I. De la virgTile
§ 585. La virgule sert à séparer les parties semblables d'une même phrase, sujets, attributs et compléments , propositions coordonnées de peu d'étendue, lorsqu'elles ne sont pas unies par une des conjonctions et, ni, ou :
La FRAUDE, le PARJURE, Us PROCÈS, Ics GUERRES ucf Ont jamais erdendre leur voix dans ce séjour chéri des dieux. (Fénelon.)
Les habitants de l'île étaient doux, affables et prévenants.
On se men^ce^ on court, l'air gémit, le ciel brille. (Voltaire.)
§ 586. Si les différents termes unis par et, ni, ou, sont d'une certaine étendue, alors on les sépare au moyen de la virgule; il en est de même lorsque et, ni, ou, sont répétés :
Tout recounait ses lois, ou brigue son appui. (Boileau.)
On ne fait ni tout ce qu'on peut , ni tout ce qu'on veut.
Ou l'amitié n'est pas une vertu, ou il ne peut y avoir de vraie umitîé qu'entre les gens de bien.
§ 587. La virgule se place toujours avant un verbe séparé de son sujet par une proposition incidente déterminative :
L'ami que nous avons retrouvé dans les jours de l'abandon , EST le plus touchant des bienfaiteurs. (Lacretelle.)
§ 588. Elle se met encore, l*' après tout sujet dont le verbe est sous-entendu; 2^ avant une proposition elliptique commençant par et. mais; 3° avant le second membre d'une comparaison : Le ciel est dans ses yeut, et l'enfer, dans son cœur. (Racine.)
Il est moins aisé de se guérir de l'ambition, que de s'en pré-
éERVER.
§ 589. On met entre deux virgules toute expression ou toute proposition qu'on peut supprimer ou changer de place sans dénaturer le sens de la phrase ; tels sont les mots employés par apposition et par apostrophe , les compléments circonstanciels, les propositions interjetées et propositions incidentes explic^itives : L'ambition, comme la colère, conseille toujours mal. (Say.) Agir s.vns avoir RÉFLÉcm, c'est se mettre en voyage sans avoir fait de préparatifs.
Tremble, m'a-t-elle dit, fille digne de moi. (Racine.)
Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs. (Boileau,)