Les esprits de ce temps
Sont tout blancs au dehors et tout noirs au dedans. (Boileau.)
8, La foi dit bien ce que les sens ne disent pas, mais elle ne dit jamais le contraire : elle est au-dessus, et non pas contre.
§ 441. — 1. Ne vous éloignez pas ; promenez-vous ici autour en m'atteodant.
2. Ne vous bornez pas à chercher dedans, dessus, dessous, cherchez encore tout autour.
358 DE LADVEBBE. — THBOBIB.
5 442. AUSSI, SI. Aussij exprime la comparaison; «.J la comparaison et l'extension :
// est AUSSI brave que César. — Il n'est pas si brave que César. — // est si brave quHl vaincra. ,
§ 443. Aussi, si, se joignent aux adjectifs, aux partici^ pes et aux adverbes :
Il est AUSSI BON, AUSSI AIMÉ que vous. Il est si bon, si Aï MB. — // lit AUSSI PEU que vous. — // lit SI PEU. ^
§ 444. Pour exprimer une comparaison, on emploie ordinairement aussi dans les propositions affirmatives, et sr dans les propositions négatives :
Le plaisir de l'étude est aussi tranquille que celui des* autres passions est inquiet. (Girard.)
Le lait de la femelle du buffle n'est pas si bon que ce' lui de la vache. (Buffon.)
Observation. Aussi, si, ne sont plus employés aujourd'hui pour modifier des locutions adjectives ou adverbiales; ainsi, au lieu de dire» comme Madame de Séviené : Je trouve cette pauvre tante couchée si L^ SON AISE , etc. On doit dire : si fort à son aise.
§ 445. AUSSI, WON PLUS. Dans le sens de également^ pareillement, on emploie au^si dans les propositions affirmatives, et non plus dans les propositions négatives :
Il A MONTEE AUSSI un grand courage.
Il n'a pas MONTEE NON PLUS un grand courage.
§ 446. AUTANT, TANT. Ces expressions comparatives , servent à modifier les noms et les verbes :
/'aime Horace autant que je l'admire. (Buffon.)
// n'y a rien qui exhobte tant à savoir bien mourir ; que de n'avoir point de plaisir à vivre. (Voiture.)
§ 447. Autant s'emploie quelquefois pour aussi avec les adjectifs; mais la place qu'il occupe dans la proposition n'est! pas la même; aussi précède l'adjectif, et autant le suit :
Cette qualité est aussi estimable que rare.
Cette qualité est estimable autant que rare.
§448. Tan^ exprime encore l'extension et la quantité :
Cette tragédie offre tant de beautés, que je Vaurais\ crue de Racine. CFabre.)
Observation. Autant se joint aux participes passés, lorsqu'ils éveillent une idé"e d'acfioTi qui se rapporte implicitement aMsiijet; aussiso joint à ceux qui expriment simplement la qualité: i
Cet homme est autant estimé qu'aimé. — Paris n'est pas AUSSI PEO- PLÉ que Londres. (Boniface.)
§ 449. Après autant, aussi, si, on emploie que et nonj comme pour unir deux termes d'une comparaison : // est aussi brave oue son épée.
S 442, 443. AUSSI, SI. 1. De la philosophie à l'impiété, ily a — loiùquede la religion au fanatisme. 2. Numa fit la religion — sérieuse, — grave et modeste, que les ténèbres de l'idolâtrie le pouvaient permettre. 3. La fortune est — extravagante, qu'il n'y a rien ipi'on ne puisse attendre de son caprice. 4. On ne va jamais — loin que lorsqu'on ne sait où l'on va. 5. Les hommes sont en général — fourbes, — envieux, — cruels, que quand on en trouve un qui n'a que de la faiblesse, on est trop heureux. 6. Il n'y a — petit État qui oe puisse nourrir un grand homme. 7. La vanité est la source de nos plus grandes peines ; il n'y a personne de — parfait et de — fêté, à qui elle ne donne encore plus de chagrin que de plaisir.
§ 444. 1. L'âne est de son naturel — sensible, — patient, — tranquille, que le cheval est fier, ardent , impétueux. 2. On a beau déclamer contre l'espèce humaine, les hommes ne sont pas — corrompus qu'on le suppose. 3. Il n'y a point de sots — incommodes que ceux qui ont de l'esprit.
Observation. — 1. Il était si — en colèrCf qu'on ne pouvait lui faire entendre raison. 2. J'étais si — à l'aise dans cette campagne, et tout était si— à ma convenance, que j'y aurais passé ma vie.
§445. AUSSI, NON PLUS. 1. L'homme tourmenté par la fureuf d'augmenter ce qu'il possède, l'est — encore par la crainte de le perdre. 2. La faveur du prince n'exclut pas le mérite et ne le suppose pas — . 3. S'il n'est pas juste qu'il puisse entrer dans les terres de ses voisins, il n'est pas juste — que ses voisins puissent entrer dans les siennes. 4. L'âme de Mazarm, qui n'avait pas la barbarie de celle de Cromwell, n'en avait pas — la grandeur.
S 446. AUTANT, TANT. 1. La couTonne de France est — auliessus des autres couronnes du monde, que la dignité royale surpasse les fortunes particulières. 2. Rien n'empêche — d'être naturel que l'envie de le paraître. 3. Cette princesse a soulagé — de misérables qu'elle a connu de véritables misères.
§ 447. — 1. Les Macédoniens étaient — supérieurs — aux autres Grecs , que les autres Grecs étaient au-dessus des Perses. 2. Votre refus est — juste — que ma demande. (Corneille.)
§ 448. — 1 . Cette contrée offre — de ressources, que les habitants laissent la terre produire d'elle-même, sans se donner la peine de la cultiver. 2. L'Angleterre a — changé, qu'elle ne sait plus elle-même i quoi s'en tenir.
Observation. — 1 . Dieu est — élevé au-dessus de moi que l'être est au-dessus du néant. 2. L'abus des vérités doit être — puni que 'introduction du mensonge. 3. Ce jeune homme est — recherché jans sa parure que sa sœur est simple et modeste. 4. Cette jeune, ille est — recherchée des personnes graves et sérieuses, que son rère, des esprits frivoles.
§449. — 1, Avec aussi peu de raison que y comme en ont les ommes, il leur faut autant de préjugés que, commeils sontaccou ïuœés d'en avoir. 2. Il est aussi sage que, comme Socrate.
360 DE LADVEEBE. THEOBlE.
S 450. DAVANTAGE , PLUS. Davantage et pliis soni des adverbes de comparaison dont l'emploi est distinct.
— Plus , toujours suivi du second terme de la comparaison, est inséparable de la conjonction que :
La paresse est plus dangereuse que la vanité.
— Davantage, placé au contraire à la fin de la comparaison, n'est jamais suivi de la conjonction que:
La vanité est dangereuse ; la paresse l'est davantagei Observation. Plus peut figurer à la fin de la proposition 1° Dans les oppositions:
De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus^ je ne t'aimais pas moins. (Racine.)
2° Quand il est modifié par un des adverbes encore, bien beaucoup, etc. :
Ses vers me plaisent; mais sa prose me charm£ encort PLUS, beaucoup plus, bien plus.
On dirait bien aussi : encore davantage, bien davak'