de richesses ménagé avec soin valent mieux ijuc de grands trésors mal employé.

2. Eh! quevois-jc partout? La terre n'est couverte Que de palais détruit^ de trônes renversé. Que de lauriers ^t/r/, que de trônes brisé, (L. Racine.)

3. Couvert d'ulcères et de taches livides, les yeux enflammé, la poitrine oppressé, les entrailles déchiré, exhalant une odeur fétide de leur bouche souillé Ae sang, on voyait les malades se traîner dans les rues pour respirer plus hbrement, et, \\e pouvant éteindre la soif brûlant dont ils étaient consumés, se précipiter dans des puits ou dans des rivières couvert de glaçons.

4. Le rossignol se prépare-t-il à chanter, il commence par un prélude timide , bientôt il déploie toutes les ressources de son incomparable organe : roulades précipité , articulé avec force ; accents plaintifs cadencé avec mollesse ; sonsj^M sans art, mais enjlé avec ime.

5. Dieu nous a permis de tout comprendre dans l'univers, ea;cepté son action et sa puissance.

6. Jusqu'au terme des temps, devançant Xitnr conquête, Voleront, r«j^ec<é, les accords du prophète. (Soumet.)

7. Gustave fit dire aux chanoines d'Upsal que, vu la fuite et la condamnation de leur archevêque, il était à propos qu'ils, lui nommassent un successeur.

8. Il a été exempté des charges publiques, attendu son infirmité.

9. Supposé la gravitation un principe vrai , tous les phénomènes physiques s'expliquent avec la plus grande facilité.

10. Les frais s'eièvent à deux m francs , y compris les vacations des deux architectes.

//. Participe passé conjugué avec êïbe.

§ 393. — 1. Il est plus aisé de dire des choses nouvelles que de concitier celles qui ont été dit. 1. La cour est comme un édifice hdti do marbre , c'est-à-dire qu'elle est composé d'hommes durs, mais poli. 3. L'or et l'argent ne peuvent assouvir l'amour des richesses ; la cupidité, en acquérant toujours, n'est jamais satisfait. 4. Plus les devoirs sont étendu, plus il faut faire d'efforts pour les remplir. 5. Les hommes qui semblent être né pour l'infortune devraient être préparé h toute disgrâce. 6. Peu de gens gagnent à être vu de bas eft haut. 7. Les forêts , dont les druides faisaient leurs temples , n'étaient éclairé que par des rayons vacillant et presque éteint. 8. La fidélité est toujours suspecte "lorsqu'elle est acheté. 9. Le monde entiw était trop petit pour les Romains qui , pendant cinq c ans , avaient été borné à vaincre autour de leur ville les Volsques, les Sabius et les Samnites.

///. Participe passé conjugué avec avoib.

l" SECTION. i

Verbes transitifs (actifs).

§ 394. Le participe passé d'un verbe transitif conjugué!, avec avoir est |!

Invariable \° s'il est employé sans complément : J

Tîos imprudents aïeux n'onf vaincu que pour lui. (Voltaire.) t

2" s'il est suivi de son complément direct : ,;

Les Arcadiens et les Lydiens ont négligé les scien-^^ CES et cultivé les arts. (Barthélémy.) ,j

Et variable, s'il est précédé d'un complément direct; 2 dans ce cas, il s'accorde avec ce complément , en genre et en nombre :

Les meilleures harangues sont celles qvBlecœur a dictées. (Marmontel.)

Les maladies les ont assiégés dès leur enfance.

Quelles choses n'ks-tu pas faites !

Participe suivi d'un infinitif.

§ 395. Le participe passé d'un verbe transitif, précédé d'un complément direct et suivi d'un infinitifs est

1° Fariable, s'il a pour complément le pronom qui le précède :

Les avocats QUE/ai entendus plaider ont compromis leurs causes.

2° Invariable, si le complément dépend de l'infinitif :

Les accusés, que j'ai entendu condamner, ont écouté leur sentence avec calme.

Ces deux règles sont applicables aux participes passés suivis d'un infinitif précédé d'une préposition.

Ainsi on dira avec accord :

Les circonstances nous ont empêchés de réussir.

Étudiez la leçon qu'o?i vous a donnée à apprendre.

Que de combats il a eus à soutenir!

Et sans accord :

La note que vous m'avez dit de rédiger est prête.

Il a quitté la route QXiHl avait résolu de suivre. Ellipse de V infinitif.

§ 396. Après les participes dû, pu, voulu, et quelques autres, on ellipse souvent l'infinitif; dans ce cas, le parti-, cipe est invariable, parce que le pronom qui le précède est ' le complément de l'infinitif sous-entendu : :

Je lui ai hi mon épitre posément,jetant dans ma lecture toute la force que i^ai pu (sous-entendu jeter). (Boiloau.^

DU ]PABTICIPE PASSE. — APPLICATION. ZZJ

Page 1