Non, je ne cherche — , je ne veux — d'excuse
Il n'en est — pour moi lorsque l'honneur m'accuse. (Voltaire.)
Différence entre pas et poiirr.
§ 464, 465, 466. — 1. Pas, point de vraies tragédies sans grandes passions.
2. Les lois humaines faites pour parler à l'esprit doivent donner des préceptes , et pas, point de conseils.
3. Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on n'a pas , point , que de ceux qu'on exerce.
4. Qui chérit son erreur ne la veut pas, point connaître. (Corneille.)
5. Le sage ne parle pas, point vertu ; il donne d — bons exemples.
6. Il ne dépend point , pas de nous d'avoir, ou de n'avoir poin^ , pas de passions ; mais il dépend de nous de régner sur elles.
7. Je ne te puis blâmer d'avoir fui l'infamie. Et de quelque façon qu'éclatent mes douleurs. Je ne t'accuserai, point, je pleure mes malheurs. (Corneille.) t
8. Notre pauvre malade ne àoxi pas, point; le sommeil ne vient jamais lui faire oublier ses souffrances.
9. Voyez-vous pas, point s'enfuir les hôtes du bocage ? (Delillc.)
10. En m'annonçant cette nouvelle, ne me trompez- vous pa5, point ? Si cela était , je vous en voudrais longtemps.
1 1 . Voudrais-tu pas, point encore
Me nier un mépris que tu crois que j'igoore ? (Racine.)
12. Rester si longtemps sans venir me voir, c'est mal; ne saviezvous pas, point que j'étais malade?
366 DE l'adveube. — THEOaiE.
Emploi de paj et de roinr.
§ 467. Avant un adverbe exprimant la comparaison, le temps ou la quantité, pas est plus fréquemment emplové que point :
La tour y déjà élevée fort haut, ne Vêtait pas autant qve le souhaitait la vanité humaine. (Bossuet.)
Jnibas disait que le Christ ne pouvait pas beaucoup tarder. (Le même.)
§468. />a5 et /?om^ se placent après un verbe employé à un temps simple, et entre l'auxiliaire et le participe, quand le verbe est à un temps composé :
Voas ne connaissez pas celui dont vous parlez^ (Molière.) Je ne ^ai point aimé, cruel, qu'ai-je donc fait ? (Racine.)
§469. Pas eipoint, joints à un infinitif, le précèdent presque toujours :
Évitez les tentations, afin de n*y pas succombée.
§470. Si deux infinitifs se suivent, pas et poiw^ peuvent se placer entre les deux; mais l'expression négative est beaucoup plus énergique s'ils précèdent les deux infinitifs :
Je voudrais ne pas savoir écrire, disait Néron , forcé de signer un arrêt de mort. (Boniface.)
Suppression de pas et de poikt.
§471. Pas eX point, termes accessoires de négation, se suppriment élégamment avec les verbes pouvoir, oser, savoir, cesser, suivis d'un infinitif, et, dans le langage familier, avec le verbe bouger:
Qui vit haï de tous ne saurait longtemps vivre. (Corneille.) Je NE bougerai de là, puisque vous l'ordonnez. (Acad.) § 472. Ils se suppriment toujours, quand il entre dans la phrase une des expressions négatives aucun, nul, personne, guère, jamais, nullement^ ni répété; plus, rien, ne que employé pour seulement':
Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis. (Molière.) Ni l'aveugle hasard ni l'aveugle matière N'ont pu former mon àme, essence de lumière. (Lamartine.)
§ 473. Ils se suppriment encore, quand la proposition renferme une expression à laquelle on attribue un sens négatif; ainsi l'on dit :
// NE voit goutte; pour U ne voit pas.
Je NE l*ai vu de ma vie; pour Je ne l'ai jamais vu.
Je rs'en parlerai à amb qui vive, à qui qui cb soit» pour jf« wen parlerai à personne.
DB L'ADVBBBE. — APPLICATION. 367
Emploi de fas ou de ponrr.
§ 467, 468. — 1. Nous n'avons — assez de force pour suirre toute notre raison.