I. De l'ellipse
S 513. Vellipse est la suppression d'un ou de plusieurs mots; cette figure rend le discours plus rapide, plus concis et plus énergique, mais elle ne doit rien ôter à la clarté du sens :
Celui qui rend un service doit l'oublier ; celui qui le
BEÇOIT, s'en SOUVENIB.
C'est-à-dire , doit s'en souvenir.
Contre tant d'ennemis, que vous reste-t-ii? Moi!
Cest-à-dire, il me reste moi.
§514. Vellipse est vicieuse, 1" quand on supprime le verbe en passant du sens négatif au sens affirmatif, sans qu'aucune conjonction exprime l'opposition entre ce qui précède et ce qui suit; ainsi, dans ce vers, Vellipse est irrégulière:
L'amour n'est qu'an plaisir, et rhonneur un devoir.
Corneille devait dire :
L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir.
"Vellipse, au contraire, est régulière dans cette phrase :
Le flambeau de la critique ne doit pas brûler, mais éclairer. (Favart.)
Parce que la conjonction mais annonce d'une manière claire que le second membre de la phrase est employé affirmativement.
2o Quand on sous-entend dans une proposition un verbe qui ne serait pas employé, si ou l'énonçait, au temps oiî il figure dans la proposition pleine qui précède :
J'eusse été près du Gange esclave des faux dieux , Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux. (Voltaire.)
La première proposition elliptique, chrétienne dans Paris ^ présente une ellipse régulière, car le temps du verbe sous-entendu est celui qui est exprimé précédemment , j'eusse été; mais la seconde proposition elliptique est vicieuse, parce que Zaïre ne veut pas dire: J'eusse été musulmane en ces lietix; mais bien: Je suis musulmane 9H ces lieux, ce qui est tout différent.
DBS EIGUBES. — APPLlCÀTiOR. 383